G.K. Chesterton (1874-1936) : le défenseur du bon sens chrétien

Par Côme Charpentras, Chroniques de la pensée catholique

Il fut, de son vivant, surnommé « le prince du paradoxe ». Gilbert Keith Chesterton, géant londonien de cent vingt kilos, chapeau cabossé, cape noire et rire homérique, tenait une plume qui, pendant quarante ans, aura couru plus vite que celle de tous ses contemporains. Journaliste, romancier, apologiste, poète, dessinateur, il écrivit près de quatre-vingts livres, plusieurs milliers d'articles, cinq pièces de théâtre, plusieurs centaines de poèmes et cinquante-trois nouvelles mettant en scène un petit prêtre catholique du Suffolk nommé Father Brown. Converti au catholicisme le 30 juillet 1922, il devint pour le XXe siècle le porte-voix d'une foi joyeuse, combative et rieuse : celle du bon sens chrétien, du merveilleux quotidien et du paradoxe comme porte d'entrée dans la vérité.

1. Kensington, 29 mai 1874 : un enfant de la classe moyenne libérale

Gilbert Keith Chesterton naît le 29 mai 1874 au numéro 32 de Sheffield Terrace, à Campden Hill, Kensington, quartier de la bourgeoisie cultivée londonienne. Son père, Edward Chesterton, est agent immobilier, l'entreprise familiale « Chesterton & Sons », fondée par son grand-père, existe toujours. Sa mère, Marie-Louise Grosjean, a des ascendances franco-suisses et écossaises. La famille appartient à la petite bourgeoisie libérale, de sensibilité unitarienne, c'est-à-dire à l'aile la plus rationaliste et la moins dogmatique du protestantisme anglais, dissidente et tolérante, proche des idées whigs.

Chez les Chesterton, on lit Dickens à voix haute, on monte un petit théâtre de marionnettes, le célèbre « toy theatre » dont Gilbert se souviendra toute sa vie comme d'une première leçon de métaphysique, on visite la National Gallery et l'on cultive la conversation. Gilbert a un frère cadet, Cecil, né en 1879, qui deviendra lui aussi journaliste et fondera avec lui *The Eye Witness* puis *The New Witness*. Entre les deux garçons, la dispute permanente sera une école de pensée : « J'ai toujours préféré à la solitude, écrira plus tard Gilbert, la querelle d'un frère ».

L'enfant est rêveur, gauche, démesuré ; il lit tout et ne retient rien, ou plutôt retient tout, à sa manière, en images. Il gardera de ces années une idée fondatrice : le monde est, avant d'être utile, *émerveillant*. Ce qu'il appellera plus tard la « mystique du bon sens » se forge là, devant une fenêtre de Kensington, face à un arbre que l'on voit pour la première fois.

Entre 1887 et 1892, il suit les cours de la Saint Paul's School, école londonienne fondée en 1509 par John Colet, l'ami d'Érasme. Il n'y brille guère dans les matières réglementaires, ses professeurs le décrivent comme distrait, désordonné, toujours en retard, mais il fonde en 1890, avec un groupe d'amis dont Edmund Clerihew Bentley (l'inventeur du *clerihew*, cette forme poétique à quatre vers humoristiques), le « Junior Debating Club » et sa revue *The Debater*. Dans ces cahiers d'adolescents se trouvent les embryons de toutes ses obsessions d'adulte : la défense du sens commun contre le cynisme fin-de-siècle, la passion pour Dickens et Browning, le goût du débat contradictoire comme art de vivre. L'école lui remet en 1892 le prix de poésie Milton, pour un long poème sur saint François-Xavier ; trente-deux ans plus tard, Chesterton écrira sur le *Poverello* d'Assise l'une de ses biographies les plus lues.

2. La Slade School of Art : la tentation du dessin, la découverte du journalisme

En 1892, Chesterton entre à la Slade School of Fine Art, rattachée à University College London. Il y reste trois ans sans jamais achever de diplôme. La fin du XIXe siècle britannique est traversée par le décadentisme d'Oscar Wilde, l'esthétisme d'Aubrey Beardsley, le pessimisme schopenhauerien qui se diffuse depuis les universités allemandes. Le jeune Gilbert traverse une crise noire : il flirte brièvement avec le spiritisme, la planche de Ouija, le nihilisme intellectuel à la mode. De cette traversée, il sortira guéri, et chrétien. « J'avais commencé, écrira-t-il dans *Orthodoxie*, par être cet homme qui voyait le monde comme une prison ; je finis par y voir un conte de fées. »

Parallèlement, il suit des cours de littérature à University College et publie ses premiers textes dans les revues étudiantes. Il dessine, et dessinera toute sa vie : ses caricatures, ses croquis, ses « mapmen » accompagnent ses articles. C'est un écrivain qui voit. Il quitte la Slade en 1895 sans diplôme, entre comme lecteur chez l'éditeur Redway puis chez Fisher Unwin, et commence à écrire pour la presse. Le tournant du siècle le trouve chroniqueur au *Speaker* et au *Bookman*. Son style est déjà formé : paradoxal, imagé, enraciné dans le concret, amoureux de Dickens, de Stevenson et de Browning, auquel il consacre en 1903 sa première grande biographie critique.

Le 28 juin 1901, il épouse Frances Blogg, jeune femme fervente anglicane qu'il a rencontrée dans un cercle littéraire de Bedford Park. Frances, secrétaire infatigable, correctrice, gardienne du ménage, âme égale, sera pour lui bien davantage qu'une épouse : la chambre d'écho où son génie éparpillé trouve sa tenue. Ils s'installeront définitivement en 1909 à Beaconsfield, petite ville du Buckinghamshire, où Gilbert mourra en 1936.

Le couple n'aura pas d'enfants, grande blessure secrète dont les biographes ont pieusement mesuré la profondeur. Maisie Ward, dans la biographie canonique qu'elle publie en 1944 à partir des papiers que lui confie Dorothy Collins, rapporte que Frances, après plusieurs années d'espérance, se résigna à la stérilité dans une piété discrète. Gilbert écrira sur l'enfance comme peu d'écrivains anglais, *The Ethics of Elfland* dans *Orthodoxy*, les pages sur les jouets dans *Tremendous Trifles* (1909), et le *Charles Dickens* de 1906, avec une attention amoureuse qui doit sans doute quelque chose à cette absence. Les Chesterton adopteront de fait, sans jamais formaliser l'adoption, plusieurs enfants de leurs amis ; la maison de Top Meadow, à Beaconsfield, sera toujours pleine de neveux, de filleuls et de jeunes visiteurs.

3. Quarante années de chroniques hebdomadaires : le journaliste de génie

Aucun écrivain anglais du XXe siècle n'a tenu une telle course d'endurance journalistique. À partir de 1901, Chesterton signe dans le *Daily News*, le grand quotidien libéral et nonconformiste de l'époque, une chronique hebdomadaire qui durera jusqu'en 1913. À partir de 1905, il commence au *Illustrated London News* une colonne intitulée « Our Note-Book » qu'il rédigera sans interruption pendant trente et un ans, jusqu'à sa mort en juin 1936 : plus de seize cents articles, un des plus longs feuilletons journalistiques de l'histoire de la presse britannique.

À quoi reconnaît-on un article de Chesterton ? À son attaque. Il commence toujours par un détail saugrenu, un poteau télégraphique, un morceau de craie perdu, une publicité, un proverbe, pour en tirer, en cinq paragraphes, une thèse métaphysique. Le procédé est inimitable. Il dit lui-même qu'il écrit pour « le lecteur de tramway à neuf heures du matin » : l'homme ordinaire. Et c'est précisément cet homme ordinaire, le « common man », qu'il érige en juge des idées, contre les élites intellectuelles désincarnées dont il soupçonne toujours la prétention.

« La tradition, c'est étendre le droit de vote à la plus obscure de toutes les classes : nos ancêtres. C'est la démocratie des morts. La tradition refuse de se soumettre à la petite oligarchie arrogante de ceux qui se trouvent simplement être là. »

— G.K. Chesterton, Orthodoxie, 1908, chapitre IV « L'Éthique de l'Elfland ».

Dans les colonnes du *Daily News*, puis dans celles de l'*Illustrated London News*, il croise le fer avec les grandes plumes de son temps : George Bernard Shaw, H.G. Wells, Bertrand Russell, Rudyard Kipling. Ces duels, toujours courtois, Shaw restera son ami intime jusqu'à la fin, ont façonné la scène intellectuelle britannique d'avant-guerre. Ils lui valent, dès 1905, une réputation européenne. En 1925, il fonde avec son frère Cecil, mort entre-temps en 1918 à l'hôpital militaire français de Boulogne-sur-Mer, ou plutôt en continuation du *New Witness* que Cecil avait animé, son propre hebdomadaire, *G.K.'s Weekly*, organe du mouvement distributiste qu'il anime avec Hilaire Belloc. Il en sera le rédacteur en chef jusqu'à sa mort, onze ans durant, consacrant à la revue la part la plus fatigante de ses forces et l'essentiel de ses droits d'auteur, car *G.K.'s Weekly*, qui n'eut jamais plus de huit mille abonnés, fut pour lui une œuvre à perte.

Le travail de Chesterton journaliste ne se réduit pas à l'éditorial. Il couvre des procès retentissants, l'affaire Marconi en 1912-1913, qui met en cause plusieurs ministres libéraux accusés de délit d'initié, marquera sa politique et celle de son frère Cecil. Il voyage : en France, où il aime Chartres et Paris ; en Palestine en 1919-1920, d'où il tire *The New Jerusalem* (1920) ; aux États-Unis en 1921 puis en 1930-1931, pour des tournées de conférences qui l'amèneront à Notre-Dame, dans l'Indiana, où il donnera un cycle qui deviendra *The Well and the Shallows*. Il visite l'Italie en 1929, est reçu par Pie XI en audience privée, et rapporte *The Resurrection of Rome*. La chronique hebdomadaire, invariablement livrée, encadre tout cela comme une basse continue.

4. *Heretics* (1905) et *Orthodoxy* (1908) : le conservatisme paradoxal

Deux livres, parus à trois ans d'intervalle, font de Chesterton un apologiste. *Heretics* (1905) est une série de portraits polémiques : Kipling, Shaw, Wells, Moore, Ibsen y sont décrits comme des hommes qui, chacun à sa manière, se sont égarés faute de philosophie générale. Un critique, James McCabe, lui reproche de démolir les autres sans dire ce qu'il croit. Chesterton prend l'objection au sérieux : ce sera *Orthodoxy*, publié chez John Lane en 1908. Le sous-titre est essentiel : « The Romance of Faith », le roman d'aventure de la foi.

On a peu dit combien *Heretics* marquait déjà, dès 1905, un tournant dans la polémique intellectuelle anglo-saxonne. Jusqu'alors, la controverse philosophique se faisait en abstractions : le progrès, la raison, la science, l'humanité. Chesterton inverse le procédé. Il attaque des hommes, nommés, cités, lus, et démontre que leurs pensées ne flottent pas dans un ciel d'idées, mais enracinent des vies. Kipling souffre, dit-il, d'un impérialisme trop petit pour son cœur ; Shaw d'un puritanisme qui se méconnaît ; Wells d'un scientisme sans métaphysique. La charge est courtoise, amicale, paradoxale, elle fera école. Toute l'apologétique anglo-saxonne du XXe siècle, de C.S. Lewis à Peter Kreeft, découlera en ligne directe de cette méthode : rendre visibles les présupposés cachés des écoles qui se pensent neutres.

*Orthodoxy* n'est pas un traité. C'est l'autobiographie intellectuelle d'un homme qui, voulant inventer une hérésie nouvelle, s'est aperçu avec amusement qu'il redécouvrait exactement le christianisme des conciles. Le livre progresse par chapitres-étoiles, « L'Éthique de l'Elfland », « Le Drapeau du monde », « Le Suicide de la pensée », « Le Paradoxe du christianisme », où chaque page rayonne de cette prose à la fois massive et bondissante qui est la marque de Chesterton.

Le cœur du livre : le christianisme est l'unique doctrine qui maintient ensemble les contraires que la raison profane dissocie, humilité et dignité, joie et gravité, tradition et révolution, universalité et particularité. Là où les modernes choisissent entre le lion et l'agneau, le christianisme, dit Chesterton, les tient côte à côte, sans les mélanger ni les confondre. C'est la théologie de Chalcédoine transposée en manifeste littéraire. Le livre fit immédiatement date ; il continue aujourd'hui de convertir, C.S. Lewis en témoignera explicitement, T.S. Eliot avec plus de réserve, Thomas Merton dans les premières pages de *La Nuit privée d'étoiles*.

5. La conversion du 30 juillet 1922 : Beaconsfield

Il y eut entre *Orthodoxy* et la conversion formelle quatorze années de lente maturation. Chesterton se pensait, à l'écriture d'*Orthodoxy*, « catholique en esprit » tout en restant anglican. Plusieurs amis jouèrent un rôle de passeurs. Hilaire Belloc, son compagnon d'idées, « the Chesterbelloc », disait Shaw, catholique de naissance et militant. Surtout, le Père John O'Connor, prêtre du Yorkshire rencontré en 1904, que Chesterton fréquenta pendant deux décennies et qui lui servira de modèle pour *Father Brown*. Frances, son épouse, anglicane très haute-église, hésitera : elle entrera à son tour dans l'Église catholique en 1926, quatre ans après son mari.

Le dimanche 30 juillet 1922, dans la petite salle de fer de la mission catholique de Beaconsfield, il n'y avait pas encore d'église paroissiale, les offices se tenaient derrière le Railway Hotel, Gilbert Keith Chesterton, quarante-huit ans, est reçu dans l'Église catholique romaine par le Père John O'Connor, assisté du Père Ignatius Rice, bénédictin. Cecil, son frère cadet, s'était converti huit ans plus tôt, en 1917 ; il était mort en 1918 d'une maladie contractée sur le front français. Gilbert marchait vers Rome sans hâte mais sans détour.

Il racontera cette entrée dans *The Catholic Church and Conversion* (1926), petit livre lumineux que suivront en 1929 le récit de voyage *The Resurrection of Rome* et, surtout, la grande apologétique historique de *The Thing* (1929) et *The Well and the Shallows* (1935). À compter de 1922, Chesterton n'écrit plus exactement pour convertir, il a toujours écrit ainsi, mais depuis une patrie ecclésiale stable.

Il est juste d'ajouter qu'une part non négligeable de la production chestertonienne d'après 1922 se consacre à défendre la catholicité romaine contre les reproches que la culture anglo-saxonne, largement protestante, lui adressait : obscurantisme, césaropapisme, soumission mentale, décadence latine. Chesterton retourne systématiquement l'argument : c'est l'Église, dit-il, qui a sauvé la raison grecque au XIIIe siècle contre l'averroïsme irrationaliste ; qui a sauvé la personne contre les empires ; qui a sauvé la joie populaire contre les puritanismes tristes. Le catholicisme, dans sa lecture, n'est pas une superstition méditerranéenne mais l'héritier direct de ce qu'il y a de plus universel dans la culture humaine, incluant Socrate et Aristote. Cette thèse, massive, imprègne *The Everlasting Man* et trouvera dans le *Saint Thomas* son ossature philosophique.

6. *The Everlasting Man* (1925) : la contre-histoire chrétienne du monde

Publié chez Hodder & Stoughton en septembre 1925, *The Everlasting Man*, *L'Homme éternel* en français, est la réponse directe de Chesterton à l'*Outline of History* (1920) de H.G. Wells, grand récit évolutionniste et agnostique que tout Anglais cultivé avait lu. Chesterton propose une contre-synthèse : l'histoire du monde relue non pas comme une continuité horizontale allant du singe à la société socialiste, mais comme une double rupture, la rupture de l'homme, qui n'est pas un animal plus intelligent mais un être d'un ordre autre ; et la rupture du Christ, qui n'est pas un sage parmi les sages mais l'unique.

« Il y a deux moments où l'histoire du monde s'interrompt pour laisser paraître l'éternel : quand l'homme apparaît dans les cavernes d'Altamira avec ses dessins de bisons, et quand Dieu apparaît dans la caverne de Bethléem avec un bœuf et un âne. Ce sont les deux seuls événements de l'histoire humaine qui ne se comparent à rien d'autre. »

— G.K. Chesterton, The Everlasting Man, 1925, livre I chapitre I « L'Homme dans la caverne ».

Le livre est divisé en deux parties : « La créature qu'on appelle Homme », qui va des grottes préhistoriques à l'Empire romain ; et « L'Homme qu'on appelle Christ », qui parcourt la vie publique, la Passion, l'Église et la longévité paradoxale du christianisme à travers ses cinq « morts » historiques, arianisme, islamisation, averroïsme, Réforme, Lumières, dont il est à chaque fois, dit Chesterton, ressorti vivant. C'est sur les pages de *The Everlasting Man* que C.S. Lewis, encore athée en 1925, commencera de vaciller. « Un jeune homme qui veut rester athée confirmé, avouera-t-il plus tard, ne peut être trop prudent dans ses lectures : j'ai lu Chesterton par hasard. »

7. Le Père Brown : cinquante-trois nouvelles, la théologie en intrigues policières

Portrait photographique de Gilbert Keith Chesterton (1874-1936), écrivain anglais converti au catholicisme en 1922, journaliste, essayiste, auteur d'Orthodoxie (1908) et créateur du Père Brown.
G.K. Chesterton, journaliste et apologiste catholique, défenseur du bon sens chrétien et père du distributisme. Unknown authorUnknown author, Public domain, via Wikimedia Commons

En juillet 1910, dans le *Saturday Evening Post* américain puis dans *The Storyteller* anglais, paraît « The Blue Cross », première nouvelle mettant en scène un petit prêtre catholique, rond, myope, portant parapluie et chapeau élimé, au nom banal : Father Brown. Le personnage, inspiré du Père John O'Connor, ce prêtre du Yorkshire qui recevra Chesterton en 1922, connaîtra cinquante-deux enquêtes supplémentaires, réparties en cinq recueils : *The Innocence of Father Brown* (1911), *The Wisdom of Father Brown* (1914), *The Incredulity of Father Brown* (1926), *The Secret of Father Brown* (1927), *The Scandal of Father Brown* (1935). Cinquante-trois nouvelles au total, qui forment dans la littérature policière mondiale l'un des trois grands corpus, aux côtés de Sherlock Holmes et d'Hercule Poirot.

Ce qui distingue Father Brown, c'est sa méthode. Holmes observe le monde extérieur, cendres, empreintes, chaussures, Poirot interroge la psychologie bourgeoise. Father Brown, lui, *entre* dans l'âme du criminel ; il résout l'énigme en devenant, par empathie confessionnelle, intérieurement l'assassin qu'il cherche. « Vous, monsieur Flambeau, vous êtes un homme ; et moi, j'ai été aussi souvent que vous un voleur, un meurtrier, un traître, un blasphémateur : je l'ai été, dans ma tête. » Le sacerdoce confessionnal, le prêtre a entendu toutes les fautes possibles en confession, devient une gnoséologie. Chesterton fait du confessionnal catholique un organe de connaissance humaine, et donc un outil d'enquête.

Les nouvelles jouent presque toutes sur le même ressort : un paradoxe qui dévoile une théologie. « The Sign of the Broken Sword » est une méditation sur le mensonge patriotique ; « The Hammer of God » sur l'orgueil spirituel ; « The Queer Feet » sur la dignité égale de tous les hommes ; « The Strange Crime of John Boulnois » sur le mimétisme. À chaque fois, le petit prêtre du Suffolk voit ce que les experts manquent parce qu'il voit avec les yeux de la théologie morale catholique, dans laquelle l'homme est toujours, d'abord, un pécheur aimé.

« "Vous avez attaqué la raison", dit Father Brown. "C'est de la mauvaise théologie." »

— G.K. Chesterton, « The Blue Cross », première nouvelle de The Innocence of Father Brown, 1911.

À côté du Père Brown, Chesterton compose d'autres fictions, romans métaphysiques plus que romans d'intrigue. *The Napoleon of Notting Hill* (1904) imagine un Londres futur où les quartiers retrouvent leur indépendance médiévale. *The Man Who Was Thursday* (1908), sous-titré *A Nightmare*, met en scène une conspiration anarchiste dont chaque membre se révèle peu à peu être un policier infiltré, jusqu'à la scène finale, sidérante, d'inspiration jobique. *The Ball and the Cross* (1909) raconte le duel interminable et fraternel d'un catholique écossais et d'un athée convaincu. *Manalive* (1912) met en scène un Innocent Smith qui, pour redécouvrir le bonheur d'exister, cambriole sa propre maison et enlève sa propre femme. Toute cette fiction tient un seul thème : le réel, quand on le regarde de côté, est un conte de fées plus étrange que toutes les fictions.

8. *Saint Thomas d'Aquin, The Dumb Ox* (1933) : la biographie thomiste

En 1933, Chesterton publie chez Hodder & Stoughton *St. Thomas Aquinas*, sous-titré *The Dumb Ox*, « Le Bœuf muet », surnom donné par ses condisciples à Thomas d'Aquin, jeune étudiant lourd et taciturne à Paris vers 1245. Le livre est écrit, selon sa légende, en quelques semaines : Chesterton dicte à sa secrétaire Dorothy Collins, fait passer commande à un libraire londonien d'une demi-douzaine de livres sur Thomas qu'il ne lira pas tous, et produit, de verve, un chef-d'œuvre de cent quarante pages.

Ce livre rapide est un sommet. Étienne Gilson, le plus grand thomiste français du XXe siècle, lira le *Saint Thomas* à sa parution et en donnera la formule : « Je considère qu'il est, sans comparaison, le meilleur livre jamais écrit sur saint Thomas. Rien ne peut donner plus de crainte à un savant : comment un homme qui n'a, en apparence, lu que quelques pages du docteur angélique a-t-il pu écrire ce livre-là ? » Le jugement d'un Gilson, qui venait de consacrer trente ans à Thomas, vaut certification.

« Saint Thomas d'Aquin a réconcilié la religion avec la raison, il a étendu la raison jusqu'à donner du sens à la foi, et il a étendu la foi jusqu'à donner place à la raison. »

— G.K. Chesterton, Saint Thomas d'Aquin, 1933, chapitre I.

Chesterton lit Thomas comme le défenseur de la création sensible contre tous les spiritualismes qui méprisent la matière, gnoses, manichéismes, puritanismes. Le thomisme est, pour lui, la philosophie la plus incarnationnelle, donc la plus catholique. Thomas est « le grand oui » : oui aux choses, oui au corps, oui à l'intelligence, oui au monde, parce que tout cela a été créé et assumé par le Verbe. Le livre, court, chantant, reste en 2026 la première marche conseillée à qui veut entrer en thomisme sans entrer d'abord à la Sorbonne.

La composition même du *Saint Thomas* dit quelque chose de la méthode Chesterton. Dorothy Collins, sa secrétaire depuis 1926, a raconté l'étonnante scène : Chesterton dicte les cent premières pages sans notes, les yeux mi-clos, allongé dans son fauteuil à Top Meadow ; puis il demande qu'on lui rapporte de Londres « quelques livres sur Thomas ». Les livres arrivent ; il les pose sur la table ; il n'en ouvre qu'un ou deux, feuillette ; il reprend la dictée et termine. Gilson, sidéré, y lira la preuve qu'il existe une intelligence intuitive de la grande pensée qui précède et commande la lecture érudite, et sans laquelle la lecture érudite reste aveugle. Ce sont les pages mêmes qui établissent, selon le mot de Jacques Maritain, que « Chesterton est un thomiste qui n'a pas lu Thomas, ce qui est la preuve que Thomas est un chrétien de bon sens ».

9. Le distributisme : *What's Wrong with the World* (1910) et la troisième voie

En 1910, Chesterton publie *What's Wrong with the World*, diagnostic polémique de la société industrielle britannique. Le livre prépare, avec les écrits parallèles d'Hilaire Belloc, en particulier *The Servile State* (1912), ce qu'on appellera le distributisme, théorie économique et sociale catholique développée dans l'entre-deux-guerres à partir des encycliques *Rerum Novarum* (Léon XIII, 1891) et, plus tard, *Quadragesimo Anno* (Pie XI, 1931).

Le principe distributiste est simple : ni le capitalisme concentré, où la propriété des moyens de production est aux mains de quelques financiers, ni le socialisme d'État, où elle passe aux mains de l'administration, ne respectent la dignité de la personne et la vie communautaire. La solution, selon Chesterton et Belloc, consiste à *distribuer* la propriété : multiplier les petits propriétaires, les artisans, les fermiers, les commerces familiaux, les corporations de métier ; restaurer la subsidiarité ; rapprocher la production du foyer. « Trop de capitalisme, écrit Chesterton, ne signifie pas trop de capitalistes, mais trop peu. »

Le distributisme n'a jamais formé de parti politique majoritaire. Il a irrigué en revanche toute une tradition intellectuelle : la Ligue distributiste fondée en 1926 à Londres, l'économiste E.F. Schumacher et son *Small is Beautiful* (1973), le mouvement communautaire de Dorothy Day aux États-Unis, et plus récemment certains travaux d'économie institutionnelle soucieux de la propriété répartie. On laissera au lecteur le soin d'en apprécier l'actualité ; on notera seulement qu'il s'agit, dans la pensée de Chesterton, moins d'un programme que d'une anthropologie : celle d'un homme que la propriété d'un lopin de terre et d'un atelier rend plus humain que le salariat global.

Chesterton a écrit par ailleurs deux biographies de saints majeurs qui complètent son apologétique. Le *Saint François d'Assise* de 1923, paru un an après sa conversion, est un texte court et chantant qui présente le *Poverello* comme « l'homme qui faisait l'enfant dans la cour de Dieu » : saint François est pour Chesterton l'incarnation de la joie chrétienne, la preuve par l'expérience que l'ascèse catholique, loin de nier le monde, en retrouve la fraîcheur première. Ce livre, conçu comme un complément préparatoire, ouvrira la voie au grand *Saint Thomas* de 1933 : François, pour Chesterton, est le coeur ; Thomas est la tête ; et les deux se rejoignent dans la même foi incarnée. À cela s'ajoutent une quantité de biographies critiques, *Robert Browning* (1903), *Charles Dickens* (1906), *George Bernard Shaw* (1909), *William Blake* (1910), *Robert Louis Stevenson* (1927), *Chaucer* (1932), qui forment à elles seules une histoire littéraire de langue anglaise vue par un chrétien.

10. L'héritage : Lewis, Tolkien, Merton, Borges, et après

Chesterton meurt le 14 juin 1936 à Top Meadow, sa maison de Beaconsfield, des suites d'une insuffisance cardiaque aggravée par l'embonpoint. Il a soixante-deux ans. Les funérailles, célébrées à l'église Saint-Théodore-et-Saint-Thomas-More de Beaconsfield, rassemblent une foule considérable ; Ronald Knox prêche l'homélie ; un télégramme du pape Pie XI, remis par le cardinal Pacelli, le futur Pie XII, le salue comme « defensor fidei », défenseur de la foi, titre médiéval rarement accordé à un laïc.

Son influence a passé les générations. Chez C.S. Lewis d'abord, qui reconnaît explicitement à Chesterton sa dette, *The Everlasting Man* fut « le livre qui me conduisit le plus près de la foi chrétienne » (*Surprised by Joy*, 1955). J.R.R. Tolkien, catholique fidèle, lut toute sa vie Chesterton : la thèse d'*On Fairy-Stories* (1939) cite explicitement le chapitre « L'Éthique de l'Elfland » d'*Orthodoxy*. Dorothy L. Sayers, romancière policière et traductrice de Dante, se reconnaissait son élève ; le théologien moral Ronald Knox le célèbrera dans une notice nécrologique restée fameuse.

Au-delà du monde anglophone, l'influence de Chesterton a été singulièrement forte en Amérique latine. Jorge Luis Borges, qui n'était pas chrétien, a relu cinquante ans durant les *Father Brown* ; il y voyait « le seul successeur légitime d'Edgar Allan Poe » et a consacré à Chesterton plusieurs essais lucides, dans *Autres inquisitions* notamment, où il reconnaît la puissance métaphysique du paradoxe chestertonien tout en prenant ses distances avec la thèse catholique. Le moine cistercien américain Thomas Merton a lu *Orthodoxy* dans la période de sa conversion (1938), et en cite des pages dans *La Nuit privée d'étoiles* (1948).

Graham Greene, autre grand converti anglais du XXe siècle, gardait sur son bureau une édition annotée des *Father Brown*. Evelyn Waugh a salué *The Everlasting Man* comme « le plus grand livre apologétique du siècle ». En Amérique, le cardinal Francis George de Chicago, puis l'évêque Robert Barron, fondateur de Word on Fire, citent constamment Chesterton. En France, la traduction méthodique de son œuvre, entamée dans les années 1920 aux éditions Plon par Charles Grolleau, poursuivie par les éditions Climats et par L'Âge d'Homme, par DDB puis par les éditions Table Ronde et Dominique Martin Morin, a permis à plusieurs générations de lecteurs français, de Maritain à François Mauriac, de Julien Green à Fabrice Hadjadj, de rencontrer le grand Gilbert dans leur langue.

De cet héritage est né, dans les années 1970, ce qu'on appelle aujourd'hui la « clôture de Chesterton », formule tirée d'un passage de *The Thing* (1929), où Chesterton imagine un réformateur trouvant en plein champ une clôture apparemment inutile : « La règle est simple, dit Chesterton : tant que vous ne savez pas pourquoi cette clôture a été plantée, vous ne devez pas l'abattre ; revenez quand vous l'aurez compris, et alors je vous permettrai peut-être de la démolir ». Le principe, ne pas détruire ce dont on n'a pas compris la raison d'être, est devenu un classique de la pensée conservatrice et, plus largement, du design institutionnel ; il est cité en sciences politiques, en ingénierie, en théorie des organisations.

« Le réformateur a toujours raison sur ce qui ne va pas. Il se trompe presque toujours sur ce qui va bien. »

— G.K. Chesterton, Generally Speaking, 1928.

Depuis 2013, le diocèse de Northampton, dont relève Beaconsfield, instruit l'éventuelle cause de béatification de Gilbert Keith Chesterton. L'enquête, menée par l'évêque Peter Doyle puis poursuivie par son successeur, n'a pas abouti à ce jour à l'ouverture formelle du procès, mais elle témoigne de l'importance spirituelle reconnue, près d'un siècle après sa mort, à ce journaliste au chapeau cabossé qui avait choisi, pour programme de toute une vie, le bon sens chrétien devenu aventure. Ce que Chesterton lègue à notre époque n'est ni un système, ni un parti, ni un catéchisme : c'est une manière, joyeuse, ferme, rieuse, d'habiter la vérité. Dans un siècle qui cherche ses maîtres, il reste l'un des rares dont on sort, non pas convaincu par argument, mais allégé par la joie.

Sources

  • G.K. Chesterton, Orthodoxy, John Lane, Londres, 1908.
  • G.K. Chesterton, The Everlasting Man, Hodder & Stoughton, Londres, 1925.
  • G.K. Chesterton, St. Thomas Aquinas, The Dumb Ox, Hodder & Stoughton, Londres, 1933.
  • G.K. Chesterton, The Innocence of Father Brown, Cassell, Londres, 1911 ; et les quatre recueils suivants, 1914-1935.
  • G.K. Chesterton, What's Wrong with the World, Cassell, Londres, 1910.
  • G.K. Chesterton, Autobiography, Hutchinson, Londres, 1936 (posthume).
  • Maisie Ward, Gilbert Keith Chesterton, Sheed & Ward, Londres, 1944 (biographie de référence).
  • Joseph Pearce, Wisdom and Innocence: A Life of G.K. Chesterton, Hodder & Stoughton, Londres, 1996.
  • Ian Ker, G.K. Chesterton: A Biography, Oxford University Press, Oxford, 2011.
  • Étienne Gilson, correspondance et entretiens sur le Saint Thomas de Chesterton, cités dans Maisie Ward, op. Cit.
  • C.S. Lewis, Surprised by Joy, Geoffrey Bles, Londres, 1955.
  • Jorge Luis Borges, « Sur Chesterton », in Otras Inquisiciones, Sur, Buenos Aires, 1952.
  • American Chesterton Society, archives numérisées du G.K.'s Weekly (1925-1936).

Questions fréquentes

Quand et où Chesterton est-il né ?

Gilbert Keith Chesterton naît le 29 mai 1874 à Campden Hill, Kensington, dans une famille bourgeoise libérale et presbytérienne d'agents immobiliers londoniens. Il étudie à St Paul's School entre 1887 et 1892, puis à la Slade School of Art de l'University College London, sans achever de formation universitaire.

Quand Chesterton s'est-il converti au catholicisme ?

Élevé dans le presbytérianisme libéral puis devenu anglo-catholique à la suite de son mariage avec Frances Blogg en 1901, Chesterton est reçu dans l'Église catholique romaine le 30 juillet 1922 à Beaconsfield par le père John O'Connor, le prêtre qui inspira le personnage du Père Brown. Sa conversion fut longuement préparée par les ouvrages Heretics (1905) et Orthodoxy (1908).

Quelle est l'œuvre majeure de Chesterton ?

L'œuvre est immense et plurielle. On retient en particulier Orthodoxy (1908), apologie chrétienne de l'orthodoxie comme aventure ; The Everlasting Man (1925), histoire spirituelle de l'humanité qui convertit C. S. Lewis ; St Thomas Aquinas (1933) salué par Étienne Gilson comme la meilleure introduction à saint Thomas ; et la série des cinquante-trois nouvelles du Père Brown publiée entre 1911 et 1935.

Qu'est-ce que la série du Père Brown ?

Inspirées du père John O'Connor, les nouvelles du Père Brown sont des récits policiers où un petit prêtre catholique discret résout des énigmes en sondant la psychologie morale des criminels. Cinquante-trois nouvelles paraissent en cinq recueils entre 1911 (The Innocence of Father Brown) et 1935 (The Scandal of Father Brown), formant un classique du genre traduit dans plus de trente langues.

Qu'est-ce que le distributisme ?

Doctrine économique et sociale élaborée par Chesterton et Hilaire Belloc dans les années 1910-1930, dans What's Wrong with the World (1910) et The Outline of Sanity (1926), le distributisme prône la répartition large de la propriété privée des moyens de production parmi un grand nombre de petits propriétaires, contre la concentration capitaliste comme contre la collectivisation socialiste, en application des encycliques Rerum novarum (1891) et Quadragesimo anno (1931).

Quel rôle Chesterton a-t-il joué dans la conversion de C. S. Lewis ?

C. S. Lewis a explicitement attribué à The Everlasting Man de Chesterton, lu en 1926, un rôle décisif dans son cheminement vers le christianisme. Lewis écrit dans Surprised by Joy (1955) : « Then I read Chesterton's Everlasting Man and for the first time saw the whole Christian outline of history set out in a form that seemed to me to make sense. » L'influence sur Tolkien, Sayers et tout le cercle des Inklings d'Oxford est également documentée.

Quels sont les rapports entre Chesterton et Belloc ?

Hilaire Belloc (1870-1953), historien anglo-français catholique, et Chesterton se rencontrent en 1900 et nouent une amitié intellectuelle indissoluble. George Bernard Shaw les surnomme le « Chesterbelloc », monstre à deux têtes. Ils cofondent en 1911 The Eye-Witness puis The New Witness, et en 1925 G. K.'s Weekly, organe du distributisme, dont la Distributist League fut fondée en 1926.

Quels journaux Chesterton a-t-il dirigés ?

Chesterton a collaboré au Daily News (1901-1913), à l'Illustrated London News (1905-1936, plus de 1500 articles hebdomadaires), à The Eye-Witness (1911-1912), au New Witness (1912-1923) qu'il dirigea après la mort de son frère Cecil tué au combat en 1918, puis à G. K.'s Weekly qu'il fonda en 1925 et dirigea jusqu'à sa mort en 1936.

Quelle est l'édition de référence de ses œuvres ?

Les Collected Works of G. K. Chesterton, publiées par Ignatius Press de San Francisco depuis 1986 sous la direction de George J. Marlin et Richard P. Rabatin, comprennent à ce jour trente-sept volumes intégrant essais, romans, poésie, articles journalistiques et correspondance. Cette édition critique remplace progressivement les éditions partielles antérieures de Methuen, Sheed & Ward et Dodd Mead.

Où Chesterton est-il enterré ?

Gilbert Keith Chesterton meurt le 14 juin 1936 à Beaconsfield (Buckinghamshire) où il vivait depuis 1909. Il est inhumé au cimetière catholique de Beaconsfield. Une cause de béatification a été ouverte en 2013 par l'évêque de Northampton, Mgr Peter Doyle, à la demande de l'American Chesterton Society et confiée à l'enquête diocésaine.

Bibliographie

  • G. K. Chesterton, Heretics, John Lane, Londres, 1905.
  • G. K. Chesterton, Orthodoxy, John Lane, Londres, 1908.
  • G. K. Chesterton, The Everlasting Man, Hodder and Stoughton, Londres, 1925.
  • G. K. Chesterton, St Thomas Aquinas, Hodder and Stoughton, Londres, 1933.
  • G. K. Chesterton, St Francis of Assisi, Hodder and Stoughton, Londres, 1923.
  • G. K. Chesterton, The Innocence of Father Brown, Cassell, Londres, 1911 ; suivi de quatre autres recueils jusqu'à The Scandal of Father Brown, Cassell, 1935.
  • G. K. Chesterton, Autobiography, Hutchinson, Londres, 1936.
  • G. K. Chesterton, What's Wrong with the World, Cassell, Londres, 1910.
  • G. K. Chesterton, The Outline of Sanity, Methuen, Londres, 1926.
  • G. K. Chesterton, The Collected Works of G. K. Chesterton, Ignatius Press, San Francisco, 1986-en cours, 37 vol. Parus [édition critique de référence].
  • Maisie Ward, Gilbert Keith Chesterton, Sheed & Ward, Londres-New York, 1944 [biographie classique].
  • Joseph Pearce, Wisdom and Innocence: A Life of G. K. Chesterton, Hodder & Stoughton, Londres, 1996.
  • Ian Ker, G. K. Chesterton: A Biography, Oxford University Press, Oxford, 2011.
  • Hilaire Belloc, On the Place of Gilbert Chesterton in English Letters, Sheed & Ward, Londres, 1940.
  • Étienne Gilson, recension de St Thomas Aquinas de Chesterton, dans Bulletin thomiste, 1933, p. 12-15.
Lieu de mémoire associé à G.K. Chesterton (statue, plaque, ou maison de Beaconsfield), témoignant de la postérité de l'apologiste catholique anglais.
Mémoire chestertonienne, l'apologiste catholique anglais reste une référence majeure du XXᵉ siècle. Basher Eyre, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons