Ordinaire
Définition
Ordinaire, Ensemble des parties invariables de la messe chantées par les fidèles ou la schola : Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus-Benedictus et Agnus Dei. Le recueil grégorien de l'Ordinaire est appelé Kyriale.
Ordinaire, en bref
- Terme : Ordinaire
- Étymologie : Du latin ordinarium (« ce qui est ordinaire, régulier »), désignant les parties invariables de la messe, par opposition au Propre.
- Siècle d'apparition : IVe-VIIIe siècle (formation progressive : Gloria au IVe, Credo introduit à Rome en 1014, Agnus Dei à la fin du VIIe)
- Usage actuel : Intégralement chanté dans la forme extraordinaire (TLM) et l'usage monastique. Dans la forme ordinaire, conservé en latin pour les messes solennelles ; le Concile Vatican II (Sacrosanctum Concilium §54) demande explicitement que les fidèles puissent chanter ensemble en latin les parties de l'Ordinaire qui leur reviennent.
- Étymologie : latin ordinarium, « ce qui est régulier, invariable »
- Siècle d'apparition : IVe-VIIIe siècle (formation progressive)
- Composition : Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus-Benedictus, Agnus Dei
- Recueil grégorien : Kyriale (18 messes ordinaires + 6 Credo)
- Codification : Missel de saint Pie V, 1570
- Norme conciliaire : Sacrosanctum Concilium §54 (chant en latin par les fidèles)
- Lié à : propre, introit, doxologie, hymne liturgique, antienne
Sources : Graduale Romanum (Solesmes, 1974), Liber Usualis (Desclée, 1961), Liturgia Horarum (Vatican, 1985-1987).
Définition
L'Ordinaire de la messe (ordinarium missae) désigne les cinq pièces dont le texte ne change pas d'une messe à l'autre : Kyrie eleison (supplication grecque, IVe-Ve siècle), Gloria in excelsis Deo (hymne angélique, IVe siècle), Credo (symbole de Nicée-Constantinople, introduit à Rome en 1014), Sanctus-Benedictus (hymne séraphique tirée d'Isaïe 6, 3) et Agnus Dei (litanie introduite par le pape Serge Ier, fin VIIe siècle). Si les textes restent fixes, leurs mélodies varient : le Graduale Romanum propose dix-huit messes ordinaires numérotées, plus six Credo, chacune affectée à un type de fête (Lux et origo pour le temps pascal, Cum jubilo pour les fêtes de la Vierge, Orbis factor pour les dimanches du temps ordinaire, Requiem pour les messes des défunts). Ces formulaires sont rassemblés dans le Kyriale, recueil distinct au sein du Graduale. La distinction Ordinaire/Propre est antérieure au Concile de Trente mais a été codifiée définitivement par le Missel de saint Pie V (1570). Dans la forme ordinaire, l'Ordinaire peut être chanté en latin grégorien ou en langue vernaculaire selon des compositions modernes approuvées. Les six Credo grégoriens du Kyriale (numérotés I à VI) accompagnent les dix-huit Ordinaires sans leur être strictement liés : le Credo III est de loin le plus chanté dans la pratique paroissiale moderne. Le Concile de Trente, dans le Missel de saint Pie V (1570), a fixé définitivement la liste et l'ordre des cinq pièces de l'Ordinaire, mettant fin à la prolifération des tropes médiévaux qui amplifiaient librement Kyrie, Gloria et Sanctus.
Exemple liturgique
La messe XI Orbis factor (« Créateur du monde ») est l'Ordinaire grégorien le plus utilisé pour les dimanches du temps après la Pentecôte (per annum) ; son Kyrie en mode I et son Sanctus en mode II sont parmi les pièces les plus mémorisées du répertoire.
Commentaire
L'Ordinaire de la messe rassemble les cinq pièces dont le texte ne varie pas d'une célébration à l'autre. Leur formation s'est étalée sur plusieurs siècles : le Kyrie eleison (« Seigneur, prends pitié »), seule pièce demeurée en grec dans la liturgie romaine, est attesté dès le IVᵉ siècle ; le Gloria in excelsis Deo, hymne angélique d'origine grecque (IIᵉ-IVᵉ siècle), entre à la messe romaine sous le pape Symmaque (498-514) ; le Credo de Nicée-Constantinople, déjà chanté en Orient depuis le concile de Tolède (589), n'est introduit à Rome qu'en 1014 sous le pape Benoît VIII à la demande de l'empereur Henri II ; le Sanctus-Benedictus, fondé sur Isaïe 6, 3 et Matthieu 21, 9, accompagne la prière eucharistique depuis les Constitutions apostoliques (IVᵉ s.) ; l'Agnus Dei enfin est introduit par le pape Serge Iᵉʳ (687-701).
Si les textes restent fixes, leurs mélodies varient selon le tempérament liturgique du jour. Le Kyriale du Graduale Romanum propose dix-huit messes ordinaires numérotées et nommées (Lux et origo pour Pâques, Cum jubilo pour les fêtes de la Vierge, Orbis factor pour les dimanches du temps ordinaire, Requiem pour les défunts), accompagnées de six Credo (le Credo III étant de loin le plus populaire dans la pratique paroissiale moderne). Cette articulation entre fixité textuelle et variabilité mélodique est une caractéristique majeure du génie grégorien.
Sacrosanctum Concilium §54 rappelle expressément que les fidèles doivent pouvoir chanter ensemble en latin les parties de l'Ordinaire qui leur reviennent, disposition souvent oubliée dans la pratique post-conciliaire.
« On veillera à ce que les fidèles puissent dire ou chanter ensemble en latin les parties de l'Ordinaire de la messe qui leur reviennent. », Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, §54.
Voir aussi
Pour approfondir la compréhension du terme Ordinaire, consulter les entrées suivantes du lexique liturgique :
- Propre, entrée du lexique liturgique.
- Introit, entrée du lexique liturgique.
- Doxologie, entrée du lexique liturgique.
- Hymne liturgique, entrée du lexique liturgique.
- Antienne, entrée du lexique liturgique.
Retour au lexique liturgique complet.
Questions fréquentes, Ordinaire
Combien de messes ordinaires propose le Kyriale grégorien ?
Dix-huit messes numérotées de I à XVIII, plus six Credo (numérotés I à VI) qui s'y combinent librement. La messe XI Orbis factor est la plus utilisée pour les dimanches per annum, la messe IX Cum jubilo pour les fêtes de la Vierge, la messe I Lux et origo pour le temps pascal.
Pourquoi le Kyrie est-il en grec ?
Le Kyrie eleison est l'unique vestige du grec dans la liturgie romaine, héritage des premiers siècles où l'Église de Rome célébrait en grec avant le passage au latin sous le pape Damase (IVᵉ siècle). Cette litanie pénitentielle d'origine orientale a été conservée en l'état.
Quand le Credo est-il entré dans la messe romaine ?
Le symbole de Nicée-Constantinople a été introduit dans la messe romaine en 1014 par le pape Benoît VIII, à la demande de l'empereur Henri II. Auparavant, il était chanté en Orient depuis le VIᵉ siècle et dans les Églises gallicane et hispanique avant Rome.
Références et pour aller plus loin
- Graduale Romanum, Solesmes, 1974 (Kyriale, pp. 705-794)
- Liber Usualis, Tournai, Desclée & Cie, 1961, pp. 11-101 (Ordinarium Missae)
- Concile Vatican II, Constitution Sacrosanctum Concilium, 1963, §§54-55
- Kyriale Romanum, Solesmes, éd. de Solesmes, 2010 (édition pratique du Kyriale).
- Josef Andreas Jungmann, Missarum sollemnia : explication génétique de la messe romaine, Aubier, 1956 (3 vol.).
- Joseph Gelineau, Chant et musique dans le culte chrétien, Fleurus, 1962.