Introit
Définition
Introit, L'introit est le chant d'entrée de la messe romaine, ouvrant la liturgie eucharistique. Il se compose d'une antienne, d'un verset psalmique et de la doxologie Gloria Patri, accompagnant la procession du célébrant vers l'autel.
Introit, en bref
- Terme : Introit
- Étymologie : Du latin introitus (« entrée »), de intro-ire « entrer ». Désigne le chant qui accompagne l'entrée du célébrant à l'autel.
- Siècle d'apparition : VIIe siècle (codification grégorienne ; usage attesté dès le VIe siècle à Rome)
- Usage actuel : Conservé intégralement dans la forme extraordinaire (TLM, Missel de 1962) et dans l'usage monastique (Solesmes, Fontgombault, Le Barroux). Dans la forme ordinaire (NOM, Missel de Paul VI), peut être remplacé par un chant approprié, mais reste recommandé par l'instruction Musicam sacram (1967).
- Étymologie : latin introitus, « entrée »
- Siècle d'apparition : VIIe siècle (codification grégorienne)
- Place dans la messe : premier chant du Propre, accompagne la procession d'entrée
- Structure : antienne + verset psalmique + Gloria Patri + reprise antienne
- Édition de référence : Graduale Romanum, Solesmes, 1974
- Usage actuel : intégral en forme extraordinaire ; recommandé en forme ordinaire
- Lié à : propre, antienne, psaume, graduel, ordinaire
Sources : Graduale Romanum (Solesmes, 1974), Liber Usualis (Desclée, 1961), Liturgia Horarum (Vatican, 1985-1987).
Définition
L'introit (introitus en latin) constitue le premier chant du Propre de la messe selon le rite romain. Sa structure tripartite, antienne, verset de psaume, Gloria Patri puis reprise de l'antienne, remonte aux usages romains du VIIe siècle, codifiés sous le pontificat de saint Grégoire le Grand. Chanté pendant la procession d'entrée, il donne immédiatement la couleur liturgique du jour : Resurrexi pour Pâques, Puer natus est pour la nativité, Gaudete pour le troisième dimanche de l'Avent. Dans la forme tridentine (Missel de 1962), l'introit est intégralement préservé tel que fixé par le Graduale Romanum. Dans la forme ordinaire issue de la réforme de 1970, il subsiste comme chant d'entrée mais peut être remplacé par un cantique adapté selon la conférence épiscopale. Les introits grégoriens figurent au cœur du répertoire conservé par l'abbaye de Solesmes, qui en a restauré l'interprétation modale au XIXe siècle sous Dom Guéranger et Dom Pothier. Le caractère mélodique de l'introit varie selon les temps liturgiques : sobre pendant l'Avent et le Carême, jubilatoire au temps pascal. Le verset psalmique de l'introit pascal Resurrexi est tiré du psaume 138, 18 ; le ton modal employé est le mode IV authente, caractéristique des introits de fête. La reprise de l'antienne après le Gloria Patri (forme A V D A) constitue le schéma canonique fixé dans le Graduale Romanum et conservé sans modification depuis l'édition vaticane de 1908 supervisée par Dom Joseph Pothier de Solesmes.
Exemple liturgique
Introit du dimanche de Pâques : « Resurrexi, et adhuc tecum sum, alleluia » (Ps 138, 18), « Je suis ressuscité et je suis encore avec toi, alléluia », première parole liturgique de la messe pascale.
Commentaire
L'introit n'est pas un simple chant d'ouverture : il est l'incipit sonore de la liturgie eucharistique, la première parole liturgique du jour. Sa fonction pastorale est de transposer immédiatement l'assemblée dans le mystère célébré. Lorsque le célébrant s'avance vers l'autel, l'antienne Resurrexi du dimanche de Pâques (Ps 138, 18) place toute l'assemblée devant le Christ ressuscité ; le Gaudete du troisième dimanche de l'Avent (Ph 4, 4) introduit l'allégresse de l'attente messianique ; le Puer natus est nobis de Noël (Is 9, 5) annonce la venue du Sauveur. Chaque introit est ainsi une catéchèse condensée.
Sur le plan musical, l'introit appartient au genre antiphonal : il alterne soliste, schola et reprise complète par le chœur. Sa structure quadripartite (antienne A, verset de psaume V, doxologie D, reprise A) est demeurée stable depuis l'édition vaticane de 1908 supervisée par Dom Joseph Pothier. Les huit modes grégoriens y sont représentés, mais certains modes prédominent selon les temps : mode VII pour les introits jubilatoires de Pâques, mode IV pour les pièces graves du Carême. La restauration solesmienne du XIXᵉ siècle, sous Dom Guéranger puis Dom Pothier, a redonné à l'introit son tempo souple et son phrasé syllabique propre, en rupture avec les éditions médicéennes mesurées de l'époque baroque.
Dans la forme ordinaire issue de Vatican II, l'introit demeure le cantus ad introitum : l'instruction Musicam sacram (1967) le maintient comme première option, avant tout cantique de substitution. Sa connaissance reste donc indispensable à toute formation liturgique sérieuse.
« L'introit est comme un portique magnifique par lequel l'âme entre dans le sanctuaire des saints mystères. », Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique, t. I (Avent), Solesmes, 1841.
Voir aussi
Pour approfondir la compréhension du terme Introit, consulter les entrées suivantes du lexique liturgique :
- Propre, entrée du lexique liturgique.
- Antienne, entrée du lexique liturgique.
- Psaume, entrée du lexique liturgique.
- Graduel, entrée du lexique liturgique.
- Ordinaire, entrée du lexique liturgique.
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Questions fréquentes, Introit
Quelle est la différence entre l'introit et le chant d'entrée moderne ?
L'introit est la pièce du Graduale Romanum prévue pour la procession d'entrée, avec son texte fixe (antienne psalmique + verset + Gloria Patri). Le chant d'entrée moderne (cantique vernaculaire) en est une option de substitution autorisée par la réforme de 1970, mais l'introit reste l'option première recommandée par Musicam sacram.
Pourquoi parle-t-on d'« introit grégorien » ?
Parce que le corpus des introits a été codifié au VIIᵉ siècle sous le pontificat de saint Grégoire le Grand (590-604), qui en a fixé l'usage liturgique romain. Les manuscrits notés les plus anciens (Cantatorium de Saint-Gall, vers 922-925) attestent cette tradition pluriséculaire.
Quel introit chante-t-on à Pâques ?
L'introit Resurrexi (« Je suis ressuscité et je suis encore avec toi, alléluia »), tiré du psaume 138, verset 18, sur un mode IV authente. Il est chanté toute l'octave pascale et constitue la première parole liturgique du temps pascal.
Références et pour aller plus loin
- Liber Usualis, Tournai, Desclée & Cie, 1961, pp. 14-17 (Asperges et Introit)
- Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique, t. VII (Pâques), Solesmes, 1882
- Graduale Romanum, Solesmes, 1974, pp. 196-197 (Dominica Resurrectionis)
- Dom Eugène Cardine, Sémiologie grégorienne, Solesmes, 1970 (analyse modale et neumatique des introits).
- Daniel Saulnier, Le chant grégorien, Solesmes, 2003, chapitre IV : « Les pièces du Propre ».
- Instruction Musicam sacram, Sacrée Congrégation des Rites, 5 mars 1967, §§28-32 (sur le chant d'entrée).