Psaume

Page enluminée du Psautier de Saint Louis, vers 1255-1270, montrant une scène biblique en pleine page
Psautier de Saint Louis (BNF, ms. lat. 10525), vers 1255-1270 : chef-d'œuvre de l'enluminure parisienne réalisé pour le roi de France saint Louis IX. Image Goodness Shamrock, Public domain, via Wikimedia Commons.

Définition

Psaume, Poème religieux du livre des Psaumes (150 pièces de l'Ancien Testament attribuées principalement au roi David), chanté ou récité dans la liturgie chrétienne. fondement de la Liturgie des Heures et du chant grégorien.

Psaume, en bref

  • Terme : Psaume
  • Étymologie : Du grec psalmos (« chant accompagné de la harpe », du verbe psallein « pincer une corde »), via le latin psalmus ; traduit l'hébreu mizmor (« chant »).
  • Siècle d'apparition : Psaumes davidiques : Xe siècle av. J.-C. ; psalmodie chrétienne attestée dès le Ier siècle (1 Co 14, 26 ; Col 3, 16)
  • Usage actuel : fondement de la Liturgie des Heures (cycle de quatre semaines dans la forme ordinaire ; cycle d'une semaine dans le bréviaire monastique de saint Benoît). Psaume responsorial à la messe de la forme ordinaire (depuis 1969). Conservation intégrale du Psautier dans la forme extraordinaire selon la disposition de saint Pie X.
  • Étymologie : grec psalmos, « chant à la harpe » ; hébreu mizmor, « chant »
  • Siècle d'apparition : psaumes davidiques : Xe siècle av. J.-C. ; usage chrétien dès le Ier siècle
  • Nombre : 150 psaumes (Psautier ou Liber Psalmorum)
  • Tons psalmodiques : 8 tons traditionnels correspondant aux 8 modes grégoriens
  • Cycle monastique : Psautier intégral en une semaine (Règle de saint Benoît, ch. 18)
  • Cycle ordinaire : Psautier réparti sur 4 semaines (Liturgia Horarum, 1971)
  • Lié à : antienne, doxologie, introit, hymne liturgique, répons

Sources : Graduale Romanum (Solesmes, 1974), Liber Usualis (Desclée, 1961), Liturgia Horarum (Vatican, 1985-1987).

Définition

Le Psautier (Liber Psalmorum) compte 150 psaumes attribués traditionnellement au roi David (au moins 73 portent son nom dans les titres) ; Asaph, les fils de Coré, Salomon et Moïse sont également mentionnés comme auteurs. Repris par le Christ et les Apôtres, le Psautier devient le livre de prière fondamental de l'Église : saint Athanase l'appelait « un jardin contenant tout ce qui est dans les autres livres saints ». La règle de saint Benoît (VIe siècle) prescrit la récitation intégrale du Psautier en une semaine au cours de l'office monastique ; cette structure, modifiée par saint Pie X en 1911 puis par la réforme de 1971 (cycle de quatre semaines pour la Liturgie des Heures), demeure l'ossature de la prière liturgique. Les psaumes sont chantés selon huit tons psalmodiques traditionnels, chacun adapté à un mode grégorien, avec une mediante (cadence centrale) et une terminaison (cadence finale) variables selon l'antienne qui les encadre. Le Psautier se prie en latin (Vulgate puis nouvelle Vulgate de 1979) ou en langues vernaculaires (Psautier liturgique français de la CEFTL, 1969-1980, révisé en 2013). Les sept psaumes pénitentiels (6, 31, 37, 50, 101, 129, 142) et les quinze psaumes graduels (119-133) constituent des regroupements traditionnels de dévotion.

Exemple liturgique

Psaume 50 Miserere mei Deus (« Aie pitié de moi, mon Dieu, dans ton amour »), psaume pénitentiel récité chaque vendredi aux laudes selon la tradition romaine et chanté pendant l'office des Ténèbres de la Semaine sainte sur les célèbres polyphonies d'Allegri (1638) et de Lassus.

Commentaire

Le Psautier est le livre de prière par excellence de l'Église catholique, hérité d'Israël et christianisé par la lecture qu'en fait le Christ lui-même. Le Nouveau Testament cite plus de cent fois les psaumes ; sur la croix, Jésus prie le psaume 21 (Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?) et le psaume 30 (Père, entre tes mains je remets mon esprit). Cette appropriation christologique fonde toute l'exégèse patristique du Psautier : saint Augustin dans ses Enarrationes in Psalmos (412-420), Cassiodore dans son Expositio Psalmorum (VIᵉ s.), saint Bruno de Wurtzbourg au XIᵉ siècle, ont médité chaque psaume comme une parole prophétique du Christ ou de son Église.

La règle de saint Benoît (Regula, ch. 18) prescrit la récitation intégrale du Psautier au cours d'une semaine : c'est l'opus Dei, l'œuvre principale du moine. Cette structure heptdomadaire, modifiée par saint Pie X en 1911 (réforme du bréviaire romain) puis par la Liturgia Horarum de 1971 (cycle de quatre semaines pour la Liturgie des Heures), demeure l'ossature de la prière liturgique catholique. Les psaumes sont chantés selon huit tons psalmodiques traditionnels (un par mode grégorien), avec une mediante centrale et une terminaison finale qui s'accordent à l'antienne encadrante.

Sept psaumes pénitentiels (6, 31, 37, 50, 101, 129, 142) et quinze psaumes graduels ou « cantiques des montées » (119-133) constituent des regroupements traditionnels de dévotion. Le psaume 50 Miserere mei Deus, récité chaque vendredi aux laudes, demeure le grand psaume pénitentiel de la liturgie chrétienne, magnifié par les polyphonies d'Allegri (1638) et de Lassus.

« Le Psautier est un jardin contenant tout ce qui est dans les autres livres saints, et y ajoutant ce qu'il a en propre : il est ce qui chante, et il sait chanter. », Saint Athanase d'Alexandrie, Lettre à Marcellin sur l'interprétation des Psaumes, vers 367.

Page du Psautier d'Utrecht, manuscrit carolingien du IXe siècle illustrant les psaumes en dessins à la plume
Psautier d'Utrecht (Université d'Utrecht, ms. 32), Reims vers 820-835 : chef-d'œuvre carolingien illustrant chaque psaume par des compositions dessinées à la plume. Image Unknown monks c. 800, Public domain, via Wikimedia Commons.

Voir aussi

Pour approfondir la compréhension du terme Psaume, consulter les entrées suivantes du lexique liturgique :

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Questions fréquentes, Psaume

Combien de psaumes compte le Psautier ?

Cent cinquante psaumes, traditionnellement attribués au roi David (au moins 73 portent son nom dans les titres). Les autres auteurs cités sont Asaph, les fils de Coré, Salomon et Moïse. La numérotation diffère légèrement entre la Vulgate (numérotation suivie en liturgie latine) et la Bible hébraïque.

Qu'est-ce que les huit tons psalmodiques ?

Ce sont les huit formules mélodiques traditionnelles utilisées pour chanter les psaumes, chacune correspondant à l'un des huit modes grégoriens (I à VIII). Chaque ton comporte une intonation, un teneur (récitatif), une mediante centrale et une terminaison finale, choisie en fonction de la note finale de l'antienne encadrante.

Pourquoi récite-t-on tout le Psautier en une semaine chez les moines ?

Saint Benoît, dans le chapitre 18 de sa Règle (VIᵉ siècle), prescrit la récitation intégrale du Psautier au cours d'une semaine : c'est l'opus Dei, l'œuvre principale du moine, qui sanctifie chaque heure du jour et de la nuit par la prière des psaumes.

Références et pour aller plus loin

  • Nova Vulgata Bibliorum Sacrorum Editio, Vatican, 1979 (Liber Psalmorum)
  • Règle de saint Benoît, ch. 18 (« Quo ordine ipsi psalmi dicendi sint »), VIe siècle
  • Liturgia Horarum, editio typica altera, Vatican, 1985-1987 (psalterium per quattuor hebdomadas)
  • Saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, trad. fr. coll. Discours sur les Psaumes, Cerf, 2007 (2 vol.).
  • Pierre-Marie Gy, La liturgie dans l'histoire, Cerf, 1990 (chapitre sur la psalmodie).
  • Daniel Saulnier, Les modes grégoriens, Solesmes, 1997 (étude des tons psalmodiques).