Hymne liturgique

Partition grégorienne de l'hymne mariale Ave Maris Stella
Hymne Ave Maris Stella, vêpres des fêtes mariales : mélodie en mode I, attestée dès le IXe siècle dans les antiphonaires latins. Image Ascribed to St. Gregory. The Roman Antiphonary dates back to earlier than 1570., Public domain, via Wikimedia Commons.

Définition

Hymne liturgique, Composition poétique strophique, en latin métrique ou rythmique, chantée à l'office divin et lors des processions. Forme distincte du psaume (texte biblique en prose) et de l'antienne (refrain), l'hymne est de composition humaine inspirée par la foi.

Hymne liturgique, en bref

  • Terme : Hymne liturgique
  • Étymologie : Du grec hymnos (« chant de louange en l'honneur d'un dieu ou d'un héros »), via le latin hymnus. Désigne en liturgie une composition strophique chantée à la louange de Dieu, des saints ou des mystères de la foi.
  • Siècle d'apparition : IVe siècle (saint Hilaire de Poitiers, saint Ambroise de Milan)
  • Usage actuel : Élément structurel de chaque heure de la Liturgie des Heures dans la forme ordinaire et de l'office monastique. Le Liber Hymnarius (Solesmes, 1983) constitue l'édition de référence. Dans la forme extraordinaire, hymnes du Bréviaire romain selon l'édition typique de 1961.
  • Étymologie : grec hymnos, « chant de louange » ; latin hymnus
  • Siècle d'apparition : IVe siècle (saint Hilaire de Poitiers, saint Ambroise)
  • Forme : strophes régulières en mètres ou rythmes latins
  • Place liturgique : première pièce après le verset d'introduction de chaque heure
  • Hymnes majeures : Te Deum, Pange lingua, Veni Creator, Ave Maris Stella, Vexilla Regis
  • Édition de référence : Liber Hymnarius, Solesmes, 1983
  • Lié à : antienne, psaume, doxologie, ordinaire, séquence

Sources : Graduale Romanum (Solesmes, 1974), Liber Usualis (Desclée, 1961), Liturgia Horarum (Vatican, 1985-1987).

Définition

L'hymne liturgique latine est une création originale de l'Église, popularisée par saint Hilaire de Poitiers (IVe siècle) puis surtout par saint Ambroise de Milan, dont les hymnes (Aeterne rerum conditor, Deus creator omnium, Veni redemptor gentium) demeurent au répertoire de l'office. Saint Benoît (VIe siècle) a inscrit l'hymne dans la structure de chaque heure de l'office monastique : c'est la première pièce chantée après le verset d'introduction. Les grandes hymnes du répertoire latin comprennent : le Te Deum (action de grâces, attribué jadis à Ambroise et Augustin), le Pange lingua de saint Thomas d'Aquin pour le Saint-Sacrement, le Veni Creator Spiritus de Raban Maur (IXe siècle) pour la Pentecôte, l'Ave Maris Stella pour les fêtes de la Vierge, le Vexilla Regis de Venance Fortunat pour la Croix, et l'Adoro te devote de saint Thomas d'Aquin. Composées en strophes régulières (le plus souvent dimétriques iambiques de quatre vers), elles permettent une participation aisée de l'assemblée. Le pape Urbain VIII (1632) a procédé à une révision humaniste discutée du corpus hymnique du bréviaire ; la réforme de 1971 a largement restauré les versions originales antérieures. La métrique des hymnes ambrosiennes (huit strophes de quatre vers en dimètres iambiques) a inspiré toute la tradition latine ultérieure ; les hymnes médiévales ont introduit la rime et l'accentuation, comme dans le Stabat Mater de Jacopone da Todi ou le Dies Irae de Thomas de Celano. Saint Thomas d'Aquin, à la demande du pape Urbain IV en 1264, a composé pour la fête du Saint-Sacrement cinq hymnes restées au cœur du répertoire eucharistique latin.

Exemple liturgique

Hymne Ave Maris Stella (« Salut, étoile de la mer »), chantée aux vêpres des fêtes de la Vierge Marie depuis le IXe siècle ; mélodie en mode I présente dans tous les antiphonaires monastiques et romains.

Commentaire

L'hymne liturgique latine est l'une des plus précieuses inventions poétiques de l'Église. Saint Hilaire de Poitiers (IVᵉ s.) en jette les bases dans son Liber hymnorum aujourd'hui perdu ; saint Ambroise de Milan en fixe la forme classique avec ses Aeterne rerum conditor (laudes du dimanche), Deus creator omnium (vêpres) et Veni redemptor gentium (Avent), composés en dimétres iambiques de quatre vers, la « strophe ambrosienne ». Ce mètre simple, accessible, mémorisable, devient le standard de l'hymnique chrétienne occidentale.

Saint Benoît (VIᵉ s.) inscrit l'hymne dans la structure de chaque heure de l'office : c'est la première pièce chantée après le verset d'introduction Deus in adiutorium meum intende. Le Moyen Âge enrichit considérablement le corpus : Venance Fortunat compose le Vexilla Regis et le Pange lingua gloriosi proelium certaminis pour la Croix (VIᵉ s.), Raban Maur le Veni Creator Spiritus (IXᵉ s.), saint Thomas d'Aquin le Pange lingua gloriosi corporis mysterium et l'Adoro te devote pour le Saint-Sacrement (XIIIᵉ s.). Le Te Deum laudamus, traditionnellement attribué à saint Ambroise et saint Augustin (la légende de l'improvisation au baptême d'Augustin en 387 reste pieuse mais infondée), demeure la grande hymne d'action de grâces de l'Église.

La révision humaniste opérée par Urbain VIII (1632), qui a corrigé la prosodie de nombreuses hymnes pour la conformer aux canons classiques, a été largement défaite par la réforme post-conciliaire de 1971, qui a restauré les versions originales antérieures. Le Liber Hymnarius de Solesmes (1983) est l'édition critique de référence.

« Toutes les fois que retentit la voix qui chante en union avec l'Esprit Saint, l'Église elle-même chante avec son Époux, le Christ. », Saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, 138, cité par Pie XII, Mediator Dei, 1947, §192.

Partition grégorienne de l'hymne Te Deum laudamus, action de grâces solennelle
Te Deum laudamus, hymne d'action de grâces traditionnellement attribuée à saint Ambroise et saint Augustin (IVe-Ve siècle), chantée aux matines des dimanches et fêtes. Image ancient, Public domain, via Wikimedia Commons.

Voir aussi

Pour approfondir la compréhension du terme Hymne liturgique, consulter les entrées suivantes du lexique liturgique :

  • Antienne, entrée du lexique liturgique.
  • Psaume, entrée du lexique liturgique.
  • Doxologie, entrée du lexique liturgique.
  • Ordinaire, entrée du lexique liturgique.
  • Séquence, entrée du lexique liturgique.

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Questions fréquentes, Hymne liturgique

Qui a composé les premières hymnes latines ?

Saint Hilaire de Poitiers (vers 315-367) est traditionnellement crédité des premières hymnes latines, suivi peu après par saint Ambroise de Milan (vers 339-397), dont quatre hymnes sont aujourd'hui considérées comme certainement authentiques (Aeterne rerum conditor, Deus creator omnium, Iam surgit hora tertia, Veni redemptor gentium).

Quelle différence entre hymne et séquence ?

L'hymne est une composition strophique chantée à l'office divin (toutes les strophes sur la même mélodie). La séquence est une pièce de la messe chantée après l'Alléluia, avec des strophes appariées (a-a, b-b, c-c…) chantées sur des mélodies différentes pour chaque paire.

Quand chante-t-on le Te Deum ?

Le Te Deum laudamus est chanté aux matines des dimanches et fêtes (sauf Avent et Carême), à l'action de grâces solennelle pour un événement heureux (élection d'un pape, victoire, jubilé), et traditionnellement le 31 décembre au soir pour rendre grâces de l'année écoulée.

Références et pour aller plus loin

  • Liber Hymnarius cum invitatoriis & aliquibus responsoriis, Solesmes, 1983
  • Liturgia Horarum, editio typica altera, Vatican, 1985-1987
  • Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique, t. I-XV, Solesmes, 1841-1866 (commentaires des hymnes)
  • Liber Hymnarius cum invitatoriis & aliquibus responsoriis, Solesmes, 1983.
  • Joseph Connelly, Hymns of the Roman Liturgy, Westminster (Md.), Newman Press, 1957.
  • Jacques Fontaine (dir.), Ambroise de Milan : Hymnes, Cerf, 1992 (édition critique bilingue).