Antienne
Définition
Antienne, Courte phrase mélodique, généralement tirée de l'Écriture, chantée avant et après un psaume ou un cantique pour en éclairer le sens spirituel selon le temps liturgique. Élément central de la psalmodie de l'office divin.
Antienne, en bref
- Terme : Antienne
- Étymologie : Du grec antiphônon « voix qui répond, à l'octave », via le bas latin antiphona ; désigne primitivement le chant alterné de deux chœurs, puis le refrain encadrant un psaume.
- Siècle d'apparition : IVe siècle (introduction par saint Ambroise à Milan)
- Usage actuel : Pilier de la Liturgie des Heures dans la forme ordinaire (Liturgia Horarum, 1971) comme dans la forme extraordinaire (Breviarium Romanum). Conservée dans toutes les traditions monastiques (Solesmes, Cîteaux, Chartreux). Les antiennes mariales finales restent obligatoires aux complies.
- Étymologie : grec antiphônon, « voix qui répond, à l'octave »
- Siècle d'apparition : IVe siècle (saint Ambroise à Milan)
- Fonction : encadre un psaume ou cantique pour l'éclairer christologiquement
- Antiennes mariales finales : Alma Redemptoris, Ave Regina, Regina Caeli, Salve Regina
- Antiennes O : 7 antiennes du Magnificat (17-23 décembre)
- Édition de référence : Antiphonale Monasticum, Solesmes, 2005-2009
- Lié à : psaume, répons, introit, hymne liturgique, ordinaire
Sources : Graduale Romanum (Solesmes, 1974), Liber Usualis (Desclée, 1961), Liturgia Horarum (Vatican, 1985-1987).
Définition
L'antienne (antiphona) est née de la pratique antiphonale orientale (alternance de deux chœurs), introduite à Milan par saint Ambroise au IVe siècle puis généralisée à toute la liturgie latine. Dans l'office divin (Liturgie des Heures), chaque psaume ou cantique est encadré d'une antienne qui en propose une clé d'interprétation christologique ou liturgique : la même phrase psalmique reçoit ainsi des éclairages différents selon le jour. Les antiennes les plus solennelles sont celles du Magnificat aux vêpres et du Benedictus aux laudes, qui changent chaque jour. Quatre antiennes mariales finales, Alma Redemptoris Mater (Avent et Noël), Ave Regina Caelorum (Carême), Regina Caeli (temps pascal) et Salve Regina (du Trinitaire à l'Avent), closent les complies. À la messe, l'introit, l'offertoire et la communion ont également une structure antiphonale (antienne + verset psalmique). Les antiennes O, chantées du 17 au 23 décembre avant le Magnificat (O Sapientia, O Adonai, O Radix Iesse, O Clavis David, O Oriens, O Rex Gentium, O Emmanuel), comptent parmi les plus belles compositions du répertoire grégorien. Le rythme antiphonal, un chœur répondant à l'autre, exige une organisation chorale rigoureuse, à l'origine de la division du chœur monastique en deux côtés (decani et cantoris dans la tradition anglaise, droit et gauche dans la tradition romaine). L'antiphonaire (antiphonarium ou antiphonale) est le livre liturgique qui rassemble l'ensemble des antiennes de l'office ; il se distingue du graduel qui contient les chants de la messe.
Exemple liturgique
Antienne mariale Salve Regina, attribuée à Hermann Contract (XIe siècle), chantée à la fin des complies du Trinitaire au samedi avant l'Avent dans toute la chrétienté latine, et après la mort d'un religieux dans les ordres monastiques.
Commentaire
L'antienne est la respiration de la prière liturgique. Brève, mémorisable, elle propose une clé de lecture chrétienne au texte psalmique qu'elle encadre : le même psaume reçoit ainsi des éclairages différents selon le jour de l'année ou la fête célébrée. Cette pratique antiphonale, née dans les Églises de Syrie et popularisée en Occident par saint Ambroise de Milan au IVᵉ siècle (saint Augustin en témoigne dans les Confessions IX, 7), s'est généralisée à toute la liturgie latine et structure aujourd'hui l'office divin comme la messe.
Quatre groupes d'antiennes méritent une attention particulière. Les antiennes O chantées du 17 au 23 décembre avant le Magnificat des vêpres (O Sapientia, O Adonai, O Radix Iesse, O Clavis David, O Oriens, O Rex Gentium, O Emmanuel) sont des invocations messianiques d'une beauté spirituelle , dont l'acrostiche inversé forme ERO CRAS (« demain je serai »). Les quatre antiennes mariales finales (Alma Redemptoris Mater, Ave Regina Caelorum, Regina Caeli, Salve Regina) closent les complies selon la saison liturgique. Les antiennes du Magnificat aux vêpres et du Benedictus aux laudes changent chaque jour, suivant le calendrier. Enfin, les antiennes processionnelles (Asperges, Vidi aquam, Pueri Hebraeorum) accompagnent les rites paraliturgiques.
L'Antiphonale Monasticum publié à Solesmes entre 2005 et 2009 constitue l'édition critique de référence pour le répertoire antiphonal de l'office monastique selon la règle de saint Benoît.
« Combien j'ai pleuré à entendre tes hymnes et tes cantiques, fortement ému par les voix mélodieuses de ton Église ! Ces voix coulaient dans mes oreilles, et la vérité distillait son ardeur dans mon cœur. », Saint Augustin, Confessions, IX, 6 (à propos des antiennes ambrosiennes).
Voir aussi
Pour approfondir la compréhension du terme Antienne, consulter les entrées suivantes du lexique liturgique :
- Psaume, entrée du lexique liturgique.
- Répons, entrée du lexique liturgique.
- Introit, entrée du lexique liturgique.
- Hymne liturgique, entrée du lexique liturgique.
- Ordinaire, entrée du lexique liturgique.
Retour au lexique liturgique complet.
Questions fréquentes, Antienne
Quelles sont les quatre antiennes mariales finales ?
Alma Redemptoris Mater (de l'Avent à la Présentation), Ave Regina Caelorum (de la Présentation au mercredi saint), Regina Caeli (du temps pascal à la Pentecôte) et Salve Regina (du Trinitaire au samedi avant l'Avent). Elles closent l'office des complies.
Que sont les « antiennes O » ?
Sept invocations messianiques chantées avant le Magnificat des vêpres du 17 au 23 décembre : O Sapientia, O Adonai, O Radix Iesse, O Clavis David, O Oriens, O Rex Gentium, O Emmanuel. L'acrostiche inversé de leurs initiales forme ERO CRAS (« demain je serai »), réponse du Christ à l'attente de l'Avent.
Quelle est la différence entre antienne et hymne ?
L'antienne est un court refrain (souvent un verset biblique) qui encadre un psaume ou un cantique. L'hymne est une composition strophique régulière, en vers métriques ou rythmiques, de composition humaine inspirée par la foi (Te Deum, Pange lingua, Veni Creator).
Références et pour aller plus loin
- Liturgia Horarum, editio typica altera, Vatican, 1985-1987, 4 vol.
- Antiphonale Monasticum, Solesmes, 2005-2009, 3 vol.
- Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique, t. I (Avent), Solesmes, 1841 (antiennes O)
- Antiphonale Monasticum, Solesmes, 2005-2009, 3 vol. (édition critique de référence).
- Dom Daniel Saulnier, Les modes grégoriens, Solesmes, 1997 (analyse modale des antiennes).
- Hervé Pennec, Les antiennes O : commentaire spirituel, Cerf, 2003.