Répons

Page de l'Antiphonaire de Hartker contenant des répons notés en neumes adiastématiques de Saint-Gall
Antiphonaire de Hartker (Stiftsbibliothek Sankt Gallen, Cod. Sang. 390), vers 990-1000 : page contenant les répons des matines, notation neumatique sangallienne. Image Anonymous, 11th c., Public domain, via Wikimedia Commons.

Définition

Répons, Chant responsorial alternant entre un soliste (ou la schola) et le chœur, structuré autour d'une réponse (responsum) reprise après chaque verset. Pièce centrale des matines et des nocturnes monastiques.

Répons, en bref

  • Terme : Répons
  • Étymologie : Du latin responsorium (« ce qui répond »), de respondere « répondre ». Désigne le chant où la schola énonce un répons que l'assemblée ou un second chœur reprend en réponse.
  • Siècle d'apparition : IVe-Ve siècle (psalmodie responsoriale primitive) ; développement médiéval aux IXe-XIIe siècles
  • Usage actuel : Conservé intégralement dans la liturgie monastique (Solesmes, Fontgombault, Le Barroux) et dans la forme extraordinaire. Dans la Liturgie des Heures (forme ordinaire), simplifié sous forme de répons brefs après les lectures, mais l'office des lectures conserve un répons développé.
  • Étymologie : latin responsorium, « ce qui répond »
  • Siècle d'apparition : IVe-Ve siècle (psalmodie responsoriale primitive)
  • Deux formes : responsorium breve (heures mineures) et responsorium prolixum (matines)
  • Pièces majeures : Hodie nobis, Tenebrae factae sunt, Libera me Domine
  • Structure : R + V + R' (reprise partielle) + Gloria + R'
  • Édition de référence : Liber Responsorialis, Solesmes, 1895
  • Lié à : antienne, psaume, graduel, hymne liturgique, doxologie

Sources : Graduale Romanum (Solesmes, 1974), Liber Usualis (Desclée, 1961), Liturgia Horarum (Vatican, 1985-1987).

Définition

Le répons (responsorium) est une forme musicale liturgique née de la psalmodie responsoriale primitive, où l'assemblée répondait par un refrain au verset énoncé par le soliste. À l'office divin, on distingue le répons bref (responsorium breve), pièce courte qui suit la lecture brève des heures mineures, et le grand répons (responsorium prolixum), pièce développée et hautement mélismatique qui suit chacune des lectures des matines (office des nocturnes). Les grands répons des matines de Noël, de la Semaine sainte (les Tenebrae) et de l'office des défunts comptent parmi les sommets du répertoire grégorien : Hodie nobis caelorum Rex, Tenebrae factae sunt, Libera me Domine. Leur structure typique est R + V + R' (reprise partielle) + Gloria + R'. À la messe, le graduel est lui-même un répons (chant responsorial) ; le psaume responsorial introduit par la réforme de 1970 reprend explicitement cette forme antique. Dans le rite ambrosien et certains rites monastiques, des répons supplémentaires accompagnent l'offertoire et la procession des défunts. Solesmes a publié en 2005-2009 l'Antiphonale Monasticum qui restitue l'intégralité du répertoire des répons selon la tradition bénédictine. Le grand répons monastique se distingue du répons romain par l'usage du Gloria Patri à la dernière reprise, structure conservée par Solesmes dans l'Antiphonale Monasticum. Les sept tons de répons (responsoria tonus) codifiés au Moyen Âge offrent une palette modale variée pour adapter la mélodie au texte ; le ton VII protus authente caractérise les grands répons festifs de Noël.

Exemple liturgique

Le grand répons Libera me, Domine, de morte aeterna chanté à l'absoute après la messe de Requiem : « Libera me, Domine, de morte aeterna, in die illa tremenda », pièce essentielle de l'office des défunts depuis le XIIe siècle.

Commentaire

Le répons est l'héritier direct de la psalmodie responsoriale chrétienne primitive, celle où l'assemblée répondait au verset du soliste par un refrain commun. Cette forme dialogale, attestée dès saint Cyprien de Carthage (IIIᵉ s.) et organisée par saint Augustin pour Hippone (IVᵉ-Vᵉ s.), constitue l'une des plus anciennes structures musicales chrétiennes. Aux matines (vigiles nocturnes monastiques), un grand répons développé suit chacune des lectures patristiques : trois nocturnes, neuf lectures, neuf grands répons par jour de fête majeure, c'est dire l'amplitude du répertoire.

Trois grands répons appartiennent au sommet du patrimoine musical occidental. Le Hodie nobis caelorum Rex de Noël proclame la naissance du Christ avec une jubilation modale extraordinaire. Les neuf répons des Tenebrae de la Semaine sainte (In monte Oliveti, Tristis est anima mea, Eram quasi agnus innocens, Una hora, Tenebrae factae sunt…) ont inspiré les plus grandes polyphonies de la Renaissance, Victoria, Gesualdo, Lassus en ont laissé des cycles complets. Le Libera me Domine de l'absoute après la messe de Requiem, avec son verset Dies illa, dies irae, est l'une des pièces les plus saisissantes du répertoire funéraire latin.

La réforme de 1970 a simplifié les répons brefs des heures mineures (laudes, vêpres, complies) tout en conservant un répons développé après la lecture patristique de l'office des lectures. Les communautés monastiques traditionnelles (Solesmes, Fontgombault, Le Barroux, Chartreuse) maintiennent l'intégralité du répertoire.

« Les neuf grands répons des matines, lus et chantés tour à tour, sont comme la respiration du moine : ils donnent à la nuit liturgique sa profondeur méditative et son architecture spirituelle. », Dom Lucien David, La nuit liturgique des moines, Solesmes, 1928.

Page 13 du Codex Sangallensis 390, antiphonaire de Hartker, montrant l'écriture caroline et les neumes
Codex Sangallensis 390, p. 13 : antiphonaire monastique d'Hartker le Reclus, témoin majeur du chant grégorien à Saint-Gall vers l'an mil. Image Stiftsbibliothek St. Gallen, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Voir aussi

Pour approfondir la compréhension du terme Répons, consulter les entrées suivantes du lexique liturgique :

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Questions fréquentes, Répons

Quelle différence entre répons bref et grand répons ?

Le responsorium breve est une pièce courte qui suit la lecture brève des heures mineures (laudes, tierce, sexte, none, vêpres, complies). Le responsorium prolixum est une pièce développée et hautement mélismatique qui suit chaque lecture des matines (office des nocturnes), avec une structure complexe R + V + R' + Gloria + R'.

Quelles sont les Ténèbres ?

Les Tenebrae sont les matines et laudes des trois jours saints (jeudi, vendredi, samedi saints), chantées la veille au soir dans la liturgie monastique. Leurs neuf grands répons forment un cycle dramatique sur la Passion : In monte Oliveti, Tenebrae factae sunt, Sicut ovis ad occisionem, etc.

Qu'est-ce que le Libera me ?

Le grand répons Libera me, Domine, de morte aeterna est chanté à l'absoute, après la messe de Requiem, autour du catafalque. Composé entre le XIᵉ et le XIIᵉ siècle, son verset Dies illa, dies irae a inspiré la séquence Dies irae de Thomas de Celano.

Références et pour aller plus loin

  • Antiphonale Monasticum, Solesmes, 2005-2009 (responsoria de matutinis)
  • Liber Responsorialis, Solesmes, 1895 (édition de référence des grands répons)
  • Liber Usualis, Tournai, Desclée & Cie, 1961, pp. 1768-1815 (Officium Defunctorum)
  • Liber Responsorialis pro festis I. Classis et communi sanctorum, Solesmes, 1895.
  • Antiphonale Monasticum pro Diurnis Horis, Solesmes, 2005-2009 (vol. I-III).
  • Knud Jeppesen, Italia sacra musica, Copenhague, 1962 (polyphonies des Tenebrae).