Graduel
Définition
Graduel, Chant responsorial du Propre de la messe exécuté entre l'épître et l'évangile. Le terme désigne aussi le livre liturgique (Graduale Romanum) qui rassemble l'ensemble des chants du Propre pour toute l'année.
Graduel, en bref
- Terme : Graduel
- Étymologie : Du latin graduale, dérivé de gradus « degré, marche », car ce chant était originellement exécuté sur les degrés (gradus) de l'ambon.
- Siècle d'apparition : Ve-VIe siècle (psalmodie responsoriale primitive) ; codification au VIIe-VIIIe siècle
- Usage actuel : Maintenu dans la forme extraordinaire et chez les communautés monastiques. Dans la forme ordinaire, le psaume responsorial l'a remplacé fonctionnellement, mais le Graduale Romanum reste l'option de référence (rappelée par Sacrosanctum Concilium §116).
- Étymologie : latin graduale, de gradus « degré » (chanté sur les marches de l'ambon)
- Siècle d'apparition : Ve-VIe siècle ; codification VIIe-VIIIe siècle
- Place dans la messe : entre l'épître et l'évangile
- Structure : répons (corpus) + verset psalmique mélismatique
- Double sens : chant responsorial ET livre liturgique du Propre
- Éditions de référence : Graduale Romanum (1974) et Graduale Triplex (1979)
- Lié à : propre, introit, psaume, antienne, séquence
Sources : Graduale Romanum (Solesmes, 1974), Liber Usualis (Desclée, 1961), Liturgia Horarum (Vatican, 1985-1987).
Définition
Le graduel est l'un des chants les plus anciens et les plus mélismatiques du répertoire grégorien. Hérité de la psalmodie responsoriale chrétienne primitive, il se chante après la première lecture, sur les marches (gradus) de l'ambon dont il tire son nom. Sa structure comporte un répons (corpus) suivi d'un verset psalmique, l'ensemble étant orné de longues vocalises (mélismes) qui en font une pièce de méditation contemplative entre la lecture apostolique et la proclamation de l'évangile. Au temps pascal, le graduel est remplacé par un double Alléluia ; pendant le Carême et les messes des défunts, il est suivi du Trait. Par extension, le mot Graduel désigne le livre liturgique qui contient tous les chants du Propre de la messe : le Graduale Romanum (édition princeps de Médicis 1614, restauration de Solesmes 1908, édition typique 1974) et son complément le Graduale Triplex (1979) qui superpose la notation carrée de Solesmes aux neumes de Saint-Gall et de Laon. Ces livres constituent la référence absolue pour l'interprétation du chant grégorien dans la liturgie romaine. Le mode II du graduel Haec dies, avec son ambitus restreint et ses mélismes amples sur le mot exsultemus, est devenu un modèle pour l'ornementation grégorienne. Les éditions critiques modernes (Beneventanum Troporum Corpus, Monumenta Monodica Medii Aevi) restituent les variantes régionales du graduel selon les traditions de Saint-Gall, Bénévent, Aquitaine et Compiègne, attestant l'unité fondamentale du répertoire malgré des nuances mélodiques locales.
Exemple liturgique
Graduel Haec dies du dimanche de Pâques : « Haec dies quam fecit Dominus : exsultemus et laetemur in ea » (Ps 117, 24), considéré comme le sommet du répertoire mélismatique grégorien et chanté toute l'octave pascale.
Commentaire
Le graduel occupe une place méditative singulière dans la messe : entre la lecture apostolique et la proclamation de l'évangile, il offre à l'assemblée un temps de respiration spirituelle. Ses longs mélismes, marqués sur le verset (versus), ne sont pas un ornement gratuit mais une jubilation au sens augustinien, ce chant sans paroles où l'âme exprime ce que le langage ne peut formuler. Le graduel Haec dies du dimanche de Pâques, en mode II, demeure le sommet absolu du répertoire mélismatique grégorien : son verset Confitemini Domino contient l'un des plus longs mélismes du corpus latin, sur le mot exsultemus.
Le mot graduel désigne aussi, par métonymie, le grand livre liturgique qui rassemble les chants du Propre de la messe. L'édition vaticane de 1908, restaurée à Solesmes par Dom Pothier et Dom Mocquereau, demeure la base de l'édition typique de 1974. Le Graduale Triplex publié en 1979 superpose à la notation carrée de Solesmes les neumes adiastématiques de Saint-Gall (Cantatorium 359, vers 922) et de Laon (manuscrit 239, IXᵉ siècle), permettant à l'interprète de retrouver les nuances rythmiques et expressives originelles que la notation carrée avait estompées.
La réforme liturgique de 1970 a fonctionnellement remplacé le graduel par le psaume responsorial, pièce simplifiée chantée en langue vernaculaire, mais Sacrosanctum Concilium §116 maintient la primauté du chant grégorien : le Graduale Romanum reste l'option de référence pour toute messe célébrée selon le rite romain, qu'elle soit latine ou vernaculaire.
« Le graduel et l'alléluia sont des chants typiquement romains, dans lesquels l'art mélismatique du chantre atteint son sommet. », Dom Eugène Cardine, Sémiologie grégorienne, Solesmes, 1970.
Voir aussi
Pour approfondir la compréhension du terme Graduel, consulter les entrées suivantes du lexique liturgique :
- Propre, entrée du lexique liturgique.
- Introit, entrée du lexique liturgique.
- Psaume, entrée du lexique liturgique.
- Antienne, entrée du lexique liturgique.
- Séquence, entrée du lexique liturgique.
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Questions fréquentes, Graduel
Pourquoi appelle-t-on cette pièce « graduel » ?
Parce qu'elle était originellement chantée par le soliste sur les degrés (gradus en latin) de l'ambon, plate-forme surélevée d'où l'on proclamait les lectures dans les basiliques romaines des premiers siècles.
Quelle différence entre graduel et psaume responsorial ?
Le graduel est la pièce traditionnelle du Graduale Romanum, en latin et hautement mélismatique. Le psaume responsorial, introduit par la réforme de 1970, est sa version simplifiée en langue vernaculaire, chantée selon des tons psalmodiques accessibles à l'assemblée. Les deux options coexistent dans la liturgie actuelle.
Qu'est-ce que le Graduale Triplex ?
Une édition critique publiée par Solesmes en 1979 qui superpose à la notation carrée du Graduale Romanum les neumes adiastématiques des manuscrits de Saint-Gall et de Laon (IXᵉ-Xᵉ siècle). Elle permet à l'interprète d'accéder aux nuances rythmiques originelles du chant grégorien.
Références et pour aller plus loin
- Graduale Romanum, Solesmes, éd. typique 1974
- Graduale Triplex, Solesmes, 1979 (notation carrée + neumes Sankt-Gallen et Laon)
- Liber Usualis, Tournai, Desclée & Cie, 1961, p. 778 (Haec dies)
- Graduale Triplex seu Graduale Romanum… cum neumis Laudunensibus et Sangallensibus, Solesmes, 1979.
- Dom André Mocquereau, Le nombre musical grégorien, Solesmes, 1908-1927, 2 vol.
- Daniel Saulnier, Les modes grégoriens, Solesmes, 1997 (étude des modes des graduels).