Propre
Définition
Propre, Ensemble des pièces de la messe et de l'office qui changent selon le jour, le temps liturgique ou le saint célébré. Le Propre s'oppose à l'Ordinaire (parties invariables) et structure la diversité de l'année liturgique.
Propre, en bref
- Terme : Propre
- Étymologie : Du latin proprium (« ce qui est propre, particulier à »), désignant les pièces variables propres à chaque jour liturgique, par opposition à l'ordinaire qui demeure invariable.
- Siècle d'apparition : VIe-VIIe siècle (formation des sacramentaires gélasien et grégorien)
- Usage actuel : Structure fondamentale conservée dans la forme extraordinaire, la forme ordinaire et l'usage monastique. Le Missel romain de Paul VI (1970, 3e éd. typique 2002) maintient la distinction Propre/Ordinaire, en élargissant le sanctoral et en introduisant un nouveau lectionnaire dominical sur trois ans (A, B, C).
- Étymologie : latin proprium, « ce qui est propre, particulier à »
- Siècle d'apparition : VIe-VIIe siècle (sacramentaires gélasien et grégorien)
- Composition : introit, graduel, alléluia/trait, séquence, offertoire, communion + 3 oraisons
- Subdivisions : Propre du Temps, Propre des Saints, Commun des Saints
- Codification : Missel de saint Pie V, 1570
- Édition actuelle : Missale Romanum, editio typica tertia, 2002
- Lié à : ordinaire, introit, graduel, antienne, séquence
Sources : Graduale Romanum (Solesmes, 1974), Liber Usualis (Desclée, 1961), Liturgia Horarum (Vatican, 1985-1987).
Définition
Le Propre (proprium missae) regroupe les chants et oraisons variables de la messe : introit, graduel, alléluia ou trait, séquence (le cas échéant), offertoire, communion, ainsi que les trois oraisons (collecte, secrète/offrande, postcommunion), l'épître et l'évangile. Ces pièces varient selon le calendrier liturgique : Propre du Temps (Proprium de Tempore, Avent, Noël, Carême, Pâques, temps ordinaire), Propre des Saints (Proprium Sanctorum, fêtes des saints inscrits au calendrier romain), Commun des Saints (Commune Sanctorum, formulaires types par catégorie : martyrs, confesseurs, vierges), et messes votives. Le Propre confère à chaque dimanche et à chaque fête sa physionomie spirituelle propre : on parle ainsi du « propre du dimanche de la Septuagésime » ou du « propre de la fête du Sacré-Cœur ». La distinction Propre/Ordinaire structure aussi les livres liturgiques : le Graduale Romanum est divisé entre proprium et kyriale (recueil de l'ordinaire). Cette articulation, fixée définitivement par le pape Pie V dans le Missel de 1570, demeure le principe d'organisation du Missel romain de 2002. Les éditions du Missel romain distinguent typographiquement le Propre (paginé en chiffres arabes au cœur du livre) de l'Ordinaire (paginé en chiffres romains et placé en début de volume, accessible par un signet). Cette articulation pratique permet au célébrant de combiner aisément l'invariable et le variable. Le Graduel romain, pour sa part, place le proprium au centre et le kyriale en annexe, marquant ainsi la primauté liturgique du Propre sur l'Ordinaire.
Exemple liturgique
Le Propre du dimanche Cantate (quatrième dimanche après Pâques) comprend l'introit Cantate Domino canticum novum (Ps 97), l'alléluia Cantate Domino, l'offertoire Iubilate Deo et la communion Cantate Domino, toutes pièces propres à ce dimanche et inutilisables un autre jour.
Commentaire
La distinction Propre/Ordinaire est l'épine dorsale de la liturgie romaine : elle articule la varietas du calendrier (Propre) avec la stabilitas de la prière eucharistique (Ordinaire). Le Propre confère à chaque dimanche, à chaque fête, à chaque mémoire de saint sa physionomie spirituelle propre : on parle ainsi du « propre du dimanche Cantate », du « propre de la fête de la Toussaint », ou du « propre commun des martyrs ». Les sacramentaires médiévaux, Léonien (VIᵉ s.), Gélasien ancien (VIIᵉ s.), Grégorien Hadrianum (VIIIᵉ s.), sont les premiers témoins écrits de cette structure proprial.
Le Propre se subdivise en trois grands ensembles : le Proprium de Tempore (Avent, Noël-Épiphanie, Carême, Pâques-Pentecôte, temps ordinaire), qui suit le cycle annuel des mystères du Christ ; le Proprium Sanctorum, qui regroupe les fêtes des saints inscrits au calendrier romain selon leur dies natalis (date de mort) ; et le Commune Sanctorum, formulaires types par catégorie hagiographique (martyrs, confesseurs pontifes ou non pontifes, docteurs, vierges, saintes femmes). À cela s'ajoutent les messes votives et les messes rituelles. Le Concile de Trente, dans le Missel de saint Pie V (1570), a fixé définitivement cette architecture héritée des sacramentaires carolingiens.
La réforme conciliaire de 1970 a maintenu la distinction Propre/Ordinaire mais a remanié le sanctoral, élargi le lectionnaire (cycle de trois ans pour les dimanches : A, B, C), et introduit des préfaces propres pour de nombreuses fêtes. Le Missel romain de 2002 demeure la référence en vigueur.
« L'Église, Mère pleine de sagesse, a déployé dans son cycle annuel la totalité du mystère du Christ ; et chaque dimanche, chaque fête, possède son propre formulaire qui en illumine un aspect. », Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, §102.
Voir aussi
Pour approfondir la compréhension du terme Propre, consulter les entrées suivantes du lexique liturgique :
- Ordinaire, entrée du lexique liturgique.
- Introit, entrée du lexique liturgique.
- Graduel, entrée du lexique liturgique.
- Antienne, entrée du lexique liturgique.
- Séquence, entrée du lexique liturgique.
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Questions fréquentes, Propre
Qu'est-ce qui distingue le Propre de l'Ordinaire ?
Le Propre rassemble les pièces variables qui changent selon le jour liturgique (introit, graduel, oraisons, lectures). L'Ordinaire désigne les cinq pièces invariables chantées par les fidèles ou la schola : Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus-Benedictus, Agnus Dei.
Combien y a-t-il de pièces dans le Propre d'une messe dominicale ?
Une messe dominicale comporte typiquement six pièces de chant propres (introit, graduel, alléluia, offertoire, communion, et parfois séquence) plus trois oraisons (collecte, prière sur les offrandes, postcommunion) et les trois lectures (lectionnaire dominical à trois ans dans la forme ordinaire).
Le Propre des Saints, qu'est-ce que c'est ?
Le Proprium Sanctorum est la partie du Missel et du Bréviaire qui contient les formulaires liturgiques propres aux fêtes des saints inscrits au calendrier romain général. Il est complété par le Commune Sanctorum, qui fournit des formulaires types par catégorie de saints (martyrs, vierges, docteurs, etc.).
Références et pour aller plus loin
- Missale Romanum, editio typica tertia, Vatican, 2002 (proprium de tempore et sanctorum)
- Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique, 15 vol., Solesmes, 1841-1866
- Graduale Romanum, Solesmes, 1974 (Proprium Missae)
- Missale Romanum, editio typica tertia, Vatican, 2002 (proprium de tempore et sanctorum).
- Pierre Jounel, « La structure de l'année liturgique », dans L'Église en prière (dir. A. G. Martimort), t. IV, Desclée, 1983.
- Mario Righetti, Manuale di storia liturgica, Milan, Àncora, 1969, t. II : « L'anno liturgico ».