Les Templiers : 200 ans d'ordre militaire et religieux (1118-1314)

Nés dans la fournaise du royaume latin de Jérusalem au lendemain de la première croisade, les chevaliers du Temple incarnent pendant deux siècles une invention sans précédent dans l'histoire de la chrétienté médiévale : la fusion paradoxale du moine et du soldat, du contemplatif et du combattant. De la fondation modeste d'Hugues de Payns en 1118, avec une poignée de compagnons voués à la protection des pèlerins sur les routes de Terre sainte, à l'effondrement spectaculaire orchestré par Philippe le Bel et consommé par le bûcher de Jacques de Molay le 18 mars 1314, l'ordre du Temple traverse l'apogée militaire des États latins, invente sur les ruines de l'économie carolingienne les premières formes du capitalisme financier européen, et succombe enfin à la conjonction d'une dette royale colossale et d'une raison d'État sans pitié. Cette enquête, fondée sur les sources contemporaines, chroniqueurs comme Geoffroy de Paris ou Guillaume de Nangis, actes du procès édités par Michelet, travaux d'Alain Demurger et de Malcolm Barber, restitue la trajectoire d'un ordre dont la légende n'a cessé, depuis sept siècles, de recouvrir l'histoire.

Hugues de Payns et la naissance de l'ordre (1118-1129)

L'année 1118 est, pour le royaume latin de Jérusalem fondé dix-neuf ans plus tôt par les armées de la première croisade, une année charnière. Le roi Baudouin Ier meurt le 2 avril près d'El-Arîch, son cousin Baudouin II du Bourg lui succède, et la jeune principauté chrétienne, exsangue et minée par les raids sarrasins, peine à garantir la sécurité des routes que les pèlerins occidentaux empruntent depuis Jaffa pour gagner les Lieux saints. C'est dans ce contexte qu'un chevalier champenois, Hugues de Payns, originaire d'un fief modeste situé à quelques lieues de Troyes, se présente devant Baudouin II avec huit compagnons, parmi lesquels Godefroy de Saint-Omer, Payen de Montdidier, Archambaud de Saint-Aignan, André de Montbard (oncle maternel de Bernard de Clairvaux), et propose au roi de mettre son épée au service de la chrétienté assiégée.

Le geste fondateur tient en peu de mots, mais il bouleverse les catégories de la pensée médiévale. Ces neuf chevaliers prononcent les trois vœux monastiques classiques de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, mais y adjoignent un quatrième vœu, proprement révolutionnaire : celui de combattre les païens et de protéger les pèlerins. Le moine, jusqu'alors confiné par la tradition bénédictine au triple programme de la prière, du travail manuel et de la lecture sacrée, devient soldat ; le chevalier, dont la profession laïque était jugée par l'Église incompatible avec la perfection évangélique depuis Augustin, accède à un statut religieux. La synthèse paraît si audacieuse qu'elle suscite, dans les premières années, autant de scepticisme que d'enthousiasme. Baudouin II, néanmoins, accueille favorablement la proposition et installe la modeste compagnie dans une aile de son palais, l'ancienne mosquée al-Aqsa bâtie sur l'esplanade que les Latins identifient au temple de Salomon : de cette localisation viendra le nom, pauperes commilitones Christi templique Salomonici, « pauvres chevaliers du Christ et du temple de Salomon », bientôt abrégé en Templiers.

Pendant près d'une décennie, l'embryon d'ordre demeure obscur, peu nombreux, démuni, le sceau primitif, qui représente deux chevaliers chevauchant un même destrier, illustre cette pauvreté originelle. Tout change avec le voyage de 1127 : Hugues de Payns, accompagné de cinq frères, regagne l'Occident pour solliciter une reconnaissance canonique et lever des recrues. Il est reçu par Bernard de Clairvaux, abbé cistercien dont l'influence sur la papauté est alors immense, et obtient sa caution intellectuelle et théologique. Le 13 janvier 1129 s'ouvre à Troyes, sous la présidence du légat pontifical Mathieu d'Albano, un concile où la jeune milice obtient sa Règle, rédigée pour l'essentiel sous la dictée de Bernard et calquée sur l'observance bénédictine adaptée aux nécessités de la vie militaire : 72 articles latins, complétés ultérieurement par les Retraits et les Statuts hiérarchiques en français, qui forment le corpus normatif de l'ordre.

Bernard achève la légitimation théologique en composant, vers 1130, le traité De laude novae militiae, « Éloge de la nouvelle chevalerie », dont la postérité doctrinale est immense : il y oppose la militia, militaire au sens noble du terme, à la malitia, jeu de mots cinglant, qui caractérise selon lui la chevalerie séculière vouée à la vanité et à l'effusion fratricide du sang chrétien. Le Templier, en versant le sang du païen, ne commet pas un homicide mais un malicide, destruction du mal : la formule, scandaleuse aux oreilles modernes, fonde la guerre sainte sur une argumentation augustinienne renouvelée. À partir de 1130, recrues et donations affluent ; en quinze ans, l'ordre s'implante dans toutes les provinces de la chrétienté latine.

L'apogée militaire en Terre sainte (XIIe-XIIIe siècles)

Le rôle militaire des Templiers dans la défense des États latins d'Orient ne cesse de croître pendant tout le XIIe siècle, à mesure que la fragilité démographique des principautés chrétiennes, quelques milliers de chevaliers face à des sultanats peuplés de millions d'âmes, rend indispensable l'apport d'une force permanente, disciplinée, professionnelle, recrutée et entretenue par l'Occident. Les chroniqueurs francs et arabes s'accordent sur un point : les frères du Temple, comme leurs rivaux et frères d'armes hospitaliers, constituent l'élite combattante du royaume. Saladin lui-même reconnaît leur valeur en ordonnant, après la victoire de Hattîn (4 juillet 1187), l'exécution de tous les Templiers et Hospitaliers capturés : il les juge trop dangereux pour être épargnés ou rançonnés.

La bataille de Hattîn, précisément, marque la première grande catastrophe. Le grand maître Gérard de Ridefort, dont les sources contemporaines stigmatisent l'imprudence orgueilleuse, pousse le roi Guy de Lusignan à engager l'armée du royaume sur le plateau aride qui domine le lac de Tibériade : privée d'eau, écrasée par la chaleur, l'ost franc est anéantie. Jérusalem tombe le 2 octobre suivant. Trois ans plus tard, la troisième croisade conduite par Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste reprend Saint-Jean-d'Acre (12 juillet 1191), qui devient la nouvelle capitale d'un royaume amputé, réduit à une étroite bande littorale.

L'ordre du Temple consacre alors l'essentiel de ses ressources à la construction et à la garde d'un réseau de forteresses dont les vestiges, encore aujourd'hui, attestent la puissance technique et financière. Si le Krak des Chevaliers appartient en propre aux Hospitaliers, les Templiers tiennent Athlit (Château-Pèlerin), érigé en 1218 sur la côte au sud d'Haïfa, citadelle imprenable qui sera la dernière place franche évacuée en 1291 ; Tortose (Tartous, en Syrie), Safed rebâtie en 1240 par Benoît d'Alignan, Beaufort, Gastein, Baghras dans le comté d'Antioche. Ces forteresses ne sont pas de simples ouvrages défensifs : ce sont des centres administratifs, des entrepôts, des banques, des hôtelleries pour les pèlerins.

Les batailles ponctuent ce demi-siècle d'agonie lente. À La Forbie, le 17 octobre 1244, l'armée chrétienne alliée à des émirs syriens est écrasée par les Égyptiens et leurs auxiliaires khwarezmiens : trois cents Templiers et autant d'Hospitaliers périssent, le grand maître Armand de Périgord est tué ou capturé. Le roi de France Saint Louis IX, bouleversé par cette nouvelle, lance la septième croisade qui s'achève par le désastre de Mansourah (1250) ; les Templiers paient le prix du sang en première ligne. Quarante ans plus tard, l'ordre joue son dernier acte en Terre sainte : la chute de Saint-Jean-d'Acre, le 18 mai 1291, sous l'assaut du sultan mamelouk al-Ashraf Khalîl. Le grand maître Guillaume de Beaujeu tombe sur les remparts d'une flèche dans l'aisselle, prononçant, selon le Templier de Tyr, la formule fameuse : « Seigneurs, je n'en puis plus ; voyez le coup. » Les derniers défenseurs se replient dans la tour du Temple qui s'effondre sur les assaillants. Athlit et Tortose, abandonnées peu après, ferment l'aventure orientale. L'ordre se replie sur Chypre, où Jacques de Molay s'efforce, en vain, de préparer une reconquête.

L'organisation : ordre militaire ET ordre religieux

Manuscrit ou sceau medieval representant les chevaliers du Temple, ordre militaire fonde en 1119 a Jerusalem.
Iconographie templiere illustrant l'ordre du Temple, fonde en 1119 a Jerusalem et dissous en 1312 par Philippe le Bel. Photo Unknown Author, Public domain, via Wikimedia Commons.

Comprendre les Templiers exige de tenir ensemble les deux dimensions, indissociables, d'un ordre dont la nature hybride n'a pas d'équivalent antérieur. La hiérarchie interne, fixée par la Règle latine de 1129 et précisée par les Retraits français du XIIIe siècle, distingue plusieurs catégories de membres aux statuts strictement séparés. Les frères chevaliers, recrutés exclusivement parmi la noblesse, il faut prouver son extraction chevaleresque depuis quatre quartiers, condition rappelée par les statuts, portent le manteau blanc orné de la croix pattée rouge octroyée par le pape Eugène III en 1147. Les frères sergents, issus de la roture, combattent en manteau noir ou brun ; ils forment l'essentiel des forces sur le terrain. Les frères chapelains, prêtres incardinés à l'ordre depuis la bulle Omne datum optimum d'Innocent II (1139), assurent les offices liturgiques et la confession des frères, soustrayant ainsi le Temple à la juridiction des évêques diocésains, privilège qui suscitera, on le verra, des rancœurs durables.

S'ajoutent les frères de métier (forgerons, cordonniers, palefreniers), les confrères et donats associés temporairement à l'ordre par des dons, et les esclaves musulmans capturés en Orient, dont la Règle réglemente l'usage. Au sommet, le grand maître, élu à vie par un collège de treize électeurs représentant les différentes provinces et les divers grades, gouverne avec l'assistance du chapitre général, du sénéchal (son adjoint), du maréchal (chef militaire), du commandeur du royaume de Jérusalem (trésorier en chef) et du drapier (intendant des manteaux).

La géographie administrative démultiplie cette structure pyramidale. Les commanderies, unités élémentaires de quelques frères dirigées par un précepteur, se regroupent en baillies, puis en provinces coiffées par un maître provincial, France, Angleterre, Aragon, Portugal, Castille, Allemagne, Hongrie, Pouille, Sicile, et bien sûr Orient. Les chapitres provinciaux, tenus annuellement, contrôlent les comptes, jugent les manquements à la Règle, élisent les délégués au chapitre général. La discipline interne, d'une rigueur monastique inflexible, prévoit des peines graduées : perte de l'habit, expulsion temporaire, expulsion définitive. La fuite devant l'ennemi, l'hérésie, la sodomie, la simonie figurent parmi les fautes capitales, détail qui pèsera lourd lors du procès. Cette organisation, sans équivalent contemporain par sa précision et son extension géographique, fait de l'ordre du Temple, dès le milieu du XIIe siècle, l'institution la mieux administrée de la chrétienté latine après la papauté.

L'invention de la finance moderne européenne

De la nécessité naît l'invention. À mesure que l'ordre s'étend, que ses domaines se multiplient, qu'il faut acheminer des hommes, des chevaux, des armes, des vivres et de l'argent depuis les commanderies occidentales jusqu'aux forteresses orientales, le Temple se trouve, sans l'avoir prémédité, à la tête du premier réseau financier transcontinental du Moyen Âge. Le maillage est dense, les estimations modernes, à la suite des travaux d'Alain Demurger et de Léon Ménard, situent autour de 9 000 commanderies, maisons et établissements dans toute l'Europe latine au début du XIVe siècle, dont près de 700 sur le seul royaume de France, et chaque maison fonctionne à la fois comme exploitation agricole, hôtellerie, garnison, agence bancaire.

L'innovation cardinale est la lettre de change, ou plutôt la lettre de paiement tempori. Un pèlerin partant pour la Terre sainte dépose une somme à la commanderie de Paris ; il reçoit en échange un parchemin scellé, indéchiffrable pour qui ne possède pas la clef, qu'il présentera à son arrivée à la commanderie d'Acre où on lui versera la contrevaleur, déduction faite des frais. La technique, attestée dès les années 1150, dispense le voyageur du transport périlleux d'espèces sonnantes ; elle suppose, en amont, une comptabilité rigoureuse, des correspondances régulières entre maisons éloignées de plusieurs milliers de kilomètres, une confiance mutuelle entre frères. Le Temple, sans le savoir, met en place les premières structures de ce que Fernand Braudel appellera l'économie-monde européenne.

Aux dépôts de pèlerins s'ajoutent rapidement les dépôts royaux. Philippe Auguste, dès la troisième croisade, confie au Temple la garde et la gestion partielle du Trésor royal. Sous Louis IX, le maître du Temple à Paris devient de fait le ministre des finances du royaume : c'est lui qui encaisse les recettes fiscales, paie les officiers, finance les croisades. Lorsque le saint roi est capturé en Égypte (1250), c'est le Temple d'Acre qui avance la rançon prodigieuse de 400 000 livres tournois, déposée par le commandeur Étienne d'Otricourt après quelque résistance, épisode rapporté avec saveur par Joinville. Sous Philippe IV le Bel, malgré les transferts opérés en 1295 vers le Louvre, le Temple de Paris demeure une banque d'État active : on y emprunte, on y dépose, on y règle.

Mais le rayonnement bancaire dépasse de loin le service royal. Marchands italiens, prélats, abbayes, princes confient leurs trésors aux commanderies templières. Les frères pratiquent l'avance sur récolte, le prêt gagé sur des bijoux ou des terres, la rente viagère, et, par d'ingénieuses fictions juridiques destinées à contourner l'interdit canonique de l'usure, perçoivent un intérêt réel sur les sommes prêtées, qualifié pudiquement de « dédommagement » ou de « peine conventionnelle ». Le grand livre comptable du Temple de Paris pour l'année 1295-1296, partiellement conservé, offre au médiéviste un document d'une modernité saisissante : colonnes débit-crédit, soldes mensuels, références croisées entre maisons. Le Temple n'a pas inventé la banque ; mais en lui donnant pour la première fois une dimension réticulaire, codifiée, administrative, il a posé les fondations sur lesquelles bâtiront, après lui, les Bardi, les Peruzzi, les Médicis. C'est précisément cette puissance financière, cumulée à une autonomie juridique totale et à des privilèges fiscaux exorbitants, qui suscitera la convoitise meurtrière du roi de France.

Les Templiers en France : 700 commanderies

Le royaume de France est, avec l'Angleterre et la péninsule Ibérique, l'une des trois grandes terres de recrutement et de richesse de l'ordre. Le Temple de Paris, situé hors les murs au nord-est de la cité, dans le quartier marécageux qui prendra son nom de Marais, constitue le siège de la province de France et le cœur financier de l'ordre tout entier. La grosse Tour du Temple, achevée vers 1240, dominait de ses cinquante mètres la plaine ; elle abritait les coffres du Trésor, les archives, le donjon résidentiel des frères. C'est dans cette enceinte, démantelée par étapes après la Révolution, après que Louis XVI et sa famille y eurent été emprisonnés en 1792, que se jouera, on le verra, le dernier acte du procès.

Hors la capitale, le maillage français est dense et patrimonial. Les commanderies du Larzac, dont Sainte-Eulalie-de-Cernon demeure aujourd'hui l'exemple le mieux conservé, formaient un réseau d'élevage ovin de premier plan, articulé autour de places fortes reliées entre elles à une journée de cheval, La Cavalerie, Saint-Jean-d'Alcas, La Couvertoirade. En Provence, les commanderies de Roaix, Richerenches (siège de l'une des plus anciennes implantations templières en Occident, dotée dès 1136), Saint-Gilles produisaient vins, blés et olives. Le Languedoc, l'Aquitaine, le Poitou, la Bretagne, avec sa commanderie maritime du Temple de Carentoir, la Champagne natale des fondateurs, la Bourgogne couvraient le territoire d'un dense réseau exploité avec une efficacité qui faisait l'admiration des contemporains. Cette densité même, paradoxalement, constituera l'atout du roi de France : c'est parce que tous les Templiers du royaume étaient localisés, dénombrés, joignables, qu'une opération d'arrestation simultanée put être conçue et exécutée.

L'arrestation du 13 octobre 1307

L'opération du vendredi 13 octobre 1307, origine, selon une tradition dont on a parfois exagéré l'ancienneté, de la superstition occidentale liée à cette date, constitue, par son ampleur, sa simultanéité, son secret, le premier coup de filet policier d'envergure étatique de l'histoire européenne. Préparée par le garde des Sceaux Guillaume de Nogaret, juriste implacable déjà responsable de l'attentat d'Anagni contre Boniface VIII (1303), elle mobilise des milliers de sergents royaux à qui des plis cachetés, à n'ouvrir qu'au matin du 13 octobre, transmettent les ordres détaillés : se présenter à la commanderie templière de leur ressort, arrêter tous les frères présents, saisir les biens, les archives, dresser inventaire.

Les motifs de Philippe le Bel relèvent d'un faisceau convergent que l'historiographie moderne, depuis les travaux pionniers de Joseph Bédier et plus encore ceux de Jules Michelet et, récemment, de Barbara Frale, sait démêler. La dette royale envers le Temple, considérable depuis les guerres de Flandre et la dévaluation monétaire de 1303-1306, pesait lourd sur les finances du royaume. La jalousie politique à l'égard d'un ordre soustrait à toute juridiction royale, exempt d'impôts, propriétaire d'enclaves territoriales que le pouvoir capétien peinait à contrôler, exaspérait depuis longtemps les légistes. L'opportunité financière, enfin : confisquer les biens du Temple, c'était mettre la main sur l'un des plus vastes patrimoines fonciers du royaume, et accessoirement éteindre la dette par la disparition du créancier. La foi politique d'un roi qui se voulait rex christianissimus, gardien de l'orthodoxie, achevait de cimenter la résolution.

Les accusations portées contre l'ordre, élaborées par la chancellerie sur la base des dénonciations recueillies depuis 1305, celles d'un certain Esquieu de Floyran, ancien Templier renvoyé pour faute grave, étaient au nombre de cent vingt-sept articles, dont les principaux peuvent se résumer en quelques chefs : reniement du Christ et de la croix lors de la cérémonie d'admission ; idolâtrie envers une mystérieuse tête barbue, parfois nommée Baphomet, déformation probable de Mahomet, témoignant de l'imaginaire occidental sur l'islam plus que d'une réalité templière ; baisers obscènes échangés entre frères ; pratique de la sodomie érigée en obligation ; simonie dans l'admission ; profanation de la messe par les chapelains qui omettaient les paroles de la consécration.

L'instruction, confiée à l'inquisition royale plus qu'au Saint-Office, s'appuya sur la torture, l'estrapade, les brodequins, le feu sous les pieds, pour extorquer des aveux. Plus de cent trente Templiers parisiens, dont le grand maître Jacques de Molay lui-même, avouèrent dans les jours suivant l'arrestation tout ou partie des griefs. Ces aveux, souvent accompagnés d'incohérences flagrantes, chacun confessait selon les rumeurs locales, perdent toute valeur probante aux yeux de l'historien moderne : Demurger a montré qu'ils suivent fidèlement le canevas suggéré par les questions des inquisiteurs, sans révéler aucun détail authentique. En 1310, lorsque la commission pontificale tentera d'entendre les frères sans pression royale, plus de cinq cents se rétracteront publiquement, déclarant l'ordre innocent, geste qui leur vaudra, le 12 mai 1310, le bûcher : cinquante-quatre frères périrent ce jour-là dans un champ près de Saint-Antoine-des-Champs, hors les murs de Paris, sur ordre de l'archevêque de Sens Philippe de Marigny, frère du ministre.

Le procès et la dissolution (1307-1314)

Eglise ou commanderie templiere conservee en France, vestige de l'implantation rurale de l'ordre du Temple.
Vestige architectural templier en France, illustrant le maillage des commanderies rurales de l'ordre du Temple. Photo Dunpharlain, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Le procès des Templiers, qui s'étire sur sept années, oppose en réalité deux instances et deux logiques. La procédure royale française, expéditive, fondée sur la torture et les aveux, vise la condamnation pour hérésie afin de justifier la confiscation. La procédure pontificale, ouverte plus tardivement, hésitante, animée par un pape Clément V, Bertrand de Got, Gascon, ancien archevêque de Bordeaux, élu en 1305 et résidant à Avignon, déchiré entre sa fidélité au Saint-Siège, sa dépendance politique à l'égard de Philippe le Bel et son scepticisme personnel sur les charges, cherche d'abord à examiner les faits, puis à sauver ce qui peut l'être de l'institution.

Clément V tente, par la bulle Pastoralis praeeminentiae du 22 novembre 1307, de reprendre la main : il ordonne à tous les souverains chrétiens d'arrêter les Templiers de leurs États et de les remettre à la justice pontificale, manière subtile de placer la procédure sous contrôle ecclésiastique. La manœuvre ne convainc pas pleinement le roi de France, mais elle entraîne, dans le reste de l'Europe, des procès qui aboutissent partout, sauf en France et en Italie pontificale, à des verdicts d'innocence ou de simples blâmes : en Angleterre, en Aragon, à Chypre, au Portugal, dans l'Empire, les Templiers sont absous, ou condamnés à de simples pénitences, et nombre d'entre eux passent à l'ordre des Hospitaliers, voire, au Portugal, sous Denis Ier, fondent l'Ordre du Christ qui hérite des biens et des hommes. Cette divergence judiciaire entre la France et le reste de la chrétienté constitue, pour l'historien, l'argument le plus solide en faveur de l'innocence collective de l'ordre.

Le concile de Vienne en Dauphiné, ouvert en octobre 1311, devait trancher canoniquement. Clément V y arrive contraint et forcé par Philippe le Bel, qui se déplace en personne au printemps 1312 avec une escorte impressionnante. Les Pères conciliaires, dans leur grande majorité, refusent de condamner l'ordre de jure faute de preuves convaincantes. Le pape, acculé, choisit la voie médiane : par la bulle Vox in excelso du 22 mars 1312, il prononce la dissolution non par condamnation judiciaire mais par provision apostolique, mesure administrative discrétionnaire ne préjugeant pas de la culpabilité. La nuance, technique mais capitale, sauve la lettre du droit canonique au prix de l'institution. Les biens sont attribués, par la bulle Ad providam du 2 mai 1312, à l'ordre des Hospitaliers, sauf dans la péninsule Ibérique où ils nourriront des ordres nationaux nouveaux.

Restent les dignitaires emprisonnés depuis 1307. Le 18 mars 1314, sept ans presque jour pour jour après l'arrestation, un échafaud est dressé sur l'île aux Juifs, îlot aujourd'hui rattaché au square du Vert-Galant, à la pointe ouest de l'île de la Cité, face au parvis de Notre-Dame de Paris. Quatre dignitaires comparaissent devant la commission cardinalice présidée par l'archevêque de Sens : Jacques de Molay, grand maître ; Geoffroy de Charnay, précepteur de Normandie ; Hugues de Pairaud, visiteur de France ; Geoffroy de Gonneville, précepteur d'Aquitaine. Les deux derniers acceptent la sentence de prison perpétuelle. Mais Molay et Charnay, rompant publiquement avec leurs aveux antérieurs, proclament à haute voix l'innocence de l'ordre et la fausseté des accusations. La rétractation publique, devant la foule rassemblée sur le parvis, équivaut juridiquement à la rechute hérétique : la sanction est immédiate. Le soir même, circa horam vesperarum, écrit Geoffroy de Paris dans sa Chronique métrique, les deux hommes sont conduits sur l'île aux Juifs et brûlés à petit feu. Geoffroy ajoute, témoin oculaire : « Ils s'en allèrent à la mort si doucement et constamment que tous ceux qui les voyaient en avaient grande admiration et merveille. » Ainsi s'éteint, dans les flammes d'un crépuscule de carême, deux siècles d'histoire templière.

La « malédiction » des Templiers : mythe et réalité

La postérité a transformé la mort de Jacques de Molay en scène fondatrice d'une légende sombre dont la fortune littéraire ne s'est jamais démentie. La version la plus célèbre, popularisée au XXe siècle par Maurice Druon dans Les Rois maudits (1955-1977), veut que le grand maître, des flammes mêmes du bûcher, ait cité son juge et son bourreau au tribunal divin avant un an : « Pape Clément, chevalier Guillaume, roi Philippe, je vous appelle au tribunal de Dieu avant qu'il soit un an pour y recevoir votre juste jugement ! Maudits, maudits, vous serez tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races ! »

La coïncidence factuelle est troublante. Clément V meurt le 20 avril 1314, un mois jour pour jour après le bûcher, d'une dysenterie aiguë à Roquemaure. Guillaume de Nogaret était mort dès 1313, mais Philippe le Bel, le « roi de fer », meurt à son tour le 29 novembre 1314, à Fontainebleau, des suites d'un accident de chasse mal soigné, peut-être d'un accident vasculaire cérébral. Trois des principaux acteurs disparaissent en l'espace de huit mois. La symétrie est si frappante qu'elle a nourri, dès le XIVe siècle, l'imagination populaire.

L'historien doit pourtant déconstruire la légende. Geoffroy de Paris, contemporain immédiat et témoin du bûcher, dont la Chronique métrique consacre près de cent vers à l'événement, ne souffle mot d'aucune malédiction. Guillaume de Nangis, continué après sa mort par les moines de Saint-Denis, n'en parle pas davantage. Les chroniqueurs italiens contemporains, Villani, Ferreto de Ferreto, ignorent le motif. Il faut attendre le De casibus virorum illustrium de Boccace, soit plus de quarante ans après les faits, pour voir apparaître la première mention d'une parole prophétique de Molay, et plus tardivement encore, dans la chronique de Ferreto de Vicence, la formulation d'une malédiction. La construction littéraire de l'« appel » est donc postérieure et reflète l'imaginaire d'une chrétienté médiévale prompte à lire les morts princières à la lumière du jugement divin. La maladie de Clément V, la chute de cheval de Philippe, événements ordinaires de la condition mortelle, ont été rétrospectivement enrôlés dans une narration providentielle. La « malédiction » de Molay n'appartient pas à l'histoire mais à la mémoire ; ce qui n'enlève rien à sa puissance d'évocation, mais nous oblige à la situer pour ce qu'elle est : un mythe.

Postérité : franc-maçonnerie, théories, Néotempliers

L'extinction officielle de l'ordre en 1312 n'a pas suffi à le faire disparaître des imaginaires. Pendant trois siècles, le Temple subsiste comme souvenir patrimonial, forteresses, commanderies, manoirs ruraux dispersés, sans descendance institutionnelle. C'est au XVIIIe siècle que se forge la grande filiation imaginaire avec la franc-maçonnerie écossaise. En 1737, le chevalier Andrew Michael Ramsay, jacobite écossais réfugié en France, prononce devant la loge parisienne du Louis d'Argent un Discours qui fait remonter l'origine de la maçonnerie aux croisades et aux ordres militaires médiévaux. La théorie, dépourvue de tout fondement documentaire, aucun lien institutionnel ne relie le Temple dissous aux loges maçonniques nées en Angleterre vers 1717, connaît un succès considérable et engendre tout un système de hauts grades dits « écossais » qui se réclament symboliquement de l'héritage templier.

Dans le sillage du romantisme et de l'occultisme du XIXe siècle, prolifèrent les ordres néotempliers, depuis l'éphémère « Ordre du Temple » de Bernard-Raymond Fabré-Palaprat (1804), qui prétendait posséder une charte de transmission du grand maître Larmenius datée de 1324, document apocryphe démasqué dès le XIXe siècle, jusqu'aux multiples obédiences contemporaines, parfois respectables, parfois sectaires (la tragédie du Temple solaire en 1994-1995 a illustré les dérives possibles). Aucune n'a la moindre filiation historique avérée avec l'ordre médiéval.

Le patrimoine matériel, lui, a souffert. Le Temple de Paris, transformé en prison sous la Révolution, Louis XVI y fut détenu de l'été 1792 à son exécution en janvier 1793, son fils Louis XVII y mourut en 1795, fut démantelé sous Napoléon en 1808 puis arasé en 1853 sous Haussmann ; seul subsiste le souvenir toponymique du quartier du Temple et de son square. En revanche, les forteresses syriennes et libanaises, en partie ruinées, demeurent visitables (Athlit, Tortose, Safed) ; en France, Sainte-Eulalie-de-Cernon sur le Larzac, classée monument historique, offre l'un des plus beaux ensembles de commanderie templière conservés d'Europe, témoignage tangible, par-delà les flammes du 18 mars 1314, qu'une institution majeure du Moyen Âge a réellement existé, dont les pierres défient encore le temps.

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Questions fréquentes

Quand l'ordre du Temple a-t-il été fondé ?

L'ordre est fondé en 1118 à Jérusalem par le chevalier champenois Hugues de Payns et huit compagnons, sous le patronage du roi Baudouin II. Sa Règle est officiellement adoptée onze ans plus tard, au concile de Troyes (1129), sous l'inspiration de Bernard de Clairvaux.

Pourquoi les appelle-t-on « Templiers » ?

Parce que Baudouin II installa la jeune communauté dans une aile de son palais correspondant à l'ancienne mosquée al-Aqsa, identifiée par les Latins au temple de Salomon. Le nom officiel est pauperes commilitones Christi templique Salomonici, « pauvres chevaliers du Christ et du temple de Salomon ».

Combien y a-t-il eu de grands maîtres ?

L'ordre a compté 23 grands maîtres successifs entre 1118 et 1314, depuis Hugues de Payns jusqu'à Jacques de Molay, élu en 1292 sur Chypre et brûlé à Paris le 18 mars 1314.

Pourquoi Philippe le Bel a-t-il fait arrêter les Templiers ?

Les motivations sont multiples : une dette royale considérable envers l'ordre, la convoitise d'un patrimoine immense, l'agacement à l'égard d'une institution autonome soustraite à la justice royale, et l'usage politique d'un argument religieux. La piste de la conviction sincère du roi sur la culpabilité hérétique du Temple n'est pas exclue, mais elle se conjugue à la raison d'État.

Qu'est devenu le trésor des Templiers ?

Il n'y a jamais eu de « trésor caché » au sens légendaire du terme. Les biens fonciers, mobiliers et financiers de l'ordre furent inventoriés dès le 13 octobre 1307 par les sergents royaux, puis transférés en 1312 à l'ordre des Hospitaliers par la bulle Ad providam, sauf dans la péninsule Ibérique. La couronne de France conserva une partie significative au titre des « frais de garde ».

Le bûcher de Jacques de Molay a-t-il vraiment eu lieu devant Notre-Dame ?

Oui. Selon le témoignage de Geoffroy de Paris, contemporain et probable témoin oculaire, le bûcher fut dressé le 18 mars 1314 sur l'île aux Juifs, petit îlot situé à la pointe ouest de l'île de la Cité, en face du parvis de la cathédrale Notre-Dame. L'îlot est aujourd'hui rattaché au square du Vert-Galant.

La malédiction de Molay a-t-elle vraiment été prononcée ?

Non. Les sources contemporaines (Geoffroy de Paris, Guillaume de Nangis) ne mentionnent aucune malédiction. La formule célèbre est une construction littéraire postérieure, attestée seulement à partir du XIVe siècle tardif et popularisée par Maurice Druon au XXe siècle. La coïncidence des morts de Clément V (avril 1314) et de Philippe le Bel (novembre 1314) est réelle, mais relève du hasard biologique, non d'une prophétie.

Quel lien entre les Templiers et la franc-maçonnerie ?

Aucun lien institutionnel historique. La filiation est une construction symbolique du XVIIIe siècle, théorisée par Andrew Michael Ramsay en 1737. La maçonnerie spéculative naît en Angleterre vers 1717, plus de quatre siècles après la dissolution du Temple, sans transmission documentaire avérée.

Questions fréquentes

Quand l'Ordre du Temple a-t-il été fondé ?

L'Ordre du Temple est fondé en 1118 à Jérusalem par le chevalier champenois Hugues de Payns et huit compagnons, sous le patronage du roi Baudouin II. Sa Règle latine est officiellement adoptée onze ans plus tard, au concile de Troyes en janvier 1129, sous l'inspiration directe de Bernard de Clairvaux.

Quelle était la mission première des Templiers ?

Protéger les pèlerins chrétiens sur les routes menant aux Lieux saints, en particulier entre Jaffa et Jérusalem. Cette vocation s'élargit rapidement à la défense militaire des États latins d'Orient face aux puissances musulmanes voisines, ainsi qu'à l'administration d'un vaste patrimoine foncier européen.

Comment l'Ordre du Temple était-il organisé ?

Hiérarchie tripartite : chevaliers de naissance noble portant le manteau blanc à croix rouge, sergents d'origine roturière vêtus de brun, et chapelains assurant la liturgie. À leur tête, le grand maître élu à vie résidait à Jérusalem puis à Acre. Le territoire européen était divisé en provinces, elles-mêmes subdivisées en commanderies.

D'où venait la richesse des Templiers ?

De trois sources principales : donations pieuses massives en terres et revenus fonciers à travers toute la chrétienté latine, exploitation rationnelle d'un réseau de plusieurs milliers de commanderies agricoles, et activités financières inédites, dépôts sécurisés, lettres de change permettant de transférer des fonds entre Orient et Occident, prêts aux souverains et au papat.

Pourquoi Philippe le Bel a-t-il fait arrêter les Templiers ?

Pour des motivations multiples et imbriquées : dette royale considérable contractée auprès du Temple, convoitise du patrimoine, volonté d'éliminer une institution autonome échappant à la juridiction royale, et instrumentalisation politique d'accusations religieuses (idolâtrie, sodomie, reniement du Christ) pour contourner le pouvoir pontifical.

Comment l'ordre a-t-il été dissous ?

Par la bulle Vox in excelso promulguée par le pape Clément V le 22 mars 1312 lors du concile de Vienne, qui supprime l'ordre sans le condamner formellement. La bulle Ad providam du 2 mai 1312 transfère ensuite l'essentiel des biens templiers à l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Le trésor des Templiers a-t-il vraiment existé ?

Il n'y a jamais eu de trésor caché. Les biens du Temple furent inventoriés dès le 13 octobre 1307 par les officiers royaux, puis administrés par la couronne pendant le procès avant transfert aux Hospitaliers. La légende d'un trésor enfoui est une construction littéraire postérieure, sans appui dans les sources médiévales.

La malédiction de Jacques de Molay a-t-elle été prononcée ?

Non. Aucune source contemporaine du bûcher du 18 mars 1314 ne mentionne la malédiction visant Philippe le Bel et Clément V. C'est une construction légendaire forgée plus tard, popularisée au XXe siècle par le roman Les Rois maudits de Maurice Druon (1955-1977).

Quel lien entre Templiers et franc-maçonnerie ?

Aucune filiation institutionnelle historique n'est démontrée. La revendication d'héritage templier dans la franc-maçonnerie remonte au discours du chevalier Andrew Michael Ramsay prononcé en 1737, soit plus de quatre siècles après la dissolution de l'ordre. Il s'agit d'une construction symbolique tardive, non d'une continuité.

Que reste-t-il aujourd'hui de l'héritage templier ?

Un patrimoine architectural européen , commanderies, chapelles à plan centré, granges fortifiées, des innovations financières adoptées par les marchands italiens (lettre de change, comptabilité), et une mémoire culturelle dense réinvestie par la littérature romantique, le roman historique et l'imaginaire contemporain, parfois au prix d'amalgames ésotériques sans fondement.

Bibliographie

  • Régine Pernoud, Les Templiers : chevaliers du Christ, Le Seuil, coll. « Points Histoire », 1974.
  • Alain Demurger, Vie et mort de l'ordre du Temple, 1118-1314, Le Seuil, 1985 (rééd. 2008).
  • Alain Demurger, Jacques de Molay : le crépuscule des Templiers, Payot, 2002.
  • Alain Demurger, Les Templiers : une chevalerie chrétienne au Moyen Âge, Le Seuil, 2005.
  • Barbara Frale, Les Templiers et le Suaire du Christ, Bayard, 2011.
  • Barbara Frale, Il papato e il processo ai Templari, Viella, 2003.
  • Malcolm Barber, The New Knighthood: A History of the Order of the Temple, Cambridge University Press, 1994.
  • Malcolm Barber, The Trial of the Templars, Cambridge University Press, 2e éd. 2006.
  • Simonetta Cerrini, La Révolution des Templiers, Perrin, 2007.
  • Henri de Curzon (éd.), La Règle du Temple, Société de l'histoire de France, 1886 [édition de référence de la règle latine].
  • Jules Michelet (éd.), Le Procès des Templiers, Collection des documents inédits sur l'histoire de France, Imprimerie royale, 1841-1851, 2 vol. [actes du procès, 1307-1314].
  • Bernard de Clairvaux, De laude novae militiae [Éloge de la nouvelle chevalerie], vers 1130.
  • Clément V, bulle Vox in excelso, 22 mars 1312 [suppression de l'ordre].
  • Clément V, bulle Ad providam, 2 mai 1312 [transfert des biens aux Hospitaliers].
  • Geoffroy de Paris, Chronique métrique, éd. Armel Diverrès, Belles Lettres, 1956 [récit contemporain du bûcher de Molay].

Sources

  • Alain Demurger, Vie et mort de l'ordre du Temple, 1120-1314, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 2014 (3e éd. Revue).
  • Alain Demurger, Jacques de Molay : le crépuscule des Templiers, Paris, Payot, 2007.
  • Malcolm Barber, The New Knighthood : A History of the Order of the Temple, Cambridge University Press, 1994.
  • Malcolm Barber, The Trial of the Templars, Cambridge University Press, 2e éd. 2006.
  • Barbara Frale, L'ultima battaglia dei Templari : dal codice ombra d'obbedienza militare alla costruzione del processo per eresia, Rome, Viella, 2001 ; trad. Fr. Les Templiers et le linceul du Christ, Bayard, 2011.
  • Henri de Curzon (éd.), La Règle du Temple, Société de l'Histoire de France, Paris, 1886 (rééd. Moderne).
  • Jules Michelet (éd.), Le Procès des Templiers, Collection des documents inédits sur l'histoire de France, Imprimerie royale, 1841-1851, 2 vol.
  • Geoffroy de Paris, Chronique métrique, éd. Armel Diverrès, Paris, Belles Lettres, 1956.
  • Simonetta Cerrini, La Révolution des Templiers, Perrin, 2007.

À lire sur les Templiers

  • Vie et mort de l'ordre du Temple, Alain Demurger (Seuil, 1985) : la synthèse savante de référence.
  • Les Templiers, Régine Pernoud (PUF) : une première approche claire, contre les fables ésotériques.

Nos sélections : Templiers, croisades et chevalerie · La Bibliothèque de France Éternelle.