Napoléon Ier & le Premier Empire (1804-1815) : du sacre de Notre-Dame au tombeau des Invalides

Le Chroniqueur, Silo Histoire · par Eudes de Vauluisant, médiéviste-moderniste

Il est peu de figures, dans la longue galerie des hommes d'État qui ont façonné la France, dont le nom seul suffise à convoquer un siècle entier. Napoléon Bonaparte, Corse devenu empereur, soldat devenu législateur, conquérant devenu prisonnier d'un rocher de l'Atlantique sud, appartient à cette espèce singulière. Né en 1769 à Ajaccio, mort en 1821 à Sainte-Hélène, il aura, en l'espace d'à peine vingt-cinq années publiques, refondu les institutions civiles du pays, redessiné la carte du continent, ressuscité la cérémonie impériale dans la cathédrale gothique de la cité, et finalement légué à la postérité un corpus juridique, le Code civil promulgué en 1804, qui survit encore à ses victoires et à ses désastres.

L'historiographie napoléonienne, depuis les pages enflammées d'Adolphe Thiers jusqu'aux synthèses critiques de Jean Tulard et de Thierry Lentz, n'a cessé d'osciller entre la légende dorée et la légende noire, entre l'admiration pour le constructeur et la condamnation du conquérant. Le présent dossier, conçu comme une chronique raisonnée à la manière des grandes synthèses universitaires, propose au lecteur un parcours en treize stations : du jeune lieutenant en garnison au coup d'État de Brumaire, du Concordat à la couronne impériale, des soleils d'Austerlitz aux neiges de la Bérézina, de Waterloo à la dernière demeure du dôme doré des Invalides. C'est, en somme, l'itinéraire d'un homme et le destin d'une époque.

Le jeune Bonaparte (1769-1799) : Corse, Brienne, Toulon 1793, Italie 1796-1797

Napoléon naît à Ajaccio le 15 août 1769, à peine plus d'une année après le rattachement de la Corse au royaume de France par le traité de Versailles de 1768. Cette circonstance n'est pas indifférente : l'enfant grandira sujet du roi très-chrétien, mais dans une famille, les Buonaparte, anoblis par les Génois, où l'on parle italien, où l'on garde la mémoire de Pascal Paoli, et où la mère, Letizia Ramolino, gouverne une fratrie nombreuse avec une rude économie. Le père, Charles, avocat habile et ambitieux, obtient pour son second fils une bourse royale qui ouvrira au jeune Napoléon les portes du collège militaire de Brienne, en Champagne, dès 1779.

À Brienne, l'élève est dépeint par ses camarades comme silencieux, ombrageux, passionné de mathématiques et de lectures historiques. Plutarque, César, Tacite : le panthéon antique nourrit une imagination déjà tournée vers la chose publique. En 1784, il entre à l'École royale militaire de Paris, d'où il sort lieutenant d'artillerie en septembre 1785, à seize ans. Les années suivantes le voient en garnison à Valence, à Auxonne, dévoreur de traités d'artillerie et témoin attentif des premières secousses révolutionnaires.

La Révolution française est pour lui une chance. Officier patriote, brouillé avec les paolistes corses, il quitte l'île natale en 1793, contraint à l'exil intérieur. C'est cette même année que, devant Toulon insurgée et tenue par les Anglais, le jeune capitaine d'artillerie conçoit le plan qui rend la ville à la République : son audace tactique lui vaut le grade de général de brigade, à vingt-quatre ans. Les vicissitudes politiques de l'an III lui font ensuite frôler la disgrâce, jusqu'à la journée du 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795), où il disperse au canon les sectionnaires royalistes massés contre la Convention thermidorienne.

Le Directoire, reconnaissant, lui confie alors le commandement d'une armée d'Italie famélique et démoralisée. C'est la grande campagne de 1796-1797, qui révèle au monde un stratège : Lodi, Arcole, Rivoli, autant de noms qui entrent dans la légende. Au traité de Campo-Formio (octobre 1797), Bonaparte impose à l'Autriche une paix dictée presque seul, sans l'aval réel des Directeurs. Suit l'expédition d'Égypte (1798-1799), aventure militaire incertaine mais triomphe scientifique avec l'Institut d'Égypte et la découverte de la pierre de Rosette. Lorsqu'il revient à Paris à l'automne 1799, fuyant le piège oriental, il est cet homme providentiel qu'attend une République lasse.

18 brumaire 1799, coup d'État, Consulat

L'historien doit ici peser ses mots : le coup d'État des 18 et 19 brumaire an VIII (9-10 novembre 1799) est tout à la fois un acte de force, un dénouement attendu et une fondation. Le Directoire chancelle sous les coups conjugués de l'inflation, des défaites militaires de la deuxième coalition, et d'une corruption notoire. L'abbé Sieyès, devenu Directeur, cherche un « sabre » pour réviser à son profit la Constitution. Bonaparte, tout juste rentré d'Égypte et accueilli en sauveur, sera ce sabre, mais il entendra bientôt se servir lui-même de la garde.

L'opération se déploie en deux temps. Le 18 brumaire, prétextant un complot jacobin, on transfère les Conseils du Corps législatif de Paris à Saint-Cloud. Le 19, dans l'orangerie du château, Bonaparte se présente devant les Cinq-Cents : insulté, bousculé, il manque de perdre contenance. C'est son frère Lucien, président de l'assemblée, qui sauve la journée en haranguant les grenadiers. Murat, à la tête de la troupe, fait évacuer la salle au pas de charge. Le soir même, une commission croupion décrète la fin du Directoire et la mise en place d'un Consulat provisoire.

La Constitution de l'an VIII, promulguée le 24 décembre 1799 et rédigée principalement par Pierre-Louis Roederer sous la dictée du nouveau maître, organise un exécutif tricéphale dont le Premier Consul concentre la quasi-totalité du pouvoir. Bonaparte, à trente ans, est ce Premier Consul. À ses côtés, Cambacérès et Lebrun, juristes éminents, joueront un rôle de conseil et de continuité. Le suffrage est universel mais filtré par les listes de notabilités ; les libertés publiques sont restreintes ; en revanche, l'État retrouve une administration efficace, des finances assainies par la création de la Banque de France en février 1800, et une justice réorganisée.

Le Consulat est ainsi, comme l'a magnifiquement montré Louis Madelin dans son Histoire du Consulat et de l'Empire, l'antichambre méthodique de l'Empire. En quatre ans, Bonaparte refonde l'administration préfectorale (loi du 28 pluviôse an VIII), institue les lycées (1802), crée la Légion d'honneur (mai 1802), signe la paix d'Amiens avec l'Angleterre (mars 1802), et fait approuver son Consulat à vie par plébiscite. Le mouvement vers la couronne est inéluctable : il ne reste qu'à trouver l'occasion et la forme.

Concordat 1801 avec Pie VII : réconciliation Église-État

De toutes les œuvres du Consulat, le Concordat du 15 juillet 1801 est sans doute celle qui exigea la plus longue patience et qui produisit les effets les plus durables. La Révolution avait, par la Constitution civile du clergé de 1790, déchiré l'Église de France ; le Directoire avait persécuté les prêtres réfractaires ; les fidèles, dans les campagnes surtout, vivaient dans une clandestinité douloureuse. Bonaparte, sceptique en matière religieuse mais homme d'ordre, comprit que la pacification intérieure passait par la reconnaissance du fait catholique.

Les négociations, conduites pour la France par le cardinal Joseph Fesch, oncle de Bonaparte, et par l'abbé Bernier, ancien chef vendéen rallié, et pour Rome par le cardinal Consalvi, secrétaire d'État du nouveau pape Pie VII, furent âpres. Le pontife avait été élu en mars 1800 dans le conclave précaire de Venise, après le pontificat tragique de Pie VI mort en captivité française à Valence. Il acceptait de traiter, mais refusait toute concession dogmatique.

Le texte signé en juillet 1801 reconnaît le catholicisme comme « religion de la grande majorité des Français », formule prudente qui n'en fait pas une religion d'État. Le pape accepte la perte des biens d'Église nationalisés depuis 1789, en échange de quoi le gouvernement assure le traitement des évêques et des curés. Une nouvelle carte diocésaine est arrêtée. Les évêques sont nommés par le Premier Consul et institués canoniquement par le Saint-Siège, restaurant ainsi une variante moderne du concordat de Bologne de 1516.

L'application du Concordat fut compliquée par l'ajout unilatéral, en avril 1802, des Articles organiques qui soumettaient le culte à un strict contrôle administratif. Pie VII protesta, mais ne rompit pas. Ce compromis fragile, et la pacification religieuse qu'il instaura dans les campagnes vendéennes, bretonnes, lyonnaises, reste l'un des socles de la France contemporaine. C'est aussi ce même Pie VII qui, trois ans plus tard, franchira les Alpes pour assister au sacre de Notre-Dame ; et qui, plus tard encore, paiera de cinq années de captivité française sa résistance aux exigences impériales.

2 décembre 1804, sacre à Notre-Dame de Paris (David peintre officiel)

Le 2 décembre 1804, sous la voûte gothique de Notre-Dame de Paris, se joue l'une des cérémonies les plus calculées de toute l'histoire moderne. Sénatus-consulte du 18 mai, plébiscite ratificateur, négociations serrées avec Rome : tout a été préparé pour que Bonaparte, devenu Napoléon Ier, empereur des Français, reçoive du pape une onction qui rattache la dignité impériale à la longue tradition carolingienne, sans pour autant compromettre la souveraineté nationale issue de la Révolution.

La cathédrale médiévale, à demi délabrée et profanée par le culte révolutionnaire de la Raison, a été restaurée à la hâte par les architectes Percier et Fontaine. Des décors antiquisants, des tentures de velours frappées d'abeilles d'or, emblème mérovingien substitué à la fleur de lys des Bourbons, des arcs de triomphe en bois et en stuc transforment la nef en théâtre impérial. La famille Bonaparte au grand complet, Joséphine en grande robe blanche brodée d'or, les maréchaux fraîchement promus, le corps diplomatique au complet : tout Paris des sommets est convoqué.

L'épisode le plus commenté reste celui de la double couronne. Le pape oint l'empereur du saint chrême, prononce les prières liturgiques, mais c'est Napoléon lui-même qui saisit la couronne sur l'autel et se la place sur la tête, avant de couronner ensuite Joséphine agenouillée. Le geste, prémédité, signifie clairement que l'autorité impériale ne procède pas du Saint-Siège, mais du peuple français et de la victoire. Pie VII, prévenu, s'incline sans broncher : la légende d'un pape humilié relève en partie de la propagande postérieure.

L'image que la postérité retient de ce 2 décembre est, plus encore que la cérémonie elle-même, le tableau monumental que Jacques-Louis David, premier peintre de l'Empereur, achève en 1807 et qui orne aujourd'hui une salle entière du Louvre. David, jacobin repenti devenu peintre officiel, choisit habilement de représenter non l'auto-couronnement, politiquement délicat, mais le moment où Napoléon couronne Joséphine. Cent quatre-vingt-onze figures peintes, des portraits saisissants de Letizia (absente en réalité, mais figurée dans la tribune par décision impériale), de Talleyrand, de Murat, de Cambacérès. C'est l'art mis au service du mythe, et le mythe gagne.

Au sortir de la cérémonie, la France a cessé d'être une république pour entrer dans un régime d'un genre nouveau : un Empire constitutionnel, héréditaire, fondé sur la victoire et sanctionné par le sacre. Il durera, dans cette première forme, jusqu'au printemps 1814.

Le Code civil 1804 : œuvre durable

Si l'on devait ne retenir qu'une seule réalisation civile du règne de Napoléon, ce serait, sans hésiter, le Code civil des Français promulgué le 21 mars 1804 (30 ventôse an XII), rebaptisé Code Napoléon par décret de 1807. L'Empereur lui-même, à Sainte-Hélène, dictera à Las Cases : « Ma vraie gloire, ce n'est pas d'avoir gagné quarante batailles ; Waterloo effacera le souvenir de tant de victoires. Ce que rien n'effacera, ce qui vivra éternellement, c'est mon Code civil. » Le mot, théâtral, dit pourtant l'essentiel.

L'entreprise codificatrice n'est pas neuve : Louis XIV avait fait rédiger les grandes ordonnances de Colbert, la Constituante avait esquissé un projet, Cambacérès en avait soumis trois successifs sous la Convention et le Directoire. Mais c'est Bonaparte qui, dès l'an VIII, nomme une commission de quatre juristes, Tronchet, Portalis, Bigot de Préameneu, Maleville, chargée de faire en quelques mois ce que la Révolution n'avait su accomplir en dix ans. Portalis, dans son magistral Discours préliminaire, donne au projet sa boussole : concilier la tradition romaine et coutumière, les principes nouveaux de 1789, et l'exigence d'unité nationale.

Le texte, organisé en trois livres, des personnes, des biens, des manières d'acquérir la propriété, consacre l'égalité civile, la liberté contractuelle, la propriété sacrée et inviolable, la laïcité du mariage, et l'autorité paternelle. Il rétablit en revanche le divorce dans des conditions restrictives, et soumet la femme mariée à une incapacité civile que le XXe siècle mettra plus d'un siècle à démanteler. Imparfait, parfois rétrograde, le Code possède néanmoins une qualité littéraire, ses 2281 articles sont rédigés dans une langue claire que Stendhal lira chaque matin pour s'imprégner de style, qui contribue à son universalité.

Exporté dans toute l'Europe par les armées impériales, traduit, adapté, le Code Napoléon inspirera durablement les législations belge, néerlandaise, italienne, espagnole, latino-américaine et même louisianaise. Aujourd'hui encore, malgré les nombreuses réformes, le Code civil français en vigueur conserve le squelette et nombre d'articles de la rédaction de 1804. Aucune autre œuvre normative moderne ne peut se prévaloir d'une telle longévité.

Les victoires impériales : Austerlitz 1805, Iéna 1806, Wagram 1809

L'épopée militaire napoléonienne est jalonnée de batailles célèbres dont trois, par leur éclat tactique et leurs conséquences politiques, méritent le statut d'archétypes : Austerlitz, Iéna et Wagram. Elles forment, prises ensemble, la démonstration éclatante du système de guerre napoléonien, concentration des masses, manœuvre rapide, exploitation immédiate de la victoire, et marquent l'apogée de la Grande Armée.

La bataille d'Austerlitz est livrée le 2 décembre 1805, jour anniversaire du sacre. La troisième coalition vient de se constituer entre l'Angleterre, l'Autriche et la Russie ; Napoléon, après avoir abandonné le projet de débarquement à Boulogne, a fait basculer son armée du camp de la Manche vers le Danube en quelques semaines. À Ulm, en octobre, il a obtenu la capitulation du général Mack. Devant Brünn, en Moravie, il fait mine d'évacuer le plateau de Pratzen pour attirer les coalisés vers une faiblesse simulée de son aile droite. Lorsque les colonnes austro-russes s'engagent vers le sud, le maréchal Soult enlève d'un seul élan le plateau désormais dégarni et coupe en deux l'armée ennemie. Le « soleil d'Austerlitz » se lève sur l'une des plus belles victoires tactiques de l'histoire militaire. Le traité de Presbourg, signé peu après, retire à l'Autriche ses possessions vénitiennes et tyroliennes.

Vient ensuite Iéna-Auerstaedt, le 14 octobre 1806. La Prusse, restée jusque-là neutre, se laisse entraîner dans la quatrième coalition. En une seule journée, sur deux champs de bataille distants d'une vingtaine de kilomètres, l'armée de Frédéric-Guillaume III est anéantie. Napoléon, à Iéna, écrase un détachement secondaire qu'il prend pour le gros prussien ; pendant ce temps, le maréchal Davout, à Auerstaedt, repousse à un contre deux l'armée principale du duc de Brunswick. La double victoire ouvre les portes de Berlin, où l'Empereur entre le 27 octobre et publie, le 21 novembre, le décret instituant le Blocus continental contre l'Angleterre.

Le troisième temps majeur est Wagram, livré les 5 et 6 juillet 1809, sur les bords du Danube en aval de Vienne. Cette fois, l'adversaire est l'archiduc Charles d'Autriche, prince militaire de grande valeur, qui a déjà infligé à Napoléon, six semaines plus tôt à Essling, son premier revers majeur sur le continent. Le passage du fleuve par les ponts de l'île Lobau, l'engagement de plus de trois cent mille hommes au total, le tir de la grande batterie Lauriston (cent canons groupés, innovation tactique majeure) : Wagram est moins une bataille de manœuvre qu'une bataille d'attrition. La victoire est française, chèrement payée. Elle débouche sur le traité de Schönbrunn et, plus tard, sur le mariage de Napoléon avec l'archiduchesse Marie-Louise.

Ces trois batailles partagent une même grammaire : marche forcée, surprise stratégique, dispositif articulé en corps d'armée capables de se soutenir mutuellement, reconnaissance attentive du terrain, recours à l'artillerie comme arme décisive. Elles façonnent durablement l'art militaire jusqu'à la Première Guerre mondiale, où Foch enseignera encore Napoléon à l'École de guerre.

1810, apogée : empire de Hambourg à Rome

L'année 1810 marque, pour qui regarde la carte d'Europe, l'apogée géographique du système napoléonien. L'Empire français proprement dit, défini par les départements administrés depuis Paris, s'étend désormais des bouches de l'Elbe aux bords du Tibre. Hambourg, Brême, Lübeck deviennent chefs-lieux de départements impériaux ; Amsterdam est annexée après l'abdication forcée de Louis Bonaparte, roi de Hollande ; le pape Pie VII, prisonnier à Savone puis à Fontainebleau, voit ses États pontificaux réunis à l'Empire et Rome érigée en seconde capitale impériale, dont le roi de Rome, fils attendu de Napoléon, portera le titre.

Autour de cet Empire stricto sensu gravite un système de royautés satellites confiées aux frères et aux maréchaux : Joseph en Espagne, Jérôme en Westphalie, Murat à Naples, Élisa en Toscane, Eugène de Beauharnais en Italie comme vice-roi. La Confédération du Rhin, créée en 1806, fédère sous la protection française les principautés allemandes du sud et du centre ; le grand-duché de Varsovie ressuscite, sous tutelle saxonne, l'idée d'un État polonais. La Suisse vit sous l'Acte de Médiation de 1803.

Cette construction immense présente toutefois des fissures. Le Blocus continental, censé étrangler l'Angleterre par l'asphyxie commerciale, étrangle d'abord les ports du continent : Anvers, Bordeaux, Hambourg, Trieste souffrent ; la contrebande prospère ; la Russie, en décembre 1810, rompt en pratique le blocus en autorisant à nouveau le commerce sous pavillon neutre. La guerre d'Espagne, ouverte en 1808 par l'imbroglio de Bayonne et la déposition des Bourbons, devient le « cancer » qui ronge la Grande Armée : guérilla incessante, lassitude des troupes, succès anglais sous Wellington au Portugal.

Napoléon dans son cabinet de travail, par Jacques-Louis David
Napoléon Ier, par David, l'Empereur au travail — Jacques-Louis David, via Wikimedia Commons (Public domain)

Au sommet de sa gloire, Napoléon répudie Joséphine en décembre 1809 et épouse, en avril 1810, l'archiduchesse Marie-Louise, fille de l'empereur François d'Autriche. Le 20 mars 1811 naît le roi de Rome, Napoléon-François-Charles-Joseph. La dynastie semble assurée. Elle ne durera, dans les faits, que quatre années encore.

Russie 1812 : la retraite catastrophique

La campagne de Russie, ouverte en juin 1812, restera dans la mémoire collective comme l'un des plus grands désastres militaires de l'histoire moderne. Pour comprendre pourquoi le maître de l'Europe s'engage dans cette aventure, il faut mesurer la dégradation des relations franco-russes depuis 1810 : entorses répétées au Blocus, refus du tsar Alexandre Ier d'accorder une de ses sœurs en mariage à Napoléon, contentieux polonais, le grand-duché de Varsovie inquiète Saint-Pétersbourg.

La Grande Armée mobilisée pour l'expédition est la plus considérable jamais réunie en Europe : environ 650 000 hommes, dont moins de la moitié sont français, le reste étant constitué de contingents allemands, italiens, polonais, hollandais, suisses. Elle franchit le Niémen le 24 juin 1812. La stratégie russe, mise au point par Barclay de Tolly puis poursuivie par Koutouzov, consiste à reculer en pratiquant la terre brûlée, refusant la bataille décisive que Napoléon recherche. Smolensk tombe en août, mais l'armée russe se dérobe.

Le choc frontal a finalement lieu le 7 septembre à Borodino (la Moskova), à une centaine de kilomètres à l'ouest de Moscou. Bataille épouvantable : près de soixante-dix mille morts et blessés en une journée, des deux côtés confondus. Tactiquement victorieux, Napoléon entre dans Moscou le 14 septembre, pour y trouver une ville bientôt en flammes, incendie probablement allumé sur ordre du gouverneur Rostopchine, et déserte. Pendant cinq semaines, l'Empereur attend en vain une proposition de paix qui ne vient jamais. Le 19 octobre, il faut prendre la décision fatale : ordonner la retraite.

La retraite par la route de Smolensk, doublée de l'hiver russe précoce et terrible, du harcèlement des cosaques et de la faim, transforme la Grande Armée en cohue. Le passage de la Bérézina, du 26 au 29 novembre 1812, sous une température polaire, voit l'héroïsme des pontonniers du général Éblé qui meurent dans l'eau glacée pour jeter les ponts. Sur les six cent cinquante mille hommes du début, à peine soixante mille repassent le Niémen en décembre, dans un état de délabrement physique et moral sans précédent. Le 5 décembre, Napoléon a abandonné les débris à Murat et regagné Paris en traîneau pour parer à un éventuel coup d'État (la conspiration Malet).

La Russie a vaincu non par les armes seules, mais par l'espace, le climat et la résolution. La Prusse, l'Autriche, la Suède changent de camp. La sixième coalition se forme. La grande aventure militaire impériale entre dans son crépuscule.

1814, abdication, île d'Elbe

L'année 1814 est celle de l'effondrement. Après la défaite de Leipzig (16-19 octobre 1813, dite « bataille des Nations »), les coalisés, Russes, Prussiens, Autrichiens, Anglais, franchissent le Rhin à la fin de l'année. La campagne de France, livrée par Napoléon à la tête d'une armée de jeunes recrues, les « Marie-Louise », est un chef-d'œuvre tactique : six victoires partielles en moins de deux mois (Champaubert, Montmirail, Vauchamps, Montereau). Elle ne suffit pas. Paris capitule le 31 mars.

L'abdication intervient le 6 avril 1814 au château de Fontainebleau. Trahi par Marmont à Essonnes, lâché par le Sénat conservateur de Talleyrand, abandonné par la plupart de ses maréchaux qui exigent la paix, Napoléon signe d'abord une abdication conditionnelle en faveur de son fils, refusée par les Alliés, puis une abdication sans réserve. Le traité de Fontainebleau, conclu le 11 avril, lui octroie en pleine souveraineté l'île d'Elbe, en Méditerranée, ainsi qu'une rente de deux millions de francs.

Le 20 avril 1814, dans la cour du Cheval-Blanc à Fontainebleau, devant la garde rassemblée, l'Empereur prononce l'émouvant adieu resté dans la mémoire militaire française, embrasse l'aigle du drapeau, monte en voiture pour gagner la Méditerranée. Il débarque à Portoferraio le 4 mai, accompagné de quelques centaines de fidèles. Pendant dix mois, il administre méthodiquement son minuscule royaume, routes, mines, fortifications. Mais il observe Vienne où le Congrès des vainqueurs s'enlise, et la France où la Restauration de Louis XVIII suscite déjà les mécontentements. Le retour est en germe.

Cent-Jours et Waterloo (18 juin 1815)

Le 1er mars 1815, Napoléon débarque au golfe Juan, près d'Antibes, avec un peu plus de mille hommes. Commence alors le « vol de l'aigle », l'une des chevauchées politiques les plus stupéfiantes de l'histoire : en trois semaines, sans tirer un coup de fusil, l'Empereur remonte par Grenoble, Lyon, Auxerre, ralliant les régiments envoyés contre lui. Le 20 mars, il couche aux Tuileries, d'où Louis XVIII vient à peine de s'enfuir vers Gand. C'est le début des Cent-Jours.

Pour conjurer l'image de la dictature, Napoléon promulgue l'Acte additionnel aux constitutions de l'Empire, rédigé par Benjamin Constant, qui esquisse une monarchie impériale parlementaire. Mais l'Europe ne lui laisse pas le temps de l'expérience constitutionnelle. La septième coalition se forme le 25 mars : Anglais, Prussiens, Autrichiens, Russes mobilisent près de huit cent mille hommes. Napoléon ne peut en aligner que cent vingt-cinq mille pour la campagne immédiate. Sa seule chance est de battre séparément les Anglo-Néerlandais de Wellington et les Prussiens de Blücher avant la jonction des Autrichiens et des Russes.

L'offensive est lancée en Belgique mi-juin. Le 16 juin, à Ligny, Napoléon repousse Blücher mais ne le détruit pas ; au même moment, Ney livre indécis le combat des Quatre-Bras contre Wellington. Le 17, l'Empereur détache Grouchy avec trente-trois mille hommes pour poursuivre les Prussiens et les empêcher de rejoindre les Anglais. C'est là, sans doute, que se joue la campagne.

Le 18 juin 1815, sur le plateau de Mont-Saint-Jean, à proximité du village de Waterloo, Napoléon engage les soixante-douze mille hommes de son armée contre les soixante-huit mille de Wellington solidement retranchés. La pluie de la nuit retarde l'attaque. Les charges de cavalerie de Ney sur les carrés anglais, héroïques mais mal soutenues, n'enfoncent pas le dispositif allié. En milieu d'après-midi, les avant-gardes prussiennes de Bülow paraissent à l'est, sur le flanc droit français. Grouchy, fixé à Wavre par une arrière-garde, n'arrive pas. À dix-neuf heures trente, Napoléon engage la Garde impériale dans un dernier assaut frontal ; elle est repoussée. Le cri « la Garde recule ! » provoque la débandade. Wellington avance ; Blücher poursuit dans la nuit.

Waterloo est plus qu'une défaite militaire : c'est la fin d'un cycle. Rentré à Paris le 21 juin, Napoléon abdique une seconde fois le 22 en faveur de son fils, qui ne régnera pas. Le 15 juillet, il se livre aux Anglais à Rochefort, sur le navire Bellérophon, espérant l'asile britannique. Il sera traité en prisonnier d'État.

Sainte-Hélène et la mort 5 mai 1821

L'île de Sainte-Hélène, possession de la Compagnie anglaise des Indes orientales puis de la Couronne britannique, gît dans l'Atlantique sud à quelque deux mille kilomètres des côtes africaines. Le choix, pour les vainqueurs, n'est pas innocent : on veut un lieu d'où l'évasion soit impossible, à la différence de l'île d'Elbe. Napoléon y débarque le 17 octobre 1815, avec une suite restreinte, Las Cases, Bertrand, Montholon, Gourgaud, le médecin O'Meara, le valet Marchand, et s'installe finalement à Longwood, demeure humide et venteuse battue par les alizés.

Les six années d'exil, sous la surveillance maniaque du gouverneur Hudson Lowe, sont consacrées à la fabrication méthodique de la légende. Napoléon dicte à Las Cases le futur Mémorial de Sainte-Hélène, qui paraîtra en 1823 et nourrira pour un siècle la dévotion bonapartiste : un Empereur libéral, défenseur des nationalités, victime de l'aristocratie britannique, homme de paix contraint à la guerre. L'histoire critique a depuis nuancé ce portrait apologétique, mais le mythe a fait son œuvre : il a façonné la sensibilité de Stendhal, de Hugo, de Balzac, de Béranger, et préparé le terrain au Second Empire.

La santé de l'Empereur décline à partir de 1817 : douleurs gastriques, hépatite, peut-être ulcère cancéreux, l'autopsie conclura à un cancer de l'estomac, hypothèse aujourd'hui privilégiée par la médecine, malgré les théories récurrentes d'empoisonnement à l'arsenic. Le 5 mai 1821, à dix-sept heures quarante-neuf, Napoléon expire à Longwood, à l'âge de cinquante et un ans. Ses dernières paroles, recueillies par les proches : « France… armée… tête d'armée… Joséphine… ».

Inhumé sommairement dans la vallée du Géranium, sous une dalle anonyme, les Anglais refusant l'inscription Napoléon et la France le titre d'Empereur, il y reposera dix-neuf ans, le temps que la Restauration cède la place à la monarchie de Juillet et qu'un nouveau pouvoir consente à honorer son ombre.

Le Retour des cendres 15 décembre 1840, Invalides

L'expédition du Retour des cendres est l'un des grands gestes politiques du règne de Louis-Philippe. Adolphe Thiers, président du Conseil, en obtient l'autorisation du gouvernement britannique en 1840, dans un climat où la légende napoléonienne est devenue un puissant levier d'opinion : à gauche par son volet libéral et national, à droite par son volet ordonnateur. Récupérer les cendres, c'est tenter de désamorcer les ambitions du prince Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, qui vient justement d'échouer dans son équipée de Boulogne.

L'expédition est confiée au prince de Joinville, fils du roi, qui appareille de Toulon avec la frégate la Belle-Poule. L'exhumation à Sainte-Hélène, le 15 octobre 1840, révèle un corps remarquablement conservé sous quatre cercueils emboîtés. Le retour s'effectue en deux mois ; la dépouille débarque à Cherbourg le 30 novembre, remonte la Seine sur le vapeur la Normandie, et arrive à Paris au début de décembre.

Le 15 décembre 1840, par un froid mordant, le cortège funèbre traverse la capitale depuis l'arc de Triomphe, encore inachevé mais qui sert d'écrin, jusqu'au dôme des Invalides, en passant par les Champs-Élysées et la place de la Concorde. La foule est immense ; Victor Hugo en a laissé le récit halluciné dans Choses vues. Sous le dôme, le roi Louis-Philippe attend pour recevoir la dépouille des mains du prince de Joinville : « Sire, je vous présente le corps de l'Empereur Napoléon. », « Je le reçois au nom de la France. »

Le tombeau définitif, conçu par l'architecte Visconti, ne sera achevé qu'en 1861 sous le Second Empire. Le sarcophage de quartzite rouge de Carélie, posé sur un socle de granit vert des Vosges, est entouré de douze figures de la Victoire et des noms gravés des grandes batailles. Six cercueils emboîtés, fer-blanc, acajou, plomb (deux), ébène, chêne, protègent la dépouille selon les vœux testamentaires : « reposer sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j'ai tant aimé ». Le vœu est accompli. Aujourd'hui encore, des centaines de milliers de visiteurs viennent chaque année se recueillir devant ce tombeau qui clôt, dans la pierre et le bronze, l'une des plus extraordinaires aventures humaines des temps modernes.

Aller plus loin

Le lecteur désireux d'approfondir sa connaissance de l'épopée napoléonienne pourra prolonger cette lecture par plusieurs explorations parallèles. Le dôme des Invalides, où repose l'Empereur, prolonge dans la pierre l'histoire que ce dossier raconte ; Notre-Dame de Paris conserve la mémoire du sacre de 1804 ; le château de Fontainebleau, théâtre des adieux du 20 avril 1814, garde dans sa cour du Cheval-Blanc l'écho des derniers serments de la Garde. Pour comprendre la France que Napoléon hérite et qu'il transforme, on se reportera à notre étude sur Louis XVI et la chute de la monarchie ; pour saisir la difficile reconstruction religieuse, à notre dossier sur Pie VII et le Concordat de 1801.

Questions fréquentes

Quand commence le Premier Empire ?

Le 18 mai 1804 par le sénatus-consulte qui proclame Napoléon Bonaparte « Empereur des Français ». Le sacre solennel a lieu à Notre-Dame de Paris le 2 décembre 1804, en présence du pape Pie VII venu spécialement de Rome ; Napoléon se couronne lui-même puis couronne Joséphine impératrice.

Qu'est-ce que le Code civil ?

Promulgué le 21 mars 1804 (30 ventôse an XII), c'est le grand code juridique unifiant le droit privé français : propriété, contrats, famille, successions. Rédigé par une commission présidée par Cambacérès et largement inspirée par Portalis, il opère la synthèse entre droit romain méridional et coutumes du Nord. Toujours en vigueur, il a été adopté ou imité par une cinquantaine de pays.

Quelle fut la plus grande victoire de Napoléon ?

Austerlitz, livrée le 2 décembre 1805 contre les armées combinées d'Autriche et de Russie commandées par les empereurs François II et Alexandre Iᵉʳ. Avec 73 000 hommes contre 85 000, Napoléon brise le centre adverse au plateau de Pratzen et anéantit la Troisième Coalition. La paix de Presbourg (26 décembre 1805) lui livre l'Italie et l'Allemagne du Sud.

Quels pays composaient l'Empire à son apogée ?

À son apogée en 1812, l'Empire français comprenait 130 départements : France, Belgique, Pays-Bas, rive gauche du Rhin, nord de l'Allemagne (Hambourg, Brême, Lübeck), Piémont, Toscane, États pontificaux, Catalogne (provinces illyriennes Slovénie-Croatie). Étaient en outre vassaux le royaume d'Italie, le royaume de Naples, la Confédération du Rhin, le grand-duché de Varsovie, l'Espagne et la Suisse, soit environ 80 millions d'habitants.

Pourquoi la campagne de Russie a-t-elle échoué ?

Plusieurs facteurs combinés : étirement excessif des lignes de communication (3 000 km), tactique russe de la terre brûlée, absence de bataille décisive (Borodino le 7 septembre 1812 reste indécise), incendie de Moscou (14-18 septembre 1812) privant de ressources, hiver précoce et (-30 °C en novembre), maladies (typhus, dysenterie). De 600 000 hommes engagés en juin, environ 30 000 repassent le Niémen en décembre.

Qu'est-ce que la Légion d'honneur ?

Ordre national institué par la loi du 19 mai 1802 sur proposition de Bonaparte alors Premier consul, pour récompenser les mérites éminents civils et militaires sans distinction de naissance. Premier ordre républicain à dimension méritocratique. Cinq grades : chevalier, officier, commandeur, grand officier, grand-croix. Toujours en vigueur, elle compte aujourd'hui environ 92 000 membres vivants.

Quand Napoléon a-t-il abdiqué ?

Une première fois le 6 avril 1814 à Fontainebleau, après la prise de Paris par les Coalisés (31 mars 1814) ; il est exilé à l'île d'Elbe. Une seconde fois le 22 juin 1815, après la défaite de Waterloo (18 juin 1815), au profit de son fils Napoléon II. Il est exilé sur l'île britannique de Sainte-Hélène, dans l'Atlantique sud, où il meurt le 5 mai 1821.

Que s'est-il passé à Waterloo ?

Le 18 juin 1815, Napoléon affronte les armées coalisées du duc de Wellington (anglo-néerlandaises) et du maréchal Blücher (prussiennes) à Waterloo, en Belgique. Après une journée de combats acharnés (charges de Ney sur les carrés anglais), l'arrivée tardive de Blücher en fin d'après-midi décide de l'issue. La défaite française est complète ; les Cent-Jours s'achèvent. Napoléon abdique quatre jours plus tard.

Pourquoi parle-t-on de Cent-Jours ?

Période qui s'étend du retour de Napoléon de l'île d'Elbe (débarquement à Golfe-Juan le 1ᵉʳ mars 1815) à sa seconde abdication (22 juin 1815), soit en réalité 110 jours. L'expression vient du discours d'accueil de Louis XVIII à Paris le 8 juillet 1815 (« Cent jours se sont écoulés depuis... »). Cette période voit la rédaction de l'Acte additionnel aux Constitutions et la défaite de Waterloo.

Quel est l'héritage du Premier Empire en France ?

Considérable : Code civil et codes Napoléon (commerce, procédure civile, instruction criminelle, pénal), préfets, lycées, université impériale, Banque de France, franc germinal, système métrique, Légion d'honneur, Conseil d'État, Cour des comptes, cadastre, état civil rationalisé, Concordat de 1801 (jusqu'en 1905), grandes écoles (Polytechnique réformée), Arc de triomphe, colonne Vendôme, plan napoléonien des villes.

Bibliographie

  • Jean Tulard, Napoléon ou le mythe du sauveur, Fayard, 1977 (rééd. 1987).
  • Jean Tulard, Le Grand Empire (1804-1815), Albin Michel, 1982.
  • Jean Tulard (dir.), Dictionnaire Napoléon (2 vol.), Fayard, 1999.
  • Thierry Lentz, Nouvelle histoire du Premier Empire (4 vol.), Fayard, 2002-2010.
  • Patrice Gueniffey, Bonaparte (1769-1802), Gallimard, 2013.
  • Patrice Gueniffey, Napoléon et de Gaulle : deux héros français, Perrin, 2017.
  • Andrew Roberts, Napoleon: A Life, Penguin, 2014 ; trad. fr. Perrin, 2016.
  • David A. Bell, The First Total War: Napoleon's Europe and the Birth of Warfare As We Know It, Houghton Mifflin, 2007.
  • Frédéric Bluche, Le Bonapartisme : aux origines de la droite autoritaire (1800-1850), Nouvelles Éditions latines, 1980.
  • Natalie Petiteau, Napoléon, de la mythologie à l'histoire, Seuil, 1999.
  • Code civil des Français, édition originale 1804, rééd. Dalloz, 2024.
  • Mémorial de Sainte-Hélène, récit du comte de Las Cases (1822-1823), éd. Thierry Lentz et Peter Hicks, Perrin, 2017.
  • Adolphe Thiers, Histoire du Consulat et de l'Empire (20 vol., 1845-1862), rééd. Robert Laffont, 1988.
  • Charles-Tristan de Montholon, Récits de la captivité de l'empereur Napoléon à Sainte-Hélène (1847), rééd. Tallandier, 2003.
  • Service historique de la Défense, Correspondance générale de Napoléon Bonaparte (15 vol.), Fayard / Fondation Napoléon, 2004-2018.
Le Sacre de Napoléon par Jacques-Louis David
Le Sacre de Napoléon, 2 décembre 1804 — Jacques-Louis David, via Wikimedia Commons (CC BY 4.0)