Château Colbert de Maulévrier
Château Colbert de Maulévrier en bref
- Dénomination : lieu de mémoire, guerres de Vendée
- Commune : Maulévrier (49, Pays de la Loire)
- Période principale : XVIIe siècle (reconstruction Colbert) ; XVIIIe siècle (guerre de Vendée)
- Date de l'événement : 1793-1794 (quartier général de Stofflet ; incendie par les colonnes infernales, 25-28 janvier 1794)
- Protection : Château Colbert classé Monument historique (réf. Mérimée PA00109190) ; Parc oriental inscrit
- Coordonnées GPS : 47.01280, -0.73920
- Siècles d'édification : XVIIe siècle (reconstruction Colbert) ; XIXe siècle (restauration)
- Événement vendéen : 1793-1794, QG de Stofflet ; incendie par Turreau, janvier 1794
- Acteurs vendéens : Jean-Nicolas Stofflet (garde-chasse du domaine), Maurice d'Elbée
- Acteurs républicains : Louis Marie Turreau (colonnes infernales)
- Bilan : Bourg et paroisses du Choletais massacrés en janvier 1794
- Classement : Classé Monument historique (PA00109190)
- Ensemble patrimonial : Parc oriental de Maulévrier, plus grand jardin japonais d'Europe
Sources : base Mérimée (PA00109190), Wikidata (Q3577415). Ministère de la Culture, licence ouverte.
Histoire de Château Colbert de Maulévrier
Ancienne châtellenie des comtes d'Anjou, la seigneurie de Maulévrier fut acquise en 1658 par Édouard Colbert, marquis de Maulévrier et frère du grand ministre de Louis XIV. Le château actuel, reconstruit à partir de 1675, atteint sous son petit-fils, le maréchal-duc de Colbert, l'élégance classique d'une demeure de cour. Mais c'est un serviteur du domaine qui a fait entrer Maulévrier dans l'histoire : Jean-Nicolas Stofflet (1753-1796), d'origine lorraine, garde-chasse de la comtesse de Colbert-Maulévrier depuis 1776.
En mars 1793, Stofflet se joint à l'insurrection qui embrase le Choletais. Illettré, courageux, excellent chef de bande, il gravit rapidement les grades : d'abord chef de paroisse, puis major général de d'Elbée, il devient après Savenay (décembre 1793) le généralissime de l'armée d'Anjou (janvier 1794). Sa fidélité au catholicisme romain, son refus obstiné de toute négociation, sa rusticité paysanne contrastent avec l'aristocratique Charette. Compagnon d'armes d'Henri de La Rochejaquelein et continuateur de Bonchamps, il tient les bois du Choletais pendant trois années, jusqu'à sa trahison et son arrestation à la Saugrenière en février 1796.
Le château de Maulévrier subit le sort de la Vendée : entre le 25 et le 28 janvier 1794, les colonnes infernales de Turreau le pillent et l'incendient. Une grande partie des communs, des écuries et du décor intérieur est détruite. Le bourg, les fermes, les paroisses voisines (Toutlemonde, Saint-Léger-sous-Cholet) sont ravagés ; plusieurs centaines de civils y laissent la vie. Stofflet, capturé le 23 février 1796, est fusillé à Angers deux jours plus tard, le 25 février. Le bourg de Maulévrier conserve sa tombe-cénotaphe.
Reconstruit au XIXe siècle dans le style classique d'origine, le château est racheté en 1895 par Olivier Bergère, qui commande au début du XXe siècle à l'architecte Alexandre Marcel la création d'un vaste jardin japonais, aujourd'hui le Parc oriental de Maulévrier, plus grand jardin japonais d'Europe (28 hectares). L'ensemble est classé Monument historique (réf. Mérimée PA00109190).
Château Colbert de Maulévrier
- Adresse : Place du Château, 49360 Maulévrier, 49360 Maulévrier, Voir sur la carte
- Période : XVIIe siècle (reconstruction Colbert) ; XVIIIe siècle (guerre de Vendée)
- Événement : 1793-1794 (quartier général de Stofflet ; incendie par les colonnes infernales, 25-28 janvier 1794)
- Protection : Château Colbert classé Monument historique (réf. Mérimée PA00109190) ; Parc oriental inscrit
- Affectation : Lieu de mémoire, pas de rattachement diocésain
Mémoire contemporaine
Maulévrier cultive une double identité patrimoniale : historique (mémoire vendéenne de Stofflet, château Colbert) et culturelle (Parc oriental, événements de printemps et d'automne). Chaque année, le 25 février, l'Association du Souvenir vendéen dépose une gerbe sur la tombe-cénotaphe de Stofflet. Plusieurs plaques dans le bourg rappellent les victimes de 1794. Le château, devenu hôtel-restaurant quatre étoiles, propose des journées thématiques « Vendée militaire » en partenariat avec l'office de tourisme du Choletais. Le Parc oriental attire chaque année près de 200 000 visiteurs. L'ouvrage d'Yves Viollier (Stofflet, le garde-chasse généralissime, 1984) demeure la biographie de référence du personnage.
Iconographie et citation d'époque
« Stofflet, le garde-chasse généralissime, incarne la fidélité paysanne de la Vendée catholique et royale. », Yves Viollier, Stofflet, Robert Laffont, 1984.
Informations pratiques pour la visite
- Adresse : Place du Château, 49360 Maulévrier, 49360 Maulévrier
- GPS : 47.01280, -0.73920
- Protection : Château Colbert classé Monument historique (réf. Mérimée PA00109190) ; Parc oriental inscrit
- Accès : lieu de mémoire librement accessible (sauf mentions contraires)
Accès : Maulévrier est sur la D20, à 12 km à l'est de Cholet (A87 sortie 27). Stationnement gratuit place du Château. Le château Colbert accueille un hôtel-restaurant et des visites guidées thématiques (réservation). Le Parc oriental, mitoyen, est ouvert de mars à novembre (tarif 2026 autour de 10 €, nocturnes japonisantes en été). Compter une journée pour visiter l'ensemble, château, parc, bourg et tombe de Stofflet.
Repères chronologiques
- 1658, Acquisition de Maulévrier par Édouard Colbert.
- 1675, Début de la reconstruction du château.
- 1776, Stofflet nommé garde-chasse du domaine.
- Mars 1793, Stofflet se joint à l'insurrection.
- Janvier 1794, Stofflet devient généralissime de l'armée d'Anjou.
- 25-28 janvier 1794, Incendie du château par les colonnes infernales de Turreau.
- 25 février 1796, Stofflet fusillé à Angers.
- XIXe siècle, Reconstruction du château dans le style classique d'origine.
- 1899-1913, Création du Parc oriental par Alexandre Marcel.
Pour aller plus loin
- Yves Viollier, Stofflet, le garde-chasse généralissime, Robert Laffont, 1984
- Reynald Secher, Le Génocide franco-français, PUF, 1986
- Anne Rolland-Boulestreau, Les colonnes infernales, Fayard, 2015
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Questions fréquentes sur Château Colbert de Maulévrier
Qui était Jean-Nicolas Stofflet ?
Garde-chasse du domaine Colbert-Maulévrier depuis 1776, devenu généralissime de l'armée d'Anjou en janvier 1794. Figure paysanne et catholique de la Vendée militaire, il fut fusillé à Angers le 25 février 1796.
Pourquoi le château Colbert a-t-il été incendié ?
Parce que Jean-Nicolas Stofflet, garde-chasse du domaine, était devenu chef vendéen. Les colonnes infernales du général Turreau l'ont pillé et incendié entre le 25 et le 28 janvier 1794, dans le cadre de la campagne de destruction méthodique de la Vendée.
Qu'est-ce que le Parc oriental de Maulévrier ?
Un jardin japonais de 28 hectares créé entre 1899 et 1913 par l'architecte Alexandre Marcel, sur le domaine attenant au château Colbert. C'est le plus grand jardin japonais d'Europe.
Peut-on loger au château Colbert ?
Oui, le château a été reconverti en hôtel-restaurant quatre étoiles. Il propose également des visites guidées thématiques sur Stofflet et les guerres de Vendée, sur réservation.
Sources
- Base Mérimée, notice PA00109190, Ministère de la Culture, licence ouverte.
- Wikidata, Q3577415 (Château Colbert de Maulévrier).
- Wikipédia, Château Colbert de Maulévrier.
- Reynald Secher, Le Génocide franco-français, PUF, 1986.
- Anne Rolland-Boulestreau, Les colonnes infernales, Fayard, 2015.
- Yves Viollier, Stofflet, le garde-chasse généralissime, Robert Laffont, 1984.