Champ de bataille de Torfou (19 septembre 1793)
Champ de bataille de Torfou (19 septembre 1793) en bref
- Dénomination : lieu de mémoire, guerres de Vendée
- Commune : Torfou (aujourd'hui Sèvremoine) (49, Pays de la Loire)
- Période principale : XVIIIe siècle
- Date de l'événement : 19 septembre 1793
- Protection : Colonne inscrite Monument historique (1977)
- Coordonnées GPS : 47.06610, -1.14860
- Date de l'événement : 19 septembre 1793
- Acteurs vendéens : Maurice d'Elbée, Charles de Bonchamps, Henri de La Rochejaquelein, François-Athanase de Charette
- Acteurs républicains : Jean-Baptiste Kléber (armée de Mayence), Aubert-Dubayet, Westermann
- Bilan humain : Environ 2 000 morts républicains ; pertes vendéennes réduites
- Portée : Apogée militaire de la Grande Armée catholique et royale
- Monument : Colonne de granit de 1826-1827, inaugurée par la duchesse de Berry
- Classement : Colonne inscrite Monument historique (1977)
Sources : Wikidata (Q2884907). Ministère de la Culture, licence ouverte.
Histoire de Champ de bataille de Torfou (19 septembre 1793)
Le 19 septembre 1793, au carrefour de Torfou où convergent les routes de Nantes, Cholet et Montaigu, la Grande Armée catholique et royale remporte la plus éclatante de ses victoires. Face à elle, l'armée de Mayence, quinze mille hommes aguerris rentrés d'Allemagne après la capitulation de la place, est commandée par Jean-Baptiste Kléber, Aubert-Dubayet et François-Joseph Westermann. La Convention compte sur ces troupes d'élite pour écraser l'insurrection. Mais les généraux vendéens Maurice d'Elbée, Charles de Bonchamps, Henri de La Rochejaquelein et François-Athanase de Charette coordonnent pour la première fois leurs armées d'Anjou, du Centre et du Pays de Retz.
Le terrain du bocage, haies bocagères, chemins creux, bois serrés, annule l'avantage tactique des Mayençais, habitués aux plaines allemandes. Dès le premier choc, les Vendéens enveloppent les colonnes républicaines. Kléber lui-même, menacé d'encerclement, doit ordonner la retraite ; il couvre personnellement ses arrière-gardes avec un courage qu'il reconnaîtra lui-même dans ses mémoires. Les pertes républicaines dépassent les deux mille hommes ; l'artillerie abandonnée grossit le butin vendéen. Kléber, rapportant la bataille, écrit : « Je n'ai jamais vu de troupes plus intrépides que ces paysans. »
L'écho de Torfou retentit dans toute la France révolutionnaire. Pour la première fois, une armée républicaine de premier ordre est mise en déroute par les paysans de la Vendée. Cette victoire relance l'élan insurrectionnel jusqu'à la bataille de Cholet, un mois plus tard. Militairement, elle démontre que les tactiques régulières échouent dans le bocage et justifie a posteriori, dans l'esprit de la Convention, le recours aux colonnes infernales de Turreau en janvier 1794, stratégie d'extermination territoriale substituée à la guerre régulière.
La bataille a inspiré plusieurs œuvres iconographiques du XIXe siècle, la gravure de Yan' Dargent (Combat de Torfou) et les toiles de la collection du Musée de Cholet.
Champ de bataille de Torfou (19 septembre 1793)
- Adresse : Colonne commémorative de Torfou, D753, 49660 Sèvremoine, 49660 Torfou (aujourd'hui Sèvremoine), Voir sur la carte
- Période : XVIIIe siècle
- Événement : 19 septembre 1793
- Protection : Colonne inscrite Monument historique (1977)
- Affectation : Lieu de mémoire, pas de rattachement diocésain
Mémoire contemporaine
Chaque 19 septembre ou le dimanche le plus proche, l'Association du Souvenir vendéen célèbre à la colonne une messe et un dépôt de gerbes en présence d'autorités religieuses et d'élus locaux. Le site a été intégré en 2015 à l'itinéraire culturel européen « Chemins de mémoire » des guerres de Vendée. La commune de Sèvremoine, née de la fusion de 2016, en a fait l'un des marqueurs identitaires de son projet touristique. Les historiens Émile Gabory et Jean-Clément Martin, dont les travaux font référence, mentionnent systématiquement Torfou comme la preuve de la qualité militaire de la Vendée catholique et royale, bien loin de la caricature de jacquerie parfois colportée.
Iconographie et citation d'époque
« Je n'ai jamais vu de troupes plus intrépides que ces paysans. », Jean-Baptiste Kléber, rapport sur la bataille de Torfou, septembre 1793.
Informations pratiques pour la visite
- Adresse : Colonne commémorative de Torfou, D753, 49660 Sèvremoine, 49660 Torfou (aujourd'hui Sèvremoine)
- GPS : 47.06610, -1.14860
- Protection : Colonne inscrite Monument historique (1977)
- Accès : lieu de mémoire librement accessible (sauf mentions contraires)
Accès : la colonne de Torfou s'élève au carrefour de la D753 et de la D149, commune de Sèvremoine (49660), à 20 km au nord de Cholet et 30 km au sud-est de Nantes. Stationnement gratuit au pied du monument. Visite libre en accès permanent. Circuit pédestre du champ de bataille balisé (4,5 km, 1h30). Prolonger avec Tiffauges (15 km) ou Cholet (20 km) pour une journée mémorielle complète.
Repères chronologiques
- 19 septembre 1793, Bataille de Torfou, victoire vendéenne sur l'armée de Mayence.
- Automne 1793, Relance de l'insurrection jusqu'à Cholet.
- 17 octobre 1793, Bataille de Cholet, défaite vendéenne.
- 1826, Pose de la première pierre de la colonne commémorative.
- 19 septembre 1827, Inauguration de la colonne, 34 ans jour pour jour après la bataille.
- 1977, Inscription de la colonne aux Monuments historiques.
- 2015, Intégration à l'itinéraire culturel des guerres de Vendée.
Pour aller plus loin
- Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, Robert Laffont (Bouquins), 2009
- Jean-Clément Martin, La guerre de Vendée (1793-1800), Points Seuil, 2014
- Reynald Secher, Le Génocide franco-français, PUF, 1986
À découvrir sur France Éternelle
- Guerres de Vendée, mémoire et lieux
- Annuaire des lieux de mémoire vendéens (carte, filtres)
- Champ de bataille de Cholet (17 octobre 1793)
- Mortagne-sur-Sèvre, place forte vendéenne
- Bataille du Mans (12-13 décembre 1793)
Questions fréquentes sur Champ de bataille de Torfou (19 septembre 1793)
Pourquoi la bataille de Torfou est-elle célèbre ?
Parce qu'elle oppose pour la première fois l'Armée catholique et royale coordonnée (d'Elbée, Bonchamps, La Rochejaquelein, Charette) aux troupes d'élite de Mayence commandées par Kléber. La victoire vendéenne du 19 septembre 1793 marque l'apogée militaire de l'insurrection.
Quand la colonne de Torfou a-t-elle été érigée ?
Elle a été inaugurée le 19 septembre 1827, jour pour jour 34 ans après la bataille, à la demande de la duchesse de Berry et des sociétés royalistes de l'Ouest.
Qui sont les généraux nommés sur la colonne ?
Les cinq chefs vendéens de Torfou : Maurice d'Elbée, Charles de Bonchamps, Henri de La Rochejaquelein, Louis de Lescure et François-Athanase de Charette.
Peut-on visiter le champ de bataille ?
Oui, un sentier pédestre de 4,5 km balise les lieux-clés depuis la colonne. Compter 1h30 de marche ; accès libre et permanent.
Sources
- Wikidata, Q2884907 (Champ de bataille de Torfou (19 septembre 1793)).
- Wikipédia, Champ de bataille de Torfou (19 septembre 1793).
- Reynald Secher, Le Génocide franco-français, PUF, 1986.
- Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, Robert Laffont (Bouquins), 2009.
- Jean-Clément Martin, La guerre de Vendée (1793-1800), Points Seuil, 2014.