Bataille du Mans (12-13 décembre 1793)

Place des Jacobins au pied de la cathédrale du Mans
Place des Jacobins, au chevet de la cathédrale Saint-Julien, site central de la bataille et du massacre du 13 décembre 1793. Photo Martpan, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Bataille du Mans (12-13 décembre 1793) en bref

  • Dénomination : lieu de mémoire, guerres de Vendée
  • Commune : Le Mans (72, Pays de la Loire)
  • Période principale : XVIIIe siècle
  • Date de l'événement : 12-13 décembre 1793
  • Protection : Cathédrale Saint-Julien classée Monument historique (liste de 1862) ; ensemble urbain Plantagenêt protégé
  • Coordonnées GPS : 48.00690, 0.19890
  • Date de l'événement : Nuit du 12 au 13 décembre 1793
  • Acteurs vendéens : Henri de La Rochejaquelein, Jean-Nicolas Stofflet, prince de Talmont
  • Acteurs républicains : François-Joseph Westermann, Jean-Baptiste Kléber, François Séverin Marceau
  • Bilan humain : 10 000 à 15 000 tués, dont une part majoritaire de femmes, enfants, non-combattants
  • Qualification historique : Massacre de population civile reconnu comme épisode central du génocide vendéen
  • Lieu central : Place des Jacobins, au chevet de la cathédrale Saint-Julien
  • Protection : Cathédrale Saint-Julien classée Monument historique (liste de 1862)

Sources : Wikidata (Q2884842). Ministère de la Culture, licence ouverte.

Histoire de Bataille du Mans (12-13 décembre 1793)

La bataille du Mans, dans la nuit du 12 au 13 décembre 1793, n'est pas seulement un affrontement militaire : c'est le tournant sanglant de la Virée de Galerne et l'un des épisodes les plus controversés de la Révolution française. Depuis leur passage de la Loire à Saint-Florent-le-Vieil après Cholet (18 octobre 1793), près de 80 000 Vendéens, combattants certes, mais aussi familles, enfants, vieillards, prêtres, ont erré à travers le Maine, la Normandie (échec devant Granville) et la Bretagne (Laval, Angers manquée). Affamés, épuisés, tenaillés par la maladie, ils arrivent au Mans le 10 décembre dans l'espoir de s'y réorganiser.

Le 12 au soir, les colonnes républicaines de Westermann, Kléber et Marceau attaquent. Les Vendéens, commandés par Henri de La Rochejaquelein, Jean-Nicolas Stofflet et le prince de Talmont, résistent farouchement dans les rues. Le combat dégénère en massacre de rue au petit matin. Femmes et enfants tentent de fuir par les portes est et nord ; ils sont rattrapés, fusillés, piqués à la baïonnette, parfois brûlés dans les maisons. Place des Jacobins, au chevet de la cathédrale Saint-Julien, le chroniqueur mayennais rapporte des pyramides de cadavres. Les estimations, convergentes entre Reynald Secher, Alain Gérard et Jean-Clément Martin, oscillent entre 10 000 et 15 000 tués en une seule nuit, chiffre d'autant plus accablant que la population civile y domine.

Westermann écrit à la Convention, à chaud : « Les rues, les chemins, les champs sont jonchés de cadavres ; on ne saurait imaginer un spectacle plus déchirant […]. Nous avons fait de grands exemples. » Ce texte, cité dans l'ouvrage de Secher (1986), a contribué à la réévaluation historiographique contemporaine. L'historien Alain Gérard (Fayard, 1999) a montré combien la nuit du Mans relève destruction décrétée par la Convention le 1er août et le 1er octobre 1793.

La bataille achève la destruction militaire de la Grande Armée catholique et royale. Les survivants, sept à dix mille environ, fuient vers l'ouest et seront anéantis onze jours plus tard à Savenay (23 décembre 1793). La Virée de Galerne s'éteint là, dans la neige mancelle.

Bataille du Mans (12-13 décembre 1793)

  • Adresse : Place des Jacobins et cathédrale Saint-Julien, 72000 Le Mans, 72000 Le Mans, Voir sur la carte
  • Période : XVIIIe siècle
  • Événement : 12-13 décembre 1793
  • Protection : Cathédrale Saint-Julien classée Monument historique (liste de 1862) ; ensemble urbain Plantagenêt protégé
  • Affectation : Lieu de mémoire, pas de rattachement diocésain

Mémoire contemporaine

Chevet gothique de la cathédrale Saint-Julien du Mans
Cathédrale Saint-Julien, lieu des messes annuelles du Souvenir vendéen et repère urbain de la tragédie de 1793. Photo Selbymay, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Chaque année, une messe du Souvenir vendéen est célébrée à la cathédrale Saint-Julien, à une date proche du 13 décembre, en présence de représentants de l'Association du Souvenir vendéen. Plusieurs plaques privées rappellent les disparus dans les églises paroissiales du centre-ville. L'absence de mausolée public au Mans a été discutée dans l'enceinte municipale à plusieurs reprises, lors du bicentenaire de 1993 et lors du colloque international « Génocide vendéen ? » de 2017. L'association « Mémoire du futur » porte depuis 2007 un projet de mémorial aux victimes civiles, qui n'a pas encore abouti. La qualification de « génocide vendéen », défendue par Reynald Secher dès 1986, demeure débattue dans l'historiographie française, mais le massacre du Mans est désormais unanimement reconnu comme un épisode de violence de masse contre population civile.

Iconographie et citation d'époque

Gravure XIXe de la défaite vendéenne au Mans
La défaite des Vendéens au Mans, nuit du 12 au 13 décembre 1793, gravure de Yan' Dargent. Photo Jean-Édouard Dargent, Public domain, via Wikimedia Commons.
« Les rues, les chemins, les champs sont jonchés de cadavres ; on ne saurait imaginer un spectacle plus déchirant. », François-Joseph Westermann, rapport à la Convention, 14 décembre 1793.

Informations pratiques pour la visite

XVIIIe siècle de l'événement
1793 date-clé de l'événement
  • Adresse : Place des Jacobins et cathédrale Saint-Julien, 72000 Le Mans, 72000 Le Mans
  • GPS : 48.00690, 0.19890
  • Protection : Cathédrale Saint-Julien classée Monument historique (liste de 1862) ; ensemble urbain Plantagenêt protégé
  • Accès : lieu de mémoire librement accessible (sauf mentions contraires)

Accès : Le Mans est à 55 minutes de Paris par TGV (gare du Mans) et accessible par l'A11. La place des Jacobins et la cathédrale Saint-Julien sont en plein centre historique, accès libre permanent. Le Musée de Tessé (2 avenue de Paderborn) est ouvert du mardi au dimanche. Prévoir une demi-journée pour la cité Plantagenêt et la place des Jacobins. L'office de tourisme propose un parcours audio des guerres de Vendée.

Repères chronologiques

  • 18 octobre 1793, Passage de la Loire à Saint-Florent ; début de la Virée de Galerne.
  • 14 novembre 1793, Échec vendéen devant Granville ; repli vers le Maine.
  • 10 décembre 1793, Arrivée de l'armée vendéenne au Mans.
  • 12-13 décembre 1793, Bataille et massacre nocturne au Mans.
  • 23 décembre 1793, Anéantissement final à Savenay.
  • 1862, Classement de la cathédrale Saint-Julien (liste fondatrice MH).
  • 2017, Colloque international « Génocide vendéen ? » au Mans.

Pour aller plus loin

  • Reynald Secher, Le Génocide franco-français : la Vendée-Vengé, PUF, 1986
  • Alain Gérard, « Par principe d'humanité… » : la Terreur et la Vendée, Fayard, 1999
  • Jean-Clément Martin, La guerre de Vendée (1793-1800), Points Seuil, 2014

À découvrir sur France Éternelle

Questions fréquentes sur Bataille du Mans (12-13 décembre 1793)

Combien de Vendéens ont-ils été tués au Mans ?

Entre 10 000 et 15 000 personnes en une seule nuit (12-13 décembre 1793), dont une part majoritaire de femmes, d'enfants et de non-combattants de la Virée de Galerne. C'est l'un des massacres les plus importants de la Révolution française.

Quel est le rôle de la place des Jacobins ?

Située au chevet de la cathédrale Saint-Julien, elle concentre la mémoire du massacre. Les colonnes républicaines de Westermann y ont poussé les colonnes vendéennes en retraite ; les témoins parlent de « pyramides de cadavres » à l'aube du 13 décembre.

Existe-t-il un monument officiel au Mans ?

Non, c'est l'une des spécificités mémorielles : aucune stèle municipale ne commémore les victimes vendéennes. Seules des plaques privées dans les églises et des messes annuelles du Souvenir vendéen rappellent l'événement.

La cathédrale Saint-Julien est-elle protégée ?

Oui, classée Monument historique sur la liste fondatrice de 1862. Son chevet gothique rayonnant du XIIIe siècle surplombe la place des Jacobins, théâtre du massacre.

Sources

  • Wikidata, Q2884842 (Bataille du Mans (12-13 décembre 1793)).
  • Wikipédia, Bataille du Mans (12-13 décembre 1793).
  • Reynald Secher, Le Génocide franco-français : la Vendée-Vengé, PUF, 1986.
  • Alain Gérard, « Par principe d'humanité… » : la Terreur et la Vendée, Fayard, 1999.
  • Jean Tulard (dir.), Dictionnaire Napoléon, Fayard, 1987, notice « Virée de Galerne ».