Mortagne-sur-Sèvre, place forte vendéenne

Façade de l'église Saint-Pierre de Mortagne-sur-Sèvre
Église Saint-Pierre, cœur paroissial de Mortagne-sur-Sèvre, place forte vendéenne de la Sèvre Nantaise. Photo Spouik, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Mortagne-sur-Sèvre, place forte vendéenne en bref

  • Dénomination : lieu de mémoire, guerres de Vendée
  • Commune : Mortagne-sur-Sèvre (85, Pays de la Loire)
  • Période principale : XVIIIe siècle (événements) ; XIe-XIIe siècles (édifices)
  • Date de l'événement : Avril-octobre 1793 (prises et reprises successives)
  • Protection : Église Saint-Pierre inscrite Monument historique ; ancienne tour château médiéval protégée
  • Coordonnées GPS : 46.98440, -0.94720
  • Période des combats : Avril-octobre 1793 ; colonnes infernales, janvier 1794
  • Acteurs vendéens : Henri de La Rochejaquelein, Louis de Lescure, Charles de Bonchamps
  • Acteurs républicains : Jean-Baptiste Kléber, François Joseph Westermann
  • Bilan humain : Plusieurs centaines de tués en 1793 ; massacres des paroisses voisines en janvier 1794
  • Vestige médiéval : Tour à pans, ancien château des ducs de Mortagne
  • Classement : Église Saint-Pierre inscrite Monument historique (PA00110159)
  • Circuit mémoriel : Intégrée au circuit du Souvenir vendéen, proche de Saint-Laurent-sur-Sèvre

Sources : base Mérimée (PA00110159), Wikidata (Q860918). Ministère de la Culture, licence ouverte.

Histoire de Mortagne-sur-Sèvre, place forte vendéenne

Perchée sur un éperon dominant la Sèvre Nantaise, Mortagne-sur-Sèvre commande depuis le Moyen Âge l'un des verrous stratégiques du Haut-Bocage vendéen. Sa position frontalière entre Anjou, Poitou et Bretagne en fait dès avril 1793 un point disputé des guerres de Vendée. Le bourg est pris et repris plusieurs fois : d'abord aux mains des insurgés de Henri de La Rochejaquelein et de Louis de Lescure, il est enlevé en juin par les colonnes républicaines de Westermann, reconquis par les Vendéens à l'été, puis définitivement perdu au retour de la Virée de Galerne fin décembre.

Les combats les plus sanglants se déroulent lors du passage des colonnes infernales du général Turreau, en janvier et février 1794. Les paroisses voisines, Saint-Aubin-des-Ormeaux, Les Épesses, Saint-Laurent-sur-Sèvre, subissent massacres, incendies et pillages systématiques. Le bocage, maillage de haies et de chemins creux, avait jusque-là offert aux Vendéens un avantage tactique ; la stratégie de la terre brûlée de Turreau entend en détruire à la fois la population et les paysages. Anne Rolland-Boulestreau a reconstitué l'itinéraire précis de la colonne du général Grignon dans ces paroisses.

Mortagne subit aussi une épuration religieuse : les prêtres réfractaires des environs sont traqués, plusieurs sont exécutés à Fontenay ou à Nantes. L'église Saint-Pierre, dépouillée et profanée, ne sera reconstruite qu'au XIXe siècle sur ses bases romanes. À quelques kilomètres, la communauté des Filles de la Sagesse, fondée par Louis-Marie Grignion de Montfort à Saint-Laurent-sur-Sèvre, voit plusieurs de ses sœurs martyrisées.

Reynald Secher et Alain Gérard ont souligné que la stratégie républicaine dans le Haut-Bocage relève destruction planifiée, inaugurée par les décrets de la Convention du 1er août et du 1er octobre 1793 ordonnant la « destruction » de la Vendée. Le cas de Mortagne en offre un exemple documenté, étudié dans les archives paroissiales dépouillées par l'abbé Deniau au XIXe siècle.

Mortagne-sur-Sèvre, place forte vendéenne

  • Adresse : Église Saint-Pierre, place de l'Église, 85290 Mortagne-sur-Sèvre, 85290 Mortagne-sur-Sèvre, Voir sur la carte
  • Période : XVIIIe siècle (événements) ; XIe-XIIe siècles (édifices)
  • Événement : Avril-octobre 1793 (prises et reprises successives)
  • Protection : Église Saint-Pierre inscrite Monument historique ; ancienne tour château médiéval protégée
  • Affectation : Lieu de mémoire, pas de rattachement diocésain

Mémoire contemporaine

Paysage de bocage à Mortagne-sur-Sèvre
Le bocage de Mortagne-sur-Sèvre : paysage-type de la Vendée militaire, propice aux embuscades vendéennes. Photo Surkål, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Mortagne-sur-Sèvre s'inscrit aujourd'hui dans le circuit du Souvenir vendéen, qui relie les principaux lieux de mémoire du Haut-Bocage : Saint-Laurent-sur-Sèvre et la basilique Saint-Louis-Marie-Grignion-de-Montfort (quatre kilomètres), Les Épesses et le Puy du Fou (douze kilomètres), Tiffauges (vingt kilomètres). Chaque année, le dimanche le plus proche du 19 mars (fête de saint Joseph), l'Association du Souvenir vendéen organise un pèlerinage dans les paroisses martyres. La commune entretient les stèles aux croisées des chemins et les calvaires expiatoires du XIXe siècle.

Iconographie et citation d'époque

Gravure de la tour médiévale de Mortagne-sur-Sèvre par Octave de Rochebrune
La « Tour à pans » de Mortagne, vestige du château médiéval, gravée par Octave de Rochebrune en 1863. Photo Rochebrune, Octave de (1824-1900). Graveur. Donateur, Public domain, via Wikimedia Commons.
« La Vendée n'est plus, selon l'expression qu'on lui [Westermann] fait adopter. Elle revivra. Elle est, elle sera. », Reynald Secher, La Vendée-Vengé, 1986.

Informations pratiques pour la visite

XVIIIe siècle de l'événement
1793 date-clé de l'événement
  • Adresse : Église Saint-Pierre, place de l'Église, 85290 Mortagne-sur-Sèvre, 85290 Mortagne-sur-Sèvre
  • GPS : 46.98440, -0.94720
  • Protection : Église Saint-Pierre inscrite Monument historique ; ancienne tour château médiéval protégée
  • Accès : lieu de mémoire librement accessible (sauf mentions contraires)

Accès : Mortagne-sur-Sèvre se trouve sur la D960B, à 12 km du Puy du Fou, 25 km de Cholet et 55 km de Nantes. Stationnement place de l'Église. Visite libre du bourg médiéval, de la Tour à pans et de l'église Saint-Pierre. L'office de tourisme du Pays de Mortagne propose des parcours thématiques sur les guerres de Vendée. Compter 2 heures pour une visite complète avec Saint-Laurent-sur-Sèvre.

Repères chronologiques

  • Avril 1793, Insurrection vendéenne ; prise de Mortagne par La Rochejaquelein.
  • Juin 1793, Reconquête républicaine par Westermann.
  • Octobre 1793, Nouvelle prise par les Vendéens avant la Virée de Galerne.
  • Janvier-février 1794, Passage des colonnes infernales de Turreau ; massacres des paroisses voisines.
  • 1863, Gravure de la Tour à pans par Octave de Rochebrune.
  • XIXe siècle, Reconstruction de l'église Saint-Pierre sur bases romanes.
  • 1988, Inscription de l'église Saint-Pierre aux Monuments historiques.

Pour aller plus loin

  • Reynald Secher, La Vendée-Vengé. Le Génocide franco-français, PUF, 1986
  • Anne Rolland-Boulestreau, Les colonnes infernales, Fayard, 2015
  • Alain Gérard, La Vendée, 1789-1793, Champ Vallon, 1992

À découvrir sur France Éternelle

Questions fréquentes sur Mortagne-sur-Sèvre, place forte vendéenne

Pourquoi Mortagne est-elle un lieu de mémoire vendéen ?

Place forte perchée au-dessus de la Sèvre Nantaise, Mortagne commande un verrou stratégique du Haut-Bocage. Prise et reprise à plusieurs reprises en 1793, elle subit les massacres des colonnes infernales en janvier 1794.

Qu'est-ce que la Tour à pans de Mortagne ?

C'est l'unique vestige de l'ancien château des ducs de Mortagne : une tour polygonale en granit du XIVe siècle, gravée par Octave de Rochebrune en 1863.

L'église Saint-Pierre est-elle d'origine ?

Non, elle a été reconstruite au XIXe siècle sur des fondations romanes du XIe-XIIe siècle, après les dévastations révolutionnaires. Le chevet est inscrit Monument historique (PA00110159).

Peut-on suivre un circuit mémoriel autour de Mortagne ?

Oui : l'Association du Souvenir vendéen propose un circuit reliant Mortagne, Saint-Laurent-sur-Sèvre (basilique Montfort), Les Épesses, Le Puy du Fou et Tiffauges, cœur du Haut-Bocage martyr.

Sources

  • Base Mérimée, notice PA00110159, Ministère de la Culture, licence ouverte.
  • Wikidata, Q860918 (Mortagne-sur-Sèvre, place forte vendéenne).
  • Wikipédia, Mortagne-sur-Sèvre, place forte vendéenne.
  • Reynald Secher, La Vendée-Vengé. Le Génocide franco-français, PUF, 1986.
  • Alain Gérard, La Vendée, 1789-1793, Champ Vallon, 1992.
  • Jean-Clément Martin, La guerre de Vendée (1793-1800), Points Seuil, 2014.