Champ de bataille de Cholet (17 octobre 1793)

Vue de la place Travot à Cholet, lieu central de mémoire vendéenne
Place Travot, Cholet, cœur mémoriel de la ville qui a donné son nom à la bataille du 17 octobre 1793. Photo The original uploader was Frombenny at French Wikipedia., CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Champ de bataille de Cholet (17 octobre 1793) en bref

  • Dénomination : lieu de mémoire, guerres de Vendée
  • Commune : Cholet (49, Pays de la Loire)
  • Période principale : XVIIIe siècle
  • Date de l'événement : 17 octobre 1793
  • Protection : Musée labellisé Musée de France ; toiles inscrites à l'inventaire des Musées de France
  • Coordonnées GPS : 47.06060, -0.87800
  • Date de l'événement : 17 octobre 1793
  • Acteurs vendéens : Maurice d'Elbée (blessé), Charles de Bonchamps (mortellement blessé), Henri de La Rochejaquelein, Jean-Nicolas Stofflet
  • Acteurs républicains : Jean-Baptiste Kléber, François Joseph Westermann, Jean Léchelle, François Séverin Marceau
  • Bilan humain : Environ 8 000 morts vendéens, 4 000 républicains, défaite majeure de l'Armée catholique et royale
  • Conséquence stratégique : Déclenchement de la Virée de Galerne et repli vers la Loire
  • Classement : Musée labellisé Musée de France ; toiles inscrites à l'inventaire
  • Lieu de mémoire : Statue de Bonchamps par David d'Angers (1825), place Travot

Sources : Wikidata (Q2884865). Ministère de la Culture, licence ouverte.

Histoire de Champ de bataille de Cholet (17 octobre 1793)

Au matin du 17 octobre 1793, les plaines qui s'étendent au sud de Cholet deviennent le théâtre de l'affrontement le plus meurtrier des guerres de Vendée. Depuis l'été, la Grande Armée catholique et royale a multiplié les victoires contre les républicains. Mais la Convention a expédié sur place l'armée de Mayence, troupes aguerries rentrées d'Allemagne, commandées par Jean-Baptiste Kléber, François Séverin Marceau et François Joseph Westermann. Face à eux, les généraux Maurice d'Elbée, Charles de Bonchamps, Henri de La Rochejaquelein et Jean-Nicolas Stofflet rassemblent environ 40 000 hommes, paysans armés de faux et fusils de chasse, encadrés par quelques dizaines de nobles et de prêtres réfractaires.

Le choc se produit en fin d'après-midi, au sud de la ville. Les Vendéens attaquent en masse et enfoncent d'abord les lignes républicaines. Mais les colonnes de Mayence, disciplinées et soutenues par une artillerie redoutable, se ressaisissent. Bonchamps est mortellement blessé d'un coup de feu au ventre ; d'Elbée reçoit quatorze blessures et doit être emporté. Privée de ses chefs, l'Armée catholique et royale reflue dans la confusion. Au crépuscule, Cholet tombe aux mains des Bleus. On compte environ 8 000 morts côté vendéen et 4 000 côté républicain.

La conséquence est immédiate : dans la nuit, près de 80 000 Vendéens, combattants, femmes, enfants, vieillards, franchissent la Loire à Saint-Florent-le-Vieil. C'est le début de la Virée de Galerne, errance tragique de deux mois à travers le Maine, la Normandie et la Bretagne, qui s'achèvera dans le charnier du Mans et l'anéantissement de Savenay. Avant de mourir, Bonchamps dicte son ordre fameux : « Grâce aux prisonniers ! » ; cinq mille républicains captifs à Saint-Florent sont épargnés. Ce geste, immortalisé par David d'Angers, devient l'un des mythes fondateurs de la mémoire vendéenne.

La défaite de Cholet marque le tournant militaire de la première guerre de Vendée. Elle prépare les colonnes infernales de Turreau de janvier 1794, qui achèveront de ravager le Bocage. Reynald Secher et Anne Rolland-Boulestreau ont montré combien l'événement relève d'extermination planifiée par le Comité de salut public.

Champ de bataille de Cholet (17 octobre 1793)

  • Adresse : Musée d'Art et d'Histoire, 27 avenue de l'Abreuvoir, 49300 Cholet, 49300 Cholet, Voir sur la carte
  • Période : XVIIIe siècle
  • Événement : 17 octobre 1793
  • Protection : Musée labellisé Musée de France ; toiles inscrites à l'inventaire des Musées de France
  • Affectation : Lieu de mémoire, pas de rattachement diocésain

Mémoire contemporaine

Portrait peint de Jacques Cathelineau, généralissime vendéen
Jacques Cathelineau, premier généralissime de l'Armée catholique et royale, peint par Girodet-Trioson (Musée de Cholet). Photo GO69, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.

Cholet demeure aujourd'hui la capitale mémorielle de la Vendée militaire. Chaque année, messes du Souvenir vendéen, conférences et commémorations ponctuent l'automne ; le Musée d'Art et d'Histoire accueille régulièrement des expositions consacrées aux figures vendéennes. L'association du Souvenir vendéen, fondée en 1933 et reconnue d'utilité publique, entretient un réseau de stèles dans toute la région. Sur le plan historiographique, la ville a vu se tenir en 1993 le grand colloque du bicentenaire sous la présidence d'Alain Gérard, qui marque l'entrée définitive de la Vendée dans l'histoire savante. La reconstruction gothique de l'église Notre-Dame et les noms de rues (rue Travot, rue Bonchamps, rue Cathelineau) inscrivent le martyre dans l'espace urbain.

Iconographie et citation d'époque

Henri de La Rochejaquelein combattant à Cholet, tableau du XIXe siècle
Henri de La Rochejaquelein à la bataille de Cholet, 17 octobre 1793, par Paul-Émile Boutigny. Photo Paul Émile Boutigny, Public domain, via Wikimedia Commons.
« Grâce aux prisonniers ! », Charles de Bonchamps, mourant, 18 octobre 1793 (rapporté par le mémorialiste Lucas de La Championnière).

Informations pratiques pour la visite

XVIIIe siècle de l'événement
1793 date-clé de l'événement
  • Adresse : Musée d'Art et d'Histoire, 27 avenue de l'Abreuvoir, 49300 Cholet, 49300 Cholet
  • GPS : 47.06060, -0.87800
  • Protection : Musée labellisé Musée de France ; toiles inscrites à l'inventaire des Musées de France
  • Accès : lieu de mémoire librement accessible (sauf mentions contraires)

Accès : Cholet est desservie par la gare SNCF (ligne Nantes-Cholet) et l'autoroute A87 (sortie 27). Le Musée d'Art et d'Histoire, 27 avenue de l'Abreuvoir, ouvre du mercredi au dimanche (fermé le lundi et le mardi) ; tarif 2026 autour de 4 €. La place Travot est en accès libre permanent. Prévoir une demi-journée pour associer musée, place Travot et cimetière.

Repères chronologiques

  • Printemps 1793, Insurrection vendéenne ; Cholet prise et reprise plusieurs fois.
  • 15 octobre 1793, Première bataille de Cholet, victoire républicaine incomplète.
  • 17 octobre 1793, Seconde bataille de Cholet, défaite vendéenne décisive, Bonchamps mortellement blessé.
  • 18 octobre 1793, Passage de la Loire à Saint-Florent-le-Vieil ; grâce aux prisonniers.
  • Novembre-décembre 1793, Virée de Galerne jusqu'au Mans et Savenay.
  • 1825, Inauguration de la statue de Bonchamps par David d'Angers, place Travot.
  • 1993, Colloque du bicentenaire sous la présidence d'Alain Gérard.

Pour aller plus loin

  • Reynald Secher, Le Génocide franco-français : la Vendée-Vengé, PUF, 1986 (rééd. Perrin, 2006)
  • Anne Rolland-Boulestreau, Les colonnes infernales. Violences et guerre civile en Vendée militaire (1794-1795), Fayard, 2015
  • Jean-Clément Martin, La guerre de Vendée (1793-1800), Points Seuil, 2014

À découvrir sur France Éternelle

Questions fréquentes sur Champ de bataille de Cholet (17 octobre 1793)

Quand a eu lieu la bataille de Cholet ?

Le 17 octobre 1793, au sud de la ville. Elle oppose l'Armée catholique et royale (d'Elbée, Bonchamps, La Rochejaquelein) aux colonnes républicaines de Kléber, Marceau et Westermann.

Quel est le bilan humain de la bataille ?

Environ 8 000 morts côté vendéen et 4 000 côté républicain. Bonchamps est mortellement blessé ; d'Elbée reçoit quatorze blessures.

Qu'est-ce que la « grâce aux prisonniers » de Bonchamps ?

Mourant, Bonchamps ordonne l'épargne des 5 000 prisonniers républicains détenus à Saint-Florent-le-Vieil. Ce geste est immortalisé par la statue de David d'Angers (1825).

Que peut-on visiter aujourd'hui à Cholet ?

Le Musée d'Art et d'Histoire (galerie permanente des guerres de l'Ouest) et la place Travot avec la statue de Bonchamps constituent le cœur mémoriel. La ville a été reconstruite au XIXe siècle.

Sources

  • Wikidata, Q2884865 (Champ de bataille de Cholet (17 octobre 1793)).
  • Wikipédia, Champ de bataille de Cholet (17 octobre 1793).
  • Reynald Secher, Le Génocide franco-français : la Vendée-Vengé, PUF, 1986 (rééd. Perrin, 2006).
  • Jean Tulard (dir.), Dictionnaire Napoléon, Fayard, 1987, art. « Vendée ».
  • Anne Rolland-Boulestreau, Les colonnes infernales. Violences et guerre civile en Vendée militaire (1794-1795), Fayard, 2015.