Henri III de France
Biographie de Henri III
Quatrième fils d'Henri II et de Catherine de Médicis, Henri d'Anjou naît à Fontainebleau le 19 septembre 1551. Enfant brillant, polyglotte et d'une piété marquée, il fonde plus tard la confrérie des Pénitents blancs de l'Annonciation, il reçoit une éducation humaniste raffinée. Vainqueur des protestants à Jarnac et Moncontour en 1569, il devient le héros militaire du parti catholique. Élu roi de Pologne en mai 1573, il est couronné à Cracovie ; mais la mort de son frère Charles IX, le 30 mai 1574, le rappelle en France après une fuite spectaculaire de Varsovie.
Sacré à Reims le 13 février 1575, il épouse deux jours plus tard Louise de Vaudémont, princesse de la maison de Lorraine, par inclination personnelle. Le règne s'ouvre sur une cinquième guerre de Religion qui se conclut par la Paix de Monsieur et l'Édit de Beaulieu (mai 1576), large concession aux protestants. La réaction catholique est immédiate : Henri de Guise fonde la Sainte Ligue, contraignant le roi à se proclamer son chef et à révoquer une partie des libertés accordées.
Politique fin et travailleur infatigable, Henri III réorganise l'État : il crée par l'édit du 31 décembre 1578 l'Ordre du Saint-Esprit, plus haut ordre de chevalerie de la monarchie ; il promulgue le code Henri III (1587) qui systématise la législation royale. Mais la Guerre des Trois Henri (1585-1589) et la Journée des Barricades du 12 mai 1588 le chassent de Paris. Il fait assassiner Henri de Guise et son frère le cardinal de Lorraine à Blois (23-24 décembre 1588), puis se réconcilie avec Henri de Navarre. Le moine ligueur Jacques Clément le poignarde à Saint-Cloud le 1ᵉʳ août 1589 ; il meurt le lendemain, désignant Navarre pour successeur.
Le règne
Politiquement, le règne d'Henri III est celui d'un souverain encerclé qui tente de maintenir la souveraineté royale entre la Ligue ultra-catholique et le parti huguenot. Son œuvre administrative, création des secrétaires d'État spécialisés, ordonnance de Blois de 1579 codifiant la justice, réforme des finances par Bellièvre et Pomponne de Bellièvre, anticipe l'absolutisme du XVIIᵉ siècle. Sur le plan religieux, sa dévotion personnelle est sincère : pèlerinages à Chartres, processions de Pénitents, fondation de l'Ordre du Saint-Esprit qui lie la haute noblesse à la couronne par un serment chevaleresque catholique. Militairement, il subit les défaites de Coutras (1587) face à Navarre et l'humiliation des Barricades. Son ralliement final à Henri de Navarre, scellé au camp de Plessis-lez-Tours en avril 1589, sauve la légitimité dynastique au prix de sa vie.
Événements majeurs
- Élu roi de Pologne (1573) avant de monter sur le trône de France (1574)
- Sacre à Reims le 13 février 1575
- Fondation de l'Ordre du Saint-Esprit (1578), plus haut ordre de chevalerie
- Guerres de Religion : Édit de Beaulieu (1576) accordant des libertés aux protestants
- Guerre des Trois Henri (1585-1589) opposant Henri III, Henri de Guise et Henri de Navarre
- Journée des Barricades à Paris (12 mai 1588), fuite du roi vers Chartres
- Assassinat du duc de Guise et du cardinal de Lorraine à Blois (décembre 1588)
- Assassinat par le moine Jacques Clément le 1er août 1589 à Saint-Cloud (mort le 2 août)
Héritage et postérité
Dernier roi Valois, Henri III incarne une figure tragique des guerres de Religion. Esthète raffiné et politique habile, fondateur de l'Ordre du Saint-Esprit, il fut le dernier Valois à régner avant l'avènement des Bourbons avec Henri IV. Son assassinat marque la fin de trois siècles de règne capétien direct.
Sur ses pas, lieux à visiter aujourd'hui
- Château de Fontainebleau (naissance)
- Cathédrale de Reims (sacre 1575)
- Château de Blois (assassinat des Guise 1588)
- Château de Saint-Cloud (assassinat 1589)
- Compiègne (sépulture provisoire avant Saint-Denis)
« Le roi de Navarre est mon vrai héritier ; c'est un prince bien né, à grande vertu, et de bonne race. », Henri III, propos sur son lit de mort, rapportés par Pierre de L'Estoile, *Journal pour le règne de Henri III* (août 1589).
Pour aller plus loin
- Pierre Chevallier, *Henri III, roi shakespearien*, Fayard, 1985.
- Jacqueline Boucher, *La Cour de Henri III*, Ouest-France, 1986.
- Pierre de L'Estoile, *Mémoires-journaux*, édition Brunet-Champollion, 12 vol., 1875-1896.
À découvrir sur France Éternelle
- Annuaire des rois de France
- Annuaire des cathédrales de France
- Cathédrale Notre-Dame de Reims, sacre des rois de France
- Basilique de Saint-Denis, nécropole royale
- Louis XII, roi de France (Valois-Orléans)
- Charles IX, roi de France (Valois)
- François II, roi de France (Valois)
Questions fréquentes sur Henri III
Comment Henri III est-il mort ?
Il fut poignardé au bas-ventre par le moine dominicain Jacques Clément le 1ᵉʳ août 1589 au château de Saint-Cloud, alors qu'il assiégeait Paris avec Henri de Navarre. Il mourut le lendemain à 2 heures du matin.
Pourquoi Henri III a-t-il fait assassiner les Guise à Blois ?
Henri de Guise, chef de la Ligue, l'avait humilié lors de la Journée des Barricades (12 mai 1588) et menaçait la souveraineté royale. Le roi le fit tuer le 23 décembre 1588 dans son cabinet, et son frère le cardinal le lendemain.
Qu'est-ce que l'Ordre du Saint-Esprit ?
Fondé par Henri III le 31 décembre 1578, c'est le plus haut ordre de chevalerie de l'Ancien Régime. Il liait cent chevaliers à la personne du roi par un serment de fidélité catholique. Il fut supprimé en 1830.
Henri III a-t-il eu des enfants ?
Non, il n'eut aucun enfant de Louise de Vaudémont malgré quatorze ans de mariage. Sa mort sans postérité légitime mit fin à la branche directe des Valois et appela les Bourbons au trône en la personne d'Henri IV.
Sources
- Wikipédia, Henri III de France.
- Base Mérimée, notice sur Saint-Denis (lieu associé).