L'oriflamme de Saint-Denis
L'essentiel en bref
L'oriflamme de Saint-Denis était l'étendard de guerre des rois de France, un drapeau de soie rouge semé de flammes d'or, conservé sur l'autel de l'abbaye de Saint-Denis. Levée à partir de 1124 sous Louis VI le Gros, elle plaçait l'armée royale sous la protection de saint Denis, patron du royaume.
Étendard sacré plus que blason, l'oriflamme de Saint-Denis occupe une place à part parmi les symboles royaux de la France médiévale. Ce n'étaient pas des armoiries portées sur un écu, mais une véritable bannière de guerre, tirée du trésor de l'abbaye de Saint-Denis et confiée au roi avant le départ en campagne. Pendant près de trois siècles, du règne de Louis VI le Gros jusqu'à la bataille d'Azincourt, elle a accompagné les armées capétiennes et valoisiennes, mêlant le souvenir d'un martyr chrétien, la mémoire carolingienne et la souveraineté du roi très chrétien.
Que signifie l'oriflamme de Saint-Denis ?
L'oriflamme de Saint-Denis est l'étendard que les rois de France levaient en temps de guerre, conservé en temps de paix sur l'autel de l'abbaye royale de Saint-Denis, nécropole des souverains. Son nom même, oriflamme, vient de l'ancien français orie flambe, la flamme d'or : il décrit son étoffe rouge ardente, parsemée de langues de feu dorées. Lever l'oriflamme signifiait que le roi prenait personnellement la tête de l'ost et engageait le royaume dans un combat placé sous une protection sacrée.
Sa portée est d'abord religieuse et symbolique. Le rouge évoque le sang du martyre de saint Denis, premier évêque de Paris décapité au IIIe siècle, tenu pour le patron céleste des rois de France. En confiant l'oriflamme au souverain, l'abbaye plaçait l'armée sous le patronage du saint, faisant de cette bannière de guerre un signe de la vocation chrétienne du royaume autant qu'un emblème militaire. Elle n'a jamais relevé du droit héraldique au sens strict : c'était une relique-étendard, non un blason transmissible.
Origine et histoire de l'étendard royal
L'histoire documentée de l'oriflamme commence en 1124. Face à la menace d'une invasion de l'empereur germanique Henri V sur la Champagne, le roi Louis VI le Gros se rend à l'abbaye de Saint-Denis et y prend l'étendard sur l'autel. L'épisode est rapporté par l'abbé Suger, ministre et biographe du roi, qui raconte que le souverain reconnaît alors en saint Denis le patron singulier et, après Dieu, le protecteur incomparable du royaume. À l'origine, cette bannière était l'étendard du comté du Vexin, dont l'abbaye était suzeraine et le roi le vassal : en la levant, Louis VI agissait aussi comme avoué de l'abbaye.
Très vite, la mémoire médiévale rattache l'oriflamme à Charlemagne : entre 1240 et 1260, des chroniqueurs l'assimilent à la bannière de l'empereur, prolongeant la tradition de la Chanson de Roland. Cette filiation, en partie légendaire, ancrait la royauté capétienne dans l'héritage carolingien. Du XIIe au XVe siècle, les rois la firent porter dans leurs plus grandes campagnes par un chevalier choisi, le porte-oriflamme, jusqu'à la bataille d'Azincourt, le 25 octobre 1415, où son dernier porteur connu, le seigneur de Bacqueville, fut tué. Après ce désastre, l'oriflamme cessa d'être déployée.
Description et héraldique de l'oriflamme
Contrairement aux écus de la noblesse, l'oriflamme ne se décrit pas par un blasonnement classique, mais par sa forme d'étendard. Les sources la présentent comme une bande de soie ou de taffetas rouge (de gueules), semée de flammes d'or, frangée de vert et fixée à une hampe par des anneaux. Son bord était découpé en plusieurs pointes ou queues, généralement trois ou cinq, qui flottaient comme des langues de feu. Sur un vitrail de la cathédrale de Chartres, l'étoffe apparaît rouge, ses houppes blanches et ses anneaux d'attache verts, ce qui confirme la dominante de gueules.
Le rouge et l'or ne sont pas choisis au hasard. Le rouge renvoie au sang du martyre et à la couleur impériale, tandis que les flammes dorées furent interprétées comme les langues de feu de la Pentecôte. À ce titre, l'oriflamme se rattache à la grande famille des symboles chrétiens du royaume, au même titre que les fleurs de lys qui ornent par ailleurs les armes de France. Pour situer ce vocabulaire des couleurs et des figures, on peut se reporter aux principes de l'héraldique et des blasons.
Le cri Montjoie Saint-Denis et la postérité
L'oriflamme est indissociable du cri d'armes des rois de France : Montjoie Saint-Denis. Le mot montjoie désignait la bannière de l'armée royale, et l'invocation à saint Denis y fut ajoutée précisément à l'époque où l'on commença à lever l'oriflamme, sous Louis VI. Lancé au moment de la charge, ce cri ralliait les combattants autour de l'étendard et du saint patron. Il prend toute sa place parmi les devises et cris de guerre de l'histoire de France.
Aujourd'hui, l'oriflamme de Saint-Denis n'existe plus à l'état d'original : les exemplaires médiévaux ont disparu, et on ne la connaît que par les textes, les enluminures et les vitraux. Elle demeure un objet d'étude pour les historiens et un repère patrimonial, évoqué dans la basilique de Saint-Denis où reposent les rois, et lieu majeur des grands sanctuaires de France. Comme emblème, elle éclaire la culture des symboles de la France ancienne, à comprendre dans son contexte historique et religieux, sans transposition dans les débats contemporains.
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Questions fréquentes
Pourquoi l'oriflamme de Saint-Denis était-elle rouge ?
Le rouge de l'oriflamme évoque le sang du martyre de saint Denis, premier évêque de Paris, ainsi que la couleur impériale. Les flammes d'or qui la parsèment furent interprétées comme les langues de feu de la Pentecôte. C'était un étendard sacré, et non un blason classique.
Qui a créé l'oriflamme de Saint-Denis ?
On attribue généralement la mise en valeur de l'oriflamme à l'abbé Suger, ministre de Louis VI le Gros. En 1124, le roi prit cet étendard sur l'autel de l'abbaye de Saint-Denis avant de marcher contre l'empereur germanique. À l'origine, c'était la bannière du comté du Vexin, fief de l'abbaye.
Quand l'oriflamme de Saint-Denis a-t-elle été utilisée pour la dernière fois ?
L'oriflamme fut déployée pour la dernière fois à la bataille d'Azincourt, le 25 octobre 1415, où son porteur, le seigneur de Bacqueville, fut tué. Après ce désastre, les rois de France cessèrent de la faire porter au combat.
Sources : Sources : Wikipédia (Oriflamme de Saint-Denis ; Montjoie Saint-Denis), Encyclopædia Universalis, vie de Louis VI le Gros par l'abbé Suger.
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