Pèlerinages en France : mille ans de chemins, de Compostelle au Mont-Saint-Michel

Marcher pour prier, prier pour marcher : la formule, attribuée à un moine cistercien anonyme du XIIᵉ siècle, dit assez ce que la vieille terre de France doit à ces longues files de pèlerins, bourdon en main, coquille à l'épaule, sandales poudreuses, qui depuis le haut Moyen Âge sillonnent ses voies romaines, ses sentiers de crête, ses gués bordés d'aulnes, jusqu'à toucher le seuil d'un sanctuaire. Il n'est pas, dans la chrétienté occidentale, de territoire qui ait à ce point été modelé par le pèlerinage : la France entière est à la fois lieu de départ, vers Rome ou Saint-Jacques, lieu de passage, par la Via Tolosana ou la baie du Mont, et lieu d'arrivée, à Lourdes, à Lisieux, à Chartres, à Rocamadour, à Paray-le-Monial. Cartographier la France des pèlerinages, ce n'est pas seulement dresser l'inventaire de quelques basiliques célèbres : c'est entrer dans la longue mémoire d'un peuple qui, des moines de Cluny aux pèlerins de Notre-Dame de Chrétienté, n'a jamais cessé de se mettre en route. Cette chronique propose d'en parcourir les grandes voies, les sanctuaires majeurs, les traditions diocésaines, et de donner au pèlerin du XXIᵉ siècle, qu'il soit chevronné ou novice, les clés pratiques et spirituelles d'une démarche dont saint Augustin disait déjà qu'elle est « l'image visible de notre marche intérieure vers Dieu ».

Le grand pèlerinage : Saint-Jacques-de-Compostelle, quatre chemins français

Il faut, pour bien comprendre l'extraordinaire vitalité du pèlerinage compostellan en terre de France, remonter au tout début du IXᵉ siècle, quand un ermite de Galice nommé Pélage découvrit, dans un champ étoilé, campus stellae, dit la tradition, les reliques que la mémoire chrétienne identifia sans tarder à celles de l'apôtre saint Jacques le Majeur, fils de Zébédée et frère de saint Jean. L'évêque Théodemir d'Iria Flavia, vers 813, authentifia la trouvaille ; le roi Alphonse II des Asturies y fit élever une première chapelle ; et bientôt, des confins de la chrétienté, on accourut. Pour les fidèles d'au-delà des Pyrénées, le chemin passait nécessairement par la France, et ce fut, à partir du XIᵉ siècle, sous l'impulsion conjointe de Cluny et des évêques aquitains, une géographie sacrée qui prit forme, structurée autour de quatre grandes routes que la postérité a retenues sous leurs noms latins.

La première, la Via Turonensis, dite « chemin de Tours » ou « chemin de Paris », partait de la tour Saint-Jacques, vestige aujourd'hui solitaire de l'ancienne église Saint-Jacques-de-la-Boucherie, et descendait par Orléans, Tours, Poitiers, Saint-Jean-d'Angély et Bordeaux jusqu'à Ostabat au pied des Pyrénées. Elle drainait les pèlerins venus de Flandre, des Pays-Bas, des îles Britanniques. La deuxième, la Via Lemovicensis ou « chemin de Vézelay », partait de la basilique bourguignonne où sainte Marie-Madeleine, autre grande pèlerine d'Occident, était vénérée depuis le IXᵉ siècle, et passait par Bourges, Saint-Léonard-de-Noblat, Périgueux et La Réole. La troisième, la Via Podiensis, ou « chemin du Puy », ouverte selon la tradition par l'évêque Godescalc du Puy en 950-951, premier pèlerin d'Occident dont le voyage à Compostelle soit historiquement attesté, traversait l'Aubrac, Conques, Cahors, Moissac, et reste aujourd'hui le tronçon le plus parcouru. La quatrième enfin, la Via Tolosana ou « chemin d'Arles », partait du sanctuaire provençal de Saint-Trophime, drainait les pèlerins venus d'Italie et de Provence, passait par Saint-Gilles-du-Gard, Montpellier, Toulouse, où l'on vénérait l'apôtre Saturnin, puis Auch, jusqu'au col du Somport, point de franchissement pyrénéen distinct de Roncevaux où aboutissaient les trois autres voies.

Cette structure quaternaire n'est pas une construction tardive d'érudits du XIXᵉ siècle : elle est explicitement décrite, vers 1140, dans le célèbre Codex Calixtinus, manuscrit conservé à la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, dont le cinquième livre, attribué au moine poitevin Aymeric Picaud, constitue le premier guide touristique et spirituel de l'histoire de l'Occident. Picaud y décrit les étapes, signale les eaux potables et celles qui ne le sont pas, prévient des passeurs de Gironde malhonnêtes, conseille les sanctuaires à visiter en chemin, Saint-Martin de Tours, Saint-Léonard de Noblat, Sainte-Foy de Conques, Saint-Sernin de Toulouse, recense les langues, les nourritures, les mœurs des peuples traversés. Il ne dissimule rien, ni la rudesse des Basques, ni la beauté des Béarnais, ni les pièges du col d'Aspe. Il chante avant tout la liturgie compostellane et la gloire de l'apôtre. Le Codex Calixtinus demeure, neuf siècles après sa rédaction, l'une des sources fondatrices de l'identité compostellane et le socle documentaire sur lequel l'UNESCO s'est appuyé pour son inscription patrimoniale.

Cette inscription, prononcée en 1998, retient sous l'appellation officielle « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France » un ensemble de 78 monuments et 7 sections de sentier répartis sur les quatre voies. Parmi ces monuments figurent, en pure justice, les grandes étapes que tout pèlerin reconnaît : la cathédrale du Puy-en-Velay et l'hôtel-Dieu Saint-Jacques, l'abbatiale Sainte-Foy de Conques avec son tympan du Jugement, l'abbatiale Saint-Pierre de Moissac et son cloître, la cathédrale Saint-Étienne de Cahors, l'église Saint-Jacques d'Aubrac, la cathédrale Saint-Bertrand-de-Comminges au pied des Pyrénées, la basilique Saint-Sernin de Toulouse, le plus grand édifice roman conservé d'Occident, la basilique Saint-Martin de Tours, la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay, la cathédrale Saint-Front de Périgueux, l'hôpital Saint-Jacques de Pons, le pont d'Aiguilhe, la collégiale d'Olorons-Sainte-Marie. Les 7 sections de sentier protégées totalisent environ 160 kilomètres préservés dans leur tracé médiéval, dont le mythique passage du plateau de l'Aubrac entre Nasbinals et Saint-Chély, et la vallée du Célé entre Figeac et Cahors. Sur ces voies, des associations diocésaines et des refuges paroissiaux ont reconstitué un réseau d'accueil, héritier des hospices médiévaux où les pèlerins recevaient, comme l'exigeait la règle bénédictine, le pain, le sel et l'eau bénite, gratuitement, en mémoire du Christ pèlerin d'Emmaüs.

Le pèlerin compostellan reçoit, à son départ ou en chemin, la credencial, passeport de pèlerin, qu'il fait tamponner dans chaque sanctuaire, refuge ou paroisse. Arrivé à Saint-Jacques après avoir parcouru au moins les cent derniers kilomètres à pied (ou deux cents à vélo), il reçoit à l'office des pèlerins de la cathédrale la Compostela, certificat latin attestant l'accomplissement du voyage causa devotionis. La cérémonie de l'encensoir géant, le botafumeiro, balancé à travers la nef sur huit mètres de course par six tiraires en aube rouge, conclut traditionnellement le pèlerinage et constitue l'un des spectacles liturgiques les plus impressionnants du catholicisme. On consultera, pour approfondir, notre fiche dédiée à Saint-Jacques-de-Compostelle et celles consacrées aux étapes majeures : Le Puy-en-Velay, Conques, Vézelay, Saint-Bertrand-de-Comminges.

Pour les chrétiens médiévaux, Compostelle s'inscrivait dans une trinité de pèlerinages majeurs : Jérusalem, Rome, Compostelle, qui tous trois conféraient l'indulgence plénière. Aujourd'hui, plus de 438 000 pèlerins par an reçoivent la Compostela à Santiago (chiffre 2023), dont une part croissante de Français redécouvrant ce qu'un philosophe contemporain a nommé « la dernière grande aventure spirituelle de l'Occident ».

Le Mont-Saint-Michel et la baie : pèlerinage millénaire

Sur les confins normands et bretons, là où la marée la plus forte d'Europe, quatorze mètres aux équinoxes, découvre puis recouvre douze kilomètres de sables mouvants, se dresse la silhouette aiguë du Mont-Saint-Michel, « merveille de l'Occident » et lieu de pèlerinage continu depuis plus de treize siècles. Tout commence, selon la tradition rapportée dans la Revelatio ecclesiae sancti Michaelis, par trois apparitions de l'archange saint Michel à Aubert, évêque d'Avranches, en l'année 708. L'archange ordonne la construction d'un sanctuaire sur le mont Tombe, alors îlot rocheux dressé au milieu d'une forêt, puis, devant l'hésitation du prélat, lui imprime au crâne, d'une pression du doigt, la marque d'une admonestation que l'on peut encore voir, dit-on, sur le crâne d'Aubert conservé dans le trésor de la basilique Saint-Gervais d'Avranches. Le 16 octobre 709, dans des conditions miraculeuses qui virent un raz-de-marée engloutir la forêt et faire du Tombe une île, l'oratoire est consacré.

Du IXᵉ au XVIᵉ siècle, le Mont attire des foules de pèlerins, les « miquelots », qui viennent par les chemins des « voies normandes » (depuis Bayeux ou Caen) ou par les « voies bretonnes » (depuis Saint-Malo ou Dol). Beaucoup périssent dans les sables, la chronique de Robert de Torigni, abbé du XIIᵉ siècle, relate les noyades par dizaines, et l'on voit alors se développer le ministère des guides de la baie, profession singulière qui a survécu jusqu'à nos jours sous une forme contemporaine. Des reliques d'archange, fragment du manteau, débris de glaive, attirent en 1067 le duc de Normandie Guillaume avant son débarquement en Angleterre. Les rois capétiens, de Philippe Auguste à Louis XI, viennent y prier ; sainte Jeanne d'Arc, sans avoir pu s'y rendre en personne, place sa mission sous la protection conjointe de saint Michel, sainte Catherine et sainte Marguerite, ses « voix ». La grande abbatiale gothique de la « Merveille » est édifiée entre 1212 et 1228 sous l'abbé Raoul des Îles. Jusqu'à la Révolution, qui transforme l'abbaye en prison sous le nom de « Mont-Libre », le pèlerinage demeure intense.

Restauré au XIXᵉ siècle sous l'impulsion de Prosper Mérimée et confié successivement à plusieurs communautés, le Mont accueille depuis 2001 les Fraternités monastiques de Jérusalem, qui y maintiennent une présence liturgique quotidienne. Classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979, restauré dans son insularité par les grands travaux de désensablement achevés en 2015, le Mont accueille chaque année près de trois millions de visiteurs, dont une part croissante de pèlerins authentiques, qui retrouvent les traversées guidées de la baie depuis Genêts ou Avranches en l'honneur de l'archange. La grande tradition du pèlerinage du 29 septembre, fête de saint Michel et des saints archanges, mobilise aujourd'hui plusieurs milliers de fidèles. On approfondira en consultant la fiche dédiée au Mont-Saint-Michel dans nos lieux de mémoire.

Lourdes : six millions de pèlerins par an depuis 1858

Aucun sanctuaire français n'a connu, en moins de deux siècles, l'extraordinaire essor du sanctuaire pyrénéen de Lourdes. Tout y commence le 11 février 1858, à la grotte de Massabielle où une fillette de quatorze ans, Bernadette Soubirous, fille d'un meunier ruiné, voit apparaître, dans une niche du rocher, une « petite demoiselle » vêtue de blanc et ceinte de bleu, un chapelet sur le bras. Au cours de dix-huit apparitions échelonnées jusqu'au 16 juillet 1858, la Vierge, qui se nomme elle-même, le 25 mars, dans le patois bigourdan de Bernadette : « Que soy era Immaculada Counceptiou » (« Je suis l'Immaculée Conception »), demande prière, pénitence, processions, et la construction d'une chapelle à la grotte. Le 25 février, en grattant la terre selon la consigne de la « Dame », Bernadette fait jaillir la source dont les guérisons inexpliquées, soigneusement recensées depuis lors par le Bureau médical de Lourdes, plus de 7 000 cas étudiés, 70 miracles officiellement reconnus par l'Église, font la renommée internationale.

L'évêque de Tarbes, Mgr Laurence, après quatre ans d'enquête canonique, reconnaît officiellement l'authenticité des apparitions le 18 janvier 1862. La construction des sanctuaires commence aussitôt : la basilique de l'Immaculée Conception (1866-1872) au-dessus de la grotte, la basilique du Rosaire de style néo-byzantin (1883-1901), enfin la vaste basilique souterraine Saint-Pie X (1958, capacité 25 000 fidèles) inaugurée pour le centenaire des apparitions. Bernadette, devenue religieuse à Saint-Gildard de Nevers en 1866, y meurt à trente-cinq ans le 16 avril 1879 ; canonisée par Pie XI en 1933, son corps demeure incorrompu et exposé à la vénération. Pour approfondir sa figure, on lira la fiche consacrée à sainte Bernadette Soubirous.

Aujourd'hui, Lourdes est, après Rome, le second sanctuaire chrétien d'Occident. Le pèlerinage national français, organisé depuis 1873 par les Pères Augustins de l'Assomption autour du 15 août, draine près de 80 000 pèlerins en quatre jours et constitue le plus grand rassemblement catholique annuel de France. Le pèlerinage militaire international, organisé depuis 1958, rassemble des dizaines de milliers de soldats catholiques de toutes nations à la Pentecôte. Au total, Lourdes accueille chaque année entre cinq et six millions de pèlerins, dont une majorité de malades pris en charge par les hospitaliers et hospitalières bénévoles, service spécifique qui constitue, à lui seul, l'une des grandes écoles spirituelles du catholicisme contemporain. La procession aux flambeaux du soir, sur l'esplanade, et la procession eucharistique de l'après-midi demeurent les deux moments fédérateurs d'une expérience qui, depuis 1858, n'a jamais cessé d'attirer ceux qui souffrent et ceux qui prient. On approfondira par la lecture du pillar Dévotion mariale et apparitions de la Vierge en France.

Chartres : le pèlerinage de Pentecôte (Notre-Dame de Chrétienté)

Sanctuaire ou abbaye de pelerinage en France, etape majeure des chemins medievaux comme Compostelle ou le Mont-Saint-Michel.
Etape de pelerinage francaise, l'un des grands sanctuaires qui structurent les chemins depuis le Moyen Age. Photo Pierre Doyen, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons.

De toutes les renaissances modernes du pèlerinage français, aucune n'est plus saisissante que celle qu'a connue le pèlerinage de Chartres. Trois jours, cent kilomètres, départ de Notre-Dame de Paris le samedi de Pentecôte, arrivée le lundi à la cathédrale Notre-Dame de Chartres : tel est, dans sa simplicité épuisante, le programme imposé chaque année à plusieurs dizaines de milliers de marcheurs. Aux origines, il y a un poète. Charles Péguy, en juin 1912, accomplit seul, à pied, en trois jours, un vœu qu'il avait formulé pour la guérison de son fils Pierre atteint de typhoïde. Il en tirera ses Tapisseries et la grande Présentation de la Beauce à Notre-Dame de Chartres, l'un des sommets de la poésie spirituelle française : « Étoile de la mer voici la lourde nappe / Et la profonde houle et l'océan des blés... »

Le souvenir de cette marche solitaire ne tombe pas dans l'oubli. En 1935, un étudiant catholique, Jean Lussigny, remet la formule en honneur en organisant un premier pèlerinage étudiant Paris-Chartres dans le sillage de Péguy. Interrompu par la guerre, le pèlerinage reprend en 1945 ; les générations suivantes en font progressivement une institution de la jeunesse catholique française. Le tournant décisif date toutefois de 1983, lorsqu'un groupe de jeunes attachés à la liturgie traditionnelle latine, autour de Rémi Fontaine, fonde l'association Notre-Dame de Chrétienté et organise, à la Pentecôte, un pèlerinage à Chartres dans le rite romain antérieur à 1969 (« forme extraordinaire » devenue « usage antérieur » du missel romain). Trois cents marcheurs la première année ; mille la troisième ; dix mille au début des années 2000 ; plus de 18 000 inscrits en 2024, sans compter les milliers d'auditeurs qui suivent les marches en parallèle.

L'organisation est militaire : les marcheurs sont répartis en chapitres d'une cinquantaine de personnes, chacun avec son chef de chapitre, son aumônier, son banderolle et son saint patron. Les chapitres sont eux-mêmes regroupés en colonnes (Sainte-Geneviève, Saint-Louis, Notre-Dame). Trois messes pontificales, Notre-Dame de Paris (souvent Saint-Sulpice depuis l'incendie), bivouac de Choisel, parvis de Chartres, rythment les trois jours, intercalées de chapelets, de méditations sur le thème annuel, de chants traditionnels. Le rythme est dur : trente kilomètres le premier jour, quarante le deuxième, trente le troisième, sous le soleil de Pentecôte ou sous l'orage. La nuit, on dort sous la tente dans des bivouacs de fortune. Cette ascèse partagée, ce pèlerinage des familles entières, on y voit pousser des poussettes les bébés et boîter les vieillards, fait de Chartres l'un des grands signes contemporains de la jeunesse catholique française. La cathédrale gothique, avec sa flèche, ses vitraux du XIIIᵉ siècle et le voile de la Vierge offert en 876 par Charles le Chauve, accueille à l'arrivée une foule en larmes, qui salue dans cette montée vers les tours « la maison de Notre-Dame ». On approfondira en lisant la fiche consacrée à la cathédrale de Chartres.

Le Puy-en-Velay : départ de la Via Podiensis

Perché sur ses pitons volcaniques, dominé par la statue colossale de Notre-Dame de France et par la chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe campée sur un dyke vertical de quatre-vingt-deux mètres, Le Puy-en-Velay est l'un des plus anciens et des plus singuliers sanctuaires mariaux d'Occident. La tradition fait remonter le culte au IIIᵉ siècle, quand une matrone gauloise guérie sur le « Mont Anis » par une apparition mariale aurait reçu mission d'y faire bâtir un sanctuaire. La cathédrale Notre-Dame, édifiée du XIᵉ au XIIᵉ siècle dans un saisissant style hispano-mozarabe, coupoles, polychromie, arcs polylobés, abrite la fameuse Vierge noire du Puy, statue de procession dont l'original brûlé sous la Révolution en 1794 a été remplacé par une copie fidèle, vénérée jusqu'à nos jours.

Mais Le Puy doit surtout sa renommée au geste fondateur de l'évêque Godescalc, qui en 950-951 partit en pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle, premier voyage occidental documenté, et inaugura par là même la Via Podiensis, ce « chemin du Puy » qui demeure aujourd'hui la plus parcourue des quatre voies françaises. Au retour de Galice, il fit édifier au Puy l'oratoire Saint-Michel d'Aiguilhe, consacré en 962, et organisa l'accueil des pèlerins. Dès lors, depuis plus de mille ans, c'est de la cathédrale du Puy, après la messe du pèlerin célébrée chaque matin à sept heures à la chapelle des Reliques, que partent les compostellans français, bourdon béni, credencial tamponnée, première étape vers Saint-Privat-d'Allier puis vers la traversée du plateau de l'Aubrac, ses « domeries » templières, ses cromlechs, ses brouillards montagnards et la descente vers Conques. La cathédrale du Puy, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1998 au titre des chemins de Compostelle, accueille chaque année plus de 10 000 pèlerins compostellans déclarés, sans compter les milliers de marcheurs qui empruntent le tronçon plus modeste de quelques jours.

Le grand pèlerinage marial annuel, dit du 15 août, perpétue l'antique vénération de la Vierge du Puy, dont les Jubilés spéciaux, célébrés depuis le XIVᵉ siècle quand le Vendredi saint tombe le 25 mars, fête de l'Annonciation, attirent des foules considérables (le dernier en 2016, le prochain en 2027). À l'écart du tumulte, dans la vieille ville, l'hôtel-Dieu Saint-Jacques, monument hospitalier des XIIᵉ-XVIIIᵉ siècles, témoigne de l'ancienne vocation d'accueil charitable des malades et des pèlerins. Pour approfondir, on consultera la fiche dédiée au Puy-en-Velay et la fiche consacrée à l'abbatiale Sainte-Foy de Conques, étape majeure de la voie.

Rocamadour : Vierge noire et chemin de Compostelle

Accroché à mi-falaise au-dessus de la vallée de l'Alzou, dans le causse quercynois, Rocamadour n'est pas seulement, comme on a pu le croire, un décor de carte postale médiévale : c'est, depuis le XIIᵉ siècle, l'un des trois grands sanctuaires européens de la Vierge noire, avec Le Puy-en-Velay et Montserrat. La tradition en fait remonter l'origine à un mystérieux ermite Amadour, identifié au Moyen Âge, abusivement sans doute, au publicain Zachée de l'Évangile, dont le corps incorrompu aurait été retrouvé en 1166 au pied d'un autel marial caché dans la falaise. La découverte, doublée de guérisons spectaculaires consignées dans les Miracles de Notre-Dame de Rocamadour rédigés en 1172, fait affluer les pèlerins. Saint Bernard de Clairvaux, en personne, y serait passé ; Henri II Plantagenêt, après le meurtre de Thomas Becket, vint y accomplir une pénitence en 1170 ; saint Louis, accompagné de sa mère Blanche de Castille, y pria en 1244.

Les pèlerins de Rocamadour montaient, et montent encore, les 216 marches du grand escalier à genoux, en récitant un chapelet par marche : pénitence rude, qui valait jadis l'indulgence plénière. Au sommet, dans la chapelle Notre-Dame, ils vénéraient la Vierge noire du XIIᵉ siècle, statue de bois polychrome aujourd'hui restaurée, et entendaient sonner d'elle-même, prétendait-on, la cloche miraculeuse suspendue à la voûte, dite « cloche des marins », chaque fois qu'un naufragé invoquait Notre-Dame. Les coquilles Saint-Jacques, gravées dès le XIIᵉ siècle au-dessus de la porte de la basilique Saint-Sauveur, témoignent de l'inscription précoce de Rocamadour dans le réseau compostellan : pour les pèlerins venus du nord, le sanctuaire constituait un détour obligé sur la Via Podiensis, entre Conques et Cahors.

Saccagé par les huguenots en 1562, déserté à la Révolution, restauré au XIXᵉ siècle par les évêques de Cahors, Rocamadour a retrouvé depuis l'après-guerre une vitalité de pèlerinage notable, accueillant aujourd'hui plus de 1,5 million de visiteurs par an, dont une part toujours croissante de marcheurs spirituels qui rejoignent la cité mariale par les chemins balisés du Quercy. Le grand pèlerinage diocésain, dit « pèlerinage des hommes », réunit chaque année à la Pentecôte plusieurs centaines de marcheurs de Lacapelle-Marival jusqu'à la basilique. Pour approfondir, on lira utilement la fiche du sanctuaire dans nos lieux de mémoire consacrés à Rocamadour.

Paray-le-Monial : sanctuaire mondial du Sacré-Cœur

De toutes les villes spirituelles de France, Paray-le-Monial est sans doute la plus humble à l'apparence et la plus universelle dans son rayonnement. Petite cité bourguignonne du Charolais, elle dut son destin religieux à l'abbatiale clunisienne édifiée au XIᵉ siècle, chef-d'œuvre de l'art roman bourguignon, copie réduite de la grande Cluny aujourd'hui disparue, et plus encore aux apparitions du Sacré-Cœur de Jésus à sainte Marguerite-Marie Alacoque, religieuse Visitandine, entre 1673 et 1675. C'est dans le parloir et la chapelle des Visitandines de Paray que le Christ confia à la jeune voyante la dévotion à son Cœur transpercé, demanda l'instauration de la fête liturgique du Sacré-Cœur, et promit la grâce de la persévérance finale aux fidèles communiant les premiers vendredis du mois.

Le sanctuaire actuel comprend la basilique du Sacré-Cœur (ancienne abbatiale clunisienne élevée au rang de basilique mineure en 1875), la chapelle des Apparitions au monastère de la Visitation où sainte Marguerite-Marie est inhumée dans une châsse d'argent, le diorama de la « Chambre des reliques » et l'oratoire du Père Claude La Colombière, jésuite directeur spirituel de la voyante. Depuis 1973, à l'initiative de la Communauté de l'Emmanuel, Paray accueille chaque été des « sessions de Paray » qui attirent près de 20 000 participants sur l'ensemble de la saison estivale, faisant du sanctuaire bourguignon l'un des grands lieux de renouveau spirituel catholique en France et dans le monde francophone. Le pèlerinage du 16 juin, anniversaire de la « grande apparition » de 1675, et la fête du Sacré-Cœur (vendredi suivant l'octave du Saint-Sacrement) constituent les sommets liturgiques annuels. On lira utilement le pillar Le Sacré-Cœur de Jésus, 350 ans de dévotion française, ainsi que la fiche dédiée à sainte Marguerite-Marie Alacoque.

Pèlerinages diocésains et locaux : pardons bretons, processions provençales

Lieu de pelerinage francais aux pierres millenaires, accueillant pelerins et visiteurs sur les routes spirituelles.
Haut lieu de pelerinage francais, illustrant la geographie sacree qui maille le territoire depuis le XIe siecle. Photo Pierre Doyen, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons.

Au-delà de ces grands sanctuaires de rayonnement national ou universel, la France des pèlerinages se nourrit d'un humus diocésain et paroissial d'une richesse inégalée en Europe. Aucune province n'a poussé plus loin cette fidélité que la Bretagne, où la tradition des « pardons », pèlerinages locaux centrés sur la fête patronale d'un saint, perdure malgré les sécularisations successives. Le grand pardon de Sainte-Anne d'Auray, le 26 juillet, est de loin le plus important : depuis les apparitions de la mère de la Vierge à Yvon Nicolazic entre 1623 et 1625, ce sanctuaire morbihanais, élevé en basilique mineure en 1874, accueille chaque année plus de 25 000 pèlerins, beaucoup en costume traditionnel breton, pour les processions de bannières, le pardon de la veille au soir éclairé de cierges, et la grand-messe pontificale. Le pèlerinage de Sainte-Anne-la-Palud, en pays bigouden, le pardon de Tréguier en l'honneur de saint Yves, patron des avocats (19 mai), le tro-Breiz, « tour de Bretagne » reliant en sept étapes les sanctuaires des sept saints fondateurs (Pol-Aurélien à Saint-Pol-de-Léon, Tugdual à Tréguier, Brieuc à Saint-Brieuc, Malo à Saint-Malo, Samson à Dol, Patern à Vannes, Corentin à Quimper), entretiennent une géographie sacrée d'une densité unique.

En Provence, la tradition est différente mais d'une intensité comparable. Le pèlerinage des Saintes-Maries-de-la-Mer, les 24-25 mai (sainte Sara, patronne des Roms) et 21-22 octobre (Marie-Salomé), draine en Camargue plusieurs dizaines de milliers de fidèles, dont la procession spectaculaire des reliques portées dans la mer par les gardians à cheval reste l'une des images les plus saisissantes du catholicisme méditerranéen. La grotte de la Sainte-Baume, dans le massif éponyme, où la tradition fait vivre sainte Marie-Madeleine en pénitence durant trente ans, accueille en juillet le pèlerinage diocésain de Toulon-Fréjus. Le sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille, la « Bonne Mère », attire toute l'année les marins, pêcheurs et voyageurs.

Plus à l'est, dans les Alpes, le pèlerinage de La Salette (Isère), depuis l'apparition de la Vierge en larmes à Maximin Giraud et Mélanie Calvat le 19 septembre 1846, attire à 1 800 mètres d'altitude des centaines de milliers de pèlerins. Notre-Dame du Laus (apparitions à Benoîte Rencurel entre 1664 et 1718, reconnues en 2008), le pèlerinage de Domrémy à Reims sur les pas de sainte Jeanne d'Arc, et le pèlerinage à Lisieux complètent ce maillage. Ajoutons Notre-Dame de Pontmain (1871), l'Île-Bouchard (1947), Pellevoisin (1876), la Médaille miraculeuse rue du Bac à Paris (apparition de 1830 à sainte Catherine Labouré), autant de jalons d'une géographie spirituelle dont chaque diocèse est dépositaire.

Comment se préparer à un pèlerinage : pratique et spiritualité

Aux pèlerins du XXIᵉ siècle qui voudraient renouer avec cette tradition millénaire, qu'ils soient novices ou marcheurs aguerris, on permettra à un moine bénédictin de proposer quelques conseils tirés tant de la Règle de saint Benoît que de l'expérience patiente des chemins. Sur le plan pratique d'abord. Choisir une destination à la mesure de ses forces : un débutant ne se lance pas du Puy à Saint-Jacques (1 600 km) mais commence par un Conques-Figeac (75 km en quatre jours), un Mont-Saint-Michel par les voies bretonnes (deux jours), un Paris-Chartres de Pentecôte (trois jours, 100 km, mais en groupe organisé). S'équiper sobrement : un sac à dos qui n'excède pas 8 kilos pour un pèlerinage de plusieurs semaines, des chaussures éprouvées (jamais neuves), deux paires de chaussettes en laine mérinos, un poncho, un chapeau, une gourde de 1,5 litre, une pharmacie minimale (pansements double-peau, antalgiques, anti-inflammatoires). Préparer les pieds : marche progressive de plusieurs semaines avant le départ, durcissement à l'alcool dénaturé. Apprendre à dormir en gîte commun, à partager les repas, à se taire pendant les longues heures de marche, à laisser passer ceux qui vont plus vite.

Sur le plan spirituel, le pèlerinage n'a de sens que comme prière incarnée. Le bourdon, bâton de marche, et la coquille Saint-Jacques traditionnelle font partie de la bénédiction du pèlerin que l'on demandera, avant le départ, à son curé ou à l'aumônier de la cathédrale d'origine. Sur le chemin, on prendra soin d'alterner les rythmes : marches en silence pour entrer dans la prière intérieure, chapelets récités à plusieurs voix, méditation des intentions confiées par les proches, lectures spirituelles le soir au gîte. Le pèlerin ne fuit pas la fatigue ni la blessure : il les offre. Il accepte aussi les rencontres, qui sont l'autre versant, souvent inattendu, de l'expérience : tel marcheur croisé un soir à Conques deviendra un ami pour la vie, telle conversation au seuil d'une chapelle pourra se révéler grâce inespérée. La messe quotidienne, dans une église rencontrée en chemin, et la confession dans une étape majeure (Conques, Cahors, Saint-Jean-Pied-de-Port) restent les piliers sacramentels d'un pèlerinage chrétien, sans quoi celui-ci se réduit, fût-il accompli avec ferveur, à une marche d'agrément spirituellement maigre.

Enfin, ne pas chercher d'expérience extraordinaire : la grâce du pèlerinage est, comme la grâce monastique, une grâce de stabilité dans la persévérance. Saint Benoît demandait à ses moines de « ne rien préférer à l'amour du Christ » ; le pèlerin, sur son chemin, redécouvre à chaque pas cette priorité absolue. Aux pèlerins compostellans, je redirais volontiers le mot d'Aymeric Picaud : « Ultreïa, et suseïa, Deus adjuvat nos ! », « Plus loin, et plus haut, Dieu nous aide ! »

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Questions fréquentes

Quels sont les principaux pèlerinages catholiques en France ?

Cinq grands pôles. Lourdes (6 M pèlerins/an, 1ᵉʳ marial mondial), Lisieux (800 000, sanctuaire de sainte Thérèse), Mont-Saint-Michel (2,5 M visiteurs), Rocamadour (1,5 M, Vierge noire et étape jacquaire), Notre-Dame de la Médaille miraculeuse rue du Bac à Paris (2 M). À ces pôles s'ajoutent Paray-le-Monial, La Salette, Pontmain, Sainte-Anne-d'Auray, Notre-Dame du Puy, Vézelay et Chartres.

Quelles sont les quatre voies jacquaires françaises ?

Le Codex Calixtinus (vers 1140) en décrit quatre. La via Turonensis (Paris-Tours-Bordeaux), la via Lemovicensis (Vézelay-Limoges-Périgueux), la via Podiensis (Le Puy-en-Velay-Conques-Moissac), la via Tolosana (Arles-Toulouse-col du Somport). Toutes convergent vers Puente la Reina en Navarre où elles se fondent en un chemin unique vers Saint-Jacques-de-Compostelle. La voie du Puy reste la plus fréquentée des marcheurs contemporains.

Pourquoi Lourdes attire-t-elle autant de monde ?

Six millions de pèlerins annuels font de Lourdes le premier sanctuaire marial d'Europe et le second mondial après Guadalupe. Trois facteurs : les apparitions de la Vierge à Bernadette Soubirous entre le 11 février et le 16 juillet 1858 (18 apparitions, source jaillie le 25 février) ; la proclamation par la Vierge de son identité comme « Immaculée Conception » (25 mars 1858), validant le dogme de Pie IX ; et les 70 guérisons reconnues miraculeuses par l'Église après expertise médicale du Bureau médical.

Qu'est-ce que le Mont-Saint-Michel ?

Sanctuaire dédié à saint Michel archange, fondé par Aubert d'Avranches en 708 sur ordre de l'archange dans une vision. La grande abbaye bénédictine fut bâtie aux Xᵉ-XVIᵉ siècles, joyau du gothique normand avec la Merveille (1212-1228) financée par Philippe Auguste. Trois étages : aumônerie, salle des hôtes, réfectoire. Inscrit à l'UNESCO en 1979, accueille 2,5 millions de visiteurs/an et reste un haut-lieu de pèlerinage avec les pèlerinages annuels de Pentecôte et de septembre.

Combien de temps faut-il pour faire le chemin de Compostelle ?

Depuis le Puy-en-Velay, point de départ classique, il faut compter environ 70 jours de marche pour atteindre Saint-Jacques (1 600 km) à raison de 22-25 km/jour. Depuis Saint-Jean-Pied-de-Port (frontière espagnole), c'est environ 30-35 jours pour les 800 km du Camino Francés. La Compostela, certificat délivré par le bureau des pèlerins, exige d'avoir parcouru au moins 100 km à pied ou 200 km à vélo et fait tamponner sa credencial à chaque étape.

Quels sont les pèlerinages bretons les plus importants ?

Le Tro Breizh (« tour de Bretagne »), pèlerinage des Sept-Saints fondateurs (Samson de Dol, Malo, Brieuc, Tugdual de Tréguier, Pol Aurélien de Saint-Pol-de-Léon, Corentin de Quimper, Patern de Vannes), 700 km en 7 étapes. Le pardon de Sainte-Anne-d'Auray (26 juillet, basilique de 1872, apparitions à Yvon Nicolazic 1623-1625, 600 000 pèlerins/an), de Notre-Dame du Folgoët en Léon, de Rumengol, de Sainte-Anne-La-Palud.

Qu'est-ce qu'une Vierge noire ?

Statues mariales représentant la Vierge à l'enfant dont le visage et les mains sont noirs. Elles sont nombreuses en France méridionale : Notre-Dame de Rocamadour (Lot, XIIᵉ siècle, célèbre vierge en bois noirci), Notre-Dame du Puy, Notre-Dame de Marsat, Notre-Dame de Liesse, Notre-Dame de Meymac. Origine débattue : sculpture romane vieillie par la fumée des cierges, héritage des cultes orientaux byzantins ou syriaques, ou choix iconographique délibéré renvoyant au Cantique des Cantiques (« Nigra sum, sed formosa »).

Quel est le rôle du pèlerinage de Chartres ?

Chartres abrite le Voile (Sancta Camisia) de la Vierge offert par Charles le Chauve en 876, plus précieuse relique mariale d'Occident. La cathédrale, reconstruite en gothique de 1194 à 1220 après l'incendie, possède le plus vaste ensemble de vitraux médiévaux conservés (176 verrières, dont le célèbre bleu de Chartres). Le pèlerinage des étudiants de Charles Péguy (1912) a relancé le pèlerinage moderne ; le pèlerinage de Pentecôte Paris-Chartres rassemble depuis 1983 plus de 18 000 marcheurs (édition 2024).

Comment se préparer pour un pèlerinage ?

Préparation physique (entraînement progressif sur 2-3 mois, 15 à 25 km/jour avec sac), équipement (chaussures rodées, sac < 10 % du poids du corps, cape de pluie, gourde). Préparation administrative : credencial délivré par les associations jacquaires (Société Française des Amis de Saint-Jacques) tamponné aux haltes, donnant droit à l'hébergement en gîte. Préparation spirituelle : démarche de conversion, intention claire, sacrement de réconciliation, accompagnement par un prêtre ou un guide spirituel.

Existe-t-il encore des pèlerinages collectifs nationaux ?

Oui, plusieurs grands pèlerinages annuels structurent l'année liturgique. Pèlerinage national à Lourdes de l'Assomption (organisé par les Augustins de l'Assomption depuis 1873, 25 000 participants), Pèlerinage des étudiants à Chartres (Pentecôte, 18 000), Pèlerinage militaire international à Lourdes (mai, 14 000 militaires de 35 nations), Pèlerinage du Rosaire (octobre, 16 000), Frat des collégiens à Lourdes (Toussaint, 10 000).

Bibliographie

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