Heraldique & Blasons

Page d'armorial médiéval
Nitosane, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

L'essentiel en bref

L'héraldique est l'art des blasons, ces armoiries soumises à des règles précises depuis le XIIe siècle. Lire un blason, c'est nommer ses couleurs (les émaux), ses figures (les meubles) et ses divisions (les partitions) selon un langage codifié, le blasonnement.

Né sur les champs de bataille et dans les tournois du Moyen Âge pour identifier des chevaliers cuirassés, le blason est vite devenu un langage à part entière. Familles, villes, provinces, corporations et abbayes ont chacune leurs armoiries. Ce guide donne les clés pour les comprendre et les décrire correctement.

L'origine des armoiries

Les armoiries apparaissent au XIIe siècle. Sous le heaume et la cotte de mailles, les chevaliers devenaient méconnaissables : il fallut peindre sur l'écu et la bannière des figures reconnaissables de loin. Ces marques, d'abord guerrières, devinrent vite héréditaires.

L'usage se codifia, confié aux hérauts d'armes, chargés d'identifier les combattants et d'enregistrer les blasons. L'héraldique se répandit alors des familles nobles aux villes, aux corporations et aux institutions religieuses.

Les émaux : métaux et couleurs

Les couleurs du blason portent le nom d'émaux. On distingue deux métaux, l'or (jaune) et l'argent (blanc), et cinq couleurs principales : le gueules (rouge), l'azur (bleu), le sinople (vert), le sable (noir) et le pourpre.

À ces émaux s'ajoutent les fourrures, dont les plus connues sont l'hermine, semée de mouchetures noires sur fond blanc, emblème de la Bretagne, et le vair, fait de clochettes bleues et blanches.

La règle fondamentale : métal sur couleur

L'héraldique obéit à une règle d'or destinée à garantir la lisibilité : on ne pose jamais métal sur métal, ni couleur sur couleur. Un meuble d'or ou d'argent se place sur un champ de couleur, et inversement.

Ainsi les armes de France, d'azur à trois fleurs de lys d'or, opposent bien un métal (l'or) à une couleur (l'azur). Les rares blasons qui enfreignent cette règle, dits à enquerre, signalent souvent une histoire particulière.

Les meubles : les figures du blason

On appelle meubles les figures posées sur le champ. Le bestiaire héraldique est riche : le lion, le plus fréquent, l'aigle, le cerf, mais aussi des figures propres aux provinces françaises comme l'hermine de Bretagne, l'alérion de Lorraine ou les léopards de Normandie.

S'y ajoutent des figures végétales et symboliques, au premier rang desquelles la fleur de lys et la croix, déclinée en d'innombrables variantes.

Partitions, pièces et positions

L'écu peut être divisé par des partitions : parti (verticalement), coupé (horizontalement), tranché, taillé ou écartelé en quatre. Sur ce champ se placent les pièces honorables, comme le chef (bande supérieure), la fasce (bande horizontale), le pal (bande verticale) ou la bande (en diagonale).

La position des animaux compte aussi : un lion dressé de profil est dit rampant, tandis qu'un fauve représenté à l'horizontale, la tête de face, est un léopard.

Le blasonnement : décrire un blason

Décrire un blason selon les règles s'appelle le blasonnement. On énonce d'abord le champ (le fond), puis les meubles, en commençant par le plus important, avec leur émail et leur position.

Ainsi, les armes de France se blasonnent d'azur à trois fleurs de lys d'or, et celles de Normandie de gueules à deux léopards d'or. Une fois la grammaire acquise, chaque blason se lit comme une phrase.

Les blasons des provinces françaises

Chaque province de France possède ses armoiries, fruit de son histoire. France Éternelle en détaille plusieurs, comme le blason de la Normandie, le blason de la Bretagne et le blason de Paris.

Lire ces armes, c'est retrouver les ducs, les comtes et les villes qui ont façonné les régions françaises.

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Questions fréquentes

Quelles sont les couleurs de l'héraldique ?

On compte deux métaux (l'or et l'argent) et cinq couleurs, appelées émaux : le gueules (rouge), l'azur (bleu), le sinople (vert), le sable (noir) et le pourpre, plus les fourrures comme l'hermine et le vair.

Quelle est la règle des couleurs en héraldique ?

On ne pose jamais métal sur métal ni couleur sur couleur. Cette règle de contraste garantit la lisibilité des armoiries de loin.

Quelle est la différence entre un lion et un léopard en héraldique ?

C'est une question de position : le lion est rampant, dressé de profil ; le léopard est passant, représenté à l'horizontale, la tête tournée vers le spectateur. Les léopards de Normandie en sont l'exemple le plus connu.

Qu'est-ce que le blasonnement ?

C'est la description normalisée d'un blason dans le langage héraldique. On énonce d'abord le champ puis les meubles, par exemple d'azur à trois fleurs de lys d'or pour la France.

Sources : Michel Pastoureau, Traité d'héraldique ; armorial des provinces de France.