Église et culture
Léon XIV aux écrivains : « écrire est un acte de vérité »
Le pape Léon XIV a reçu, le 24 juin 2026 au Vatican, plusieurs écrivains de renommée internationale. L'audience marquait le centenaire de la Librairie éditrice vaticane, la maison d'édition du Saint-Siège fondée en 1926. Devant Jon Fosse, Marilynne Robinson, Elizabeth Strout ou Éric-Emmanuel Schmitt, le pape a tenu une méditation sur l'écriture. Il y voit « un acte de vérité, de révélation ». La littérature, a-t-il dit, élargit notre humanité et nous rapproche de Dieu. Un propos qui renoue avec l'adresse de Paul VI aux artistes.
Ce qui s'est passé
Le 24 juin 2026, le pape Léon XIV a reçu au Vatican plusieurs écrivains de renommée internationale, pour le centenaire de la Librairie éditrice vaticane, fondée en 1926. Il a décrit l'écriture comme « un acte de vérité » et a remercié les auteurs au nom de l'Église.
L'audience s'est tenue dans la salle Paul VI. Parmi les invités figuraient le Norvégien Jon Fosse, les Américaines Marilynne Robinson et Elizabeth Strout, le Français Éric-Emmanuel Schmitt et l'Américain Jonathan Safran Foer. Tous étaient réunis à Rome pour les cent ans de la maison d'édition du Saint-Siège. C'est cette institution, créée en 1926, qui imprime et diffuse les textes des papes. Le rendez-vous, a souligné Léon XIV, invitait à « une réflexion sur l'importance du livre et de l'écriture ». Notre tour d'horizon de la littérature catholique française donne la mesure de cette tradition.
« Écrire est un acte de vérité »
Le pape a construit son adresse autour de trois affirmations. D'abord, écrire est un acte de vérité. « Écrire, tel que vous le faites, est un acte de vérité, de révélation », a-t-il dit. « Écrire révèle qui nous sommes, ce en quoi nous croyons et espérons. » Il a aussitôt nuancé : nul n'est maître de la vérité. « C'est elle, plutôt, qui nous "conquiert". »
« Nous avons besoin de vous, de votre imagination, de votre fantaisie narrative, de la vivacité de votre pensée. Nous en avons besoin pour créer des espaces de liberté et d'authenticité. »Léon XIV, audience aux écrivains, 24 juin 2026
Ensuite, écrire est un acte d'humanité. La littérature, a expliqué le pape, fait jouer « toute la palette des expériences humaines ». Elle développe une empathie qui permet de se mettre à la place d'autrui. Sans elle, dit-il, « il n'y a ni solidarité, ni partage, ni compassion ». Léon XIV a repris ici une idée de son prédécesseur François, lui-même citant l'écrivain C.S. Lewis sur la valeur formatrice de la lecture.
Enfin, écrire « a un rapport avec Dieu ». Le pape a reconnu l'audace de la formule. Il a cité le cardinal Timothy Radcliffe, pour qui « rien d'humain n'est étranger au Christ ». Puis il a conclu sur une conviction simple : « Lorsque nous allons au plus profond de notre humanité, nous ne sommes pas loin de Dieu. »
L'Église et le livre : un compagnonnage de vingt siècles
La Librairie éditrice vaticane a été fondée en 1926. Elle imprime et diffuse les textes du Saint-Siège, des actes pontificaux aux études savantes. Son centenaire rappelle un lien ancien entre l'Église catholique et le livre. Avant l'imprimerie, les monastères copiaient les manuscrits qui ont transmis une part de la culture antique et chrétienne. Les scriptoria bénédictins et cisterciens ont sauvegardé des textes que nul autre n'aurait conservés. C'est l'une des fonctions du monachisme français, qui a tenu la plume pendant des siècles. En France, cette tradition a nourri une longue lignée d'écrivains chrétiens, de la renaissance catholique en littérature à des figures comme Georges Bernanos ou G.K. Chesterton. En recevant des romanciers d'aujourd'hui, Léon XIV prolonge ce dialogue. Il ne parle pas de doctrine, mais d'écriture : de la manière dont un récit, en disant l'humain, peut dire quelque chose de Dieu.
Pourquoi ce discours compte
L'adresse ne s'adressait pas qu'à des catholiques. Jon Fosse, prix Nobel de littérature, Marilynne Robinson ou Jonathan Safran Foer ne partagent pas tous la même foi. Le pape leur a parlé du métier d'écrire, pas de credo. Il a choisi le terrain commun de la vérité et de l'attention à l'autre. Ce geste prolonge une ligne ouverte par Paul VI, qui lança aux artistes en 1964 sa formule restée célèbre : « Nous avons besoin de vous. » Léon XIV l'a citée mot pour mot. Pour un pape, dialoguer avec la culture vivante n'est pas une option, c'est une tâche héritée.
Ce que cela peut changer
Le discours pourrait nourrir une suite. La Librairie éditrice vaticane fête ses cent ans : son catalogue et sa diffusion pourraient en sortir renforcés. Reste à voir si ces rencontres deviennent régulières. Léon XIV, élu en 2025, dessine ici un trait de son pontificat : une attention à la littérature et aux lettres, plus qu'aux seules controverses. Pour les lecteurs, c'est l'occasion de revenir aux textes. Un siècle de publications vaticanes, et bien plus de littérature chrétienne, attendent d'être lus.
Questions fréquentes
Qui Léon XIV a-t-il reçu le 24 juin 2026 ?
Plusieurs écrivains de renommée internationale, dont Jon Fosse, Marilynne Robinson, Elizabeth Strout, Éric-Emmanuel Schmitt et Jonathan Safran Foer, réunis à Rome pour le centenaire de la maison d'édition du Saint-Siège.
Qu'est-ce que la Librairie éditrice vaticane ?
C'est la maison d'édition du Saint-Siège, fondée en 1926. Elle imprime et diffuse les textes des papes, ainsi que des ouvrages religieux et savants. Elle a fêté son centenaire en 2026.
Qu'a dit le pape sur l'écriture ?
Il a défini l'écriture comme « un acte de vérité, de révélation », un acte d'humanité qui développe l'empathie, et une activité qui « a un rapport avec Dieu ».
Pourquoi le pape cite-t-il Paul VI ?
Léon XIV a repris la formule « Nous avons besoin de vous » que Paul VI adressa aux artistes, pour marquer la continuité du dialogue entre l'Église et la culture.
Sources
- Vatican News (français), « Léon XIV aux écrivains : "Nous avons besoin de vous, écrire est un acte de vérité" », 24 juin 2026 : vaticannews.va.
- Vatican News (anglais), « Pope: Writing concerns God and helps trace outline of truth », 24 juin 2026 : vaticannews.va.
- Illustration : Jean Miélot à son écritoire, enluminure de Jean Le Tavernier (XVe siècle), domaine public, Wikimedia Commons.