Louis VIII le Lion : croisade des Albigeois, prise d'Avignon (1226)
Biographie de Louis VIII le Lion
Né à Paris le 5 septembre 1187, Louis est le fils unique survivant de Philippe Auguste et d'Isabelle de Hainaut, qui meurt en couches deux ans plus tard. Élevé à la cour parisienne sous l'œil d'un père dont le génie politique écrase, il grandit dans l'ombre de la conquête de la Normandie et de la victoire de Bouvines. Le 23 mai 1200, à treize ans, il épouse Blanche de Castille, douze ans, petite-fille d'Aliénor d'Aquitaine. L'union, scellée par le traité du Goulet, est destinée à pacifier la rivalité avec les Plantagenêts ; elle se révélera l'une des plus heureuses et des plus politiques de la dynastie. Du couple naîtront douze enfants, dont le futur Saint Louis.
Le surnom de Lion, donné de son vivant, témoigne d'une bravoure militaire qui contraste avec la prudence calculatrice du père. Dès 1213, à La Roche-aux-Moines, il bat Jean sans Terre. Son aventure la plus extraordinaire reste l'équipée d'Angleterre : appelé par les barons révoltés contre Jean, il débarque en mai 1216, est proclamé roi par les Londoniens, contrôle un moment la moitié du royaume. La mort de Jean en octobre, le ralliement des barons à l'enfant Henri III sous la régence de Guillaume le Maréchal, la défaite navale de Sandwich (août 1217) le contraignent à renoncer par le traité de Lambeth (septembre 1217) contre une indemnité de dix mille marcs. Voilà pourquoi certains historiens anglais le comptèrent parmi leurs souverains sous le nom de Louis Ier, fiction juridique sans lendemain. Devenu roi en France à la mort de son père le 14 juillet 1223, il est sacré à Reims le 6 août suivant.
Le règne
Trois ans seulement de règne effectif, mais trois ans denses. Louis VIII reprend immédiatement la guerre contre les Plantagenêts : en 1224, il enlève Niort, La Rochelle, Saint-Jean-d'Angély, achevant la conquête du Poitou ouverte par son père. Surtout, il se charge personnellement de la croisade des Albigeois, dont la phase royale ouvre une nouvelle séquence. Depuis 1209, sous la conduite de Simon de Montfort puis de son fils Amaury, l'expédition contre les hérétiques cathares du Languedoc s'enlise. Amaury cède au roi ses droits sur le comté de Toulouse en 1224. Louis VIII prend la croix le 28 janvier 1226 à Bourges, lève une armée considérable, descend la vallée du Rhône au printemps. Le 10 juin 1226, il met le siège devant Avignon, ville d'Empire alliée des comtes de Toulouse. Trois mois de siège terrible, le chroniqueur Guillaume de Puylaurens parle de trois mille morts dans l'armée croisée, la dysenterie ravage les rangs. Avignon capitule le 9 septembre 1226. Le roi descend ensuite vers Béziers, Carcassonne, Pamiers, qui se rendent sans combattre. Le Languedoc est désormais dans la mouvance capétienne, il faudra le traité de Meaux-Paris (avril 1229), conclu sous la régence de Blanche de Castille, pour entériner définitivement le rattachement.
Sur le plan institutionnel, Louis VIII rédige en juin 1225 un testament d'une portée immense : il instaure le système des apanages. À chacun de ses fils cadets, hors l'aîné qui ceindra la couronne, il assigne un grand fief sur le domaine royal, Robert recevra l'Artois, Alphonse le Poitou, Charles l'Anjou et le Maine. Idée généreuse, dynastiquement périlleuse : ces apanages, reconstitués au fil des générations, alimenteront les rivalités de la fin du Moyen Âge et préparèrent les guerres bourguignonne et anglaise.
Héritage et postérité
Au retour du Languedoc, Louis VIII tombe gravement malade, dysenterie attrapée au siège d'Avignon, dit-on. Il meurt au château de Montpensier en Auvergne le 8 novembre 1226, à trente-neuf ans seulement. Son corps, traîné en chariot par les chemins de France, est enterré à Saint-Denis aux côtés de son père. Sur le trône monte un enfant de douze ans, le futur Saint Louis, sous la régence d'une veuve castillane qui va se révéler l'un des plus grands souverains du XIIIe siècle : Blanche de Castille.
L'historiographie n'a pas toujours rendu justice à Louis VIII. Coincé entre le géant Philippe Auguste et le saint Louis IX, son règne paraît bref, presque parenthèse. Pourtant, il prolonge la conquête capétienne, Languedoc, Poitou, Auvergne, fixe la doctrine des apanages, démontre par son équipée anglaise une ambition européenne. Il fut le premier roi capétien à n'avoir pas associé son fils au trône de son vivant, marque d'une dynastie désormais assurée d'elle-même : la couronne se transmet par hérédité, sans qu'il faille la sacraliser à chaque génération. Petite révolution constitutionnelle. Le surnom de Lion lui resta, gravé dans les chroniques de Guillaume le Breton et de Nicolas de Bray, dont l'inachevé Gesta Ludovici VIII est le principal témoignage contemporain.
Sur ses pas, lieux à visiter aujourd'hui
Pour évoquer Louis VIII : la basilique de Saint-Denis, sa nécropole ; la cathédrale de Reims, lieu de son sacre ; le château et le palais des papes d'Avignon (XIVe siècle, mais site de son siège glorieux) ; les remparts de Carcassonne et de Béziers, théâtres de la croisade albigeoise.
Anecdotes et iconographie
- Roi d'Angleterre par les barons, En 1216, proclamé à la cathédrale Saint-Paul de Londres par les barons révoltés contre Jean sans Terre, Louis tint un moment la moitié de l'Angleterre. Une partie de l'historiographie anglo-saxonne le compte parmi les souverains du royaume sous le nom de « Louis Ier »..
- Le siège d'Avignon, Trois mois de siège, juin-septembre 1226. La dysenterie y décima l'ost royal et marqua peut-être le roi lui-même. Avignon, ville d'Empire, dut abattre ses murs ; la ville ne reviendra à la France qu'en 1791..
- Le testament de 1225, Premier acte instituant clairement les apanages. Louis VIII, sans le savoir, posait une bombe à retardement : la maison de Bourgogne issue de son fils Robert engendrera deux siècles plus tard les guerres entre Armagnacs et Bourguignons..
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Questions fréquentes sur Louis VIII le Lion
Pourquoi Louis VIII est-il dit le Lion ?
Pour sa bravoure militaire, illustrée dès la bataille de La Roche-aux-Moines (1214) puis lors de l'équipée d'Angleterre (1216-1217) et de la croisade albigeoise (1226).
Combien de temps a duré son règne ?
Trois ans seulement, du 14 juillet 1223 au 8 novembre 1226. C'est l'un des règnes capétiens les plus courts.
Qu'est-ce qu'un apanage ?
Un grand fief assigné par le roi à un fils cadet pour qu'il en jouisse en attendant que la mort sans héritier le fasse retour à la couronne. Louis VIII en institutionnalise le principe par son testament de 1225.
Louis VIII a-t-il été roi d'Angleterre ?
Proclamé par les barons londoniens en 1216, il ne fut jamais sacré et renonça à ses prétentions par le traité de Lambeth en 1217. Une partie de l'historiographie anglaise le mentionne néanmoins.
De quoi est-il mort ?
Probablement d'une dysenterie contractée au siège d'Avignon. Il s'éteignit en chemin de retour, au château de Montpensier en Auvergne, le 8 novembre 1226.
Sources
- Wikipédia, Louis VIII de France, dit le Lion.