François Ier : Marignan (1515), Renaissance française, mécène de Léonard de Vinci
Biographie de François Ier
Né au château de Cognac le 12 septembre 1494, François d'Angoulême n'était guère destiné au trône. Cousin éloigné de Louis XII, il devient pourtant l'héritier présomptif lorsqu'il apparaît que le roi n'aura pas de fils. Élevé par sa mère Louise de Savoie, femme cultivée et politique, et par sa sœur Marguerite de Navarre, future autrice de l'Heptaméron, il grandit dans une atmosphère humaniste, nourri de Plutarque et des romans de chevalerie.
À la mort de Louis XII, le 1er janvier 1515, ce jeune homme de vingt ans, géant athlétique de près d'un mètre quatre-vingt-dix, monte sur le trône. Sacré à Reims le 25 janvier 1515, il prend pour devise la salamandre, l'animal qui « se nourrit du bon feu et éteint le mauvais », et entend mener la France dans la lumière de la Renaissance italienne. Neuf mois plus tard, à Marignan, les 13 et 14 septembre 1515, le jeune roi écrase les Suisses et conquiert le Milanais. Bayard, dit-on, l'arme chevalier sur le champ de bataille : la légende du Roi-Chevalier est née.
Le règne sera long, somptueux, parfois tragique. Captif de Charles Quint après le désastre de Pavie (24 février 1525), libéré par le traité de Madrid (1526) qu'il dénonce aussitôt, le roi rivalise toute sa vie avec l'empereur des Habsbourg. Il meurt à Rambouillet le 31 mars 1547, ayant légué à la France une langue (ordonnance de Villers-Cotterêts, 1539), des palais (Chambord, Fontainebleau), des collections, et la Joconde.
Le règne
Le règne de François Ier se déploie sur trois fronts. En politique étrangère, c'est le duel séculaire avec Charles Quint, qui culmine dans les guerres d'Italie. Après la victoire de Marignan, le Concordat de Bologne (18 août 1516) signé avec Léon X règle pour trois siècles les rapports entre la monarchie et l'Église, donnant au roi la nomination des évêques. Le Camp du Drap d'Or (juin 1520), près de Calais, met en scène la rivalité fastueuse avec Henri VIII d'Angleterre. Pavie, en 1525, est la catastrophe : « Tout est perdu, fors l'honneur », écrit le roi captif à sa mère.
En politique intérieure, c'est l'âge de la Renaissance. Léonard de Vinci séjourne au Clos Lucé d'Amboise de 1516 à 1519, où il meurt, dit-on, dans les bras du roi. Chambord est commencé en 1519, Fontainebleau transformé dès 1528 par Rosso et Primatice, le Louvre médiéval démoli pour faire place au palais de Pierre Lescot. La Bibliothèque royale de Fontainebleau, le Collège des lecteurs royaux (futur Collège de France, 1530), l'ordonnance de Villers-Cotterêts (août 1539) imposant le français dans les actes officiels, autant d'actes fondateurs.
Héritage et postérité
François Ier demeure, dans la mémoire nationale, le prince éclatant de la Renaissance, celui qui a fait entrer la France dans la modernité artistique. Son tombeau à Saint-Denis, sculpté par Philibert Delorme et Pierre Bontemps, est l'un des chefs-d'œuvre de la Renaissance funéraire française. Aux châteaux de la Loire, sa salamandre couronnée se voit gravée à Chambord, à Blois dont il fit construire l'aile de la Renaissance, à Amboise où il passa son enfance.
L'historiographie contemporaine, depuis Robert Knecht, a nuancé l'image flatteuse forgée par Brantôme et reprise par Michelet. Le règne fut aussi celui des persécutions religieuses (affaire des Placards, 1534, massacre des Vaudois, 1545), des dévaluations monétaires, des fiscalités lourdes. Mais le bilan culturel reste éblouissant : Léonard, le Rosso, le Primatice, Cellini, Clouet, Ronsard et Rabelais (qu'il protégea), sans François Ier, l'humanisme français eût-il pris ce visage ? Il faut pour s'en convaincre arpenter les galeries de Fontainebleau, ce « second Rome » qu'il rêva sur les rives du Cher.
Sur ses pas, lieux à visiter aujourd'hui
Pour suivre François Ier, on parcourra les châteaux de la Loire : Chambord et son escalier à double révolution (commencé en 1519), Amboise et le Clos Lucé où vécut Léonard de Vinci, l'aile François Ier du château de Blois. On visitera aussi le château de Fontainebleau, sa galerie François Ier ornée par le Rosso, et la basilique de Saint-Denis où se dresse son tombeau Renaissance.
Anecdotes et iconographie
- La salamandre couronnée, Emblème personnel du roi, la salamandre, accompagnée de la devise « Nutrisco et extinguo » (Je m'en nourris et je l'éteins), figure sur tous les châteaux royaux de la Renaissance, gravée dans la pierre de Chambord, Blois et Fontainebleau..
- La mort de Léonard de Vinci, Selon la tradition reprise par Vasari et immortalisée par Ingres, Léonard de Vinci serait mort le 2 mai 1519 au Clos Lucé d'Amboise dans les bras de François Ier. La scène est légendaire, le roi était probablement à Saint-Germain, mais elle dit la profondeur de leur amitié..
- « Tout est perdu, fors l'honneur », Phrase apocryphe attribuée à François Ier après sa défaite et sa capture à Pavie le 24 février 1525. Le roi écrivit en réalité à sa mère Louise de Savoie une lettre plus longue, dont la postérité a retenu cette formule lapidaire et fière..
- Le portrait de Jean Clouet, Le célèbre portrait conservé au Louvre montre François Ier vers 1530, en tenue brodée de soie et d'or, le regard oblique et le nez busqué caractéristique des Valois. Image canonique de la majesté royale Renaissance..
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Questions fréquentes sur François Ier
Quelle est la bataille la plus célèbre de François Ier ?
La bataille de Marignan, livrée les 13 et 14 septembre 1515 contre les mercenaires suisses au service du duché de Milan, est la victoire du règne. Le jeune roi y fut, dit-on, armé chevalier par Bayard sur le champ de bataille.
Pourquoi Léonard de Vinci est-il venu en France ?
François Ier invita Léonard de Vinci en 1516 et l'installa au Clos Lucé d'Amboise, à proximité du château royal. Léonard apporta avec lui la Joconde et travailla pour le roi jusqu'à sa mort le 2 mai 1519, lui léguant ses manuscrits et tableaux.
Qu'est-ce que l'ordonnance de Villers-Cotterêts ?
Promulguée en août 1539, l'ordonnance de Villers-Cotterêts impose le français comme langue des actes administratifs et judiciaires, en remplacement du latin. Acte fondateur de l'État monarchique et de la langue française moderne.
Qui était le grand rival de François Ier ?
Charles Quint, empereur du Saint-Empire et roi d'Espagne, fut le rival de toute la vie de François Ier. Leur affrontement, qui débute à l'élection impériale de 1519, traverse quatre guerres d'Italie et culmine au désastre de Pavie (1525).
Où est enterré François Ier ?
François Ier repose dans la basilique de Saint-Denis, sous un somptueux tombeau Renaissance sculpté par Philibert Delorme et Pierre Bontemps entre 1547 et 1558, aux côtés de la reine Claude de France.
Sources
- Wikidata, Q129857 (François Ier).
- Wikipédia, François Ier.