Charles VII le Victorieux : sacré à Reims par Jeanne d'Arc (17 juillet 1429)
Biographie de Charles VII
Né à Paris le 22 février 1403, cinquième fils de Charles VI le Fol et d'Isabeau de Bavière, le futur Charles VII grandit dans une cour rongée par la folie paternelle et déchirée par la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Le destin, qui ne ménage guère les cadets, fait de lui le dauphin en 1417 après la mort successive de ses frères aînés. À quatorze ans, il hérite d'un royaume saigné par Azincourt (1415) et bientôt vendu à l'ennemi : le traité de Troyes (21 mai 1420), signé par sa propre mère, le déshérite au profit du roi d'Angleterre Henri V.
Réfugié au sud de la Loire, ce prince mélancolique et pieux, que ses adversaires baptisent par dérision le « roi de Bourges », règne sur un royaume amputé. Paris lui échappe, la Normandie est anglaise, la Guyenne plantagenêt depuis trois siècles. Tout semble perdu lorsque, au printemps 1429, une bergère lorraine se présente à Chinon et lui annonce qu'elle le mènera sacrer à Reims. Jeanne d'Arc tient parole : Orléans est libérée le 8 mai, Patay remportée le 18 juin, et le 17 juillet 1429, Charles est oint et couronné dans la cathédrale des sacres, recevant l'onction de Clovis qui fait, seule, le roi très chrétien.
Cette consécration transfigure le règne. Le monarque hésitant devient peu à peu, sous l'influence d'Agnès Sorel, première favorite officielle de notre histoire, et de conseillers avisés comme Jacques Cœur, le restaurateur de l'autorité royale. Il meurt à Mehun-sur-Yèvre le 22 juillet 1461, ayant légué à son fils Louis XI un royaume reconstitué, pacifié, débarrassé de l'occupant anglais. Pour explorer plus avant l'épopée johannique, on lira notre dossier consacré à Jeanne d'Arc, figure indissociable de ce règne.
Le règne
Le règne de Charles VII se lit en deux temps. Avant 1429, c'est la survie ; après, la reconquête méthodique. La trêve de Tours (1444) permet de réorganiser l'armée : les compagnies d'ordonnance (1445), première force permanente du royaume, et les francs-archers (1448) substituent à la chevalerie féodale une armée soldée, professionnelle. L'artillerie des frères Bureau, redoutable, devient l'arme décisive du siècle.
La bataille de Formigny (15 avril 1450) rend la Normandie ; la bataille de Castillon (17 juillet 1453), où périt le vieux Talbot, rend la Guyenne et clôt la guerre de Cent Ans. Seule Calais reste anglaise. Sur le plan ecclésiastique, la Pragmatique Sanction de Bourges (7 juillet 1438) affirme les libertés gallicanes en restreignant l'autorité pontificale sur l'Église de France. La justice royale se réorganise, la fiscalité se stabilise avec la perpétuation de la taille (1439), et Jacques Cœur, argentier du roi, fait rayonner le commerce français jusqu'au Levant, avant sa disgrâce retentissante de 1451.
Héritage et postérité
Charles VII lègue à la postérité une œuvre paradoxale : ce prince longtemps décrié pour son indécision et son abandon supposé de Jeanne d'Arc, laquelle fut brûlée à Rouen le 30 mai 1431 sans qu'il intervînt, est en réalité l'un des grands restaurateurs de l'État monarchique. Le procès en réhabilitation de Jeanne d'Arc (1455-1456), qu'il fit ouvrir, lave la mémoire de la Pucelle et, par contrecoup, la légitimité de son sacre.
L'historiographie moderne, depuis Philippe Contamine, a réhabilité ce souverain mélancolique en soulignant la cohérence patiente de son gouvernement. Il inaugure cette monarchie administrative que parachèveront Louis XI et François Ier. Son gisant repose dans la basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France, aux côtés de ses prédécesseurs Valois. La cathédrale de Reims, théâtre du miracle de 1429, demeure à jamais associée à son nom, et à celui de Jeanne, dont la statue équestre veille sur le parvis.
Sur ses pas, lieux à visiter aujourd'hui
Pour marcher sur les traces de Charles VII, on visitera la cathédrale de Reims où il fut sacré le 17 juillet 1429, le château de Chinon en Touraine où il accueillit Jeanne d'Arc, le château de Mehun-sur-Yèvre dans le Berry où il rendit l'âme, et la basilique de Saint-Denis qui abrite son gisant. La cathédrale d'Orléans et le mémorial de Castillon-la-Bataille complètent ce pèlerinage johannique et plantagenêt.
Anecdotes et iconographie
- Le « roi de Bourges », Le sobriquet, lancé par les Anglo-Bourguignons après 1422, désigne ce souverain confiné au sud de la Loire et tenant cour à Bourges et Chinon. La reconquête en fera l'éclatant démenti..
- Le portrait de Jean Fouquet, Conservé au Louvre, ce panneau peint vers 1450 montre un Charles VII vieillissant, au visage allongé, à l'œil mélancolique, sous l'inscription « Le Très Victorieux Roi de France ». Premier portrait royal moderne..
- Agnès Sorel, dame de beauté, Première favorite officiellement reconnue d'un roi de France, immortalisée par Fouquet en Vierge à l'Enfant au sein dénudé (Vierge de Melun). Elle meurt mystérieusement à 28 ans en 1450..
- Le doute de Chinon, Selon la tradition, Jeanne d'Arc reconnut le dauphin caché parmi ses courtisans en mars 1429, signe de son inspiration divine. L'épisode, vrai ou enjolivé, scelle l'alliance de la Pucelle et du roi..
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- Louis XI, son fils et successeur
- Charles V le Sage, son arrière-grand-père, restaurateur royal
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Questions fréquentes sur Charles VII
Pourquoi Charles VII est-il appelé le « roi de Bourges » ?
Après le traité de Troyes (1420) qui le déshérita au profit des Anglais, Charles VII fut confiné au sud de la Loire et tint sa cour à Bourges et Chinon. Le sobriquet, moqueur sous la plume bourguignonne, désigne cette monarchie amputée d'avant 1429.
Quel rôle joua Jeanne d'Arc dans le règne de Charles VII ?
Jeanne d'Arc convainquit le dauphin à Chinon en mars 1429, leva le siège d'Orléans le 8 mai, gagna Patay le 18 juin et le mena sacrer à Reims le 17 juillet 1429. Sans elle, la légitimité du roi serait restée contestée.
Quand finit la guerre de Cent Ans ?
La guerre de Cent Ans s'achève à la bataille de Castillon, le 17 juillet 1453, où l'artillerie des frères Bureau écrase l'armée anglaise de John Talbot. Seule Calais demeure anglaise jusqu'en 1558.
Qu'est-ce que la Pragmatique Sanction de Bourges ?
Promulguée le 7 juillet 1438, la Pragmatique Sanction de Bourges affirme les libertés de l'Église gallicane en restreignant l'intervention du pape dans la nomination des évêques français. Elle fonde le gallicanisme moderne.
Où est enterré Charles VII ?
Charles VII repose dans la basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France, où son gisant côtoie ceux des autres souverains Valois. Il mourut le 22 juillet 1461 à Mehun-sur-Yèvre.
Sources
- Wikipédia, Charles VII de France, dit le Victorieux.