Tro Breizh — Pèlerinage des 7 saints fondateurs de Bretagne
Atlas France Éternelle · Parcours
Tro Breizh — Pèlerinage des 7 saints fondateurs de Bretagne
Le Tro Breizh — littéralement « tour de Bretagne » en breton — est un pèlerinage médiéval qui invitait tout Breton à visiter, au moins une fois dans sa vie, les tombeaux des sept saints fondateurs des sept anciennes cités évêchés de la péninsule armoricaine. Né au VIᵉ siècle dans le sillage de l'évangélisation insulaire venue de Cornouailles et du pays de Galles, il fut codifié au XIIᵉ siècle et connut son apogée jusqu'à la Réforme. Une croyance populaire prêtait à celui qui négligeait ce devoir le sort d'avoir à accomplir le tour après sa mort, à raison de la longueur de son cercueil par siècle. Relancée en 1994 par l'association Les Chemins du Tro Breizh, la pratique réunit aujourd'hui plusieurs milliers de marcheurs chaque année sur un itinéraire de 350 kilomètres répartis en sept étapes, parcouru en sept ans à raison d'une étape par été — ou en une traversée intégrale de huit à dix jours.
Carte du parcours
Les 7 étapes
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1
Saint-Pol-de-Léon
Première étape du Tro Breizh, Saint-Pol-de-Léon honore Paul Aurélien (vers 492-573), moine gallois disciple de saint Iltut, débarqué sur les côtes léonardes vers 530. Premier évêque du Léon, il fonda la cité épiscopale dont subsiste l'actuelle cathédrale Saint-Paul-Aurélien (XIIIᵉ-XVIᵉ s.), bâtie en granit léonard sur les vestiges d'un sanctuaire primitif. À voir : le crâne et la cloche du saint, conservés dans la cathédrale, ainsi que la chapelle du Kreisker (XIVᵉ-XVᵉ s.) et son clocher de 78 mètres, l'un des plus hauts de Bretagne. Le tombeau du saint fut détruit à la Révolution mais le pèlerinage y est attesté dès le IXᵉ siècle.
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2
Tréguier
Tréguier honore Tugdual (mort vers 564), moine gallois venu de Bretagne insulaire avec une communauté de soixante-douze religieux, qui fonda le monastère du Trech-Meur autour duquel se développa la cité. La cathédrale Saint-Tugdual (XIVᵉ-XVᵉ s.), chef-d'œuvre du gothique rayonnant breton, abrite le tombeau de saint Yves (1253-1303), patron des juristes et figure tutélaire de la Bretagne, dont le pardon attire chaque 19 mai des milliers de pèlerins. Le cloître flamboyant du XVᵉ siècle est l'un des rares préservés en Bretagne.
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3
Saint-Brieuc
Brieuc (vers 420-vers 502), moine gallois originaire du Cardigan, débarqua vers 480 dans la baie qui porte aujourd'hui son nom. Disciple de saint Germain d'Auxerre selon la tradition, il fonda un monastère autour duquel se développa la cité. L'actuelle cathédrale Saint-Étienne (XIIIᵉ-XIVᵉ s.) frappe par son allure de forteresse — deux tours-donjons crénelées encadrent la façade — témoignage des temps troublés de la guerre de succession de Bretagne. À l'intérieur, le retable de l'Annonciation et la chapelle du Saint-Sacrement méritent l'attention.
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4
Saint-Malo
Malo, ou Maclou (vers 487-vers 621), moine gallois disciple de saint Brendan, s'établit sur l'îlot d'Aaron — actuel rocher d'Aleth — et évangélisa la région depuis Aleth, ancien siège épiscopal transféré sur la cité corsaire au XIIᵉ siècle. La cathédrale Saint-Vincent (XIIᵉ-XVIIIᵉ s.), gravement endommagée par les bombardements alliés d'août 1944 puis restaurée, conserve le tombeau de Jacques Cartier (mort en 1557). Sa nef romane angevine et son chœur gothique illustrent huit siècles d'art sacré.
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5
Dol-de-Bretagne
Samson (vers 485-vers 565), évêque gallois de Dol, est l'une des grandes figures de l'évangélisation armoricaine : sa Vita, rédigée au VIIᵉ siècle, est l'un des plus anciens textes hagiographiques bretons. Il fonda l'évêché de Dol qui prétendit, durant tout le Moyen Âge, au rang d'archevêché métropolitain de Bretagne — querelle tranchée seulement en 1199 par Innocent III. La cathédrale Saint-Samson (XIIIᵉ-XVIᵉ s.), monumentale par ses dimensions (98 mètres de long), conserve un magnifique vitrail du XIIIᵉ siècle dans le chœur et le tombeau de l'évêque Thomas James (1504), œuvre des frères Juste.
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6
Vannes
Patern (IVᵉ-Vᵉ s.), donné par la tradition pour premier évêque de Vannes vers 465, est une figure plus ancienne que les autres fondateurs du Tro Breizh : son épiscopat précède l'arrivée des moines insulaires. La cathédrale Saint-Pierre (XIIIᵉ-XIXᵉ s.), construite sur l'emplacement d'un édifice carolingien, abrite le tombeau de saint Vincent Ferrier, dominicain valencien mort à Vannes en 1419 lors de sa prédication itinérante. La rotonde Renaissance italienne (1537) du chevet, unique en Bretagne, témoigne de l'ouverture de Vannes aux courants artistiques de la Renaissance.
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7
Quimper
Corentin (Vᵉ-VIᵉ s.), premier évêque de Cornouaille selon la tradition, vivait en ermite près de la fontaine de Plomodiern où une légende rapporte qu'un poisson miraculeux se reformait chaque jour pour le nourrir. Le roi Gradlon l'aurait établi évêque à Quimper après la submersion légendaire de la ville d'Ys. La cathédrale Saint-Corentin (XIIIᵉ-XVᵉ s.), seule cathédrale gothique intégrale de Bretagne, présente la curiosité d'un chœur désaxé par rapport à la nef de plus de trois degrés. Ses flèches néogothiques (1856) culminent à 76 mètres et closent symboliquement le Tro Breizh.
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Sources et références
- Bernard Tanguy, Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses du Finistère, Chasse-Marée/ArMen, 1990.
- Bernard Merdrignac, Les saints bretons entre légendes et histoire, Presses universitaires de Rennes, 2008.
- Joseph Loth, Les noms des saints bretons, Honoré Champion, 1910.
- Louis Dubois et al., Les Sept Saints de Bretagne, Coop Breizh, 2002.
- Association Les Chemins du Tro Breizh, Guide officiel du pèlerinage, 2018.