Cathédrale Saint-Vincent de Saint-Malo : 7e ville sainte du Tro Breizh, tombeau Jacques Cartier

Façade ouest de la cathédrale Saint-Vincent de Saint-Malo, vue frontale, pierres claires intra-muros
Façade ouest de la cathédrale Saint-Vincent intra-muros. Photo John Samuel (Jsamwrites), CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Cathédrale Saint-Vincent de Saint-Malo en bref

  • Dénomination : cathédrale catholique
  • Commune : Saint-Malo (35, Bretagne)
  • Siècle principal : XIIe-XXe siècle
  • Architecte(s) : Raymond Cornon, Pierre Prunet, Léonce Reynaud, Alfred-Louis Frangeul (XIXe-XXe) ; maîtres d'œuvre médiévaux non documentés
  • Style : Roman, gothique, classique, néogothique
  • Protection : Classée monument historique en 1910
  • UNESCO : Aucune inscription individuelle au patrimoine mondial de l'UNESCO
  • Coordonnées GPS : 48.64949, -2.02565
  • 7e ville sainte du Tro Breizh : achève le pèlerinage des sept saints fondateurs de Bretagne (Brieuc, Pol, Malo, Samson, Patern, Corentin, Tugdual)
  • Tombeau de Jacques Cartier : l'explorateur malouin (1491-1557) qui découvrit le Canada en 1534, sa tombe est dans la cathédrale

Sources : base Mérimée (PA00090798), Wikidata (Q2385003). Ministère de la Culture, licence ouverte.

Histoire de Cathédrale Saint-Vincent de Saint-Malo

Saint-Malo doit son nom à saint Malo (vers 487-565), évêque gallois venu en Armorique au VIe siècle. Il fonda un monastère sur le rocher d'Aleth (l'actuel Saint-Servan), qui fut transféré au XIIe siècle sur l'îlot d'Aaron, la Saint-Malo intra-muros actuelle. Le diocèse de Saint-Malo, créé en 1146, fut au Moyen Âge l'un des grands sièges épiscopaux bretons. La cathédrale primitive remplacée par un édifice roman (XIIe siècle), lui-même reconstruit en gothique. Le chantier du chœur gothique s'ouvre vers 1162 ; la nef et les voûtes sont édifiées au XIIIe siècle. Au XVe-XVIIIe siècles, plusieurs ajouts flamboyants et baroques.

Saint-Malo, port stratégique, fut la ville natale de Jacques Cartier (1491-1557), explorateur qui découvrit le Canada en 1534 au nom de François Ier, son tombeau, dans le bras nord du transept, est l'un des grands lieux de mémoire de l'histoire maritime française. La ville fut aussi le foyer des corsaires malouins (Surcouf, Duguay-Trouin) aux XVIIe-XVIIIe siècles. Au Concordat de 1801, le diocèse de Saint-Malo est supprimé et rattaché à celui de Rennes (devenu « Rennes, Dol et Saint-Malo »). Du 4 au 17 août 1944, la ville est presque entièrement détruite par les bombardements alliés et les incendies allemands lors de la libération, la cathédrale est gravement endommagée (toitures effondrées, vitraux brisés, voûtes percées). La restauration (1944-1972), menée par Raymond Cornon, restitue l'édifice à l'identique. Saint-Vincent reste l'une des sept villes saintes de Bretagne (Tro Breizh), étape finale du pèlerinage qui boucle le tour des sept saints fondateurs.

Cathédrale Saint-Vincent de Saint-Malo

  • Adresse : 12 rue Saint-Benoist, 35400 Saint-Malo, Voir sur la carte
  • Construction : XIIe-XXe siècle
  • Protection : Classée monument historique en 1910
  • Statut juridique : propriété de l'État (cathédrale en exercice)
  • Affectataire : Archidiocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo
  • UNESCO : Aucune inscription individuelle au patrimoine mondial de l'UNESCO

Architecture et description

Intérieur de la cathédrale Saint-Vincent de Saint-Malo, nef voûtée et chœur en perspective
Nef et chœur restaurés après les bombardements de 1944. Photo John Samuel (Jsamwrites), CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Saint-Vincent de Saint-Malo déploie un édifice composite de 70 mètres de long pour 24 mètres sous voûte. Le chœur gothique (XIIe-XIIIe siècles), avec déambulatoire et chapelles rayonnantes, témoigne du gothique français classique exporté en Bretagne. La nef gothique (XIIIe siècle) reprend le parti gothique breton classique : voûtes sexpartites, piliers cylindriques, fenêtres à meneaux. La flèche centrale sur la croisée du transept, restituée après 1944, atteint 80 mètres. Les chapelles latérales flamboyantes (XVe-XVIe siècles), accolées au flanc nord, présentent des remplages finement sculptés. La tour-clocher (XVe siècle), de hauteur modérée, est conçue pour résister aux vents du large. Le granit local de Saint-Malo, gris foncé à grain fin, donne à l'édifice sa silhouette sobre, l'une des cathédrales les plus austères de Bretagne, à l'image du caractère malouin. À l'extérieur, l'édifice s'inscrit dans la cité fortifiée intra-muros, l'une des silhouettes urbaines les plus de France.

Éléments remarquables

Vitraux contemporains de la cathédrale Saint-Vincent de Saint-Malo, lumière colorée filtrée
Vitraux contemporains posés après la reconstruction. Photo Gzen92, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Le tombeau de Jacques Cartier (1491-1557), dans le bras nord du transept, est l'un des grands lieux de mémoire de l'histoire maritime française. L'explorateur malouin, qui découvrit le Canada en 1534 et remonta le Saint-Laurent jusqu'à l'actuel Québec et Montréal, fut enterré ici à sa mort. Une plaque commémorative rappelle son geste fondateur. Les vitraux modernes (Jean Le Moal et Bernard Allain, 1968-1972), commandés après les destructions de 1944, sont l'un des grands ensembles de vitraux contemporains français, palette de bleus profonds caractéristiques de l'art sacré breton du XXe siècle. La chapelle Notre-Dame du Grand Pouvoir abrite la statue de Notre-Dame, vénérée par les marins malouins depuis le Moyen Âge, bénie avant chaque grand départ. Le buffet d'orgue (XVIIe siècle, restauré après 1944) est l'un des plus beaux orgues bretons. Les plaques commémoratives évoquent les corsaires malouins (Surcouf 1773-1827, Duguay-Trouin 1673-1736) qui firent la fortune de Saint-Malo aux XVIIe-XVIIIe siècles.

Informations pratiques pour la visite

XIIe siècle de construction principal
Jacques Cartier tombeau dans le bras nord (1491-1557), découvreur du Canada en 1534
1944 ravagée par les bombardements alliés (4-17 août), restaurée 1944-1972
  • Adresse : 12 rue Saint-Benoist, 35400 Saint-Malo
  • GPS : 48.64949, -2.02565
  • Protection : Classée monument historique en 1910, affectataire : Archidiocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo
  • Accès : ouverte à la visite libre hors offices ; horaires affichés sur le portail principal et site officiel du diocèse.

Tombeau de Jacques Cartier accessible en visite libre. Visite couplée fortement recommandée avec les remparts de Saint-Malo (3 km de circuit, vue panoramique sur la baie), le château de la Duchesse-Anne, le Mont-Saint-Michel (à 50 km, UNESCO), et Dinan (cité médiévale).

Événements patrimoine à proximité

  • Festival Étonnants Voyageurs, fin mai, l'un des plus grands festivals littéraires français consacré au voyage et à l'aventure, animations dans le centre intra-muros dont le parvis de la cathédrale.
  • Pardon de saint Malo, 15 novembre, fête patronale, procession dans le centre intra-muros.

À découvrir sur France Éternelle

Questions fréquentes sur Cathédrale Saint-Vincent de Saint-Malo

Pourquoi Saint-Malo est-elle la 7e ville sainte du Tro Breizh ?

Saint-Malo (saint Malo, évêque venu du pays de Galles vers 540) est l'une des sept villes saintes du Tro Breizh, pèlerinage médiéval visitant les tombeaux des sept saints fondateurs de Bretagne : Brieuc (Saint-Brieuc), Pol (Saint-Pol-de-Léon), Malo (Saint-Malo), Samson (Dol), Patern (Vannes), Corentin (Quimper), Tugdual (Tréguier). Le pèlerinage de ~600 km à pied est aujourd'hui revivifié.

Pourquoi Jacques Cartier est-il enterré à Saint-Malo ?

Jacques Cartier (1491-1557), explorateur malouin, fut le premier Européen à explorer le Saint-Laurent (1534-1542) et à donner son nom au Canada (du mot iroquois « kanata » = village). Il fit trois voyages au nom de François Ier. Mort à Saint-Malo en 1557, il fut enterré dans la cathédrale, son tombeau, dans le bras nord du transept, attire les visiteurs québécois en pèlerinage à leurs origines françaises.

La cathédrale a-t-elle été détruite pendant la Seconde Guerre mondiale ?

Du 4 au 17 août 1944, Saint-Malo intra-muros fut presque entièrement détruite par les bombardements alliés et les incendies allemands lors de la libération, 80 % de la ville close en ruines. La cathédrale fut gravement endommagée mais resta debout (toitures effondrées, vitraux brisés, voûtes percées). La restauration (1944-1972) sous Raymond Cornon restitua l'édifice à l'identique. Vitraux contemporains de Jean Le Moal commandés en 1968-1972.

Pourquoi Saint-Malo n'est-elle plus le siège d'un évêché ?

Le diocèse de Saint-Malo, fondé en 1146, fut supprimé au Concordat de 1801 et rattaché à celui de Rennes (devenu « Rennes, Dol et Saint-Malo »). Saint-Vincent est devenue ancienne cathédrale mais conserve son rang d'édifice majeur du gothique breton et son statut paroissial. L'évêque de Rennes siège aussi à Saint-Malo lors des grandes occasions.

Que voir à Saint-Malo autour de la cathédrale ?

Les remparts (3 km de circuit, vue panoramique sur la baie de Saint-Malo et le grand large), le château de la Duchesse-Anne (musée d'histoire de la ville), le Mémorial 39-45, le Grand Aquarium, et Dinard (à 5 minutes en bateau-bus, station balnéaire Belle Époque). Saint-Malo est à 3 h de Paris en TGV via Rennes.

Sources