Cathédrale Saint-Corentin de Quimper : gothique breton, axe brisé célèbre

Façade occidentale de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper avec ses deux flèches gothiques jumelles.
Façade occidentale et flèches de la cathédrale de Quimper. Photo GO69, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Cathédrale Saint-Corentin de Quimper en bref

  • Dénomination : cathédrale catholique
  • Commune : Quimper (29, Bretagne)
  • Siècle principal : XIIIe-XVe
  • Architecte(s) : Joseph Bigot (flèches XIXe)
  • Style : Gothique rayonnant et flamboyant
  • Protection : Classée Monument Historique 1862
  • Coordonnées GPS : 47.99556, -4.10222
  • Particularité architecturale : axe brisé célèbre — le chœur est désaxé de 6° par rapport à la nef pour suivre la topographie de la rivière Steir
  • Saint patron : Corentin, premier évêque de Cornouaille (Ve siècle), figure légendaire de Bretagne

Sources : base Mérimée (PA00090326), Wikidata (Q2419151). Ministère de la Culture, licence ouverte.

Histoire de Cathédrale Saint-Corentin de Quimper

Le diocèse de Cornouaille remonte au Ve siècle. Selon la tradition, saint Corentin en fut le premier évêque, ermite chrétien établi dans la forêt de Plomelin et nommé évêque par Gradlon, roi légendaire de Cornouaille — celui-là même qui, dans la légende, vit sa capitale Ys engloutie sous les flots. La cathédrale actuelle s'élève sur le site d'un édifice roman antérieur. Le chantier du chœur s'ouvre en 1239 sous l'évêque Renaud du Pratz ; il sera achevé vers 1290. La nef n'est entreprise qu'au XVe siècle (1424-1493), ce qui explique la singularité de l'édifice : l'axe du chœur dévie de 6° par rapport à celui de la nef, défaut visible à l'œil nu mais voulu — il permet de suivre le tracé de la rivière Steir et d'épouser la pente du terrain.

Au XIXe siècle, l'architecte breton Joseph Bigot (1807-1894) entreprend l'achèvement des deux flèches de la façade occidentale, restées inachevées depuis le Moyen Âge. Les flèches actuelles, de style néo-gothique inspiré de Saint-Pol-de-Léon, sont édifiées de 1854 à 1856. Au sommet de l'une d'elles, on plaça en 1858 une statue équestre du roi Gradlon entre les deux flèches — figure légendaire de Cornouaille. La cathédrale est siège du diocèse de Quimper et Léon, fusion réalisée au Concordat de 1801 (le diocèse de Léon, à Saint-Pol-de-Léon, ayant été supprimé). Elle reste l'un des édifices emblématiques de la Bretagne et de la mémoire celtique chrétienne.

Cathédrale Saint-Corentin de Quimper

  • Adresse : Place Saint-Corentin, 29000 Quimper — Voir sur la carte
  • Construction : XIIIe-XVe
  • Protection : Classée Monument Historique 1862
  • Statut juridique : propriété de l'État (cathédrale en exercice)
  • Affectataire : Diocèse de Quimper et Léon

Architecture et description

Vue intérieure de la nef de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper en direction du chœur.
La nef de Saint-Corentin de Quimper vers le chœur. Photo Raimond Spekking, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Saint-Corentin déploie une nef de 92 mètres pour 22 mètres sous voûte — proportions modestes pour le gothique du XIIIe-XVe siècle, mais d'une grande pureté. La désaxation du chœur par rapport à la nef (6°) est immédiatement perceptible quand on entre par le portail occidental : le maître-autel apparaît légèrement décalé sur la droite. Cette particularité, exceptionnelle pour une cathédrale gothique, s'explique par la topographie : le chantier du XIIIe siècle dut composer avec le tracé de la rivière Steir et le rocher où se dressait l'ancien édifice. Les deux flèches occidentales (Joseph Bigot, 1854-1856) culminent à 76 mètres — élégant néo-gothique inspiré du modèle de Saint-Pol-de-Léon. Les vitraux du chœur datent du XVe siècle et représentent les évêques de Cornouaille en habits liturgiques (rare iconographie diocésaine).

Éléments remarquables

Détail du portail occidental sculpté de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper.
Détail du portail occidental de la cathédrale de Quimper. Photo Thesupermat, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

La statue équestre du roi Gradlon (Amédée Ménard, 1858), placée entre les deux flèches occidentales, commémore le roi légendaire de Cornouaille — celui dont la capitale Ys aurait été engloutie sous les flots à cause de la trahison de sa fille Dahut, selon la légende bretonne. Les vitraux du chœur (XVe siècle) montrent les évêques successifs de Cornouaille en majesté — l'un des rares programmes iconographiques diocésains conservés en France. Le buffet d'orgue de Robert Dallam (1645), restauré au XXe siècle, conserve sa décoration baroque originale. La cathédrale abrite aussi le tombeau de l'évêque Bertrand de Rosmadec (XVe siècle), commanditaire de la nef. Au XXe siècle, des vitraux modernes (atelier Le Bihan, 1944-1950) ont remplacé ceux détruits par les bombardements de 1944.

Informations pratiques pour la visite

XIIIe siècle de construction principal
désaxement entre nef et chœur — signature architecturale
Gradlon statue équestre du roi légendaire de Cornouaille (1858)
  • Adresse : Place Saint-Corentin, 29000 Quimper
  • GPS : 47.99556, -4.10222
  • Protection : Classée Monument Historique 1862 — affectataire : Diocèse de Quimper et Léon
  • Accès : ouverte à la visite libre hors offices ; horaires affichés sur le portail principal et site officiel du diocèse.

Visites guidées du chœur et des chapelles sur réservation. Vue panoramique depuis le quartier du Frugy (versant sud) sur les flèches et la baie.

Événements patrimoine à proximité

  • Festival de Cornouaille — fin juillet — l'une des plus grandes manifestations celtiques de Bretagne, défilés en costume traditionnel devant la cathédrale.
  • Pardon de saint Corentin — 12 décembre — fête patronale du diocèse, procession et messe pontificale.

À découvrir sur France Éternelle

Questions fréquentes sur Cathédrale Saint-Corentin de Quimper

Pourquoi le chœur de Quimper est-il désaxé ?

Le chœur (1239-1290) et la nef (1424-1493) furent construits à deux siècles d'intervalle. Pour suivre la topographie — tracé de la rivière Steir et rocher de la cité ancienne — les bâtisseurs durent dévier l'axe de la nef de 6° par rapport au chœur d'origine. Cette désaxation, immédiatement visible à l'œil nu depuis le portail occidental, est la signature architecturale de la cathédrale.

Qui était saint Corentin ?

Selon la tradition, Corentin fut le premier évêque de Cornouaille au Ve siècle. Ermite vivant dans la forêt de Plomelin, il aurait été nommé évêque par le roi légendaire Gradlon. Une légende veut qu'il se soit nourri d'un poisson miraculeux dont la chair se reconstituait chaque jour. Sa fête est célébrée le 12 décembre, jour du grand Pardon de Quimper.

Qui est Gradlon, le roi en haut de la cathédrale ?

Gradlon (Gradlon Meur, « Gradlon le Grand ») est le roi mythique de Cornouaille — celui dont la capitale Ys aurait été engloutie sous les flots à cause de la trahison de sa fille Dahut, selon la légende bretonne. La statue équestre placée entre les deux flèches en 1858 commémore cette figure fondatrice du légendaire breton.

Quel est le diocèse de Quimper ?

Le diocèse de Quimper et Léon, créé en 1801 par fusion des anciens diocèses de Cornouaille (Quimper) et de Léon (Saint-Pol-de-Léon), couvre l'ensemble du Finistère. C'est l'un des diocèses bretons historiques de la province ecclésiastique de Rennes. La cathédrale de Quimper en est le siège.

Que voir à Quimper autour de la cathédrale ?

Le centre médiéval (rues Kéréon, Élie-Fréron, place au Beurre, maisons à pans de bois), le musée des Beaux-Arts (collections bretonnes), le musée départemental breton (Préfecture, ancien évêché), les faïenceries Henriot-Quimper, et le quartier de Locmaria. Quimper est à 4 h 30 de Paris en TGV (et port de plaisance Bénodet à 20 km).

Sources