Château de Tiffauges (dit Château de Barbe-Bleue)
Château de Tiffauges (dit Château de Barbe-Bleue) en bref
- Dénomination : lieu de mémoire, guerres de Vendée
- Commune : Tiffauges (85, Pays de la Loire)
- Période principale : XIIe-XVe siècles (château) ; XVIIIe siècle (rôle dans la guerre de Vendée)
- Date de l'événement : 1793-1794 (occupation vendéenne, incendie par les colonnes infernales de Turreau en janvier 1794)
- Protection : Classé Monument historique (réf. Mérimée PA00110242, liste de 1862)
- Coordonnées GPS : 47.01470, -1.12080
- Siècles d'édification : XIIe-XVe siècles
- Événement vendéen : 1793-1794, occupation vendéenne puis incendie par Turreau
- Acteurs vendéens : Charles de Bonchamps, Henri de La Rochejaquelein (passages)
- Acteurs républicains : Louis Marie Turreau (colonnes infernales)
- Bilan : Plusieurs centaines de civils massacrés dans la châtellenie
- Classement : Classé Monument historique (PA00110242, liste de 1862)
- Figure mythique : Gilles de Rais, le « Barbe-Bleue » de Perrault
Sources : base Mérimée (PA00110242), Wikidata (Q1074760). Ministère de la Culture, licence ouverte.
Histoire de Château de Tiffauges (dit Château de Barbe-Bleue)
Dominant la confluence de la Sèvre Nantaise et de la Crûme, le château de Tiffauges est l'une des plus vastes forteresses médiévales de l'Ouest français. Édifié aux XIIe et XIIIe siècles, remanié au XVe siècle, il fut la résidence favorite de Gilles de Rais (1404-1440), compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, maréchal de France, mais aussi figure de l'alchimie noire et des crimes dénoncés au procès de Nantes (1440), qui a inspiré à Charles Perrault le conte de Barbe-Bleue (1697). Cette double mémoire, guerrière et légendaire, accompagne le site jusqu'aux guerres de Vendée.
Dès le printemps 1793, Tiffauges devient l'une des places fortes de la Grande Armée catholique et royale. Le château sert de dépôt, de prison, de poste de commandement. Charles de Bonchamps y tient conseil à plusieurs reprises ; Henri de La Rochejaquelein y fait halte durant les campagnes d'été. La ville basse, groupée autour de l'église Saint-Nicolas, abrite réfugiés et blessés.
Les 25-28 janvier 1794, les colonnes infernales du général Louis Marie Turreau atteignent la châtellenie. Suivant les instructions du Comité de salut public de « détruire la Vendée », Turreau a divisé son armée en douze colonnes qui ratissent méthodiquement le territoire. À Tiffauges, le château est incendié, les archives et une grande partie du mobilier sont perdus. La ville basse est pillée ; plusieurs centaines de civils réfugiés dans la crypte romane et dans l'église sont massacrés. Les paroisses voisines (Les Landes-Génusson, Saint-Aubin-des-Ormeaux, Mortagne) subissent le même sort. Anne Rolland-Boulestreau (Fayard, 2015) a reconstitué l'itinéraire précis de ces colonnes.
Abandonné après 1794, le château tombe en ruine. Il est sauvé par Octave de Rochebrune, qui en grave la « grosse tour » en 1863, gravure devenue iconique. Acquis par le Département de la Vendée en 1957, il bénéficie depuis d'une campagne de restauration continue et abrite un parcours muséal sur les machines de guerre médiévales et sur la guerre de Vendée.
Château de Tiffauges (dit Château de Barbe-Bleue)
- Adresse : Place du Château, 85130 Tiffauges, 85130 Tiffauges, Voir sur la carte
- Période : XIIe-XVe siècles (château) ; XVIIIe siècle (rôle dans la guerre de Vendée)
- Événement : 1793-1794 (occupation vendéenne, incendie par les colonnes infernales de Turreau en janvier 1794)
- Protection : Classé Monument historique (réf. Mérimée PA00110242, liste de 1862)
- Affectation : Lieu de mémoire, pas de rattachement diocésain
Mémoire contemporaine
Le château accueille chaque année plus de 100 000 visiteurs, autour d'animations médiévales et de reconstitutions de machines de guerre (trébuchet, bricole, couillard). Depuis 2015, un parcours « guerres de l'Ouest » a été ajouté, incluant une salle consacrée aux colonnes infernales et au massacre de janvier 1794. Chaque 28 janvier, l'Association du Souvenir vendéen organise une cérémonie commémorative à l'église Saint-Nicolas de la ville basse, au pied du château. L'ensemble est intégré à l'itinéraire culturel des « Chemins de mémoire des guerres de Vendée » et constitue, avec le Puy du Fou voisin, l'un des principaux pôles touristiques et mémoriels du Haut-Bocage.
Iconographie et citation d'époque
« Les colonnes infernales n'avaient pas pour mission de combattre mais d'exterminer. », Anne Rolland-Boulestreau, Les colonnes infernales, Fayard, 2015.
Informations pratiques pour la visite
- Adresse : Place du Château, 85130 Tiffauges, 85130 Tiffauges
- GPS : 47.01470, -1.12080
- Protection : Classé Monument historique (réf. Mérimée PA00110242, liste de 1862)
- Accès : lieu de mémoire librement accessible (sauf mentions contraires)
Accès : Tiffauges se trouve sur la D753, à 20 km du Puy du Fou et 25 km de Cholet. Stationnement gratuit place du Château. Ouvert d'avril à septembre (tarif 2026 autour de 12 €, gratuit -4 ans). Animations médiévales quotidiennes. Accessibilité partielle (pentes fortes et pavés médiévaux). Compter 3 heures pour une visite complète incluant le parcours « guerres de l'Ouest ».
Repères chronologiques
- XIIe-XIIIe siècles, Construction du donjon et de la chapelle romane.
- XVe siècle, Gilles de Rais, seigneur de Tiffauges.
- 26 octobre 1440, Procès et exécution de Gilles de Rais à Nantes.
- 1697, Publication par Perrault du conte de Barbe-Bleue.
- 1793, Tiffauges devient place forte vendéenne.
- 25-28 janvier 1794, Incendie et massacre par les colonnes infernales de Turreau.
- 1862, Classement MH sur la liste fondatrice.
- 1863, Gravure de la grosse tour par Octave de Rochebrune.
- 1957, Acquisition par le Département de la Vendée.
Pour aller plus loin
- Reynald Secher, La Vendée-Vengé. Le Génocide franco-français, PUF, 1986
- Anne Rolland-Boulestreau, Les colonnes infernales, Fayard, 2015
- Jean-Clément Martin, La guerre de Vendée (1793-1800), Points Seuil, 2014
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Questions fréquentes sur Château de Tiffauges (dit Château de Barbe-Bleue)
Pourquoi Tiffauges est-il appelé le « château de Barbe-Bleue » ?
Parce qu'il fut la résidence principale de Gilles de Rais (1404-1440), compagnon de Jeanne d'Arc, condamné et exécuté à Nantes pour meurtres d'enfants. Ce personnage historique a inspiré à Charles Perrault le conte de Barbe-Bleue publié en 1697.
Quel a été le rôle de Tiffauges pendant les guerres de Vendée ?
Tiffauges fut l'une des places fortes vendéennes de 1793. Le 25-28 janvier 1794, les colonnes infernales du général Turreau ont incendié le château et massacré plusieurs centaines de civils réfugiés dans la ville basse et la crypte.
Que peut-on voir au château aujourd'hui ?
Les remparts médiévaux, la grosse tour du XVe siècle, la chapelle romane, la crypte, un parc de machines de guerre reconstituées (trébuchet, couillard), et depuis 2015 un parcours consacré aux guerres de l'Ouest.
Comment se rendre à Tiffauges ?
Par la D753, 20 km du Puy du Fou, 25 km de Cholet, 60 km de Nantes. Stationnement gratuit place du Château. Le site est ouvert d'avril à septembre.
Sources
- Base Mérimée, notice PA00110242, Ministère de la Culture, licence ouverte.
- Wikidata, Q1074760 (Château de Tiffauges (dit Château de Barbe-Bleue)).
- Wikipédia, Château de Tiffauges (dit Château de Barbe-Bleue).
- Reynald Secher, La Vendée-Vengé. Le Génocide franco-français, PUF, 1986.
- Anne Rolland-Boulestreau, Les colonnes infernales. Violences et guerre civile en Vendée militaire (1794-1795), Fayard, 2015.
- Jean-Clément Martin, La guerre de Vendée (1793-1800), Points Seuil, 2014.