Bataille de Savenay (23 décembre 1793)

Croix des Vendéens, monument commémoratif de la bataille de Savenay
La Croix des Vendéens, dressée sur le plateau où s'éteignit la Grande Armée catholique et royale, 23 décembre 1793. Photo user:KaTeznik, CC BY-SA 2.0 fr, via Wikimedia Commons.

Bataille de Savenay (23 décembre 1793) en bref

  • Dénomination : lieu de mémoire, guerres de Vendée
  • Commune : Savenay (44, Pays de la Loire)
  • Période principale : XVIIIe siècle
  • Date de l'événement : 23 décembre 1793
  • Protection : Croix des Vendéens protégée au titre du patrimoine communal
  • Coordonnées GPS : 47.35940, -1.94810
  • Date de l'événement : 23 décembre 1793
  • Acteurs vendéens : Jean-Nicolas Stofflet, prince de Talmont, Fleuriot de la Fleuriais
  • Acteurs républicains : François-Joseph Westermann, Jean-Baptiste Kléber, François Séverin Marceau
  • Bilan humain : 6 000-8 000 tués au combat ; milliers d'exécutions et de noyades à Nantes
  • Conséquence : Fin militaire de la Virée de Galerne et de la Grande Armée catholique et royale
  • Lieu central : Plateau de la Bretèche, Croix des Vendéens
  • Commémoration annuelle : Rassemblement le dimanche le plus proche du 23 décembre

Sources : Wikidata (Q2884885). Ministère de la Culture, licence ouverte.

Histoire de Bataille de Savenay (23 décembre 1793)

La bataille de Savenay, livrée le 23 décembre 1793 sur le plateau de la Bretèche, achève la destruction militaire de la Grande Armée catholique et royale. Onze jours plus tôt, les survivants du Mans, huit à dix mille hommes, femmes et enfants exsangues, se sont mis en marche vers Nantes dans l'espoir désespéré de franchir la Loire et de regagner le Bocage. Traqués par les colonnes de Westermann, Kléber et Marceau, ils parviennent à Savenay, petite cité comprise entre Nantes et Saint-Nazaire, le 22 décembre au soir.

À l'aube du 23, les républicains donnent l'assaut. Privés d'artillerie, épuisés, les Vendéens livrent leur dernier combat sur le plateau de la Bretèche. Commandés par Jean-Nicolas Stofflet, le prince de Talmont et Fleuriot de la Fleuriais, ils résistent plusieurs heures avant d'être enveloppés. Entre six mille et huit mille sont tués au combat ; les survivants, capturés, sont dirigés sur Nantes où les attendent les « mitraillades » de Carrier et les noyades de la Loire. Westermann rédige le soir même sa dépêche fameuse à la Convention : « La Vendée n'est plus, citoyens républicains. Elle vient de mourir sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l'enterrer dans les marais et les bois de Savenay. »

Ce texte, dont l'authenticité partielle a été discutée mais dont la substance est confirmée par les archives du Comité de salut public, est considéré par Reynald Secher comme l'une des pièces à conviction majeures dans le procès de la Convention. Alain Gérard et Anne Rolland-Boulestreau ont montré que l'anéantissement de Savenay, loin d'être un accident de la guerre, procède d'instructions explicites de destruction, confirmées dès janvier 1794 par le déploiement des colonnes infernales de Turreau dans le Bocage resté derrière.

Sur le plan militaire, Savenay clôt la première guerre de Vendée ; la seconde (chouannerie, Charette, Quiberon) s'ouvre dès le printemps 1794 dans le Pays de Retz et le Bas-Poitou. Sur le plan mémoriel, Savenay marque l'extinction de la Grande Armée catholique et royale comme force organisée.

Bataille de Savenay (23 décembre 1793)

  • Adresse : Croix des Vendéens, route de Lavau-sur-Loire, 44260 Savenay, 44260 Savenay, Voir sur la carte
  • Période : XVIIIe siècle
  • Événement : 23 décembre 1793
  • Protection : Croix des Vendéens protégée au titre du patrimoine communal
  • Affectation : Lieu de mémoire, pas de rattachement diocésain

Mémoire contemporaine

Église de Savenay
Église Saint-Martin de Savenay, plaques commémoratives des morts vendéens de décembre 1793. Photo user:KaTeznik, CC BY-SA 2.0 fr, via Wikimedia Commons.

Chaque année, le dimanche le plus proche du 23 décembre, l'Association du Souvenir vendéen et l'association locale « Mémoire du futur » organisent à la Croix des Vendéens une messe en plein air et un dépôt de gerbes. Des représentants du diocèse de Nantes, de la préfecture de Loire-Atlantique et d'élus locaux y participent. Le site est inscrit à l'itinéraire culturel des « Chemins de mémoire des guerres de Vendée ». Depuis 1993, plusieurs colloques et publications ont approfondi la connaissance de la bataille, les travaux d'Alain Gérard et de Jean-Clément Martin. Les fouilles archéologiques conduites en 2013-2015 sous l'égide du département ont permis de préciser la topographie des combats.

Iconographie et citation d'époque

Tableau XIXe représentant la débâcle vendéenne
Évariste Carpentier, Guerre de Vendée, évocation de la débâcle des colonnes vendéennes d'après Savenay. Photo Évariste Carpentier, Public domain, via Wikimedia Commons.
« La Vendée n'est plus, citoyens républicains. Elle vient de mourir sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. », François-Joseph Westermann, dépêche du 23 décembre 1793.

Informations pratiques pour la visite

XVIIIe siècle de l'événement
1793 date-clé de l'événement
  • Adresse : Croix des Vendéens, route de Lavau-sur-Loire, 44260 Savenay, 44260 Savenay
  • GPS : 47.35940, -1.94810
  • Protection : Croix des Vendéens protégée au titre du patrimoine communal
  • Accès : lieu de mémoire librement accessible (sauf mentions contraires)

Accès : la Croix des Vendéens se trouve sur la route de Lavau-sur-Loire, commune de Savenay (44260), à 40 km à l'ouest de Nantes par la N165 (sortie 10). Stationnement gratuit au pied du monument. Accès libre permanent. Circuit pédestre du champ de bataille (3 km, 1h). Combiner avec le Musée des guerres de Vendée d'Oudon (35 km) pour une journée complète.

Repères chronologiques

  • 13 décembre 1793, Massacre du Mans ; repli des survivants vendéens.
  • 22 décembre 1793, Arrivée de l'armée vendéenne à Savenay.
  • 23 décembre 1793, Bataille de Savenay, anéantissement final.
  • Décembre 1793 - janvier 1794, Mitraillades et noyades à Nantes sous Carrier.
  • XIXe siècle, Érection de la Croix des Vendéens sur le plateau de la Bretèche.
  • 1993, Bicentenaire, commémorations nationales.
  • 2013-2015, Fouilles archéologiques départementales.

Pour aller plus loin

  • Reynald Secher, Le Génocide franco-français, PUF, 1986
  • Anne Rolland-Boulestreau, Les colonnes infernales, Fayard, 2015
  • Alain Gérard, « Par principe d'humanité… » : la Terreur et la Vendée, Fayard, 1999

À découvrir sur France Éternelle

Questions fréquentes sur Bataille de Savenay (23 décembre 1793)

Que signifie la phrase de Westermann « La Vendée n'est plus » ?

C'est la dépêche que Westermann rédige le soir du 23 décembre 1793 à la Convention après Savenay, annonçant l'anéantissement de la Grande Armée catholique et royale, avec « ses femmes et ses enfants ». Ce texte est l'une des pièces majeures du procès historiographique de la Terreur contre la Vendée.

Qu'est-ce que la Croix des Vendéens à Savenay ?

Une grande croix de granit érigée au XIXe siècle sur le plateau de la Bretèche, à l'endroit même où s'effondra la dernière formation vendéenne le 23 décembre 1793. Elle constitue le principal monument commémoratif de la bataille.

Que s'est-il passé à Nantes après Savenay ?

Les milliers de prisonniers capturés à Savenay furent dirigés sur Nantes, où le représentant en mission Jean-Baptiste Carrier fit procéder aux célèbres « mitraillades » et « noyades de la Loire » entre décembre 1793 et février 1794.

Y a-t-il encore des commémorations ?

Oui. Chaque année, le dimanche le plus proche du 23 décembre, une messe et un dépôt de gerbes sont organisés à la Croix des Vendéens par l'Association du Souvenir vendéen et les associations locales.

Sources

  • Wikidata, Q2884885 (Bataille de Savenay (23 décembre 1793)).
  • Wikipédia, Bataille de Savenay (23 décembre 1793).
  • Reynald Secher, Le Génocide franco-français, PUF, 1986.
  • Alain Gérard, « Par principe d'humanité… » : la Terreur et la Vendée, Fayard, 1999.
  • Anne Rolland-Boulestreau, Les colonnes infernales, Fayard, 2015.