Débarquement de Quiberon (23 juin - 21 juillet 1795)
Débarquement de Quiberon (23 juin - 21 juillet 1795) en bref
- Dénomination : lieu de mémoire, guerres de Vendée
- Commune : Saint-Pierre-Quiberon (56, Bretagne)
- Période principale : XVIIIe siècle
- Date de l'événement : 23 juin - 21 juillet 1795 (débarquement, siège et capitulation)
- Protection : Fort de Penthièvre classé Monument historique ; chapelle expiatoire d'Auray et Champ des Martyrs classés
- Coordonnées GPS : 47.52720, -3.13470
- Date de l'événement : 23 juin - 21 juillet 1795
- Acteurs royalistes : Louis Charles d'Hervilly, Joseph de Puisaye, Charles de Sombreuil
- Chouans associés : Georges Cadoudal (opérant à proximité)
- Acteurs républicains : Lazare Hoche, Jean Humbert
- Bilan humain : Environ 750 émigrés fusillés après capitulation malgré promesse de grâce
- Portée : Désastre majeur de la contre-révolution émigrée
- Classement : Fort de Penthièvre classé MH ; Champ des Martyrs classé
Sources : base Mérimée (PA00091454), Wikidata (Q1191113). Ministère de la Culture, licence ouverte.
Histoire de Débarquement de Quiberon (23 juin - 21 juillet 1795)
L'expédition de Quiberon constitue la tentative la plus ambitieuse des émigrés français pour renverser la République : un débarquement soutenu par la Royal Navy, coordonné avec la Chouannerie bretonne, qui s'achève en juillet 1795 dans un désastre militaire et humain. Depuis Portsmouth, la flotte commandée par l'amiral Warren appareille le 17 juin 1795 avec à son bord 5 500 émigrés de l'armée rouge (veste rouge anglaise), commandés par Louis Charles d'Hervilly, Joseph de Puisaye (chef politique) et, en second temps, Charles de Sombreuil. Le débarquement se produit à Carnac le 23 juin, et le fort de Penthièvre, verrou stratégique de la presqu'île, se rend aux émigrés le 3 juillet.
La jonction avec les Chouans de Puisaye et Cadoudal, opérant dans le Morbihan, devait permettre d'embraser la Bretagne et de marcher sur Nantes, puis sur Paris. Mais les dissensions entre d'Hervilly (partisan d'une guerre régulière) et Puisaye (favorable à la guerre de partisans) paralysent les opérations. Surtout, l'armée des Côtes de Brest commandée par Lazare Hoche converge à marche forcée : un officier républicain retourné ouvre les portes du fort de Penthièvre dans la nuit du 20 au 21 juillet. Les émigrés, acculés à la pointe de Quiberon, capitulent le 21 juillet.
Malgré les promesses de grâce données par Hoche lui-même, la Convention, sur l'instance de Tallien, ordonne l'exécution des émigrés pris les armes à la main. Environ 750 d'entre eux, officiers, soldats, quelques prêtres, sont fusillés entre le 28 juillet et le 15 août 1795, à Quiberon, Auray et Vannes. Charles de Sombreuil, qui s'était rendu le premier au nom de tous, est fusillé à Vannes le 28 juillet. La chapelle expiatoire d'Auray, construite sous la Restauration (1823-1829), ainsi que la colonne de Sainte-Barbe dite « Colonne des 952 martyrs » à Plouharnel, perpétuent leur mémoire.
Le désastre de Quiberon met fin à l'espoir d'une restauration militaire par les émigrés. Il consolide Hoche (devenu pacificateur de l'Ouest) et prépare la liquidation politique de la Chouannerie. Il ouvre, sur le plan mémoriel, l'une des plus longues saisons de commémorations expiatoires de la Restauration.
Débarquement de Quiberon (23 juin - 21 juillet 1795)
- Adresse : Fort de Penthièvre, presqu'île de Quiberon, 56510 Saint-Pierre-Quiberon, 56510 Saint-Pierre-Quiberon, Voir sur la carte
- Période : XVIIIe siècle
- Événement : 23 juin - 21 juillet 1795 (débarquement, siège et capitulation)
- Protection : Fort de Penthièvre classé Monument historique ; chapelle expiatoire d'Auray et Champ des Martyrs classés
- Affectation : Lieu de mémoire, pas de rattachement diocésain
Mémoire contemporaine
Chaque année, le 28 juillet, l'Association pour la mémoire des martyrs de Quiberon organise à la chapelle expiatoire d'Auray une messe solennelle, en présence de représentants de la Maison royale de France, du diocèse de Vannes et d'élus locaux. L'association entretient les tombes du Champ des Martyrs et les stèles de la presqu'île. Depuis 2005, un circuit historique balise les principaux lieux : fort de Penthièvre, plage de débarquement de Carnac, colonne des 952 martyrs de Plouharnel, chapelle expiatoire d'Auray. Plusieurs publications majeures, Coutau-Bégarie (1995), Patrick Huchet (2015), ont renouvelé la lecture de l'expédition. Le désastre de Quiberon demeure l'un des marqueurs identitaires les plus forts de la mémoire royaliste et catholique du Grand Ouest.
Iconographie et citation d'époque
« Tous les émigrés pris les armes à la main seront fusillés dans les 24 heures, sans appel. », Convention nationale, décret du 28 juillet 1795, appliqué aux prisonniers de Quiberon.
Informations pratiques pour la visite
- Adresse : Fort de Penthièvre, presqu'île de Quiberon, 56510 Saint-Pierre-Quiberon, 56510 Saint-Pierre-Quiberon
- GPS : 47.52720, -3.13470
- Protection : Fort de Penthièvre classé Monument historique ; chapelle expiatoire d'Auray et Champ des Martyrs classés
- Accès : lieu de mémoire librement accessible (sauf mentions contraires)
Accès : la presqu'île de Quiberon se rejoint par la D768 depuis Auray. Le fort de Penthièvre, à mi-chemin sur l'isthme, est visible depuis la route, accès intérieur restreint (affectation militaire). La chapelle expiatoire et le Champ des Martyrs sont à Auray (28 km), accès libre toute l'année. La colonne de Sainte-Barbe est à Plouharnel (15 km). Compter une journée pour le circuit complet ; stationnement gratuit à tous les sites.
Repères chronologiques
- 17 juin 1795, Départ de la flotte émigrée de Portsmouth.
- 23 juin 1795, Débarquement à Carnac, plage de Carnac.
- 3 juillet 1795, Prise du fort de Penthièvre par les émigrés.
- 20-21 juillet 1795, Reprise du fort par Hoche ; capitulation des émigrés.
- 28 juillet - 15 août 1795, Fusillades d'environ 750 émigrés à Quiberon, Auray, Vannes.
- 1823-1829, Construction de la chapelle expiatoire d'Auray.
- 1850, Jean Sorieul peint le Débarquement de Quiberon (Vizille).
Pour aller plus loin
- Hervé Coutau-Bégarie, Quiberon, 1795, Economica, 1995
- Patrick Huchet, Quiberon 1795, l'échec tragique de l'émigration, Ouest-France, 2015
- Jean Tulard (dir.), Dictionnaire Napoléon, Fayard, 1987, art. « Quiberon »
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Questions fréquentes sur Débarquement de Quiberon (23 juin - 21 juillet 1795)
Qu'est-ce que le débarquement de Quiberon ?
Une expédition militaire d'émigrés royalistes français, soutenue par la Royal Navy britannique, débarquée à Carnac le 23 juin 1795 pour soulever la Bretagne chouanne et marcher sur Paris. Elle s'achève en désastre avec la capitulation du 21 juillet et la fusillade d'environ 750 émigrés.
Qui est Charles de Sombreuil ?
Jeune officier émigré (1769-1795), commandant des renforts de la seconde vague, il se rend le premier à Hoche au nom de tous, confiant dans la promesse de grâce. Il est fusillé à Vannes le 28 juillet 1795.
Où sont enterrées les victimes ?
Au Champ des Martyrs, à Auray, un clos aménagé sous la Restauration à côté de la chapelle expiatoire construite entre 1823 et 1829. Plusieurs centaines de corps y reposent dans une sépulture collective.
Peut-on visiter le fort de Penthièvre ?
Le fort reste affecté à l'armée française et ne se visite pas intégralement, mais sa silhouette est accessible depuis la route de l'isthme et la côte sauvage. Il est classé Monument historique (PA00091454).
Sources
- Base Mérimée, notice PA00091454, Ministère de la Culture, licence ouverte.
- Wikidata, Q1191113 (Débarquement de Quiberon (23 juin - 21 juillet 1795)).
- Wikipédia, Débarquement de Quiberon (23 juin - 21 juillet 1795).
- Jean Tulard (dir.), Dictionnaire Napoléon, Fayard, 1987, art. « Quiberon ».
- Hervé Coutau-Bégarie, Quiberon, 1795, Economica, 1995.
- Patrick Huchet, Quiberon 1795, l'échec tragique de l'émigration, Ouest-France, 2015.