Siège de Granville (13-15 novembre 1793)

Remparts et Haute Ville de Granville
Les remparts de la Haute Ville de Granville, qui repoussèrent l'assaut vendéen des 13-15 novembre 1793. Photo Mirek237, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Siège de Granville (13-15 novembre 1793) en bref

  • Dénomination : lieu de mémoire, guerres de Vendée
  • Commune : Granville (50, Normandie)
  • Période principale : XVIIIe siècle
  • Date de l'événement : 13-15 novembre 1793
  • Protection : Remparts et Haute Ville classés/inscrits Monument historique ; site patrimonial remarquable
  • Coordonnées GPS : 48.83580, -1.60200
  • Date de l'événement : 13-15 novembre 1793
  • Acteurs vendéens : Henri de La Rochejaquelein, prince de Talmont, Jean-Nicolas Stofflet
  • Acteurs républicains : Jean Peyre (commandant la place), Charles-Mathieu Le Carlier
  • Bilan humain : Quelques centaines de tués de part et d'autre
  • Portée : Échec stratégique majeur de la Virée de Galerne ; les renforts britanniques attendus ne viennent pas
  • Classement : Remparts et Haute Ville classés/inscrits MH (PA00110415)
  • Lieu central : Porte Saint-Jean et pointe du Roc

Sources : base Mérimée (PA00110415), Wikidata (Q1194510). Ministère de la Culture, licence ouverte.

Histoire de Siège de Granville (13-15 novembre 1793)

Le siège de Granville, livré les 13, 14 et 15 novembre 1793 par l'Armée catholique et royale sur sa trajectoire de Virée de Galerne, constitue le tournant stratégique de la tragique errance vendéenne à travers le Nord-Ouest. Après le passage de la Loire à Saint-Florent (18 octobre) et la prise de Laval, Mayenne, Fougères, Dol, l'armée, commandée par Henri de La Rochejaquelein, le prince de Talmont et Jean-Nicolas Stofflet, vise le port fortifié normand. L'enjeu est capital : Granville doit servir de tête de pont à un débarquement britannique et à la jonction avec les escadres de l'Amirauté qui patrouillent devant les îles anglo-normandes.

Le 13 novembre au soir, les éclaireurs vendéens franchissent le pont de la Haute Ville. La place est défendue par une petite garnison républicaine sous les ordres du commandant Jean Peyre, assistée des représentants en mission Charles-Mathieu Le Carlier et Jean-Baptiste Le Tourneur. Les remparts de granit, construits au XVe siècle et remaniés par Vauban, dominent la baie de vingt mètres. Les Vendéens, sans artillerie de siège ni échelles, échouent à forcer la porte Saint-Jean ; trois assauts sont repoussés les 14 et 15 novembre. Le 15 au soir, le prince de Talmont donne l'ordre de retraite. Les pertes sont modérées, quelques centaines de part et d'autre, mais stratégiquement décisives.

Surtout, aucun bâtiment britannique ne se présente : Granville, port de mer, est resté clos sans appui naval. Sans tête de pont, sans renforts, sans munitions, la Grande Armée catholique et royale doit refluer vers la Loire dans le froid et la faim. Elle entame alors la phase terminale de la Virée de Galerne, défaite d'Antrain, massacre du Mans (13 décembre), anéantissement de Savenay (23 décembre). Jean-Clément Martin et Reynald Secher soulignent tous deux que Granville constitue le « verrou inversé » : la cité est sauvée, mais c'est la Vendée qui, faute d'avoir pu la prendre, est condamnée.

Côté républicain, Granville devient exemplaire : la ville reçoit en 1794 une inscription honorifique de la Convention, et la résistance de Jean Peyre entre dans le panthéon républicain.

Siège de Granville (13-15 novembre 1793)

  • Adresse : Haute Ville et remparts, 50400 Granville, 50400 Granville, Voir sur la carte
  • Période : XVIIIe siècle
  • Événement : 13-15 novembre 1793
  • Protection : Remparts et Haute Ville classés/inscrits Monument historique ; site patrimonial remarquable
  • Affectation : Lieu de mémoire, pas de rattachement diocésain

Mémoire contemporaine

Église Notre-Dame du Cap Lihou à Granville, à la tombée du jour
Église Notre-Dame du Cap Lihou, qui accueillit les blessés du siège de novembre 1793. Photo Florian Pépellin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Granville cultive aujourd'hui une double mémoire : celle de la résistance républicaine victorieuse (plaque commémorative à la porte Saint-Jean, médaille honorifique conservée à l'hôtel de ville) et celle des combattants vendéens tombés au pied des remparts, évoquée par l'Association du Souvenir vendéen dans ses circuits annuels. La ville accueille depuis 1993 des journées historiques qui rappellent le rôle stratégique du siège dans la Virée de Galerne. Le Musée du Vieux Granville propose chaque année des conférences et expositions sur cette période, en lien avec le département de la Manche. Les historiens militaires (Jean-Clément Martin) soulignent la qualité de la défense de Jean Peyre, longtemps éclipsée par les figures romantiques de l'assaut vendéen.

Iconographie et citation d'époque

Peinture XIXe évoquant un combat de la guerre de Vendée
Frédéric Legrip, Guerre de Vendée, évocation romantique des combats de la Virée de Galerne (1793). Photo Legrip, Public domain, via Wikimedia Commons.
« Sans Granville, point de débarquement anglais ; sans débarquement anglais, point de victoire. », Jean-Clément Martin, La guerre de Vendée (1793-1800), 2014.

Informations pratiques pour la visite

XVIIIe siècle de l'événement
1793 date-clé de l'événement
  • Adresse : Haute Ville et remparts, 50400 Granville, 50400 Granville
  • GPS : 48.83580, -1.60200
  • Protection : Remparts et Haute Ville classés/inscrits Monument historique ; site patrimonial remarquable
  • Accès : lieu de mémoire librement accessible (sauf mentions contraires)

Accès : Granville se rejoint par la D973 depuis Avranches (25 km) ou par train (ligne Paris-Granville). La Haute Ville est accessible à pied depuis la Grande-Porte. Remparts et porte Saint-Jean en accès libre permanent. Le Musée du Vieux Granville ouvre d'avril à octobre (tarif 2026 autour de 4 €). L'église Notre-Dame du Cap Lihou est ouverte aux heures de culte. Compter une demi-journée pour visiter la Haute Ville.

Repères chronologiques

  • 18 octobre 1793, Passage de la Loire, début de la Virée de Galerne.
  • Octobre-novembre 1793, Prises de Laval, Mayenne, Fougères, Dol.
  • 13-15 novembre 1793, Siège et assauts de Granville ; retraite vendéenne.
  • Novembre 1793, Repli vers Antrain et le Mans.
  • 13 décembre 1793, Massacre du Mans.
  • 23 décembre 1793, Anéantissement final à Savenay.
  • 1794, Inscription honorifique de la Convention à Granville.

Pour aller plus loin

  • Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, Robert Laffont (Bouquins), 2009
  • Jean-Clément Martin, La guerre de Vendée (1793-1800), Points Seuil, 2014
  • Reynald Secher, Le Génocide franco-français, PUF, 1986

À découvrir sur France Éternelle

Questions fréquentes sur Siège de Granville (13-15 novembre 1793)

Pourquoi les Vendéens voulaient-ils prendre Granville ?

Pour y établir une tête de pont maritime, recevoir des renforts britanniques et des munitions anglaises, puis marcher sur Paris. L'échec du siège condamne stratégiquement la Virée de Galerne.

Les Britanniques sont-ils venus ?

Non, aucun bâtiment de la Royal Navy ne s'est présenté devant Granville pendant le siège, malgré les espoirs des chefs vendéens. C'est l'une des grandes déceptions stratégiques de l'insurrection.

Quelles sont les fortifications de Granville ?

Des remparts de granit du XVe siècle remaniés par Vauban, qui ceinturent la Haute Ville sur son promontoire (pointe du Roc). La porte Saint-Jean reçut l'assaut vendéen. L'ensemble est classé ou inscrit MH (PA00110415).

Où est le Musée du Vieux Granville ?

Dans la Grande-Porte, à l'entrée de la Haute Ville. Une salle complète est consacrée aux guerres de l'Ouest et au siège de 1793.

Sources

  • Base Mérimée, notice PA00110415, Ministère de la Culture, licence ouverte.
  • Wikidata, Q1194510 (Siège de Granville (13-15 novembre 1793)).
  • Wikipédia, Siège de Granville (13-15 novembre 1793).
  • Reynald Secher, Le Génocide franco-français, PUF, 1986.
  • Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, Robert Laffont (Bouquins), 2009.
  • Jean-Clément Martin, La guerre de Vendée (1793-1800), Points Seuil, 2014.