Forteresse royale de Chinon : Plantagenêt, Henri II † 1189, Jeanne d'Arc et Charles VII 1429
Forteresse royale de Chinon en bref
- Dénomination : château / monument civil
- Commune : Chinon (37, Centre-Val de Loire)
- Siècle principal : Xe-XVe siècle
- Commanditaire : Thibaud Ier de Blois (Xe) ; Henri II Plantagenêt (XIIe) ; Philippe Auguste et Charles VII (XIIIe-XVe)
- Architecte(s) : Constructions successives ; restauration contemporaine par l'agence Lefèvre
- Style : Architecture militaire médiévale (Plantagenêt et Capétienne)
- Protection : Classée Monument historique en 1840 (liste de Mérimée)
- Propriétaire actuel : Conseil départemental d'Indre-et-Loire
- UNESCO : inscrite au Patrimoine mondial en 2000 (notice 933)
- Coordonnées GPS : 47.16806, 0.23611
- Triple enceinte : Saint-Georges, Milieu, Coudray
- Henri II Plantagenêt : y meurt en 1189
- Jeanne d'Arc / Charles VII : 6 mars 1429
- UNESCO : Val de Loire, 2000
Sources : base Mérimée (PA00097661), Wikidata (Q912447), UNESCO (933). Ministère de la Culture, licence ouverte.
Histoire de Forteresse royale de Chinon
Bâtie sur un éperon rocheux dominant la Vienne de soixante mètres, la forteresse de Chinon occupe un site stratégique fortifié dès l'époque gallo-romaine. La forteresse médiévale se développe à partir du Xe siècle sous les comtes de Blois, puis sous les comtes d'Anjou, dont elle devient l'une des résidences principales lorsque Henri II Plantagenêt, comte d'Anjou et roi d'Angleterre, en fait sa capitale continentale dans les années 1160. C'est lui qui agrandit considérablement la place, élève les courtines et organise les trois enceintes successives qui demeurent caractéristiques de Chinon. Affaibli par la révolte de ses fils, Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre, soutenus par Philippe Auguste, le roi-duc d'Anjou, vaincu et trahi, meurt à Chinon le 6 juillet 1189, dans des circonstances dont les chroniqueurs ont longuement disserté. Son corps repose à l'abbaye de Fontevraud, à quelques kilomètres.
Conquise par Philippe Auguste en 1205 après un long siège, la forteresse devient résidence royale capétienne. En 1308, la tour du Coudray sert de prison à plusieurs dignitaires de l'ordre du Temple arrêtés sur ordre de Philippe le Bel : leurs graffitis, encore lisibles, font de Chinon un témoignage poignant du procès des Templiers. Mais c'est le 6 mars 1429 que se joue la scène la plus célèbre du château : Jeanne d'Arc, ayant traversé un royaume déchiré par la guerre de Cent Ans, rencontre dans la grande salle du Château du Milieu le dauphin Charles VII. Selon la tradition rapportée par les chroniqueurs, le souverain s'est dissimulé parmi ses courtisans pour la mettre à l'épreuve : Jeanne le reconnaît miraculeusement. Cette « reconnaissance miraculeuse » marque le début de l'épopée johannique. Délaissée à partir du XVIe siècle, la forteresse tombe en ruines avant de connaître à partir de 2003 une restauration complète achevée en 2010 par le département d'Indre-et-Loire, propriétaire depuis 1854. Inscrite à l'UNESCO en 2000 au titre du Val de Loire.
Forteresse royale de Chinon
- Adresse : 2 Rue du Château, 37500 Chinon, Voir sur la carte
- Construction : Xe-XVe siècle
- Protection : Classée Monument historique en 1840 (liste de Mérimée)
- Statut juridique : édifice protégé au titre des monuments historiques
- Affectataire : Non applicable (édifice civil)
- Patrimoine mondial UNESCO : inscrite en 2000 (notice 933)
Architecture et description
Chinon n'est pas un château mais une cité fortifiée, déployée sur quatre cents mètres de longueur le long de l'éperon rocheux. Les trois enceintes successives correspondent à autant de phases historiques. À l'est, le Fort Saint-Georges, le plus exposé aux assaillants, fut renforcé par Henri II et abritait les communs. Au centre, le Château du Milieu, cœur résidentiel et politique de la forteresse, conserve le logis royal de Charles VII (XVe siècle), restauré entre 2003 et 2010 et abritant aujourd'hui un parcours muséographique sur la guerre de Cent Ans et l'épisode johannique. À l'ouest, le Fort du Coudray, séparé du Château du Milieu par un fossé sec creusé dans le rocher, abrite la tour du Coudray, donjon circulaire de Philippe Auguste (1205-1210) où furent enfermés les Templiers en 1308. Les remparts, hauts de huit à douze mètres, en pierre calcaire de tuffeau local, sont rythmés par une série de tours d'artillerie. La tour de l'Horloge, élevée à la fin du XIVe siècle, abrite aujourd'hui le musée Jeanne d'Arc et conserve un beffroi de l'époque flamboyante. La forteresse domine de soixante mètres la vieille ville médiévale aux toits d'ardoise.
Éléments remarquables
Le logis royal, restauré dans son volume du XVe siècle, abrite la grande salle où eut lieu, le 6 mars 1429, la rencontre de Jeanne d'Arc et de Charles VII. Une scénographie immersive y restitue les circonstances de la « reconnaissance ». Les fenêtres à meneaux, refaites à l'identique, ouvrent sur la Vienne et la vieille ville. La tour du Coudray, isolée à l'extrémité ouest, conserve les graffitis des Templiers emprisonnés en 1308 : croix pattées, instruments de la Passion, blasons et phrases en latin gravés dans la pierre tendre, témoignages de la dévotion et du désarroi des chevaliers en attente de jugement. Le sous-sol présente les vestiges archéologiques de la forteresse gallo-romaine et carolingienne dégagés lors des fouilles de 2003-2009. Au pied des remparts, les jardins médiévaux reconstitués (carré de simples, treille, vigne) évoquent l'autonomie alimentaire de la place forte. Le parcours numérique, l'un des plus complets de France à son ouverture en 2010, propose tablettes de réalité augmentée et reconstitutions 3D des appartements royaux disparus.
Informations pratiques pour la visite
- Adresse : 2 Rue du Château, 37500 Chinon
- GPS : 47.16806, 0.23611
- Protection : Classée Monument historique en 1840 (liste de Mérimée), affectataire : Non applicable (édifice civil)
- Accès : ouverte à la visite libre hors offices ; horaires affichés sur le portail principal et site officiel du diocèse.
L'accès se fait par le pont fortifié au sud, après ascension depuis la vieille ville. Comptez trois heures pour l'ensemble des trois enceintes, plus le musée. Les amateurs prolongeront par l'abbaye royale de Fontevraud à 14 km, où repose Henri II, ou par la cathédrale Saint-Gatien de Tours à 50 km. Pour suivre la trace de l'héroïne, consultez notre dossier consacré à Jeanne d'Arc.
Événements patrimoine à proximité
- Médiévales de Chinon, Reconstitutions historiques, marché médiéval, joutes en août.
- Marché Rabelais, Évocation littéraire et gastronomique du fils de Chinon.
- Visites théâtralisées, Restitution costumée de la rencontre Jeanne d'Arc / Charles VII.
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Questions fréquentes sur Forteresse royale de Chinon
Pourquoi Henri II est-il mort à Chinon ?
<strong>Henri II Plantagenêt</strong>, vaincu par la coalition de ses fils Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre alliés à Philippe Auguste, mourut le 6 juillet 1189 dans sa forteresse préférée, abandonné des siens. Il repose à l'abbaye de Fontevraud, à 14 km au nord-est de Chinon.
Que s'est-il passé le 6 mars 1429 ?
<a href="/blogs/personnages/jeanne-d-arc">Jeanne d'Arc</a> fut reçue par le dauphin <a href="/blogs/personnages/roi-charles-vii">Charles VII</a> dans la grande salle du Château du Milieu. Selon la tradition, le souverain s'était dissimulé parmi sa cour, et Jeanne le reconnut miraculeusement. Cet épisode marque le début de l'épopée johannique qui mènera au sacre de Reims en juillet.
Les Templiers ont-ils été emprisonnés à Chinon ?
Oui. En <strong>1308</strong>, plusieurs hauts dignitaires de l'ordre du Temple, dont le grand maître <strong>Jacques de Molay</strong>, furent enfermés dans la tour du Coudray sur ordre de Philippe le Bel. Ils y gravèrent des graffitis qui se voient encore aujourd'hui.
La forteresse a-t-elle été restaurée récemment ?
Oui. Une <strong>restauration complète</strong> menée par le département d'Indre-et-Loire entre 2003 et 2010 a restitué le logis royal, ouvert un parcours muséographique et installé un dispositif numérique d'interprétation.
Chinon est-elle classée UNESCO ?
Oui, dans le cadre de l'inscription du <strong>Val de Loire</strong> entre Sully-sur-Loire et Chalonnes au patrimoine mondial en 2000.
Sources
- Base Mérimée, notice PA00097661, Ministère de la Culture, licence ouverte.
- Wikidata, Q912447 (Forteresse royale de Chinon).
- UNESCO, notice 933 (inscription 2000).
- Wikipédia, Forteresse royale de Chinon.