Sainte Jeanne d'Arc : La Pucelle d'Orléans, sacre Charles VII Reims 1429, brûlée Rouen 1431

Portrait de Jeanne d'Arc
Portrait de Jeanne d'Arc, Jules-Eugène Lenepveu · Public domain.

Biographie de Jeanne d'Arc

Jeanne, dite la Pucelle, naît à Domremy, en Lorraine barroise, vers le 6 janvier 1412, dans une famille de laboureurs à l'aisance modeste. La France où elle grandit est déchirée par la guerre de Cent Ans : depuis le désastreux traité de Troyes (1420), le royaume est livré aux Anglais et à leurs alliés bourguignons, le dauphin Charles dépouillé de la couronne, Paris occupé, Orléans assiégée. C'est dans cet effondrement que cette enfant pieuse, illettrée mais d'une finesse d'âme et d'une vivacité d'esprit que ses juges n'oseront contester, entend, dès l'âge de treize ans, des voix qu'elle identifie à saint Michel archange, sainte Catherine d'Alexandrie et sainte Marguerite d'Antioche. Ces voix lui ordonnent d'aller secourir le royaume et de faire sacrer le dauphin.

Après avoir vaincu la résistance des siens et obtenu, non sans peine, une escorte du capitaine Robert de Baudricourt à Vaucouleurs, Jeanne rejoint le dauphin à Chinon, qu'elle reconnaît parmi ses courtisans malgré son déguisement (mars 1429). Examinée à Poitiers par les théologiens, équipée à Tours, elle marche sur Orléans, fait lever le siège le 8 mai 1429, remporte la victoire de Patay (18 juin), puis conduit le dauphin à travers une France encore largement hostile jusqu'à Reims, ville du sacre. Le 17 juillet 1429, dans la cathédrale Notre-Dame de Reims, elle assiste au sacre de Charles VII, son étendard à la main, accomplissant ainsi la mission essentielle reçue de ses voix.

Effigie ou sceau de Jeanne d'Arc
Effigie, sceau ou statue funéraire, Emmanuel Frémiet (sculpteur) / photo Glorious 93 · CC BY-SA 3.0.

Vie spirituelle et mission

Vie spirituelle et mission

La singularité de Jeanne, qui déconcerte tant les historiens du XIXe siècle que les théologiens contemporains, tient à l'union, en elle, de la vocation mystique la plus pure et de l'engagement politique le plus concret. Aucune dévotion sentimentale, aucune extase prolongée : Jeanne entend, agit, obéit. Son rapport au Christ et à la Vierge, « Mes frères du paradis », disait-elle, possède la sobriété évangélique des grands témoins. Elle communie souvent, se confesse régulièrement, refuse toute familiarité douteuse avec les soldats qu'elle commande, impose la prière dans son armée, fait chasser les filles de mauvaise vie, exige que ses hommes vivent en chrétiens.

L'échec devant Paris (8 septembre 1429), le ressentiment d'une partie de la cour, l'inertie royale après le sacre l'éloignent peu à peu du roi qu'elle a fait. Capturée à Compiègne le 23 mai 1430 par les Bourguignons, vendue aux Anglais pour dix mille livres tournois, elle est livrée à un tribunal d'Église présidé par Pierre Cauchon, évêque de Beauvais à la solde de l'occupant. Le procès, mené à Rouen de janvier à mai 1431, est une parodie : juges partiaux, refus du droit canonique, harcèlement théologique sur ses voix, ses habits d'homme, sa soumission à l'Église. Jeanne, seule, sans avocat, à dix-neuf ans, oppose à cette mécanique juridique des réponses d'une netteté foudroyante. Le 30 mai 1431, condamnée comme relapse et hérétique, elle est brûlée vive sur la place du Vieux-Marché à Rouen, mourant en invoquant le nom de Jésus.

Scène iconique du règne de Jeanne d'Arc
Scène iconique du règne, Jean-Auguste-Dominique Ingres · Public domain.

Postérité, culte et miracles

Vingt-cinq ans plus tard, la France enfin libérée, Charles VII fait rouvrir le procès. Le procès en nullité, conduit sous l'autorité du légat pontifical Guillaume d'Estouteville, aboutit le 7 juillet 1456 à la pleine réhabilitation de Jeanne : la sentence de Rouen est cassée, déclarée « nulle, non avenue, sans valeur ni effet ». Cette décision, juridiquement souveraine, ne suffit pourtant pas à la reconnaître sainte : il faudra près de cinq siècles pour que l'Église élève sur les autels celle que la France populaire avait toujours vénérée.

Le procès en canonisation, entamé sous Léon XIII en 1894, mène à la béatification par Pie X le 18 avril 1909, puis à la canonisation par Benoît XV le 16 mai 1920, devant une foule immense en la basilique Saint-Pierre. Pie XI la déclare patronne secondaire de la France le 2 mars 1922, aux côtés de la Vierge de l'Assomption. Sa fête liturgique au 30 mai, anniversaire du martyre, est doublée en France d'une fête nationale au deuxième dimanche de mai. Figure éminemment politique, elle dépasse les partis : l'Église, la République, le peuple chrétien la reconnaissent tour à tour comme la sainte qui, par obéissance à la voix du Ciel, rendit à la France sa dignité et son roi. Le pèlerinage parodien, le souvenir de Chinon, la cathédrale de Reims, la place du Vieux-Marché à Rouen forment l'itinéraire géographique d'une vocation qui demeure, pour l'Église catholique, l'une des plus mystérieuses qu'elle ait jamais eu à reconnaître.

Sanctuaires et lieux de pèlerinage à visiter

1920-05-16 année de canonisation
30 mai (fête de Jeanne d'Arc, fête nationale civile le 2e dimanche de mai) fête liturgique

Le sanctuaire de Domremy, maison natale et basilique du Bois-Chenu, ouvre l'itinéraire jeanesque. Vaucouleurs, Chinon, Orléans (fêtes johanniques annuelles), Reims et sa cathédrale du sacre, enfin Rouen avec la place du Vieux-Marché et l'église Sainte-Jeanne-d'Arc édifiée en 1979 sur le lieu même du bûcher, jalonnent le parcours. La cour royale de Charles VII compose le second versant de cette histoire.

Anecdotes et iconographie

  • L'étendard plus aimé que l'épée, Jeanne disait préférer son étendard, blanc semé de fleurs de lys avec l'image du Christ entouré de deux anges, à son épée, qu'elle ne tira presque jamais, parce qu'il symbolisait sa mission spirituelle..
  • La reconnaissance du dauphin à Chinon, Le 25 février 1429, Jeanne reconnaît le dauphin Charles, qui s'était mêlé à ses courtisans pour l'éprouver, geste qui demeure l'un des épisodes les plus célèbres de l'histoire de France..
  • Les cendres jetées en Seine, Après le bûcher du 30 mai 1431, le bourreau Geoffroy Thérage reçut l'ordre de jeter les cendres dans la Seine, afin qu'aucune relique ne pût être recueillie ; il en témoigna par la suite avec effroi..

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Questions fréquentes sur Jeanne d'Arc

Quand Jeanne d'Arc a-t-elle entendu ses voix pour la première fois ?

Vers 1425, à l'âge de treize ans, dans le jardin paternel de Domremy ; elle identifia ces voix à saint Michel archange, sainte Catherine et sainte Marguerite.

Quand a-t-elle fait sacrer Charles VII ?

Le 17 juillet 1429, dans la cathédrale Notre-Dame de Reims, deux mois après la levée du siège d'Orléans.

Où et quand fut-elle brûlée ?

Le 30 mai 1431, sur la place du Vieux-Marché à Rouen, condamnée par le tribunal d'Église présidé par Pierre Cauchon.

Quand a-t-elle été canonisée ?

Le 16 mai 1920, par le pape Benoît XV, à la basilique Saint-Pierre de Rome ; elle fut déclarée patronne secondaire de la France en 1922 par Pie XI.

Pourquoi parle-t-on de procès en réhabilitation ?

Parce qu'en 1456, sous l'autorité du Saint-Siège, un nouveau procès cassa la sentence de Rouen et restitua à Jeanne sa pleine dignité catholique, vingt-cinq ans après son supplice.

Sources