Just de Bretenières

Portrait de Just de Bretenières
Portrait de Just de Bretenières, Charles de Coubertin · Public domain.

Biographie de Just de Bretenières

Just-Ranfer de Bretenières naît le 28 février 1838 au château familial de Bretenières, près de Dijon, dans une vieille famille bourguignonne catholique. Son père, magistrat, dirige la conférence Saint-Vincent-de-Paul de Dijon ; sa mère lit chaque soir aux enfants la Vie des saints. Au collège des jésuites de Brugelette puis au petit séminaire de Plombières-lès-Dijon, le jeune Just s'enthousiasme pour les récits des persécutions de Corée. À dix-sept ans, il refuse une brillante carrière au barreau et entre à Saint-Sulpice, puis au séminaire des Missions étrangères de Paris, rue du Bac, en 1861. Ordonné prêtre le 21 mai 1864, il est désigné pour la mission de Corée, alors la plus dangereuse du monde missionnaire.

Après dix mois de voyage par Hong-Kong et la jonque chinoise, il débarque clandestinement sur la côte coréenne en juin 1865, accueilli par Mgr Berneux, vicaire apostolique. Pendant huit mois, il s'initie au coréen dans un village des montagnes, célèbre la messe la nuit, prépare des catéchistes. En janvier 1866, le régent Heungseon Daewongun, père du jeune roi Gojong, déclenche la persécution de Byeongin, la plus sanglante de l'histoire coréenne, qui fera huit à dix mille martyrs en quelques années. Mgr Berneux est arrêté le 23 février 1866 ; Just de Bretenières et trois confrères MEP (Pierre Dorie, Louis Beaulieu, Henri Dorie) sont capturés peu après.

Conduits enchaînés à Séoul, torturés à coups de bâton sur les jambes, ils sont condamnés à mort. Le 8 mars 1866, à Saenamteo (« champ de sable » sur les berges du fleuve Han), Just de Bretenières est décapité à 28 ans, après avoir baisé une dernière fois son crucifix. Béatifié en 1968, il est canonisé le 6 mai 1984 à Séoul par Jean-Paul II, première canonisation hors de Rome de l'histoire pontificale, parmi les 103 martyrs de Corée.

Relique ou lieu de mémoire de Just de Bretenières
Relique, sanctuaire ou lieu de mémoire, Bildoj · CC BY-SA 3.0.

Mission, martyre et rayonnement

L'apostolat de Just de Bretenières fut bref, neuf mois sur le sol coréen, mais il représente l'aboutissement d'un siècle d'engagement français pour l'Église de Corée, fondée sans missionnaire dès 1784 par des laïcs lettrés convertis à Pékin, et ravagée par cinq grandes persécutions. Les MEP avaient pris en charge la mission en 1831 ; entre 1839 et 1866, dix de leurs prêtres y furent décapités, dont neuf canonisés en 1984.

Le rayonnement de Bretenières en France est immédiat : sa mère publie en 1884 ses lettres (Lettres de Just de Bretenières, Tournai), qui inspirent des centaines de vocations missionnaires bourguignonnes. Le château de Bretenières abrite encore son cabinet de travail et sa correspondance. Aujourd'hui, le sanctuaire de Saenamteo à Séoul, basilique catholique érigée en 1987 sur le lieu d'exécution, accueille chaque année des dizaines de milliers de pèlerins coréens et français, et le visage de Just de Bretenières y est honoré comme l'un des fondateurs spirituels de la jeune Église catholique de Corée (5,7 millions de fidèles aujourd'hui).

Scène iconique de Just de Bretenières
Scène iconique, Paris Foreign Missions Society · Public domain.

Une parole de Just de Bretenières

« Que je voudrais déjà être au milieu de mes Coréens ! Quand je pense que mille de mes frères y meurent chaque année sans baptême, je n'ai plus de repos. Je donnerais tout mon sang pour en sauver un seul. », Just de Bretenières, lettre à sa mère depuis Hong-Kong, 18 février 1865.

Chiffres-clés et pour aller plus loin

1984 année de canonisation
20 septembre fête liturgique
1866 martyre en Corée
1984 canonisation par Jean-Paul II
  • Charles Salmon, Vie de M. Just de Bretenières, missionnaire apostolique en Corée, martyrisé le 8 mars 1866, Paris, Pillet et Dumoulin, 1868.
  • Andrew Choi, L'Église catholique de Corée, son origine, ses martyrs, Hong-Kong, 1985.
  • Sanctuaire de Saenamteo, Séoul (Yongsan-gu), basilique des martyrs MEP de 1866.

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Questions fréquentes sur Just de Bretenières

Pourquoi Jean-Paul II a-t-il canonisé les martyrs de Corée à Séoul et non à Rome ?

Le 6 mai 1984, lors de son voyage apostolique pour le bicentenaire de l'Église de Corée (fondée en 1784), Jean-Paul II canonisa les 103 martyrs sur la place Yeouido devant un million de fidèles. C'était la première canonisation célébrée hors de Rome dans l'histoire pontificale, choix prophétique pour honorer une Église née sans missionnaire et nourrie de son propre sang.

Quel âge avait Just de Bretenières à sa mort ?

28 ans. Il avait été ordonné prêtre à 26 ans (le 21 mai 1864), s'était embarqué à 26 ans, avait débarqué en Corée à 27 ans en juin 1865, et fut décapité neuf mois plus tard, le 8 mars 1866, à Saenamteo.

Qu'est-ce que la persécution de Byeongin (1866) ?

Déclenchée en janvier 1866 par le régent Daewongun, père du roi Gojong, en réaction à la pénétration russe en Mandchourie, elle fit 8 000 à 10 000 martyrs catholiques coréens en quatre ans. Neuf des douze missionnaires français MEP présents furent décapités, dont Mgr Berneux le 7 mars et Just de Bretenières le 8 mars.

Où voir un mémorial de Just de Bretenières ?

À la basilique de Saenamteo (Séoul, sur les berges du Han), sanctuaire national coréen ; à Bretenières (Côte-d'Or) où le château familial conserve sa correspondance et son cabinet ; à la chapelle des MEP rue du Bac à Paris (salle des martyrs).

Sources