Sainte Thérèse de Lisieux : carmélite, docteur de l'Église 1997, patronne secondaire France
Biographie de Thérèse de Lisieux
Marie-Françoise-Thérèse Martin naît à Alençon le 2 janvier 1873, neuvième enfant de Louis Martin et Zélie Guérin, couple lui-même canonisé en 2015. La mort de sa mère, alors qu'elle n'a que quatre ans, marque cette petite âme déjà tournée vers l'absolu. La famille s'installe à Lisieux, aux Buissonnets, où grandit une enfant sensible, tendre, jalouse de Dieu seul. À neuf ans, elle confie à sa sœur Pauline son désir d'entrer au Carmel ; à dix, une grave maladie nerveuse la conduit aux portes de la mort, dont la guérit, le 13 mai 1883, le sourire d'une statue de la Vierge. La nuit de Noël 1886, qu'elle nommera sa « grâce de conversion », achève l'enfance et ouvre la voie de la maturité spirituelle.
Le 9 avril 1888, à quinze ans à peine, privilège obtenu de Léon XIII lors d'un pèlerinage à Rome, Thérèse entre au Carmel de Lisieux où l'avaient précédée Pauline et Marie. Elle y mène neuf années d'une vie cachée, jalonnée de sécheresses, d'humiliations consenties et d'une étonnante intuition théologique. Maîtresse des novices à vingt ans, elle découvre dans l'Écriture, chez saint Paul et chez Isaïe, la « Petite Voie » de l'enfance spirituelle : aller à Dieu non par les chemins escarpés des grands ascètes, mais par l'ascenseur de la confiance et de l'amour. Atteinte de tuberculose en 1896, elle entre dans une longue passion intérieure, traversée par la nuit de la foi. Elle meurt à Lisieux le 30 septembre 1897, murmurant : « Mon Dieu, je vous aime. »
Vie spirituelle et mission
Vie spirituelle et mission
La doctrine de Thérèse, quoique sortie d'un cœur de jeune fille, possède la rigueur des plus grands mystiques. Sa « Petite Voie » n'est pas un raccourci sentimental, mais une intuition christologique : Dieu se révèle Père dans le Fils, et la créature n'a qu'à se laisser saisir, comme l'enfant aux bras paternels. Cette voie d'abandon, héritée à la fois de saint Jean de la Croix et de l'École française, redonne sens à la vie ordinaire : un sourire offert, une parole tue, un travail accepté deviennent, dans la grâce, matière d'éternité.
Au cœur du Carmel, Thérèse découvre aussi sa vocation universelle : « Dans le Cœur de l'Église, je serai l'Amour. » Cette parole, écrite en septembre 1896, condense une ecclésiologie de la communion où chaque membre, par son service caché, irrigue le Corps tout entier. Sa correspondance avec deux missionnaires, le Père Roulland et l'abbé Bellière, atteste qu'elle ne sépara jamais contemplation et apostolat : c'est précisément pourquoi Pie XI la proclama, en 1927, patronne universelle des missions, à égalité avec saint François-Xavier. Ses derniers mois, livrés à la nuit de la foi, manifestent enfin l'identification au Christ souffrant : Thérèse est conduite, sans qu'elle le sût, au sommet d'une théologie de la croix qui demeure son legs le plus profond à l'Église contemporaine.
Postérité, culte et miracles
La publication, en 1898, d'Histoire d'une âme, manuscrits autobiographiques rédigés à la demande de ses sœurs, provoque dans le monde catholique un retentissement que rien ne laissait prévoir. Traduit en quelques années dans presque toutes les langues, le livre touche autant les humbles que les théologiens, et déclenche, depuis Lisieux, ce que l'on a pu appeler une « pluie de roses » : conversions, guérisons, vocations attribuées à l'intercession de la jeune carmélite. Béatifiée par Pie XI le 29 avril 1923, elle est canonisée par le même pape le 17 mai 1925, devant une foule immense réunie place Saint-Pierre.
L'Église de France la reçoit comme l'une des siennes : Pie XII la déclare, le 3 mai 1944, patronne secondaire de la France, aux côtés de sainte Jeanne d'Arc, deux figures complémentaires d'une même vocation nationale, l'une par le glaive, l'autre par la prière. Le 19 octobre 1997, au terme d'une enquête doctrinale exigeante, Jean-Paul II proclame Thérèse Docteur de l'Église, la troisième femme, après sainte Catherine de Sienne et sainte Thérèse d'Ávila, à recevoir ce titre. La basilique de Lisieux, achevée en 1954, demeure le second lieu de pèlerinage de France après Lourdes, et accueille chaque année près d'un million de fidèles attirés par cette petite voie qui se révèle, à l'usage, prodigieusement large.
Sanctuaires et lieux de pèlerinage à visiter
Le sanctuaire de Lisieux conserve la châsse de la sainte ainsi que la maison familiale des Buissonnets. À Alençon, la basilique Notre-Dame abrite les reliques de ses parents Louis et Zélie Martin. Le chemin spirituel relie naturellement Lisieux à Reims, autre haut lieu de la sainteté française, et aux sanctuaires marials que sainte Thérèse aimait tant.
Anecdotes et iconographie
- Le bouquet de roses, L'iconographie de Thérèse la représente presque toujours en habit du Carmel, tenant un crucifix entouré de roses, en mémoire de sa promesse : « Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre. ».
- La photographie, Sœur Céline, son aînée entrée au Carmel après elle, photographia Thérèse à plusieurs reprises ; elle est ainsi l'un des rares saints du XIXe siècle dont nous possédons les traits authentiques..
- La châsse de Lisieux, Ses reliques, depuis 1994, voyagent à travers le monde, suscitant partout d'immenses rassemblements ; elles ont été vénérées en France lors d'un long périple en 2007..
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Questions fréquentes sur Thérèse de Lisieux
Pourquoi appelle-t-on sainte Thérèse « la petite Thérèse » ?
Pour la distinguer de sainte Thérèse d'Ávila, dite « la grande Thérèse », réformatrice du Carmel au XVIe siècle ; l'épithète souligne aussi l'esprit d'enfance qui caractérise sa doctrine.
Qu'est-ce que la « Petite Voie » ?
C'est la voie d'enfance spirituelle découverte par Thérèse : aller à Dieu par la confiance et l'abandon, en accomplissant les actes les plus ordinaires avec un grand amour.
Quand a-t-elle été proclamée Docteur de l'Église ?
Le 19 octobre 1997 par le pape Jean-Paul II, à l'occasion du centenaire de sa mort ; elle est la troisième femme à recevoir ce titre dans l'histoire de l'Église.
Pourquoi est-elle patronne des missions ?
Parce que, sans jamais quitter son Carmel, elle offrit sa vie pour les missionnaires ; Pie XI la proclama patronne universelle des missions en 1927.
Où vénérer ses reliques ?
Principalement à la basilique Sainte-Thérèse de Lisieux, en Normandie, ainsi qu'à la chapelle du Carmel où elle vécut et mourut.