Jean-Théophane Vénard
Biographie de Théophane Vénard
Né le 21 novembre 1829 à Saint-Loup-sur-Thouet, dans le bocage poitevin, Jean-Théophane Vénard grandit dans une famille modeste chrétienne. Son père, instituteur, lit chaque soir les Annales de la Propagation de la Foi. À neuf ans, l'enfant lit le martyre du Père Charles Cornay, missionnaire MEP guillotiné au Tonkin en 1837, et déclare à sa sœur Mélanie : « Moi aussi, je veux aller au Tonkin, et moi aussi, je veux être martyr. » Cette vocation ne le quittera plus. Petit séminaire de Doué-la-Fontaine, grand séminaire de Poitiers, puis entrée au séminaire des Missions étrangères de Paris rue du Bac en 1851. Ordonné prêtre le 5 juin 1852, il s'embarque pour l'Extrême-Orient en septembre 1852.
Après quinze mois à Hong-Kong à apprendre les langues, il rejoint le Tonkin occidental en 1854, alors en pleine persécution sous l'empereur Tự Đức. Pendant six ans, il vit caché dans des trous, des barques, des greniers, célébrant la messe la nuit, baptisant, confessant des chrétiens traqués. Sa santé fragile (poitrinaire dès l'enfance) ne ralentit jamais son ministère. Le 30 novembre 1860, dénoncé par un apostat, il est arrêté à Kim-Bang et enfermé dans une cage de bambou trop courte pour s'y tenir debout. Pendant deux mois, il y rédige des lettres d'une beauté bouleversante à sa famille, « Un léger coup de sabre séparera ma tête, comme une fleur printanière que le maître du jardin cueille pour son plaisir. » Le 2 février 1861, à Ke So, il est décapité ; sa tête est exposée puis jetée au fleuve, retrouvée trois mois plus tard par les chrétiens.
Béatifié le 2 mai 1909 par saint Pie X, il est canonisé le 19 juin 1988 par Jean-Paul II place Saint-Pierre, parmi les 117 martyrs du Vietnam. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, qui rêvait de partir au Carmel de Hanoï, gardait sa photographie sous son oreiller et le considérait comme son « petit frère ».
Mission, martyre et rayonnement
Théophane Vénard incarne la spiritualité MEP du XIXᵉ siècle : prêtre séculier français envoyé pour la vie, sans retour, dans une Église locale persécutée. Son apostolat clandestin au Tonkin, sept années dont les six dernières en cavale, illustre la stratégie missionnaire de la rue du Bac : former un clergé indigène, baptiser sous la persécution, mourir si nécessaire. Il laisse plus de cent lettres, recueillies par son frère Eusèbe et publiées dès 1864 (Vie et correspondance de J.-Théophane Vénard), qui deviendront un best-seller missionnaire dans toute la France.
Son rayonnement est immense : sainte Thérèse de Lisieux le cite vingt fois dans ses Manuscrits autobiographiques, le proclame « mon âme sœur » et compose en son honneur un poème (« Théophane Vénard, saint et jeune prêtre »). Sa maison natale à Saint-Loup-sur-Thouet est aujourd'hui un sanctuaire diocésain ; l'église des MEP rue du Bac conserve la cangue qui meurtrit son cou et la photographie prise dans sa cage. Au Vietnam, son nom est porté par d'innombrables paroisses du diocèse de Hưng Hóa.
Une parole de Théophane Vénard
« Un léger coup de sabre séparera ma tête, comme une fleur printanière que le maître du jardin cueille pour son plaisir. Nous sommes tous des fleurs plantées sur cette terre, que Dieu cueille en son temps, un peu plus tôt, un peu plus tard. », Théophane Vénard, lettre à son père, 20 janvier 1861, écrite dans sa cage de bambou.
Chiffres-clés et pour aller plus loin
- Théophane Vénard, Vie et correspondance, éd. Eusèbe Vénard, Paris, Téqui, 1864 (rééd. MEP, 2011).
- Jean Guennou, Missions étrangères de Paris, Paris, Fayard, 1986, le chapitre sur la persécution Tự Đức.
- Sanctuaire MEP, 128 rue du Bac, Paris 7ᵉ, salle des martyrs et cangue de Théophane Vénard.
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Questions fréquentes sur Théophane Vénard
Pourquoi Théophane Vénard est-il appelé le « petit frère » de sainte Thérèse de Lisieux ?
Thérèse Martin, qui rêvait de partir comme carmélite missionnaire au Carmel de Hanoï, a découvert ses lettres en 1896 et les a méditées jusqu'à sa mort en 1897. Elle gardait sa photographie sous son oreiller, le citait constamment et lui adressait un poème personnel. Tous deux meurent de tuberculose à 31 ans après une « petite voie » d'abandon.
Quand a-t-il été canonisé et avec qui ?
Le 19 juin 1988, place Saint-Pierre à Rome, par le pape Jean-Paul II, dans le groupe des 117 martyrs du Vietnam (96 Vietnamiens, 11 Espagnols dominicains et 10 Français MEP) tombés entre 1745 et 1862.
Qu'est-ce que la « cage de bambou » de Théophane Vénard ?
Pendant ses deux derniers mois de captivité (décembre 1860 - février 1861), Vénard fut enfermé dans une cage en bambou tressé d'environ 1,40 m de haut, trop courte pour se tenir debout, exposée au public. Il y composa ses lettres les plus célèbres et y reçut l'eucharistie clandestinement.
Où voir des reliques de Théophane Vénard en France ?
À l'église des Missions étrangères de Paris (128 rue du Bac, 75007), qui conserve la cangue de bois ayant meurtri son cou ; et au sanctuaire de sa maison natale à Saint-Loup-sur-Aubigny (Deux-Sèvres), érigé en lieu de pèlerinage par le diocèse de Poitiers.
Sources
- Wikipédia, Jean-Théophane Vénard.