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Patrimoine
Digne-les-Bains : le sauvetage de la chapelle Notre-Dame de Lourdes oubliée
À Digne-les-Bains, une chapelle mariale bâtie vers 1870 sort de l'oubli. Fermée au public depuis les années 1970, dégradée par les intempéries et le vandalisme, la chapelle Notre-Dame de Lourdes fait l'objet d'une mobilisation. Une association, fondée début 2025 et présidée par Marie-Ange Giaime, veut empêcher sa disparition et réunir les moyens d'une restauration. Le petit édifice provençal copiait, en miniature, le sanctuaire de Lourdes et sa grotte. Il appartient au diocèse de Digne, Riez et Sisteron.
Ce qui se passe
Une association s'est constituée début 2025 pour sauver la chapelle Notre-Dame de Lourdes de Digne-les-Bains. Elle porte le nom d'« Association pour la restauration et la sauvegarde de la chapelle Notre-Dame de Lourdes ». Sa présidente est Marie-Ange Giaime. Son objectif, tel que le rapporte Tribune Chrétienne, est d'empêcher la disparition définitive de la chapelle et de réunir les conditions nécessaires à sa restauration. La démarche vise les collectivités, des partenaires institutionnels et le mécénat. Aucun budget ni calendrier de travaux n'a été rendu public à ce stade.
L'édifice est fermé au public depuis les années 1970. Un demi-siècle d'abandon a laissé des traces. Infiltrations, intempéries, chute d'un arbre lors d'une tempête : l'état est décrit comme préoccupant. La chapelle dépend du diocèse de Digne, Riez et Sisteron. Elle ne figure pas parmi les monuments protégés de la ville, ce qui laisse son avenir entre les mains de son propriétaire et de l'initiative citoyenne.
Une réplique de Lourdes en miniature
La chapelle a été édifiée vers 1870. Elle est l'œuvre du chanoine Reymond, alors directeur du petit séminaire de Digne. Le projet est explicite dans la documentation locale : bâtir une réplique réduite de la basilique de Lourdes, construite au-dessus d'une petite grotte. Douze ans plus tôt, en 1858, les apparitions mariales de Lourdes avaient déclenché un vaste élan de dévotion. Partout en France, des paroisses reproduisent la grotte de Massabielle. Digne suit ce mouvement. Deux messes matinales y sont célébrées chaque samedi de mai et de juin, et attirent beaucoup de monde : la chapelle ne pouvant accueillir qu'une cinquantaine de personnes, les autres restent sur la plate-forme devant la porte. Les soldats s'y recommandent, comme l'attestent les ex-voto laissés dans l'édifice, et les étudiants y prient avant leurs examens.
En 1958, pour le centenaire des apparitions, la chapelle est restaurée. Sa voûte reçoit alors un décor peint : un bleu ciel bordé de rouge et d'or, les couleurs de la Provence. Une seconde intervention a lieu en 1977. Elle ne suffira pas. Peu après, l'édifice est vandalisé. Le clocheton est abattu, la cloche disparaît, les vitraux sont criblés de balles, les murs se couvrent de graffitis, des portes sont arrachées et le plancher défoncé. La chapelle est laissée à l'abandon. C'est cet état que l'association veut aujourd'hui inverser.
Le contexte historique
Digne-les-Bains n'est pas une paroisse ordinaire. La ville est un siège épiscopal ancien, dominé par la cathédrale Saint-Jérôme. La chapelle Notre-Dame de Lourdes appartient à une strate plus tardive : celle des sanctuaires nés de la dévotion mariale du XIXe siècle. Après 1858, la France se couvre de répliques de la grotte de Massabielle. Le modèle est le sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, devenu en quelques décennies le premier lieu de pèlerinage catholique de France.
Elle se veut en effet une réplique en miniature de la basilique Notre-Dame de Lourdes : elle est bâtie au-dessus d'une petite grotte.Documentation locale sur les trois chapelles de Digne
Ce type d'édifice raconte une histoire précise. Il n'est ni une cathédrale ni un chef-d'œuvre classé. C'est un patrimoine de dévotion populaire, bâti par une communauté, pour une communauté. À Digne, la chapelle fait partie d'un « circuit des trois chapelles », avec celle de Saint-Vincent et celle de la Croix, sur le mont Calvaire. Ces petits sanctuaires de hauteur ponctuent le paysage religieux provençal. Ils sont aussi les plus fragiles, car les moins protégés.
Pourquoi c'est important
Le sort de la chapelle de Digne dépasse le cas local. En France, des milliers d'édifices religieux modestes sont menacés. L'Observatoire du patrimoine religieux recense ce fonds discret : chapelles rurales, oratoires, sanctuaires de dévotion, souvent non classés et donc sans protection juridique. Faute d'usage et d'entretien, beaucoup se dégradent. Certains sont désacralisés, d'autres démolis. La mobilisation de Digne illustre une réponse : l'initiative citoyenne, quand la puissance publique ne peut agir seule. Ces édifices ne sont pas seulement des murs. Ils gardent la mémoire d'une piété locale et d'un moment précis de l'histoire religieuse française.
Ce que cela peut changer
L'association en est au premier stade : sensibiliser et rassembler. Une reconnaissance publique du dossier pourrait ouvrir l'accès à des financements, notamment par le mécénat, comme d'autres chapelles menacées en ont bénéficié. Rien n'est acquis. La chapelle reste fermée, sans budget de travaux annoncé ni échéance connue. Mais le simple fait qu'une association se soit constituée déplace le problème. Un édifice oublié redevient un sujet. Pour un petit sanctuaire marial des Alpes-de-Haute-Provence, c'est déjà une première étape vers le sauvetage.
Questions fréquentes
Où se trouve la chapelle Notre-Dame de Lourdes de Digne ?
À Digne-les-Bains, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Elle fait partie d'un circuit dit « des trois chapelles » sur les hauteurs de la ville, avec les chapelles Saint-Vincent et de la Croix.
De quand date la chapelle ?
Elle a été édifiée vers 1870 par le chanoine Reymond, directeur du petit séminaire de Digne, comme une réplique réduite du sanctuaire de Lourdes, bâtie au-dessus d'une petite grotte.
Pourquoi est-elle menacée ?
Fermée au public depuis les années 1970, elle a subi les intempéries et des actes de vandalisme : clocheton abattu, cloche disparue, vitraux et portes détruits. Son état est jugé préoccupant.
Qui se mobilise pour la sauver ?
Une association fondée début 2025, présidée par Marie-Ange Giaime, qui vise à empêcher la disparition de la chapelle et à réunir les conditions de sa restauration, notamment par le mécénat.
Sources
- Tribune Chrétienne, « Notre-Dame de Lourdes de Digne-les-Bains : des fidèles se mobilisent pour sauver une chapelle oubliée » (4 juillet 2026).
- Observatoire du patrimoine religieux, recensement, fiche « Chapelle Notre-Dame de Lourdes », Digne-les-Bains.
- Office de tourisme Provence Alpes Digne-les-Bains, notice « Chapelle Notre-Dame de Lourdes ».
- Documentation d'histoire locale sur le circuit des trois chapelles de Digne (mont Calvaire).
Image : KL KL, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)