Cristal Lalique
Histoire de la maison
René Lalique (1860-1945) commence comme apprenti joaillier chez Louis Aucoc à Paris, puis chez Cartier et Boucheron. Il ouvre son propre atelier en 1888 et devient, dans la décennie 1890, la figure majeure de la joaillerie Art nouveau : Sarah Bernhardt, Calouste Gulbenkian et la cour d'Europe se pressent rue Thérèse. À l'Exposition universelle de 1900, son stand est la sensation parisienne ; Marcel Proust écrira sur ses « libellules de cauchemar ».
Le tournant arrive en 1907 lorsque le parfumeur François Coty lui commande ses flacons. Lalique bascule alors définitivement dans le verre, achète la verrerie de Combs-la-Ville en 1909, puis fait construire en 1921 une grande manufacture à Wingen-sur-Moder, en Alsace recouvrée, au cœur des Vosges du Nord. L'Art déco trouve en lui son verrier absolu : bouchons de radiateur, vases, luminaires, sculptures, fontaines, dont celle des Champs-Élysées à l'Exposition de 1925. Le paquebot Normandie (1935) est intégralement décoré de panneaux Lalique.
Après la mort de René en 1945, son fils Marc, puis sa petite-fille Marie-Claude, reprennent la direction. La maison est acquise en 2008 par le groupe suisse Art & Fragrance (rebaptisé Lalique Group), qui investit à Wingen, rouvre le musée Lalique en 2011 et relance les collaborations contemporaines avec Zaha Hadid, Damien Hirst, Anish Kapoor.
Savoir-faire et techniques
La manufacture de Wingen-sur-Moder emploie près de 280 artisans autour de trois techniques clés : le pressé-soufflé, qui permet la reproduction fidèle des moules de René Lalique ; la cire perdue, réservée aux pièces uniques ou aux très grandes éditions (la cire est fondue, le cristal coulé dans le moule de plâtre) ; et le satinage, obtenu par un sablage précis qui rend le cristal opalin et rétif à la lumière, signature visuelle de la maison.
Chaque pièce passe ensuite en polissage sélectif : les reliefs sont rendus translucides au contact de pointes diamantées, tandis que les fonds satinés offrent leur velouté. La signature Lalique est moulée ou gravée, avec « R. Lalique France » pour les éditions antérieures à 1945 et « Lalique France » ensuite.
Pièces
Le vase Bacchantes (1927), avec sa ronde de femmes nues en bas-relief, est l'icône absolue de la maison : des milliers d'exemplaires ont été produits depuis, toujours à partir du moule original. La coupe Poissons, le flacon Nina Ricci L'Air du Temps (1947), les bouchons de radiateur pour Rolls-Royce et Bentley, la fontaine de Ronde-de-nuit des Champs-Élysées (1925), les panneaux de l'Orient-Express, autant d'œuvres qui ont fait entrer Lalique au panthéon du cristal Art déco.
« René Lalique a fait du verre une matière noble, aussi précieuse que la pierre dont il est le joaillier. »
— Sigrid Barten, historienne du verre, Museum Bellerive
À découvrir sur France Éternelle
- Annuaire des Entreprises du Patrimoine Vivant
- Retour à l'index Artisanat et Savoir-Faire
- Manufacture de Sèvres
- Baccarat
- Saint-Louis
- Daum
Questions fréquentes sur Lalique
Quelle différence entre R. Lalique et Lalique ?
Les pièces signées « R. Lalique France » ont été produites du vivant de René Lalique (avant 1945) ; celles signées « Lalique France » l'ont été après, sous ses descendants puis le groupe actuel.
Qu'est-ce que le satinage Lalique ?
Un sablage de surface qui rend le cristal opalin et mat, créant un contraste avec les reliefs polis translucides, c'est la signature visuelle de la maison.
Peut-on visiter la manufacture ?
Le musée Lalique, inauguré en 2011 à Wingen-sur-Moder, est ouvert au public ; la manufacture elle-même n'est pas visitable, mais des événements ponctuels permettent d'en découvrir les ateliers.
Les flacons de parfum sont-ils encore produits à Wingen ?
Oui, la maison continue de fabriquer des flacons pour elle-même et pour des marques partenaires, dans la tradition inaugurée par René Lalique et François Coty en 1908.
Pour aller plus loin
- Véronique Brumm, René Lalique, bijoutier verrier, Somogy, 2011.
- Félix Marcilhac, René Lalique, catalogue raisonné de l'œuvre de verre, Éditions de l'Amateur, 2011.
- Site officiel : Lalique · Musée Lalique.
Sources
- Wikidata, Q2406369 (Cristal Lalique).
- Wikipédia, Cristal Lalique.
- Site officiel, https://www.lalique.com.
- Institut National des Métiers d'Art (INMA), base EPV.