Faïencerie de Gien
Histoire de la maison
C'est un industriel anglais, Thomas Hall, qui fonde la Faïencerie de Gien en 1821, rachetant un ancien couvent de Minimes sur les bords de Loire pour y installer un four. Le site est choisi pour sa terre, pour le bois des forêts d'Orléans et pour la navigation fluviale, alors active. Hall importe la faïence fine à la manière anglaise, plus fine, plus blanche, plus solide que la faïence stannifère traditionnelle. Dès 1840, sous la direction de Geoffroy de Laubespin et Jean Geoffroy, la maison se distingue par la qualité de ses décors peints à la main.
Les expositions universelles parisiennes (1855, 1867, 1878) lui valent médailles et commandes officielles. Louis-Philippe, puis Napoléon III, Alexandre II de Russie, le sultan d'Istanbul passent commande. Le service « Bleu de Gien » et les grandes compositions inspirées des faïences italiennes de la Renaissance (Ombrie, Pesaro, Urbino) sont la signature d'une maison qui décline aussi, à la fin du XIXe siècle, des décors japonisants et Art nouveau.
Traversant les deux guerres, la faïencerie se modernise dans les années 1950 puis, après plusieurs rachats, se recentre depuis 2014 sur la haute faïence d'art de la table, tout en développant des collaborations contemporaines (Garance Vallée, Paola Navone) et en assurant des commandes officielles, services des ambassades, palais de l'Élysée, musée du Louvre.
Savoir-faire et techniques
La faïence fine de Gien est obtenue à partir d'un mélange d'argile blanche, de kaolin, de silice et de feldspath, plus proche de la porcelaine anglaise que des faïences stannifères de Rouen ou de Moustiers. La pâte est coulée, tournée ou calibrée, séchée, puis cuite une première fois vers 1 100 degrés (dégourdi). Les décors sont peints à la main par les décoratrices, au pinceau, dans la tradition transmise depuis le XIXe siècle : le décor « rouge de Gien », le bleu de cobalt sous émail, les rehauts d'or moulu demandent plusieurs cuissons successives.
L'émaillage, la seconde cuisson à 1 050 degrés, puis les petits feux à 800 degrés pour les dorures et les décors par-dessus font de chaque assiette ou pièce de forme un objet né de cinq à sept étapes manuelles. Une centaine d'artisans travaillent aujourd'hui à Gien, peintres, émailleurs, modeleurs, tourneurs, dont plusieurs Meilleurs Ouvriers de France.
Pièces
Le service Bleu de Gien, qui reprend les grotesques de la Renaissance italienne, et le service Rambouillet commandé par Louis-Philippe pour son château de chasse sont les pièces les plus du répertoire historique. Au XXe siècle, Gien édite des services signés Raoul Dufy, Jean Cocteau, Jean-Baptiste Vuillemin, et continue aujourd'hui à collaborer avec des designers contemporains et des ambassades pour des commandes officielles.
« Gien, c'est la Renaissance italienne qui s'est installée au bord de la Loire, dans un dialogue permanent entre la grande tradition européenne et la main française. »
— Antoinette Faÿ-Hallé, conservateur général honoraire
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Questions fréquentes sur Gien
Quelle différence entre faïence et porcelaine ?
La porcelaine contient du kaolin et cuit à plus de 1 300 °C, donnant une pâte vitrifiée et translucide ; la faïence fine de Gien reste opaque et cuit à plus basse température.
Où voir des pièces historiques de Gien ?
Au musée de la Faïencerie, installé dans les caves voûtées de la manufacture à Gien, qui présente plus de 600 pièces couvrant deux siècles de production.
Les décors sont-ils encore peints à la main ?
Oui, pour les pièces haut de gamme et les services personnalisés ; les décoratrices perpétuent un geste transmis en continu depuis le XIXe siècle.
La faïencerie est-elle toujours en activité à Gien ?
Oui, la manufacture emploie une centaine d'artisans dans les bâtiments historiques au bord de la Loire, et poursuit la commande d'art de la table, en complément des services d'ambassades et d'une boutique sur place.
Pour aller plus loin
- Jean-Claude Renard, Les Faïences de Gien, Éditions Massin, 2000.
- Musée de la Faïencerie, catalogue permanent, Gien.
- Site officiel : Faïencerie de Gien.
Sources
- Wikidata, Q3067786 (Faïencerie de Gien).
- Wikipédia, Faïencerie de Gien.
- Site officiel, https://www.gien.com.
- Institut National des Métiers d'Art (INMA), base EPV.