René Caillié

Portrait de René Caillié
Portrait de René Caillié, <bdi><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/en:Am%C3%A9lie_Legrand_de_Saint-Aubin" class="extiw" title="w:en:Amélie Legrand de Saint-Aubin"><span title="French painter">Amélie Legrand de Saint-Aubin</span></a></bdi> · Public domain.

Biographie de René Caillié

Né à Mauzé-sur-le-Mignon le 19 novembre 1799, fils d'un boulanger orphelin à 11 ans, René Caillié n'a aucune formation scientifique. À 16 ans, fasciné par Robinson Crusoé, il s'embarque comme garçon sur un navire pour le Sénégal. Trois voyages successifs (1816, 1818, 1824) lui apprennent les langues mandingues, le wolof et l'arabe, et lui font découvrir le commerce caravanier saharien.

De 1824 à 1825, il vit chez les Maures Brakna en Mauritanie, se faisant passer pour un Égyptien capturé enfant et devenu musulman. Il y perfectionne son arabe et s'imprègne du Coran, préparation indispensable pour traverser incognito les régions interdites aux chrétiens. Apprenant que la Société de géographie de Paris a promis depuis 1824 un prix de 10 000 francs à qui ramènerait des informations directes sur Tombouctou (où Mungo Park a péri en 1806 et Gordon Laing a été assassiné en 1826), il décide d'y aller à ses propres frais.

Le 19 avril 1827, il quitte Kakondy en Guinée actuelle. Sept mois plus tard, atteint d'une fièvre paludéenne et du scorbut, il doit s'arrêter cinq mois à Tieme. Le 19 mars 1828, il atteint Djenné sur le Niger ; le 23 avril, embarqué sur une pirogue marchande, il aborde enfin Tombouctou. Il y séjourne deux semaines (24 avril - 4 mai 1828), prenant des notes secrètes au péril de sa vie.

Le retour est plus terrible encore : 2 000 km de Sahara, en caravane jusqu'à Fès (août 1828), seul Européen au milieu de Touaregs. Il rentre à Toulon le 7 octobre 1828, reçoit le prix de 10 000 francs, la Légion d'honneur et une pension royale de Charles X. Son Journal d'un voyage à Tombouctou et à Jenné, publié en 1830, fait l'admiration de toute l'Europe géographique. Brisé par les fièvres, il meurt à 38 ans dans son village natal des Deux-Sèvres, le 17 mai 1838.

Scène d'expédition de René Caillié
René Caillié (scène d'expédition), <div class="fn value"> Caillié, René (1799-1838). Auteur du texte</div> · Public domain.

Héritage et postérité de René Caillié

L'exploit de Caillié, premier Européen à revenir vivant de Tombouctou, fut accompli sans escorte, sans crédit officiel et sans armes : un autodidacte, déguisé en pèlerin musulman, traversant 4 500 km de continent inconnu avec pour tout équipement un parapluie, un compas et un Coran. La Société de géographie britannique, refusant d'admettre la primauté française, lui contesta sa découverte avant de s'incliner devant la rigueur de son récit.

Sa description ethnographique du Sahel, paysages, mosquées de Djenné et de Tombouctou, organisation du commerce transsaharien, peuples Foulbés, Bambaras, Touaregs, fonde l'africanisme français. Le musée René-Caillié de Mauzé-sur-le-Mignon perpétue sa mémoire, et le toponyme « avenue René-Caillié » jalonne tout l'ouest africain francophone.

Chronologie des expéditions

  • 1816-1819, Premiers voyages au Sénégal (commanditaire : voyageur indépendant). Apprentissage de l'Afrique sahélienne, premières expéditions à Saint-Louis et au Cap-Vert.
  • 1824-1825, Séjour chez les Maures Brakna (commanditaire : voyageur indépendant). Apprentissage de l'arabe et de l'islam pour pouvoir voyager incognito.
  • 1827-1828, Voyage à Tombouctou (commanditaire : Société de géographie de Paris (prix de 10 000 francs)). Premier Européen à atteindre Tombouctou et à en revenir vivant ; traversée du Fouta Djallon, séjour de deux semaines à Tombouctou (avril 1828), retour par le Sahara avec une caravane jusqu'à Fès.
Carte des explorations de René Caillié
René Caillié (carte d'expédition), <div class="fn value"> Caillié, René (1799-1838). Auteur du texte</div> · Public domain.

Foi, héritage et mémoire française

Catholique de naissance, doit feindre la conversion à l'islam pour traverser les régions musulmanes, restera catholique jusqu'à sa mort

« Je me trouvais à Tombouctou, le but si vivement désiré de tous les Européens. »

, René Caillié, Journal d'un voyage à Tombouctou et à Jenné (1830), arrivée du 24 avril 1828

Régions et lieux de mémoire

39 ans durée de vie
3 expéditions majeures
7 régions explorées
3 découvertes documentées
  • Sénégal
  • Guinée
  • Fouta Djallon
  • Niger
  • Tombouctou
  • Sahara
  • Maroc

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Questions fréquentes sur René Caillié

Caillié s'est-il vraiment converti à l'islam ?

Non : il feignit la conversion par nécessité de survie. Né catholique, il restera catholique toute sa vie et refera dûment ses dévotions à son retour. Il joua, dit-il, le rôle d'un « Égyptien capturé enfant par les Français, ramené au pays et désireux de retourner à La Mecque », ruse qui lui sauva la vie.

Les Britanniques ont-ils contesté sa découverte ?

Oui, dans les années 1830, la Royal Geographical Society de Londres mit en doute son récit, soupçonnant qu'il avait reconstitué Tombouctou à partir de ouï-dire. Les explorations ultérieures (Heinrich Barth en 1853-1855) confirmèrent toutes les observations de Caillié et établirent définitivement sa priorité.

Pourquoi Tombouctou avait-elle valeur de mythe ?

Capitale de l'empire Songhaï au XVIᵉ siècle, ville aux 333 saints, centre de l'islam savant africain et grand carrefour caravanier de l'or et du sel, Tombouctou faisait l'objet en Europe d'un mythe d'opulence et de mystère depuis Léon l'Africain (1550). La Société de géographie en fit l'objectif d'exploration le plus convoité du XIXe siècle.

Quel équipement Caillié avait-il pour son voyage ?

Très peu : un Coran, un compas, un parapluie, des notes cachées dans la couture de ses vêtements et de petites sommes d'argent dissimulées dans sa ceinture. Il portait des vêtements maures, dormait à même le sol et marchait pieds nus comme un pèlerin pauvre, d'où la quasi-invisibilité de son passage.

Sources et pour aller plus loin

  • René Caillié, Journal d'un voyage à Tombouctou et à Jenné dans l'Afrique centrale, Imprimerie royale, Paris, 1830 (3 vol.).
  • Anne Hugon, L'Afrique des explorateurs. Vers les sources du Nil, Gallimard, 1991.
  • Article « René Caillié », Wikipédia (fr.wikipedia.org/wiki/René_Caillié).