Archéologie

Versailles : une nécropole mérovingienne sous la cour du Grand Commun

Par La rédaction de France Éternelle · Versailles, 21 juin 2026

Sous la cour du Grand Commun, à Versailles, les archéologues de l'Inrap ont dégagé deux passés enfouis. Le plus récent : le jeu de paume royal, bâti vers 1630, du temps de Louis XIII. Le plus ancien : une nécropole mérovingienne, oubliée depuis plus de mille ans. Ces fouilles, menées avant la réhabilitation de la cour, sont aujourd'hui présentées au public par l'exposition « Versailles et Marly sous terre ». Sous le palais du Roi-Soleil, la terre a gardé la mémoire d'une France beaucoup plus ancienne.

Ce que la cour a livré

Avant de réhabiliter la cour du Grand Commun, l'Inrap y a conduit une fouille préventive. Sous le pavage, les archéologues ont lu plusieurs couches de temps. La plus lisible livre le plan complet du jeu de paume royal, construit vers 1630. À cette date, Versailles n'est pas le palais que l'on connaît : c'est le domaine de chasse de Louis XIII, le père du Roi-Soleil. Le jeu de paume, ancêtre du tennis, occupait alors les loisirs de la cour. Plus bas, et bien plus ancienne, une nécropole mérovingienne a été mise au jour. Ses tombes, creusées au haut Moyen Âge, étaient oubliées depuis plus de mille ans.

Une nécropole sous le palais

L'époque mérovingienne court du Ve siècle à 751, celle des rois francs et de la première christianisation du royaume. Trouver un cimetière de cette période à Versailles déplace le regard. Avant les jardins de Le Nôtre, avant même le pavillon de chasse de Louis XIII, le site était une terre habitée et ensevelie selon les rites chrétiens. La nécropole a fait l'objet d'une étude par l'archéo-anthropologue Cécile Buquet, de l'Inrap, qui en a présenté les travaux à Versailles. Les fouilles préventives, conduites avant chaque grand chantier, rendent ainsi la parole à des morts que personne n'attendait sous une cour du Grand Siècle.

Pourquoi cette découverte compte

Versailles raconte d'ordinaire une seule histoire : celle de Louis XIV et de la monarchie absolue. La fouille du Grand Commun en dévoile d'autres, plus anciennes et moins attendues. Sous le décor du Grand Siècle, il y a un domaine de chasse. Sous ce domaine, un cimetière du premier Moyen Âge chrétien. La terre de Versailles a été habitée, priée et ensevelie bien avant les fastes. Pour l'histoire de France, le raccourci est saisissant : près de mille ans séparent les tombes mérovingiennes du jeu de paume de Louis XIII, et un demi-siècle de plus les sépare du château que visitent aujourd'hui les foules.

Ce que cela change pour le site

Ces vestiges ne resteront pas sous terre dans l'oubli. L'exposition « Versailles et Marly sous terre, 40 années d'archéologie dans les domaines du Roi-Soleil » rassemble les objets sortis du sol depuis les années 1980. Elle donne un cadre à un travail souvent invisible : celui de l'archéologie préventive, qui précède les chantiers et sauve ce qui, sans elle, disparaîtrait. À Versailles, ce travail révèle une vérité simple. Le lieu le plus associé à la gloire de la monarchie repose sur des couches d'histoire bien plus profondes que son marbre.

Questions fréquentes

Qu'a-t-on découvert sous la cour du Grand Commun ?

Le jeu de paume royal construit vers 1630 sous Louis XIII, et une nécropole mérovingienne du haut Moyen Âge.

Qu'est-ce que l'époque mérovingienne ?

La période des rois francs, du Ve siècle à 751, marquée par la première christianisation de la Gaule.

Qui a mené les fouilles ?

L'Inrap, dans le cadre d'une fouille préventive avant la réhabilitation de la cour.

Où voir les objets ?

Dans l'exposition « Versailles et Marly sous terre », consacrée à 40 années d'archéologie dans les domaines du Roi-Soleil.

Sources

  • Inrap, « La cour du Grand Commun livre le jeu de paume de Louis XIII » (Yvelines).
  • Château de Versailles, exposition « Versailles et Marly sous terre, 40 années d'archéologie dans les domaines du Roi-Soleil » (2025).
  • Ville de Versailles, conférence « Les fouilles de la nécropole mérovingienne sous le Grand Commun », par Cécile Buquet (Inrap).