La Gaule antique : des Gaulois à la Gaule romaine
Pendant des siècles, on a appris aux écoliers que «nos ancêtres les Gaulois» portaient moustaches et casques ailés, vivaient de chasse et de pillage, et furent tirés de la barbarie par la conquête romaine. Cette image, héritée du XIXe siècle, ne résiste ni aux textes antiques ni à l'archéologie. La Gaule de la fin de l'âge du fer était un ensemble de peuples celtes organisés, dotés d'une agriculture avancée, d'une métallurgie réputée, d'une classe savante, les druides, et de villes fortifiées que César lui-même appelait oppida. Sa conquête par Rome, entre 58 et 51 avant Jésus-Christ, ne fut pas le choc d'une civilisation contre une sauvagerie, mais la rencontre, violente puis féconde, de deux mondes. De cette rencontre naquit la Gaule romaine, l'une des provinces les plus prospères de l'Empire, qui se christianisa au IIIe et au IVe siècle avant de se recomposer, au Ve siècle, sous la pression des royaumes germaniques. Ce récit, de la cité gauloise au royaume franc naissant, est aussi celui d'un mythe : celui de Vercingétorix, héros national forgé moins par l'Antiquité que par le Second Empire.
Les peuples gaulois : une mosaïque celtique, non un peuple unique
Il n'a jamais existé de «nation gauloise» au sens politique. Ce que les Romains appelaient Gallia était un espace peuplé d'une soixantaine de peuples celtes distincts, chacun formant une civitas, une cité au sens antique du terme, c'est-à-dire une communauté politique avec son territoire, ses institutions et ses chefs. Arvernes d'Auvergne, Éduens de Bourgogne, Séquanes de Franche-Comté, Bituriges du Berry, Carnutes de la région de Chartres, Parisii sur la Seine : ces noms ont souvent survécu dans notre géographie. Chartres, Bourges, Paris, Reims, Besançon portent encore la trace de ces peuples.
Ces cités entretenaient entre elles des relations changeantes, faites d'alliances, de rivalités et de guerres. Certaines, comme les Éduens, étaient liées à Rome de longue date et reconnues comme «frères» du peuple romain bien avant la conquête. Cette absence d'unité politique, que les nationalistes du XIXe siècle déploreront comme une faiblesse congénitale, était en réalité la règle dans tout le monde celtique. La Gaule n'était pas une France en gestation : c'était un monde celte, ouvert sur la Méditerranée par la colonie grecque de Massalia (Marseille, fondée vers 600 avant Jésus-Christ) et sur le commerce romain bien avant que les légions ne franchissent les Alpes.
Une civilisation contre un cliché : druides, oppida, agriculture et artisanat
Le mot «barbare», chez les Grecs et les Romains, désignait d'abord celui qui ne parlait pas leur langue, non un sauvage. Or les sources antiques elles-mêmes, lorsqu'on les lit sans préjugé, décrivent une société complexe. Au sommet du savoir gaulois se tenaient les druides, dont la fonction dépassait de loin celle de prêtres. Selon le témoignage de César dans la Guerre des Gaules, repris d'auteurs grecs comme Posidonios d'Apamée qui avait parcouru la Gaule une génération plus tôt, les druides étaient à la fois gardiens du culte, juges, conseillers des chefs et dépositaires d'un savoir astronomique et religieux transmis exclusivement par voie orale. Cette oralité explique que nous ne possédions presque aucun texte gaulois : la mémoire de cette caste savante s'est éteinte avec elle.
Il faut ici distinguer ce que les textes attestent de ce que la légende a embelli. Les druides bâtisseurs de mégalithes ou officiant à Stonehenge appartiennent à l'imaginaire romantique : les grands ensembles mégalithiques, comme Carnac, sont antérieurs de plusieurs millénaires aux Celtes. En revanche, la pratique de la divination et de sacrifices, y compris humains, est rapportée concordamment par César et Pline l'Ancien. Rome, sous Auguste puis Tibère, interdit le druidisme et les sacrifices humains, autant par horreur affichée que par calcul politique : briser les druides, c'était priver les cités gauloises de leur encadrement spirituel et juridique.
Sur le terrain, l'archéologie a renversé le cliché du Gaulois rustre. La Gaule de l'âge du fer était couverte d'oppida, vastes places fortifiées de plusieurs dizaines d'hectares qui faisaient office de centres économiques, religieux et politiques : Bibracte chez les Éduens, Gergovie chez les Arvernes, Avaricum (Bourges) chez les Bituriges. Les Gaulois maîtrisaient une métallurgie réputée, frappaient leur propre monnaie, pratiquaient une agriculture productive et passent, selon une tradition ancienne, pour avoir perfectionné le tonneau de bois cerclé, la cotte de mailles et des techniques agraires que les Romains adoptèrent. On est loin du peuple de chasseurs misérables : c'est une civilisation rurale et urbaine prospère que Rome convoita.
La conquête : la Guerre des Gaules et le piège d'une source unique
Entre 58 et 51 avant Jésus-Christ, Caius Julius Caesar, proconsul des Gaules, conquiert l'ensemble du territoire. La quasi-totalité de ce que nous savons de cette guerre provient d'une seule source : les Commentaires sur la Guerre des Gaules (Commentarii de Bello Gallico) que César rédigea lui-même. C'est un document de premier ordre, mais il faut le lire pour ce qu'il est : le récit du vainqueur, écrit dans un but politique, destiné à justifier devant Rome une guerre que César avait largement provoquée et à construire sa propre gloire. L'historien doit donc en croiser le témoignage avec l'archéologie et le confronter à ses intentions de propagande.
La conquête fut d'une brutalité que César ne dissimule pas : populations massacrées, villes prises et incendiées, peuples réduits en esclavage par dizaines de milliers. L'idée, longtemps répandue, que les Gaulois auraient accueilli Rome comme une libératrice ou se seraient soumis sans drame est démentie par l'ampleur même des révoltes. La dernière, la plus vaste, éclate en 52 avant Jésus-Christ et porte le nom d'un homme : Vercingétorix.
Vercingétorix et Alésia : l'histoire avant le mythe
Vercingétorix, jeune noble arverne dont le nom celtique évoque le «roi suprême des guerriers», parvient en 52 avant Jésus-Christ à fédérer un grand nombre de peuples gaulois contre Rome, exploit politique remarquable dans ce monde fragmenté. Sa stratégie est habile : éviter la bataille rangée, harceler les colonnes romaines, pratiquer la terre brûlée pour les affamer. Il inflige même à César un revers devant Gergovie. Mais après cet échec romain, le rapport de force bascule au siège d'Alésia.
Réfugié dans l'oppidum d'Alésia, sur le territoire des Mandubiens, Vercingétorix est encerclé par César qui fait édifier une double ligne de fortifications : l'une tournée vers la place assiégée, l'autre vers l'extérieur pour contenir l'armée de secours gauloise. Cette armée, considérable, échoue à briser le dispositif romain. Privé de tout espoir, Vercingétorix se rend pour épargner ses hommes. La date traditionnellement retenue est l'automne 52 avant Jésus-Christ.
La suite, que la légende patriotique a souvent passée sous silence, est connue par les sources romaines : Vercingétorix n'est pas exécuté sur place. Il est emmené à Rome et détenu plusieurs années, vraisemblablement dans la prison du Tullianum, jusqu'au triomphe de César en 46 avant Jésus-Christ. Exhibé enchaîné dans le cortège triomphal, il est ensuite mis à mort, par strangulation selon l'usage romain réservé aux chefs ennemis vaincus. Sa fin n'a rien d'une apothéose héroïque : elle est celle, méthodique et humiliante, que Rome réservait à ceux qui l'avaient défiée.
Quant à la localisation d'Alésia, longtemps débattue, elle a été fixée au Mont-Auxois, près d'Alise-Sainte-Reine en Bourgogne, à la suite des fouilles ordonnées par Napoléon III entre 1861 et 1865, qui mirent au jour les lignes de siège romaines. Ce site fait aujourd'hui consensus dans la communauté scientifique, même si quelques hypothèses concurrentes ont périodiquement resurgi.
La Gaule romaine : romanisation, villes, routes et aqueducs
La conquête achevée, la Gaule devient, pour cinq siècles, un ensemble de provinces romaines. La romanisation ne fut pas l'effacement brutal d'une culture par une autre, mais un long processus de fusion d'où sortit une civilisation gallo-romaine originale. Les élites gauloises, qui adoptent le latin et les usages romains, accèdent à la citoyenneté puis aux magistratures : dès 48 après Jésus-Christ, l'empereur Claude obtient du Sénat l'admission de notables gaulois en son sein, épisode dont le texte nous est parvenu par une table de bronze conservée à Lyon.
Le visage du pays se transforme. De nombreux oppida de hauteur sont délaissés au profit de villes neuves bâties dans les vallées sur plan régulier, dotées de l'équipement classique de la cité romaine : forum, basilique, temples, thermes, théâtres et amphithéâtres. Lugdunum (Lyon), capitale des Gaules, Nemausus (Nîmes), Arelate (Arles), Burdigala (Bordeaux) ou Augustodunum (Autun) rivalisent de monuments. La Gaule se couvre d'un réseau routier qui irrigue le territoire et d'ouvrages hydrauliques d'une audace technique remarquable : le pont du Gard, qui franchit la vallée du Gardon pour alimenter Nîmes en eau, demeure l'aqueduc romain le mieux conservé et le plus célèbre de cet héritage. Les arènes de Nîmes et d'Arles, le théâtre antique d'Orange, la Maison Carrée témoignent encore de cette prospérité. Cette Gaule romaine fut, des siècles durant, l'une des régions les plus riches et les plus paisibles de l'Empire.
La christianisation : des martyrs de Lyon à saint Martin
C'est dans cette Gaule romanisée, et par ses voies mêmes, que se diffuse le christianisme. Le premier témoignage solidement attesté est tragique : en 177, sous Marc Aurèle, une communauté chrétienne de Lyon et de Vienne subit une persécution dont le récit, conservé par l'historien Eusèbe de Césarée, est l'un des plus poignants de l'Antiquité chrétienne. La figure de Blandine, jeune esclave suppliciée dans l'amphithéâtre, en est restée le symbole. Lyon donne aussi à l'Église l'un de ses grands théologiens, Irénée, évêque de la cité et auteur d'une œuvre majeure contre les hérésies.
Ici encore, l'historien doit distinguer ce qui relève des faits de ce qui appartient à la tradition hagiographique. Saint Denis, présenté comme premier évêque de Paris et martyrisé vers le milieu du IIIe siècle, a sans doute existé ; mais l'épisode célèbre où, décapité sur la butte de Montmartre, il aurait porté sa tête jusqu'au lieu de l'actuelle basilique relève de la légende des saints céphalophores, élaborée bien après sa mort. De même, l'identité historique de Denis a été embrouillée par sa confusion médiévale avec d'autres personnages homonymes.
La figure la plus marquante de la christianisation gauloise reste Martin de Tours, mort en 397. Ancien soldat romain devenu évêque, fondateur du monachisme en Gaule, il fut un évangélisateur infatigable des campagnes. L'épisode du manteau partagé avec un pauvre à Amiens, où le Christ lui apparaît en songe, nous est rapporté par son disciple Sulpice Sévère dans la Vie de saint Martin, texte rédigé peu après sa mort. Cette Vita est un document précieux, mais c'est une œuvre d'édification, mêlant le souvenir d'un homme réel à une stylisation spirituelle : on y lit autant la sainteté de Martin que l'art hagiographique de son biographe. Avec Hilaire de Poitiers et quelques autres, Martin incarne une Gaule chrétienne qui, au IVe siècle, multiplie ses sièges épiscopaux et devient un foyer spirituel de l'Occident.
La fin de la Gaule romaine : invasions et recomposition
Au Ve siècle, l'édifice romain se fissure. La pression des peuples germaniques sur le limes rhénan, elle-même nourrie par les déplacements de populations venues de l'est, finit par rompre la frontière. Dans la nuit du 31 décembre 406, des Vandales, des Alains, des Suèves et d'autres franchissent le Rhin gelé et déferlent sur la Gaule. En 418, Rome installe les Wisigoths en Aquitaine comme «fédérés», c'est-à-dire alliés établis sur le sol de l'Empire en échange d'un service militaire ; les Burgondes s'implantent à l'est, les Francs progressent au nord.
Cette fin ne fut pas l'engloutissement soudain qu'évoque l'expression d'«invasions barbares». Beaucoup de ces peuples côtoyaient Rome depuis longtemps, servaient dans ses armées et adoptaient sa culture. Le passage du monde romain au monde des royaumes germaniques fut souvent progressif. En 486, le chef franc Clovis défait à Soissons Syagrius, dernier représentant d'un pouvoir romain résiduel en Gaule du Nord. Cet événement met un terme à la présence politique de Rome au nord de la Loire et ouvre la voie au royaume mérovingien. La Gaule romaine s'éteint, mais sa langue, son droit, ses villes et son christianisme passent presque intacts au monde qui lui succède : c'est sur ce socle gallo-romain, non sur une table rase, que se bâtira la France.
Vercingétorix, héros national : la fabrique d'un mythe au XIXe siècle
Le Vercingétorix que nous croyons connaître n'est pas tout à fait celui des sources antiques. Pendant des siècles, le chef arverne demeure une figure secondaire, simple comparse du récit de César. C'est le XIXe siècle, et singulièrement le Second Empire, qui le hisse au rang de premier héros national. Napoléon III, passionné d'histoire romaine au point d'écrire lui-même une Histoire de Jules César, finance les fouilles d'Alésia et fait ériger en 1865, au sommet du Mont-Auxois, une statue monumentale de Vercingétorix due au sculpteur Aimé Millet, son socle étant conçu par l'architecte Viollet-le-Duc.
L'inscription gravée résume tout le projet idéologique : «La Gaule unie, formant une seule nation, animée d'un même esprit, peut défier l'univers», phrase tirée d'un discours que César prête à Vercingétorix dans la Guerre des Gaules. On y lit en filigrane le rêve d'unité nationale du Second Empire, projeté sur un passé celte qui ignorait précisément cette unité. Le geste répond aussi à un défi venu d'outre-Rhin : l'Allemagne dressait alors un monument à Arminius, le chef germain vainqueur des légions de Varus, et la France entendait opposer son propre héros fondateur. Vercingétorix devient ainsi l'ancêtre rêvé d'une nation en quête de racines, le vaincu magnifique dont la défaite préfigure la grandeur à venir.
Comprendre la Gaule antique, c'est donc tenir ensemble deux exigences : restituer la réalité d'une civilisation longtemps caricaturée, et reconnaître la part de mythe que les époques postérieures ont déposée sur elle. La Gaule fut un monde celte brillant, conquis avec brutalité, romanisé en profondeur, christianisé enfin. Elle ne fut «la France» qu'aux yeux de ceux qui, bien plus tard, eurent besoin de lui donner ce visage.
Sources
- Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules (Commentarii de Bello Gallico), source antique majeure de la conquête et du siège d'Alésia.
- Pline l'Ancien, Histoire naturelle, et Posidonios d'Apamée (par la tradition gréco-romaine), témoignages sur les druides.
- Sulpice Sévère, Vie de saint Martin (Vita sancti Martini), début du Ve siècle.
- Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, pour le récit des martyrs de Lyon de 177.
- Herodote.net, «Le siège d'Alésia (été 52 av. J.-C.)» : herodote.net
- INRAP, «L'urbanisation à la romaine», dossier «Quand la Gaule devient romaine» : inrap.fr
- Wikipédia, «Martyrs de Lyon» : fr.wikipedia.org
- Wikipédia, «Vercingétorix» (reddition, Tullianum, triomphe de 46 et exécution) : fr.wikipedia.org
- Wikipédia, «Monument à Vercingétorix (Millet)», statue de 1865, inscription et contexte : fr.wikipedia.org
- Persée, «Le Vercingétorix d'Aimé Millet (1865), image équivoque du premier héros national français» : persee.fr
- Base Mérimée, ministère de la Culture, notice du Monument de Vercingétorix (PA21000061) : pop.culture.gouv.fr
- Laboratoire TEMOS (CNRS), «La christianisation de la Gaule romaine» : temos.cnrs.fr
Questions fréquentes
Les Gaulois étaient-ils vraiment des barbares ?
Non, au sens où nous l'entendons aujourd'hui. Le mot grec et latin «barbare» désignait d'abord celui qui ne parlait pas la langue gréco-romaine, non un sauvage. L'archéologie et les textes antiques décrivent une civilisation celte organisée en cités, dotée d'une agriculture productive, d'une métallurgie réputée, d'une monnaie, de villes fortifiées (les oppida) et d'une caste savante, les druides. Le cliché du Gaulois primitif est une construction du XIXe siècle, démentie par les fouilles.
Que sait-on réellement de la conquête de la Gaule par César ?
L'essentiel de notre savoir provient d'une source unique, les Commentaires sur la Guerre des Gaules, rédigés par César lui-même entre 58 et 51 avant Jésus-Christ. C'est un document de premier ordre, mais écrit par le vainqueur dans un but politique. Les historiens le croisent donc avec l'archéologie et tiennent compte de sa dimension de propagande. La conquête fut très brutale, marquée par des massacres et des mises en esclavage massives.
Comment Vercingétorix est-il mort ?
Après sa reddition à Alésia à l'automne 52 avant Jésus-Christ, Vercingétorix ne fut pas exécuté sur place. Selon les sources romaines, il fut emmené à Rome et détenu plusieurs années, vraisemblablement dans la prison du Tullianum, jusqu'au triomphe de César en 46 avant Jésus-Christ. Exhibé enchaîné dans le cortège triomphal, il fut ensuite mis à mort par strangulation, selon l'usage romain réservé aux chefs ennemis vaincus.
Pourquoi Vercingétorix est-il devenu un héros national ?
Longtemps figure secondaire, Vercingétorix fut promu premier héros national au XIXe siècle, surtout sous le Second Empire. Napoléon III, passionné d'histoire romaine, finança les fouilles d'Alésia et fit ériger en 1865 sur le Mont-Auxois une statue monumentale due à Aimé Millet. Son inscription, «La Gaule unie, formant une seule nation, peut défier l'univers», projetait un idéal d'unité nationale sur un passé celte qui l'ignorait. Le geste répondait aussi au monument allemand dédié à Arminius.
Quand la Gaule est-elle devenue chrétienne ?
Le premier témoignage solidement attesté est la persécution des chrétiens de Lyon et de Vienne en 177, sous Marc Aurèle. Les communautés restent peu nombreuses jusqu'au début du IVe siècle, puis se multiplient. La Gaule chrétienne se distingue alors par de grandes figures : Irénée de Lyon, Hilaire de Poitiers et surtout Martin de Tours, mort en 397, évangélisateur des campagnes. Il faut toutefois distinguer ces faits historiques des légendes hagiographiques, comme celle de saint Denis portant sa tête.
Qu'est-ce qui a mis fin à la Gaule romaine ?
Au Ve siècle, la pression des peuples germaniques rompt la frontière du Rhin : franchissement de 406, installation des Wisigoths en Aquitaine en 418, progression des Francs et des Burgondes. La transition fut souvent progressive, beaucoup de ces peuples côtoyant Rome depuis longtemps. En 486, le Franc Clovis défait Syagrius à Soissons, dernier pouvoir romain résiduel au nord de la Loire. La langue, le droit, les villes et le christianisme gallo-romains passèrent toutefois presque intacts au monde mérovingien.