Château-Gaillard

Ruines du Château-Gaillard aux Andelys
Les ruines de Château-Gaillard dominant la Seine aux Andelys Photo <a href="//commons.wikimedia.org/wiki/User:Zairon" title="User:Zairon">Zairon</a>, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Château-Gaillard en bref

  • Dénomination : château / monument civil
  • Commune : Les Andelys (27, Normandie)
  • Siècle principal : XIIe
  • Commanditaire : Richard Ier Cœur de Lion (roi d'Angleterre, duc de Normandie)
  • Architecte(s) : Conception attribuée à Richard Cœur de Lion lui-même
  • Style : Architecture militaire anglo-normande (transition romane/gothique)
  • Protection : Classé Monument historique 1862 (liste de Mérimée)
  • Propriétaire actuel : État français (commune des Andelys pour la gestion)
  • Coordonnées GPS : 49.23780, 1.40720
  • Synthèse : Sur un éperon calcaire dominant la Seine aux Andelys, Château-Gaillard dresse les ruines d'une forteresse , élevée par Richard Cœur de Lion entre 1196 et 1198 au prix d'un chantier recor

Sources : base Mérimée (PA00099304). Ministère de la Culture, licence ouverte.

Histoire de Château-Gaillard

Au retour de la Troisième Croisade et de sa captivité allemande, Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre et duc de Normandie, doit reconquérir le Vexin perdu pendant son absence. Il choisit en 1196 l'éperon calcaire des Andelys pour y édifier une place forte capable de bloquer la route fluviale de Rouen depuis Paris. Le chantier, d'une rapidité inouïe pour l'époque, est mené à terme en quatorze mois ; le roi y engloutit, dit-on, plus que dans toutes ses guerres. À l'achèvement, en 1198, Richard se serait écrié : « Qu'elle est belle, ma fille d'un an ! » Mort de Richard en 1199, son frère Jean sans Terre hérite d'une forteresse réputée imprenable. Mais Philippe Auguste, profitant de la faiblesse politique de Jean, met le siège devant Château-Gaillard en août 1203. La place résiste sept mois. Le 6 mars 1204, par une ruse demeurée célèbre, l'introduction de soldats français par les latrines de la chapelle, la garnison cède. La chute de Château-Gaillard entraîne la perte de toute la Normandie par les Plantagenêt cette même année 1204, événement majeur de la formation du domaine royal capétien. Démantelé sur ordre d'Henri IV en 1599, il offre aujourd'hui des ruines spectaculaires.

Château-Gaillard

  • Adresse : Château-Gaillard, 27700 Les Andelys, Voir sur la carte
  • Construction : XIIe
  • Protection : Classé Monument historique 1862 (liste de Mérimée)
  • Statut juridique : édifice protégé au titre des monuments historiques
  • Affectataire : Édifice civil/militaire, pas de rattachement diocésain

Architecture et description

Donjon et intérieur de Château-Gaillard
Vue rapprochée du donjon en bec et de l'enceinte Photo <a href="//commons.wikimedia.org/wiki/User:Geertivp" title="User:Geertivp">Geertivp</a>, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Le génie de Château-Gaillard tient à sa triple enceinte concentrique et à son adaptation parfaite au relief. La basse-cour, en avant, accueille les communs ; la moyenne enceinte, en éperon triangulaire, abrite les logis ; la haute enceinte, séparée par un fossé taillé dans le roc, présente une chemise crénelée à 17 contreforts arrondis ceinturant le donjon. Ce donjon circulaire à bec, premier du genre en Europe, dirige sa pointe vers l'attaque ; ses murs atteignent 4,80 m d'épaisseur. Les mâchicoulis sur consoles, autre innovation, annoncent les forteresses du XIIIe siècle.

Éléments remarquables

Château-Gaillard et la Seine par Hackert (1767)
Vue de Château-Gaillard et de la Seine par Jacob Philipp Hackert (1767) Photo <bdi><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/en:Jacob_Philipp_Hackert" class="extiw" title="w:en:Jacob Philipp Hackert"><span title="German painter (1737–1807)">Jacob Philipp Hackert</span></a></bdi>, Public domain, via Wikimedia Commons.
  • Donjon circulaire à bec, premier du genre
  • Triple enceinte concentrique
  • Chemise crénelée à 17 contreforts
  • Vue panoramique sur la boucle de Seine
  • Chapelle où entrèrent les soldats français en 1204

Informations pratiques pour la visite

XIIe siècle de construction principal
  • Adresse : Château-Gaillard, 27700 Les Andelys
  • GPS : 49.23780, 1.40720
  • Protection : Classé Monument historique 1862 (liste de Mérimée), affectataire : Édifice civil/militaire, pas de rattachement diocésain
  • Accès : ouverte à la visite libre hors offices ; horaires affichés sur le portail principal et site officiel du diocèse.
Site géré par le département de l'Eure. Accès à pied depuis Le Petit Andely (15 min de montée). Vue sur la boucle de Seine. Compter 1h30. À combiner avec Giverny (Monet) et Rouen.

Événements patrimoine à proximité

  • Événements, Visites guidées d'avril à novembre, animations médiévales aux Andelys, journées du patrimoine..

À découvrir sur France Éternelle

Questions fréquentes sur Château-Gaillard

Pourquoi Château-Gaillard a-t-il été construit si vite ?

Parce que <strong>Richard Cœur de Lion</strong> voulait bloquer immédiatement Philippe Auguste sur la Seine après la perte du Vexin. Le chantier fut mené en <strong>quatorze mois (1196-1198)</strong>, prouesse pour l'époque.

Comment Philippe Auguste a-t-il pris la forteresse ?

Après sept mois de siège, ses soldats pénétrèrent le <strong>6 mars 1204</strong> par les latrines de la chapelle, donnant accès à la moyenne enceinte. La haute enceinte tomba peu après.

Quelles innovations militaires Château-Gaillard a-t-il apportées ?

Le <strong>donjon circulaire à bec</strong>, les <strong>mâchicoulis sur consoles</strong> et la <strong>triple enceinte concentrique</strong> ont influencé toute l'architecture militaire européenne du XIIIe siècle.

Quelle fut la conséquence politique de la chute ?

La perte de toute la <strong>Normandie</strong> par les Plantagenêt en <strong>1204</strong>, événement fondateur de l'unification du royaume de France par <strong>Philippe Auguste</strong>.

Pourquoi le château est-il en ruines ?

Henri IV ordonna son <strong>démantèlement en 1599</strong> pour empêcher qu'il ne serve aux ligueurs. Les ruines actuelles, monumentales, datent de cette destruction volontaire.

Sources