Cathédrale Saint-Gervais-Saint-Protais de Soissons : gothique précoce, transept sud en demi-rond

Façade occidentale de la cathédrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Soissons avec sa tour unique de 66 mètres
Façade et tour de la cathédrale de Soissons Photo Szeder László, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Cathédrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Soissons en bref

  • Dénomination : cathédrale catholique
  • Commune : Soissons (02, Hauts-de-France)
  • Siècle principal : XIIe-XVe
  • Architecte(s) : Maîtres d'œuvre médiévaux non documentés ; restaurations XXe siècle par Émile Brunet
  • Style : Gothique classique
  • Protection : Classée Monument Historique 1840
  • Coordonnées GPS : 49.38080, 3.32520
  • Soissons capitale franque : ville où Clovis bat Syagrius en 486 et fonde le royaume franc, première capitale mérovingienne
  • Peinte par Pissarro et Sisley : les impressionnistes ont représenté la cathédrale dans plusieurs toiles à la fin du XIXe siècle

Sources : base Mérimée (PA00115941), Wikidata (Q1736223). Ministère de la Culture, licence ouverte.

Histoire de Cathédrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Soissons

Le diocèse de Soissons, fondé au IIIe siècle, fut au cœur de l'histoire franque : c'est près de Soissons que Clovis bat le général romain Syagrius en 486, fondant le royaume franc. La ville devient première capitale mérovingienne. La cathédrale primitive remonte à cette époque ; l'édifice actuel succède à plusieurs reconstructions. Le chantier du chœur gothique s'ouvre en 1176, soit quelques années après celui de Notre-Dame de Paris, Saint-Gervais-Saint-Protais est l'une des premières cathédrales du gothique classique. Le transept sud (vers 1180-1190) est l'élément le plus original : un demi-rond inhabituel, peut-être inspiré des traditions byzantines, qui confère à l'édifice son caractère unique parmi les cathédrales gothiques françaises.

La nef est construite au XIIIe siècle (1212-1240), le transept nord et la façade occidentale au XIVe siècle. Les guerres de Religion et la Révolution endommagent partiellement l'édifice (vitraux brisés, mobilier liturgique détruit). Au XIXe siècle, les peintres impressionnistes, Camille Pissarro et Alfred Sisley, viennent peindre la cathédrale ; plusieurs toiles documentent son aspect avant les destructions de 1914-1918. Pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918), Soissons est en première ligne : la cathédrale est gravement endommagée par les obus allemands (toitures effondrées, voûtes percées, statuaire fragmentée). La restauration (1920-1937) restitue l'édifice. La cathédrale reste siège du diocèse de Soissons, Laon et Saint-Quentin (regroupement de 1801).

Cathédrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Soissons

  • Adresse : Rue des Déportés-et-Fusillés, 02200 Soissons, Voir sur la carte
  • Construction : XIIe-XVe
  • Protection : Classée Monument Historique 1840
  • Statut juridique : propriété de l'État (cathédrale en exercice)
  • Affectataire : Diocèse de Soissons, Laon et Saint-Quentin

Architecture et description

Intérieur de la cathédrale de Soissons, élévation gothique classique de la nef en pierre calcaire lutétienne
Nef gothique de la cathédrale de Soissons Photo Chatsam, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Saint-Gervais-Saint-Protais mesure 116 mètres de long pour 30 mètres sous voûte, proportions classiques du gothique français. Le chœur (1176-1212) témoigne du gothique classique naissant : voûtes sur croisées d'ogives, fenêtres à meneaux, déambulatoire à chapelles rayonnantes. Le transept sud en demi-rond (vers 1180-1190) est unique parmi les cathédrales gothiques françaises : forme arrondie qui rappelle les traditions byzantines (ou peut-être les chapelles palatines carolingiennes), conférant à l'édifice un caractère immédiatement reconnaissable. La façade occidentale, à deux tours dont une seule (sud) achevée par sa flèche, présente une rosace centrale du XIVe siècle. La pierre, calcaire lutétien blond, donne à l'édifice une luminosité méridionale rare en Picardie. À l'intérieur, l'élégance des proportions et la pureté du gothique classique évoquent Notre-Dame de Paris.

Éléments remarquables

Bras nord du transept de la cathédrale de Soissons à terminaison arrondie, vestige de l'édifice du XIIe siècle
Transept nord, cathédrale de Soissons Photo Gennadii Saus i Segura, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Le transept sud en demi-rond est l'élément architectural le plus singulier, sa forme arrondie pour le gothique français, fait l'objet de nombreuses interprétations (influence byzantine ? réminiscence carolingienne ?). L'Adoration des Bergers de Pierre Paul Rubens (vers 1620), conservée dans le bras nord du transept, est l'une des grandes toiles religieuses de Rubens en France. Les vitraux du transept, en partie d'origine (XIIIe siècle, restaurés après 1918), racontent la vie des saints Gervais et Protais (martyrs milanais du IIe siècle, patrons de l'évêché). Le buffet d'orgue (XVIIIe siècle) a été reconstruit après 1918. La chapelle Notre-Dame conserve une statue gothique de la Vierge à l'Enfant. Les peintures de Pissarro et Sisley (fin XIXe), conservées dans plusieurs musées, documentent l'aspect de la cathédrale avant les destructions de 1914-1918, précieuse mémoire iconographique.

Informations pratiques pour la visite

XIIe siècle de construction principal
486 victoire de Clovis sur Syagrius, fondation du royaume franc
1180 transept sud en demi-rond, unique parmi les cathédrales gothiques françaises
  • Adresse : Rue des Déportés-et-Fusillés, 02200 Soissons
  • GPS : 49.38080, 3.32520
  • Protection : Classée Monument Historique 1840, affectataire : Diocèse de Soissons, Laon et Saint-Quentin
  • Accès : ouverte à la visite libre hors offices ; horaires affichés sur le portail principal et site officiel du diocèse.

Visite recommandée pour observer le transept sud en demi-rond, élément architectural unique en France. Visite couplée avec l'abbaye de Saint-Jean-des-Vignes (vestiges spectaculaires) à 500 m.

Événements patrimoine à proximité

  • Festival d'orgue de Soissons, juillet, récitals sur le grand orgue de la cathédrale, restauré après 1918.
  • Commémorations Clovis, fin juillet, animations et reconstitutions historiques autour du 486 (victoire de Clovis sur Syagrius).

À découvrir sur France Éternelle

Questions fréquentes sur Cathédrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Soissons

Qu'est-ce que la bataille de Soissons en 486 ?

En 486, près de Soissons, le roi franc Clovis (Ier) bat le général gallo-romain Syagrius, dernier représentant du pouvoir romain en Gaule. Cette victoire fonde le royaume franc et marque la fin de la présence romaine en Gaule. Soissons devient première capitale mérovingienne. C'est aussi à Soissons que se déroule l'épisode légendaire du « vase de Soissons » entre Clovis et un soldat franc.

Pourquoi le transept sud de Soissons est-il en demi-rond ?

Le transept sud (vers 1180-1190) présente une forme arrondie unique parmi les cathédrales gothiques françaises. Plusieurs hypothèses : influence byzantine (modèle de Saint-Marc de Venise ?), réminiscence carolingienne (chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle ?), ou simple choix esthétique audacieux des bâtisseurs. Quelle qu'en soit l'origine, c'est l'élément architectural le plus original de l'édifice.

Quels peintres ont représenté la cathédrale de Soissons ?

Camille Pissarro et Alfred Sisley, peintres impressionnistes, ont chacun peint la cathédrale à la fin du XIXe siècle, lors de leurs séjours en Picardie. Leurs toiles, conservées dans plusieurs musées (Pissarro à la National Gallery de Londres), documentent l'aspect de l'édifice avant les destructions de 1914-1918, précieuse mémoire iconographique.

La cathédrale a-t-elle été détruite pendant la Grande Guerre ?

Sévèrement endommagée mais pas détruite. Soissons étant en première ligne du front (1914-1918), la cathédrale fut frappée par les obus allemands : toitures effondrées, voûtes percées, statuaire fragmentée. La restauration (1920-1937) restitua l'édifice. C'est l'une des grandes cathédrales rescapées de la Grande Guerre, comme Reims et Verdun.

Que voir à Soissons autour de la cathédrale ?

L'abbaye Saint-Jean-des-Vignes (vestiges spectaculaires, façade flamboyante de 75 m), le musée Saint-Léger (collections gallo-romaines et médiévales), le centre médiéval, et le mémorial de la Première Guerre mondiale. Soissons est à 1 h de Paris en train (gare du Nord).

Sources