Cathédrale Notre-Dame-Saint-Castor de Nîmes : frise romane Genèse XIe-XIIe

Façade et clocher de la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor de Nîmes
Façade et clocher, Notre-Dame-et-Saint-Castor de Nîmes Photo José Luiz Bernardes Ribeiro, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor de Nîmes en bref

  • Dénomination : cathédrale catholique
  • Commune : Nîmes (30, Occitanie)
  • Siècle principal : XIe-XIXe
  • Architecte(s) : Maîtres d'œuvre médiévaux non documentés ; restauration XIXe par Henri Antoine Revoil (1877-1882)
  • Style : Romano-gothique avec restauration néo-romane XIXe
  • Protection : Classée MH 1906
  • Coordonnées GPS : 43.83833, 4.36056
  • Frise romane Genèse : frise sculptée romane XIe-XIIe siècle représentant la Genèse, l'un des chefs-d'œuvre de la sculpture romane languedocienne
  • À côté de la Maison Carrée : Nîmes conserve les plus complets vestiges gallo-romains de France, Maison Carrée (Ier siècle av. J.-C.), Arènes (Ier siècle), Pont du Gard à 25 km

Sources : base Mérimée (PA00103092), Wikidata (Q2942276). Ministère de la Culture, licence ouverte.

Histoire de Cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor de Nîmes

Nîmes (anciennement Nemausus gallo-romaine, l'une des plus colonies romaines de Gaule fondée vers 16 av. J.-C., célèbre pour son sanctuaire de la source Nemausus puis pour ses grands monuments romains : Maison Carrée Ier siècle av. J.-C., Arènes Ier siècle ap. J.-C., Tour Magne Ier siècle av. J.-C., Pont du Gard à 25 km), fut au Moyen Âge l'un des grands sièges épiscopaux du Bas-Languedoc. Le diocèse de Nîmes, fondé au IVe siècle, fut au cœur de l'évangélisation languedocienne. La cathédrale primitive remplacée par un édifice roman au XIe siècle. Le chantier de la cathédrale romane actuelle s'ouvre en 1096 sous le pape Urbain II (qui consacra l'édifice lors de son passage à Nîmes en 1096, retour de Clermont où il avait prêché la première croisade le 27 novembre 1095).

La frise romane de la façade (XIe-XIIe siècle, vers 1100), représentant la Genèse (Création du monde, Adam et Ève, Caïn et Abel, Déluge), est l'un des chefs-d'œuvre de la sculpture romane languedocienne, comparable à Saint-Trophime d'Arles, Saint-Gilles-du-Gard et Saint-Pierre d'Angoulême (voir Angoulême batch 13). Pendant les guerres de Religion (1562-1598), Nîmes fut l'un des plus grands bastions huguenots de France, la cathédrale fut largement dégradée par les protestants au XVIe siècle. Reconstructions partielles aux XVIIe-XIXe siècles. La nef fut entièrement reconstruite au XIXe siècle (1877-1880, architecte Henri Antoine Revoil). Au Concordat de 1801, le diocèse de Nîmes fut maintenu et regroupa les anciens diocèses d'Uzès (voir batch 12) et d'Alès (voir directory). La cathédrale est aujourd'hui en exercice (suffragante de Montpellier, diocèse de « Nîmes, Uzès et Alès »).

Cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor de Nîmes

  • Adresse : Place aux Herbes, 30000 Nîmes, Voir sur la carte
  • Construction : XIe-XIXe
  • Protection : Classée MH 1906
  • Statut juridique : propriété de l'État (cathédrale en exercice)
  • Affectataire : Diocèse de Nîmes-Uzès-Alès

Architecture et description

Intérieur de la cathédrale de Nîmes, vue de la nef vers le chœur
Nef vers le chœur, cathédrale de Nîmes Photo Finoskov, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Notre-Dame-et-Saint-Castor de Nîmes déploie un édifice composite de 60 mètres de long pour 22 mètres sous voûte. La façade romane (XIe-XIIe siècle) est l'élément architectural le plus précieux, frise romane sculptée de la Genèse, portail roman finement sculpté avec colonnettes torsadées et chapiteaux historiés. La nef gothique-XIXe (entièrement reconstruite 1877-1880 par Henri Antoine Revoil après les destructions huguenotes successives) reprend le parti gothique méridional avec voûtes sur ogives. Le chœur gothique (XVIIe siècle, restauré au XIXe) conserve quelques éléments médiévaux. La tour-clocher (XVIe siècle, 38 m), accolée à la façade, abrite les cloches. La pierre, calcaire local de Nîmes (la même pierre que celle de la Maison Carrée gallo-romaine voisine), donne à l'édifice cette luminosité dorée caractéristique du Bas-Languedoc. À l'extérieur, l'édifice s'inscrit à proximité de la Maison Carrée (à 200 m, temple romain Ier siècle av. J.-C., l'un des plus complets temples romains conservés au monde) et des Arènes (à 500 m, amphithéâtre romain Ier siècle ap. J.-C., toujours en activité, corridas, concerts).

Éléments remarquables

Frise romane de la façade représentant Adam et Ève, cathédrale de Nîmes
Frise romane de la Genèse, façade de Nîmes Photo José Luiz Bernardes Ribeiro, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

La frise romane de la Genèse (XIe-XIIe siècle, vers 1100) est l'élément artistique le plus précieux de la cathédrale, frise sculptée de pierre représentant la Genèse en plusieurs scènes : Création du monde (six jours), Adam et Ève au Paradis terrestre, Tentation et Chute, Caïn tuant Abel, Déluge (arche de Noé), Construction de la Tour de Babel. Comparable aux frises sculptées de Saint-Trophime d'Arles, Saint-Gilles-du-Gard et Saint-Pierre d'Angoulême (voir Angoulême batch 13). Le portail roman occidental (XIIe siècle), colonnettes torsadées, chapiteaux historiés, est l'un des plus beaux portails romans languedociens. Les vitraux (XIXe siècle, restaurés) racontent la vie du Christ et la mémoire de saint Castor (premier évêque légendaire de Nîmes au IVe siècle). La chapelle Saint-Castor abrite des éléments commémoratifs du saint patron. Le buffet d'orgue (XIXe siècle, Cavaillé-Coll restauré) est l'un des grands orgues romantiques languedociens. À l'extérieur, la Maison Carrée (à 200 m, temple romain Ier siècle av. J.-C., l'un des plus complets temples romains conservés au monde) et les Arènes (à 500 m, amphithéâtre romain) sont des visites .

Informations pratiques pour la visite

XIe siècle de construction principal
Frise Genèse XIe-XIIe frise romane sculptée représentant la Genèse, chef-d'œuvre de la sculpture romane languedocienne
Maison Carrée à 200 m, temple romain Ier av. J.-C., l'un des plus complets temples romains conservés au monde
  • Adresse : Place aux Herbes, 30000 Nîmes
  • GPS : 43.83833, 4.36056
  • Protection : Classée MH 1906, affectataire : Diocèse de Nîmes-Uzès-Alès
  • Accès : ouverte à la visite libre hors offices ; horaires affichés sur le portail principal et site officiel du diocèse.

Frise romane de la Genèse accessible en visite libre. Visite couplée FORTEMENT recommandée avec la Maison Carrée (à 200 m, temple romain Ier siècle av. J.-C., l'un des plus complets temples romains conservés au monde), les Arènes (à 500 m, amphithéâtre romain), le Pont du Gard (à 25 km, UNESCO 1985, aqueduc romain Ier siècle), et Uzès (à 25 km, voir batch 12, Tour Fenestrelle XIIe).

Événements patrimoine à proximité

  • Feria de Nîmes, mi-mai et septembre, l'une des plus grandes ferias de France (1 million de visiteurs en 5 jours), corridas dans les Arènes romaines.
  • Festival de Nîmes, juillet, concerts dans les Arènes romaines (l'une des plus belles salles de spectacle au monde, 13 000 places).

À découvrir sur France Éternelle

Questions fréquentes sur Cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor de Nîmes

Pourquoi la cathédrale est-elle dédiée à saint Castor ?

Saint Castor (mort vers 419), évêque d'Apt (voir batch 9, cathédrale Sainte-Anne d'Apt), fut un grand saint provençal du Ve siècle, selon la tradition, il aurait fondé l'évêché d'Apt et œuvré à l'évangélisation du Languedoc. Sa fête est le 21 septembre. La cathédrale de Nîmes lui est associée à Notre-Dame depuis le Moyen Âge, saint Castor étant l'un des saints fondateurs de l'évangélisation languedocienne.

Qu'est-ce que la frise romane de la Genèse ?

La frise romane de la façade (XIe-XIIe siècle, vers 1100) est une frise sculptée de pierre représentant la Genèse en plusieurs scènes : Création du monde (six jours), Adam et Ève au Paradis terrestre, Tentation et Chute, Caïn tuant Abel, Déluge (arche de Noé), Construction de la Tour de Babel. C'est l'un des chefs-d'œuvre de la sculpture romane languedocienne, comparable à Saint-Trophime d'Arles, Saint-Gilles-du-Gard et Saint-Pierre d'Angoulême (voir batch 13).

Pourquoi Nîmes est-elle si riche en vestiges romains ?

Nîmes (« Nemausus ») fut au Ier siècle av. J.-C. l'une des plus colonies romaines de Gaule, fondée vers 16 av. J.-C. par Auguste, peuplée de vétérans des légions revenus d'Égypte (d'où le crocodile sur les armoiries de Nîmes, symbole de l'Égypte conquise). Vestiges conservés : Maison Carrée (Ier siècle av. J.-C., l'un des plus complets temples romains conservés au monde), Arènes (Ier siècle ap. J.-C., toujours en activité), Tour Magne (Ier siècle av. J.-C., tour de la fortification gallo-romaine), Pont du Gard (à 25 km, UNESCO 1985, aqueduc romain Ier siècle, l'un des plus grands ouvrages d'art romains).

Pourquoi la nef a-t-elle été reconstruite au XIXe siècle ?

Pendant les guerres de Religion (1562-1598), Nîmes fut l'un des plus grands bastions huguenots de France, la cathédrale fut largement dégradée par les protestants à plusieurs reprises au XVIe siècle. Reconstructions partielles aux XVIIe-XVIIIe siècles. La nef fut entièrement reconstruite en 1877-1880 par l'architecte Henri Antoine Revoil dans un style néo-gothique méridional. Seule la façade romane (XIe-XIIe siècle) avec sa célèbre frise de la Genèse a été préservée.

Que voir à Nîmes autour de la cathédrale ?

La Maison Carrée (à 200 m, temple romain Ier siècle av. J.-C., l'un des plus complets temples romains conservés au monde), les Arènes (à 500 m, amphithéâtre romain Ier siècle ap. J.-C., toujours en activité, Festival de Nîmes en juillet, Feria de Nîmes en mai), la Tour Magne (Ier siècle av. J.-C., tour de la fortification gallo-romaine), les Jardins de la Fontaine (XVIIIe siècle), et le Pont du Gard (à 25 km, UNESCO 1985, aqueduc romain). Nîmes est à 3 h de Paris en TGV.

Sources