Ancienne cathédrale Saint-Étienne d'Agen : démolie 1791-1797 pendant la Révolution

Ruines de l'ancienne cathédrale Saint-Étienne d'Agen
Représentation des ruines après la démolition révolutionnaire Photo Fonds Ancely - Alexandre Du Mège, Public domain, via Wikimedia Commons.

Ancienne cathédrale Saint-Étienne d'Agen en bref

  • Dénomination : cathédrale catholique
  • Commune : Agen (47, Nouvelle-Aquitaine)
  • Siècle principal : XIIe-XVIIIe
  • Architecte(s) : Inconnus
  • Style : Gothique
  • Protection : Disparue (démolie 1791-1797)
  • Coordonnées GPS : 44.20431, 0.61781
  • Style : Gothique médiéval
  • Statut : Détruite 1791-1797
  • Cause : Révolution française
  • Successeure : Saint-Caprais

Sources : base Mérimée (None), Wikidata (Q19691873). Ministère de la Culture, licence ouverte.

Histoire de Ancienne cathédrale Saint-Étienne d'Agen

Saint-Étienne d'Agen, première cathédrale du diocèse agenais, fut élevée à partir du XIIe siècle sur l'emplacement d'un sanctuaire paléochrétien dédié au protomartyr. Reconstruite et agrandie au cours des XIIIe et XIVe siècles dans le vocabulaire gothique méridional, elle dominait le quartier épiscopal d'Agen, sur la rive droite de la Garonne. Siège des évêques d'Agen, diocèse suffragant de Bordeaux, elle fut le théâtre de plusieurs synodes provinciaux et conserva jusqu'à la Révolution un trésor liturgique notable, comprenant reliquaires médiévaux et ornements brodés. La concurrence avec la collégiale Saint-Caprais, vouée au saint patron de la cité (premier évêque légendaire d'Agen, martyrisé sous Dioclétien), demeura constante tout au long du Moyen Âge.

La Révolution française précipita son anéantissement. Désaffectée dès 1791 en application des décrets de nationalisation des biens du clergé, transformée en magasin puis en carrière de pierres, la cathédrale fut systématiquement dépecée entre 1791 et 1797. Son emplacement fut vendu en plusieurs lots et bâti de constructions civiles au XIXe siècle. Le Concordat de 1801 rétablit l'évêché d'Agen, mais le titre cathédral fut transféré à la collégiale Saint-Caprais (voir fiche dédiée), qui devint et reste l'actuelle cathédrale d'Agen. Saint-Caprais hérita ainsi d'une partie du mobilier sauvegardé : quelques pièces du trésor, des reliquaires et des ornements liturgiques. De Saint-Étienne ne subsistent aujourd'hui que de rares fragments lapidaires conservés au musée des Beaux-Arts d'Agen, ainsi que des plans et gravures anciens permettant de restituer approximativement son aspect.

Ancienne cathédrale Saint-Étienne d'Agen

  • Adresse : Place du Docteur-Esquirol (emplacement disparu), 47000 Agen, Voir sur la carte
  • Construction : XIIe-XVIIIe
  • Protection : Disparue (démolie 1791-1797)
  • Statut juridique : propriété de l'État (cathédrale en exercice)
  • Affectataire : Ancien diocèse d'Agen

Architecture et description

Vestiges intérieurs de Saint-Étienne d'Agen
Lithographie de Du Mège figurant les vestiges de la cathédrale Photo Alexandre Du Mège, Public domain, via Wikimedia Commons.

D'après les sources iconographiques et les descriptions anciennes, Saint-Étienne présentait un plan basilical à trois nefs, transept peu saillant et chevet polygonal à chapelles rayonnantes selon le schéma gothique méridional. La nef principale, voûtée d'ogives, atteignait environ 22 mètres sous clef, hauteur modeste comparée aux grands gothiques septentrionaux mais conforme au goût languedocien et aquitain. La façade occidentale comportait un portail à voussures sculptées surmonté d'une grande baie en triplet, encadré par deux tours dont une seule fut achevée. Le clocher, isolé sur le flanc sud, atteignait environ 50 mètres de hauteur et servait également de beffroi communal, particularité fréquente dans les cités méridionales. Les chapelles latérales, ajoutées aux XIVe et XVe siècles par les confréries et les familles patriciennes, présentaient des décors flamboyants et des verrières historiées. L'ensemble, sans atteindre la monumentalité des grandes cathédrales gothiques, constituait un édifice cohérent et représentatif du gothique méridional aquitain.

Éléments remarquables

Cathédrale Saint-Caprais qui hérita du titre cathédral
Saint-Caprais, qui devint cathédrale en 1802 après la disparition de Saint-Étienne Photo Chaudruc (lib.-pap. À Agen), Public domain, via Wikimedia Commons.

Le trésor de Saint-Étienne, dispersé pendant la Révolution, comprenait une châsse de saint Caprais en argent doré (XIIIe siècle), saint dont les reliques étaient partagées avec la collégiale voisine, ainsi que plusieurs reliquaires émaillés de Limoges et un évangéliaire enluminé du XIIe siècle. Quelques pièces, sauvées par des fidèles ou rachetées par le clergé concordataire, furent transférées à Saint-Caprais en 1802 et y sont encore visibles : le grand reliquaire de saint Caprais notamment, et plusieurs ornements brodés. Les stalles sculptées du chœur (XVe siècle) furent vendues et dispersées, certaines panneaux ayant été identifiés dans des collections particulières au XIXe siècle. Les fouilles ponctuelles menées dans le quartier au XXe siècle ont permis de localiser les fondations et de retrouver quelques chapiteaux et fragments architecturaux, conservés au musée municipal. Le tracé de l'édifice disparu est aujourd'hui partiellement matérialisé au sol par un dallage différencié sur la place actuelle.

Informations pratiques pour la visite

XIIe siècle de construction principal
Démolie 1791-1797 rasée pendant la Révolution
Successeure 1802 Saint-Caprais (collégiale romane) érigée cathédrale au Concordat
  • Adresse : Place du Docteur-Esquirol (emplacement disparu), 47000 Agen
  • GPS : 44.20431, 0.61781
  • Protection : Disparue (démolie 1791-1797), affectataire : Ancien diocèse d'Agen
  • Accès : ouverte à la visite libre hors offices ; horaires affichés sur le portail principal et site officiel du diocèse.

L'emplacement de l'ancienne cathédrale se situe au cœur du quartier épiscopal d'Agen, désormais occupé par des constructions XIXe siècle. Aucun vestige visible. Pour découvrir l'héritage cathédral agenais, voir la fiche de la cathédrale Saint-Caprais, qui conserve plusieurs pièces du trésor de Saint-Étienne.

Événements patrimoine à proximité

  • Désaffectation, 1791, application des décrets révolutionnaires.
  • Démolition, 1791-1797, dépeçage méthodique.
  • Transfert à Saint-Caprais, 1802, Concordat appliqué.

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Questions fréquentes sur Ancienne cathédrale Saint-Étienne d'Agen

Pourquoi Saint-Étienne d'Agen a-t-elle disparu ?

Désaffectée en 1791 sous la Révolution, elle fut systématiquement démolie entre 1791 et 1797 pour récupération de matériaux et vente de l'emplacement.

Quelle cathédrale lui a succédé ?

La collégiale Saint-Caprais, vouée au premier évêque martyr d'Agen, devint cathédrale en 1802 et le reste aujourd'hui (voir fiche).

Reste-t-il des vestiges ?

Quelques fragments lapidaires au musée des Beaux-Arts d'Agen et plusieurs pièces du trésor (reliquaire de saint Caprais notamment) transférées à la cathédrale actuelle.

Quelle était son importance ?

Siège du diocèse d'Agen suffragant de Bordeaux, elle accueillit synodes et liturgies épiscopales pendant plus de six siècles.

Le tracé est-il visible aujourd'hui ?

L'emplacement, occupé par des constructions du XIXe siècle, ne conserve qu'un marquage au sol partiel dans le quartier épiscopal historique.

Sources

  • Protection : Disparue (démolie 1791-1797) (les édifices d'outre-mer Pacifique ne sont pas couverts par la base Mérimée du Ministère de la Culture).
  • Wikidata, Q19691873 (Ancienne cathédrale Saint-Étienne d'Agen).
  • Wikipédia, Ancienne cathédrale Saint-Étienne d'Agen.