Abbaye de Marmoutier

Abbaye de Marmoutier, vue extérieure
Abbaye de Marmoutier, vue extérieure. Photo Akarikurosaki, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Abbaye de Marmoutier en bref

  • Dénomination : abbaye catholique
  • Commune : Tours (37, Centre-Val de Loire)
  • Siècle principal : IVe (vestiges XIIIe-XVIIIe)
  • Fondateur : Saint Martin de Tours (372)
  • Ordre religieux : Bénédictin (anciennement ; Congrégation de Saint-Maur)
  • Style : Vestiges médiévaux (portail XIIIe) et classique XVIIIe
  • Protection : Classée Monument historique (portail de la Crosse, vestiges)
  • Statut actuel : Vestiges archéologiques ouverts à la visite ; propriété du département d'Indre-et-Loire ; fouilles et valorisation patrimoniale
  • Coordonnées GPS : 47.39560, 0.71860
  • Fondation : 372
  • Fondateur : Saint Martin de Tours
  • Ordre : Bénédictin (Congrégation de Saint-Maur)
  • Département : Indre-et-Loire (37)
  • Vestiges : Portail de la Crosse (XIIIe s.)
  • Statut : Site archéologique du département

Sources : base Mérimée (PA00098256). Ministère de la Culture, licence ouverte.

Histoire de Abbaye de Marmoutier

Vers 372, peu après son élection à l'épiscopat de Tours, saint Martin (316-397) traverse la Loire pour s'installer dans un site escarpé de falaise, Majus Monasterium, « le Grand Monastère », à 3 km de la ville. Selon Sulpice Sévère, son biographe, Martin y réunit bientôt quatre-vingts disciples vivant dans des cellules creusées dans le tuffeau, avec une vie de silence et de prière d'inspiration érémitique. Marmoutier devient ainsi, après Ligugé (361), la seconde fondation martinienne et l'une des plus anciennes communautés monastiques d'Occident.

Après la mort de Martin en 397, l'abbaye continue à rayonner. Richement dotée par les rois mérovingiens et carolingiens, elle adopte la règle de saint Benoît vers le VIIIe siècle. Aux Xe-XIe siècles, Marmoutier connaît une apogée sous les abbés Mayeul, Odilon et Albert : elle compte près de 200 prieurés dépendants en France et en Angleterre (la conquête normande de 1066 lui ouvre de vastes domaines outre-Manche). Le grand chantier gothique du portail de la Crosse (vers 1230-1250), orné de statues-colonnes et de scènes mariales, témoigne de cette puissance. L'abbaye accueille un scriptorium , producteur de manuscrits enluminés.

Le déclin commence avec la guerre de Cent Ans, les ravages huguenots du XVIe siècle, puis la commende. La réforme mauriste (XVIIe) tente une relance et dote l'abbaye de bâtiments classiques importants. Mais la Révolution de 1791 est fatale : l'abbaye est vendue comme bien national, les bâtiments conventuels démolis entre 1802 et 1820 pour en récupérer les pierres. Seuls subsistent le portail de la Crosse, la tour des Cloches, la chapelle Saint-Michel, quelques caves et la grotte des Sept-Dormants, cellule primitive légendaire. Le site est aujourd'hui géré comme parc archéologique par le département d'Indre-et-Loire, avec des fouilles actives depuis 2003.

Abbaye de Marmoutier

  • Adresse : 44 quai Paul Bert, 37100 Tours, Voir sur la carte
  • Construction : IVe (vestiges XIIIe-XVIIIe)
  • Protection : Classée Monument historique (portail de la Crosse, vestiges)
  • Statut juridique : Département d'Indre-et-Loire (site archéologique)
  • Affectataire : Archidiocèse de Tours

Architecture et description

Abbaye de Marmoutier, intérieur
Abbaye de Marmoutier, intérieur. Photo ZohaStel, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Des bâtiments médiévaux subsistent principalement le portail de la Crosse (vers 1230), chef-d'œuvre du gothique rayonnant ligérien : voussures ornées de feuillages et de figures, trumeau à la Vierge à l'Enfant. La tour des Cloches (XIIe siècle, remaniée) est un ancien clocher roman flanquant l'abbatiale disparue. La chapelle Saint-Michel (XIIIe) et la chapelle des Sept-Dormants (XVe) commémorent respectivement le site de l'ermitage et la légende des sept disciples miraculeusement endormis. Les grottes dans le tuffeau, dont celle de saint Martin, témoignent de la vie érémitique primitive. Des bâtiments conventuels classiques du XVIIIe siècle (réfectoire mauriste) ne restent que ruines. Les fouilles archéologiques ont mis au jour des mosaïques et céramiques médiévales remarquables.

Éléments remarquables

Abbaye de Marmoutier, détail
Abbaye de Marmoutier, détail. Photo ZohaStel, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
« Martin, dès son épiscopat, se fit bâtir une cellule à deux milles de la cité ; le lieu était si retiré qu'il avait la solitude du désert. Là vivaient quatre-vingts disciples, dans des cellules creusées dans le roc de la falaise. », Sulpice Sévère, Vita Martini, chapitre X, vers 397.

Informations pratiques pour la visite

IVe siècle de fondation
372 fondation par saint Martin de Tours
80 disciples selon Sulpice Sévère, Vita Martini
  • Adresse : 44 quai Paul Bert, 37100 Tours
  • GPS : 47.39560, 0.71860
  • Protection : Classée Monument historique (portail de la Crosse, vestiges)
  • Statut/gestion : Département d'Indre-et-Loire (site archéologique)

Le site archéologique ouvre saisonnièrement (avril-octobre) avec visites guidées : portail de la Crosse, grottes primitives, chapelle des Sept-Dormants, fouilles actives. Tarif modeste, parking dédié quai Paul Bert. À 10 minutes à pied de la basilique Saint-Martin de Tours (centre-ville). À combiner avec la cathédrale Saint-Gatien et le musée des Beaux-Arts.

Repères chronologiques

  • 372, Fondation par saint Martin, récemment élu évêque de Tours.
  • 397, Mort de saint Martin ; Marmoutier reste foyer monastique.
  • 987, Marmoutier sous l'abbatiat de Mayeul, apogée clunisienne.
  • 1066, Expansion anglaise après la conquête normande.
  • 1230, Construction du portail de la Crosse (gothique rayonnant).
  • 1562, Pillage par les huguenots.
  • XVIIe s., Réforme mauriste, reconstruction classique.
  • 1791, Suppression révolutionnaire.
  • 1802-1820, Démolition des bâtiments conventuels.
  • 2003-…, Fouilles archéologiques du département.

Pour aller plus loin

  • Charles Lelong, L'abbaye de Marmoutier, CLD, 1989.
  • Élisabeth Lorans (dir.), Marmoutier : des origines à 2000 ans d'histoire, Presses universitaires François-Rabelais, 2016.
  • Conseil départemental d'Indre-et-Loire, site de Marmoutier : marmoutier.touraine.fr.

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Questions fréquentes sur Abbaye de Marmoutier

Pourquoi ne reste-t-il presque rien de Marmoutier ?

Vendue comme bien national en 1791 et acquise par un entrepreneur, l'abbaye fut démolie entre 1802 et 1820 pour récupérer les pierres, vendues au poids. Ce « vandalisme révolutionnaire » tardif fut destructeur pour les grandes abbayes de la Loire.

Qu'est-ce que la légende des Sept-Dormants ?

Une tradition ancienne affirme que sept disciples de saint Martin, miraculeusement endormis à Marmoutier, se seraient réveillés intacts bien après leur mort. Une chapelle du XVe siècle commémore cette légende, attestée dès le VIe siècle.

Qui possède aujourd'hui le site ?

Le département d'Indre-et-Loire, qui l'a acquis et gère les fouilles archéologiques ainsi que les vestiges médiévaux. Certaines parties appartiennent encore à l'Association Enfance Catholique, présente depuis 1847.

Peut-on visiter les grottes creusées par saint Martin ?

Oui, certaines sont ouvertes dans le cadre des visites guidées. Il s'agit de cavités aménagées dans le tuffeau, ayant pu servir de cellules érémitiques dès le IVe siècle, et occupées à nouveau au Moyen Âge.

Sources