Abbaye royale de Fontevraud : ordre mixte 1101 (Robert d'Arbrissel), gisants Plantagenêt

Vue extérieure de l'abbatiale de Fontevraud
L'abbatiale romane de Fontevraud, joyau de l'architecture angevine Photo Tango7174, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Abbaye royale de Fontevraud en bref

  • Dénomination : abbaye catholique
  • Commune : Fontevraud-l'Abbaye (49, Pays de la Loire)
  • Siècle principal : XIIe-XVIIIe
  • Fondateur : Robert d'Arbrissel (1101)
  • Ordre religieux : Ordre de Fontevraud (mixte hommes-femmes, dirigé par une abbesse)
  • Style : Roman angevin, gothique, classique
  • Protection : Classée Monument historique sur la liste de 1840
  • Statut actuel : Centre culturel de rencontre ; musée d'Art moderne (collection Cligman) ; site géré par la Région Pays de la Loire
  • UNESCO : Incluse dans le périmètre du Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes inscrit à l'UNESCO en 2000 (notice 933).
  • Coordonnées GPS : 47.18140, 0.05170
  • Fondation : 1101 par Robert d'Arbrissel
  • Singularité : Ordre mixte dirigé par une abbesse

Sources : base Mérimée (PA00109109), Wikidata (Q283254). Ministère de la Culture, licence ouverte.

Histoire de Abbaye royale de Fontevraud

L'abbaye de Fontevraud est fondée en 1101 par le prédicateur breton Robert d'Arbrissel, ermite charismatique mandaté par Urbain II pour prêcher la réforme. Le site, situé à la lisière de l'Anjou, du Poitou et de la Touraine, accueille rapidement une foule de disciples, clercs et laïcs, hommes et femmes, nobles et pénitentes. Pour structurer cette communauté hétéroclite, Robert d'Arbrissel invente une institution sans précédent : un ordre double, regroupant moines et moniales en quatre prieurés distincts (le Grand-Moûtier pour les moniales, Saint-Jean-de-l'Habit pour les moines, La Madeleine pour les pénitentes, Saint-Lazare pour les lépreux), tous placés sous l'autorité d'une abbesse. Cette singularité absolue, la direction d'une communauté masculine par une femme, fait de Fontevraud un cas unique du monachisme médiéval occidental.

L'ordre fontevriste prospère sous le patronage des Plantagenêts : Henri II d'Angleterre et Aliénor d'Aquitaine en font leur nécropole dynastique. L'abbatiale conserve les gisants polychromes d'Henri II († 1189), d'Aliénor d'Aquitaine († 1204), de Richard Cœur de Lion († 1199) et d'Isabelle d'Angoulême († 1246), ensemble funéraire royal . Trente-six abbesses, souvent princesses du sang (cinq Bourbon successives au XVIIe siècle), gouvernent l'abbaye jusqu'à la Révolution. Fermée en 1792, Fontevraud est convertie par décret napoléonien du 17 octobre 1804 en prison centrale ; elle le restera jusqu'en 1963, abritant jusqu'à 2 000 détenus. Les restaurations conduites depuis lui rendent peu à peu sa lecture monastique. Elle est aujourd'hui centre culturel de l'Ouest (depuis 1975), labellisée Centre culturel de rencontre, et abrite depuis 2021 le Musée d'art moderne Cligman.

Abbaye royale de Fontevraud

  • Adresse : Place des Plantagenêts, 49590 Fontevraud-l'Abbaye, Voir sur la carte
  • Construction : XIIe-XVIIIe
  • Protection : Classée Monument historique sur la liste de 1840
  • Statut juridique : édifice protégé au titre des monuments historiques
  • Affectataire : Diocèse d'Angers
  • UNESCO : Incluse dans le périmètre du Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes inscrit à l'UNESCO en 2000 (notice 933).

Architecture et description

Nef de l'église abbatiale de Fontevraud avec les gisants Plantagenêt
Nef de l'abbatiale et gisants Plantagenêt (Henri II, Aliénor d'Aquitaine, Richard Cœur de Lion) Photo Jean-Christophe BENOIST, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons.

L'abbatiale (XIIe siècle) déploie une nef unique à quatre coupoles sur pendentifs, parti pris angevin rare qui rapproche Fontevraud des écoles aquitaines. La nef, longue de 90 mètres, conjugue une élégance romane épurée et une luminosité méridionale. Le chœur, à déambulatoire et trois chapelles rayonnantes, abrite les gisants Plantagenêt. Le cloître du Grand-Moûtier (XVIe siècle), Renaissance, présente quatre galeries voûtées d'ogives sur colonnettes torsadées. La salle capitulaire, ornée d'un cycle de fresques de Thomas Pot (1563) figurant la Passion, est l'une des plus belles de France. Mais le joyau demeure la cuisine romane dite « tour Évraud » (vers 1160), édifice octogonal à huit absidioles surmonté d'une cheminée centrale conique, l'un des très rares témoignages d'architecture culinaire monastique conservés intacts en Europe. L'attachement Plantagenêt s'inscrit dans un réseau angevin et poitevin qui inclut la cathédrale Saint-Maurice d'Angers et la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers, voulue par Aliénor d'Aquitaine.

Éléments remarquables

Voûte des cuisines romanes de Fontevraud
Les cuisines romanes octogonales, élément architectural unique du XIIe siècle Photo D4m1en, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Les quatre gisants Plantagenêt dominent la nef sud. Sculptés en tuffeau polychromé entre 1200 et 1210, ils constituent le plus ancien ensemble funéraire royal anglais conservé. Aliénor d'Aquitaine y est représentée tenant un livre ouvert, détail iconographique rare qui souligne son rôle culturel. La cuisine romane octogonale, restaurée par Lucien Magne en 1904, constitue l'une des curiosités majeures du patrimoine français : ses huit foyers radiaux et son aération en lanterne témoignent d'une ingénierie culinaire raffinée. Les fresques de la salle capitulaire incluent les portraits de neuf abbesses Bourbon. Le cellier, voûté en ogives, accueille des expositions temporaires. Depuis 2021, le Musée d'art moderne Cligman, riche de 900 œuvres (Degas, Rodin, Giacometti, Germaine Richier), prolonge le dialogue entre patrimoine et création contemporaine. La cathédrale Saint-Maurice d'Angers conserve, dans son trésor, des objets liturgiques angevins du même horizon stylistique.

Informations pratiques pour la visite

XIIe siècle de construction principal
Ordre mixte hommes-femmes dirigé par une abbesse, singularité absolue
Gisants Plantagenêt Henri II, Aliénor d'Aquitaine, Richard Cœur de Lion, Isabelle d'Angoulême
  • Adresse : Place des Plantagenêts, 49590 Fontevraud-l'Abbaye
  • GPS : 47.18140, 0.05170
  • Protection : Classée Monument historique sur la liste de 1840, affectataire : Diocèse d'Angers
  • Accès : ouverte à la visite libre hors offices ; horaires affichés sur le portail principal et site officiel du diocèse.

Compter 2h30 minimum. Le billet inclut abbatiale, cloître, salle capitulaire, cuisine romane et Musée Cligman. Hôtel-restaurant étoilé Fontevraud installé dans l'ancien prieuré Saint-Lazare. Boutique monastique. Accès PMR généralisé. Audioguide en sept langues.

Événements patrimoine à proximité

  • Festival Fontevraud, Concerts de musique baroque et contemporaine en juillet, dans l'abbatiale et le cloître..
  • Visites scénographiées nocturnes, Mises en lumière estivales de l'abbatiale, des gisants et de la cuisine romane..
  • Expositions du Musée Cligman, Programmation temporaire d'art moderne et contemporain dans les salles restaurées..

À découvrir sur France Éternelle

Questions fréquentes sur Abbaye royale de Fontevraud

Qui a fondé l'abbaye de Fontevraud ?

Le prédicateur breton Robert d'Arbrissel, en 1101, sur un site éremitique à la lisière de l'Anjou, du Poitou et de la Touraine.

Pourquoi Fontevraud est-elle un ordre mixte ?

Robert d'Arbrissel y institua une communauté double, moines et moniales en prieurés distincts, tous placés sous l'autorité d'une abbesse, singularité absolue du monachisme médiéval occidental.

Quels Plantagenêts sont enterrés à Fontevraud ?

Quatre gisants polychromes : Henri II d'Angleterre († 1189), Aliénor d'Aquitaine († 1204), Richard Cœur de Lion († 1199) et Isabelle d'Angoulême († 1246).

Pourquoi Fontevraud fut-elle transformée en prison ?

Par décret napoléonien du 17 octobre 1804, l'abbaye devint prison centrale. Elle le resta jusqu'en 1963, accueillant jusqu'à 2 000 détenus, dont Jean Genet.

Que peut-on visiter aujourd'hui à Fontevraud ?

L'abbatiale et ses gisants, le cloître Renaissance, la salle capitulaire à fresques, la cuisine romane octogonale et, depuis 2021, le Musée d'art moderne Cligman.

Sources