Abbaye Notre-Dame du Bec

Abbaye Notre-Dame du Bec, vue extérieure
Abbaye Notre-Dame du Bec, vue extérieure. Photo Roland Brierre, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Abbaye Notre-Dame du Bec en bref

  • Dénomination : abbaye catholique
  • Commune : Le Bec-Hellouin (27, Normandie)
  • Siècle principal : XIe-XVIIe (tour XVe, bâtiments XVIIIe)
  • Fondateur : Bienheureux Herluin (1034)
  • Ordre religieux : Bénédictin (Congrégation olivétaine, Mont-Olivet)
  • Style : Gothique flamboyant (tour Saint-Nicolas XVe) et classique mauriste (bâtiments XVIIIe)
  • Protection : Classée Monument historique en 1840 (tour Saint-Nicolas) et inscriptions successives
  • Statut actuel : Communauté bénédictine olivétaine active ; haut lieu du dialogue œcuménique anglican-catholique ; hôtellerie, céramique monastique
  • Coordonnées GPS : 49.23060, 0.72440
  • Fondation : 1034
  • Fondateur : Bienheureux Herluin
  • Ordre : Bénédictin (Congrégation olivétaine)
  • Département : Eure (27)
  • Écolâtres : Lanfranc (1042) et saint Anselme (1060)
  • Œcuménisme : Haut lieu du dialogue anglican-catholique

Sources : base Mérimée (PA00099327). Ministère de la Culture, licence ouverte.

Histoire de Abbaye Notre-Dame du Bec

Le Bec est une fondation de chevalier repenti. En 1034, Herluin (995-1078), vassal du comte de Brionne, renonce aux armes et s'établit avec quelques compagnons dans la vallée du Bec pour y mener la vie monastique. La communauté prend un essor foudroyant quand, en 1042, un clerc italien itinérant, Lanfranc de Pavie, s'y arrête et en devient prieur. Sous sa direction, l'école claustrale du Bec devient le plus grand foyer intellectuel d'Occident : elle forme toute une génération d'évêques et d'abbés. En 1060, un jeune clerc d'Aoste rejoint à son tour la communauté : Anselme, le futur saint Anselme de Cantorbéry, l'un des plus grands théologiens du Moyen Âge, père de l'argument ontologique.

L'expansion suit les Plantagenêts et les Normands : Lanfranc, devenu archevêque de Cantorbéry en 1070 à la demande de Guillaume le Conquérant, entraîne l'influence directe du Bec sur l'Église d'Angleterre. Quatre abbés du Bec deviendront archevêques de Cantorbéry (Lanfranc, Anselme, Théobald, Herbert du Losinga). Le Bec possède jusqu'à cinquante prieurés anglais. L'abbatiale romane est reconstruite en gothique flamboyant au XVe siècle, la tour Saint-Nicolas, érigée en 1467 sous l'abbé Geoffroy d'Épaignes, en est le témoin le plus célèbre.

Au XVIIe siècle, la réforme mauriste relève la discipline et dote l'abbaye de bâtiments classiques encore visibles. La Révolution chasse les moines en 1790 ; l'abbatiale gothique est démolie comme carrière de pierre entre 1809 et 1816. Seule la tour Saint-Nicolas subsiste. La renaissance monastique vient en 1948 : des bénédictins olivétains, de la branche Mont-Olivet, reprennent le site. Sous l'impulsion de Dom Paul Grammont, le Bec devient haut lieu du dialogue œcuménique : en 1967, Michael Ramsey, archevêque de Cantorbéry, y rencontre officiellement l'abbé, symbole du rapprochement anglican-catholique rétabli après huit siècles.

Abbaye Notre-Dame du Bec

  • Adresse : 3 place de l'Abbé Herluin, 27800 Le Bec-Hellouin, Voir sur la carte
  • Construction : XIe-XVIIe (tour XVe, bâtiments XVIIIe)
  • Protection : Classée Monument historique en 1840 (tour Saint-Nicolas) et inscriptions successives
  • Statut juridique : Communauté bénédictine olivétaine du Bec
  • Affectataire : Diocèse d'Évreux

Architecture et description

Abbaye Notre-Dame du Bec, intérieur
Abbaye Notre-Dame du Bec, intérieur. Photo Roland Brierre, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

De l'abbatiale médiévale disparue, il reste la tour Saint-Nicolas (1467), chef-d'œuvre du gothique flamboyant normand : plan carré sur huit étages, pinacles ajourés, riche décor de pierres sculptées. Elle servait à la fois de clocher et de tour de guet sur la vallée. L'actuelle église abbatiale occupe depuis 1948 l'ancien réfectoire mauriste du XVIIIe siècle, nef unique vaste et lumineuse, couverte d'un plafond à caissons. Les autres bâtiments conventuels, cloître, salle capitulaire, dortoir, relèvent tous de la reconstruction mauriste du XVIIe-XVIIIe siècle, d'un classicisme sobre. L'ensemble est inséré dans le village du Bec-Hellouin, classé parmi les Plus beaux villages de France.

Éléments remarquables

Abbaye Notre-Dame du Bec, détail
Abbaye Notre-Dame du Bec, détail. Photo Roland Brierre, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
« L'école du Bec a enseigné à la chrétienté latine l'art de raisonner sur la foi. Anselme y a forgé, dans le silence du cloître, la plus haute synthèse de la raison croyante avant saint Thomas. », Dom Jean Mabillon, Annales ordinis S. Benedicti, 1707.

Informations pratiques pour la visite

XIe siècle de fondation
1034 fondation par Herluin
4 archevêques de Cantorbéry venus du Bec (Lanfranc, Anselme…)
  • Adresse : 3 place de l'Abbé Herluin, 27800 Le Bec-Hellouin
  • GPS : 49.23060, 0.72440
  • Protection : Classée Monument historique en 1840 (tour Saint-Nicolas) et inscriptions successives
  • Statut/gestion : Communauté bénédictine olivétaine du Bec

L'abbaye est ouverte aux visites guidées : tour Saint-Nicasse, cloître, église abbatiale, refuge dit « des ducs de Normandie ». Hôtellerie monastique pour retraitants et familles ; boutique (céramiques, édition, produits monastiques). Le village du Bec-Hellouin, à lui seul, vaut le détour (colombages, place centrale). Depuis Rouen 45 km, Évreux 40 km.

Repères chronologiques

  • 1034, Fondation par Herluin, chevalier repenti de Brionne.
  • 1042, Lanfranc de Pavie arrive ; fondation de l'école claustrale.
  • 1060, Anselme d'Aoste entre au Bec.
  • 1070, Lanfranc devient archevêque de Cantorbéry.
  • 1093, Anselme devient archevêque de Cantorbéry à son tour.
  • 1467, Construction de la tour Saint-Nicolas gothique.
  • 1790, Suppression révolutionnaire de la communauté.
  • 1809-1816, Démolition de l'abbatiale médiévale comme carrière.
  • 1948, Refondation par les bénédictins olivétains.
  • 1967, Visite de Mgr Ramsey, archevêque de Cantorbéry : œcuménisme.

Pour aller plus loin

  • Lucien Musset, Le Bec, une fenêtre sur l'Europe médiévale, Éditions du Lys, 1984.
  • Richard W. Southern, Saint Anselm: A Portrait in a Landscape, Cambridge University Press, 1990.
  • Abbaye Notre-Dame du Bec, site officiel : abbayedubec.com.

À découvrir sur France Éternelle

Questions fréquentes sur Abbaye Notre-Dame du Bec

Pourquoi l'abbatiale médiévale a-t-elle disparu ?

Vendue comme bien national en 1791, elle fut utilisée comme carrière de pierres entre 1809 et 1816. Seule la tour Saint-Nicolas, isolée, fut préservée grâce à son classement sur la liste de 1840.

Qui étaient Lanfranc et saint Anselme ?

Deux grands théologiens et hommes d'Église italiens, entrés au Bec respectivement en 1042 et 1060. Tous deux devinrent archevêques de Cantorbéry (1070 et 1093) et figurent parmi les intellectuels majeurs du Moyen Âge.

Qu'est-ce que la Congrégation olivétaine ?

Une branche bénédictine fondée au XIVe siècle à Monte Oliveto en Toscane, caractérisée par la liturgie chantée et l'habit blanc. Les olivétains ont repris Le Bec en 1948.

Le Bec-Hellouin est-il un « plus beau village de France » ?

Oui. Le village, bâti autour de l'abbaye, figure dans l'association Les Plus Beaux Villages de France depuis 1990, pour la qualité de ses colombages et de son urbanisme médiéval préservé.

Sources