Aurelius Augustinus Hipponensis

Portrait de Saint Augustin d'Hippone
Portrait de Saint Augustin d'Hippone, Sandro Botticelli · Public domain.

Biographie de Saint Augustin d'Hippone

Né le 13 novembre 354 à Thagaste (aujourd'hui Souk Ahras, Algérie), Augustin grandit dans une famille modeste de la Numidie romaine : son père Patricius est un païen décurion, sa mère sainte Monique une chrétienne fervente dont les larmes et les prières accompagneront tout son parcours. Envoyé étudier à Madaure puis à Carthage, brillant rhéteur, il y prend une concubine dont il aura un fils, Adéodat, mort jeune. Il adhère d'abord au manichéisme pendant neuf ans, séduit par son dualisme et sa promesse de rationalité.

Professeur de rhétorique à Rome puis à Milan en 384, il entend la prédication de saint Ambroise, lit les platoniciens, et traverse en 386 la scène célèbre du jardin où, saisi par la voix d'un enfant, Tolle, lege, il ouvre l'Épître aux Romains et se convertit. Baptisé par Ambroise dans la nuit de Pâques 387, il rentre en Afrique, fonde une communauté monastique à Thagaste, est ordonné prêtre à Hippone en 391 puis évêque coadjuteur en 395.

Pendant trente-cinq ans, il administre son petit diocèse côtier tout en produisant une œuvre de plus de cinq millions de mots : Confessiones (397-400), autobiographie spirituelle adressée à Dieu ; De doctrina christiana, manuel d'herméneutique biblique ; De Trinitate, méditation sur l'analogie psychologique de la Trinité. Il combat successivement le donatisme (conférence de Carthage, 411), le pélagianisme (413-430) et, à la fin, commence la réfutation du semi-pélagianisme.

En 410, le sac de Rome par Alaric bouleverse l'empire ; Augustin entreprend en réponse le De civitate Dei (413-426), vaste philosophie de l'histoire opposant la cité terrestre à la cité céleste. Il meurt à Hippone le 28 août 430, alors que les Vandales assiègent la ville, laissant derrière lui les Retractationes qui réexaminent ses 93 ouvrages. Canonisé par acclamation populaire, docteur de l'Église proclamé par Boniface VIII en 1298.

Page de titre de La Cité de Dieu, édition Mentelin (Strasbourg, vers 1468)
De civitate Dei, édition de Johann Mentelin (Strasbourg, vers 1468), Printer: Johann Mentelin · Public domain.

Œuvre et doctrine

Augustin refonde la théologie latine autour de trois piliers : l'intériorité (« Noli foras ire, in te ipsum redi ») comme voie d'accès à Dieu ; la grâce prévenante qui précède toute décision libre sans l'abolir ; et la distinction des deux cités, terrestre et céleste, structurant la philosophie politique chrétienne. Sa doctrine trinitaire par analogie psychologique (mémoire, intelligence, volonté) et sa méditation du temps (livre XI des Confessions) demeurent des sommets de la métaphysique occidentale.

Pilier absolu de la pensée occidentale, il est la matrice commune de la scolastique médiévale (Anselme, Bonaventure, Thomas), de la Réforme luthérienne, de l'école française du XVIIᵉ siècle (Bérulle, Pascal, Bossuet) et de la phénoménologie moderne (Husserl, Heidegger, Marion). Il impose le genre autobiographique spirituel et transforme la philosophie antique en sagesse chrétienne.

Œuvres majeures

  • Confessiones (397-400)
  • De doctrina christiana (397-426)
  • De Trinitate (400-416)
  • De civitate Dei (413-426)
  • Retractationes (426-427)
Ruines romaines d'Hippone (Annaba, Algérie), siège épiscopal de saint Augustin
Ruines d'Hippo Regius (Annaba), siège d'Augustin de 395 à 430, Dan Sloan · CC BY-SA 2.0.

Héritage et postérité

Pilier absolu de la civilisation occidentale, Augustin est la matrice commune de la scolastique médiévale (Anselme, Bonaventure, Thomas), de la Réforme (Luther lit les Psaumes à travers lui), de l'école française du XVIIᵉ siècle (Bérulle, Jansénius, Pascal, Bossuet), de la phénoménologie (Husserl, Heidegger) et de la théologie contemporaine (de Lubac, Ratzinger, Marion). Sa Cité de Dieu fournit à l'Occident une philosophie de l'histoire que convoquent encore les contre-révolutionnaires et la pensée politique catholique moderne.

« Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu'il ne repose en toi. »

, Saint Augustin, Confessiones, I, 1, vers 397-400

Repères chiffrés

76 ans durée de vie
5 œuvres majeures
patristique mouvement principal
Évêque d'Hippone ;… affiliation

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Questions fréquentes sur Saint Augustin d'Hippone

Quand Augustin s'est-il converti ?

Lors de la célèbre scène du jardin de Milan, à l'été 386 : entendant une voix d'enfant répéter « Tolle, lege », il ouvre l'Épître aux Romains (13, 13-14) et reçoit la grâce décisive. Il est baptisé dans la nuit pascale 387 par saint Ambroise, avec son fils Adéodat et son ami Alypius.

Pourquoi parle-t-on des « deux cités » ?

C'est la thèse centrale du De civitate Dei (413-426) : deux amours fondent deux cités, l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu fonde la cité terrestre, l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi fonde la cité céleste. L'histoire humaine est l'entremêlement de ces deux cités, que seul le jugement final séparera.

Augustin est-il le fondateur d'un ordre religieux ?

Il rédige pour sa communauté cléricale une règle (Praeceptum, c. 397) qui inspirera au XIᵉ siècle les chanoines réguliers de saint Augustin (OSA), puis au XIIIᵉ les ermites augustins, dont Luther sera membre. Elle reste l'une des quatre grandes règles monastiques latines avec Basile, Benoît et François.

Sources et pour aller plus loin

  • Wikidata, Q8018 (Aurelius Augustinus Hipponensis).
  • Peter Brown, Augustine of Hippo: A Biography, University of California Press, 1967 (rééd. 2000).
  • Henri-Irénée Marrou, Saint Augustin et la fin de la culture antique, De Boccard, 1938.
  • Serge Lancel, Saint Augustin, Fayard, 1999.
  • Peter Brown, Augustine of Hippo: A Biography, University of California Press, 1967 (rééd. 2000).
  • Henri-Irénée Marrou, Saint Augustin et la fin de la culture antique, De Boccard, 1938.
  • Serge Lancel, Saint Augustin, Fayard, 1999.